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Ola Radio

Eclectype #53 — La playlist bordelaise — février 2020

dans MUSIQUE/SÉLECTA

Rendez-vous mensuel pour découvrir de nouveaux artistes issus de la scène bordelaise tout en redécouvrant des pépites locales bien de chez nous, enfouies parfois dans les bas-fonds des internets. Sans trier, on sélectionne de manière éclectique dans cette playlist des univers parfois très différents, du rock psyché à la house en passant par le hip hop ou la musique de chambre, toujours dans une démarche de promotion de la création, émergente ou non, à Bordeaux.

Crédit photo : Luna Omer-Verny

Daisy Mortem – Mange Tes Morts

Tout en finesse, Daisy Mortem est revenu dans le game le mois dernier avec un album sorti sur un label berlinois, Napp Records. Avec ses sonorités bien perchées entre rave et goth, Faits Divers fascine et séduit par sa capacité à proposer un mélange assez rare.
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Korros – True Wrath

Grosse balle techno indus « sans concession » signée par le producteur bordelais Korros, sur la belle écurie locale 51 Degrees North Recordings.
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Jorje18 – RDV PARKING

On a pas tout pigé à la musique de Jorje18, entre clips complètement WTF, techno et lo-fi, délire minimaliste et culture lol-internet poussée à son paroxysme : le producteur réussit quand même a signé une belle compil de 15 morceaux sur Bandcamp à écouter sur le label de « musiques radioactives » Dumbhill Records.
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Jeune Bran – une vingt six freestyle

« On veut le homard à De Rugy » et bien plus avec Jeune Bran, rappeur habile qui semble évoluer en ville depuis quelques temps comme l’illustre la sortie de son EP Boom Trap Vol 1  dispo sur les internet.
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Cosmopaark – Mr. BigYellowSun

Récente recrue shoegaze du crew Flippin’ Freaks, Cosmopaark s’envole avec « Mr. BigYellowSun » extrait d’un album paru plus tôt en 2019, Sunflow, qu’on ne saurait trop vous conseiller.

Al’Tarba x Senbeï – Lonely Bones Orchestral (feat. Le JOSEM)

Rencontre au sommet entre Al’Tarba et Senbeï avec l’orchestre Le JOSEM sous la houlette du label bordelais Banzaï Lab, pour un résultat réussi et sensible qui fait plaisir à voir et à écouter.
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The Oversleep – The Awakening EP

Bonne dose de trip hop planante avec la troupe de The Oversleep qui a récemment sorti son EP The Awakening entièrement disponible à l’écoute sur Soundcloud !
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Jemon & Muninn – Avant les Abysses #3 ft. Winthell

Prod impeccable et délire très bon sur cette track de Jemon et Muninn en featuring avec Winthell ; temps suspendu et hybridité au programme entre trap, sonorités électroniques et textes bien sentis.
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Glock 203 – One and for all

La petite touche hardcore de cette sélection musicale se trouve ici avec Glock 203, groupe formé en 2014 à l’origine d’un premier EP, de clips DIY et ayant déjà tourné un peu partout en France, avec notamment au compteur une première partie de Suicidal Tendencies au Krakatoa en 2018 !
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DJ VIRAGE SUD – NORMAN GABBA

Artiste qu’on avait déjà playlisté il y a quelques temps, DJ Virage Sud est revenu cet été avec un morceau sorti sur une compil du label/crew marseillais Southfrapp Alliance. Un délicieux condensé de gabber, hardcore et autres esthétiques dépassant allégrement les 140 bpm (avec un sample de Psycho d’Alfred Hitchcock).
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Scene city – RIGO (SUPER Daronne)

Dans le cadre de notre projet Scene city qui documente les scènes locales en Europe, on a récemment demandé à RIGO du collectif SUPER Daronne de nous concocter un podcast histoire de bien cerner ses influences et sa capacité à nous faire danser. Pari réussi.
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Lonely Walk – Lonely Walk

Très bon album de Lonely Walk qui revient fort après un petit creux, sur le label bordelais Permafrost. Sept ans (!) après notre rencontre avec le groupe et cinq après une sortie sur Born Bad Records, la formation maîtrise toujours avec brio les bricoles post-punk et autres plaisirs du genre.
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Nesso – Bolide

Spleen total avec Nesso sur « Bolide » ; le rappeur et beatmaker-ingé son évolue depuis 10 ans dans le milieu et a sorti en décembre dernier son projet solo Ville Fantôme.
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Hirschmann – Sentiments mnémoniques

Composé au sortir d’une période trouble et au début d’un renouveau intérieur par l’artiste Hirschmann (à la tête d’Eclipse Collective) « Sentiments mnémoniques » sent bon la mélancolie, les synthés et les rythmiques ralenties entraînantes.
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Ola Radio X IBOAT • Le plus grand B2B de tous les temps (1ère parti)


Pour son premier anniversaire le 1er février, Ola Radio fêtait ça en organisant « le plus grand back-to-back de tous les temps« . L’occasion idéale de réunir 200 dj’s, la plupart issus de la scène locale, pour enchaîner chacun un morceau. Le stream audio est dispo ; on vous glisse la première partie ; 6h40 de mix !

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Découvrez d’autres Eclectypes avec d’autres artistes locaux à découvrir :

Les musiques électroniques à Bordeaux en 2019

dans ANALYSES/DIVAGATIONS LOCALES

Alors qu’une année s’achève, on s’est penché à notre modeste échelle sur les tendances qui ont marquées 2019 pour la scène électronique locale. Sans prétention d’objectivité ni d’exhaustivité, on fait le point sur les mouvements, les artistes, les collectifs et les événements qui ont façonné les musiques électroniques cette année à Bordeaux.

Crédit photo : Miléna Delorme

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        L’union de la scène

Événement marquant de ce début d’année, l’arrivée d’Ola Radio dans le sous-sol du café Mancuso en janvier 2019 a indéniablement permis à la scène de se fédérer autour de ce nouveau média. En ouvrant sa grille à une très grande partie du paysage culturel local, la webradio s’est imposée comme une référence, un élément liant, un trait d’union ayant réussi à agréger les collectifs, artistes et crews du coin. C’était d’ailleurs l’ambition de l’équipe, que nous avions rencontré au lancement du projet en janvier 2019 et qui expliquait vouloir « rassembler tout ceux qui font bouger les lignes ici ». En à peine un an d’existence, la webradio s’est ainsi entourée de la plupart des acteur.ice.s de la scène qui, à travers résidences et émissions, peuvent bénéficier d’une plateforme pour expérimenter, tester et développer leur identité artistique au cœur du « hub » que constitue Ola Radio.

En 2019, cette union des crews et de la scène électronique locale s’est également manifestée à travers l’initiative de la FIMEB, la Fédération Inter-associative des Musiques Électroniques de Bordeaux. Cette association lancée au cours de l’été réunit 12 collectifs bordelais bien décidés de promouvoir leur scène auprès du public et des élus. Ensemble, À l’eau, les Amplitudes, le festival Bordeaux Open Air, Canal 113, Eclipse Collective, Electrocorp, MICROKOSM, Ola Radio, L’Orangeade, SUPER Daronne, tplt et Les Viatiques entendent ainsi montrer l’unité d’une scène qui n’a pas forcément toujours brillé par sa solidarité dans le passé.

Ainsi rassemblés, ces promoteurs ont déjà organisé à la MECA des « Journées Électroniques » et entament une tournée des clubs bordelais, avec une première étape à succès au Hangar FL le vendredi 20 décembre dernier. Cette démonstration de force illustre la pertinence de cette union de la scène et la force des crews qui, pour reprendre une expression du programmateur de l’Iboat, « ont pris le pouvoir » aujourd’hui. Le rapprochement entre acteur.rice.s de la scène s’est aussi encore illustré cette année lors de la Fête de la musique qui a vu une multitude d’événements se mettre en place sous le signe de la collaboration.

Cette idée de fédération de la scène reste cependant nuancée par certains. Interrogé par nos soins à ce sujet, un promoteur note certes « l’union des collectifs, mais la mise de côté de certains ». D’autres s’associent d’ailleurs sous d’autres formes, à l’image d’assos de la scène techno locale sous le nom de La Collective, rassemblé au Hangar FL à l’occasion de plusieurs dates en 2019. Derrière, on retrouve notamment Fugitiv’, Canelura, Marée Basse, Horizons, We Are Rave, Kobal, Departed, WH4F, Volition Acoustics, P22, Distill….

Crédit : Arthur Brémond – la FIMEB ayant réuni 3500 personnes pour son premier événement en septembre

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        Le « retour » des clubs

Ayant longtemps pu être considéré par certains comme un frein au développement de la scène, le nombre de lieux à Bordeaux a évolué en 2019 à Bordeaux. Le retour d’un club comme le BT et l’évolution de sa direction artistique s’inscrivent dans cette logique, en venant offrir une alternative aux aficionados de la teuf et de la house qui, jusqu’à présent n’avait pas vraiment de choix en dehors de l’Iboat, qui jouit toujours d’une certaine renommée à Bordeaux grâce à sa programmation soignée.

Mais surtout, c’est l’arrivée en mars dernier du Hangar FL qui vient rabattre les cartes du clubbing bordelais. Par sa jauge importante (autour de 1000 places), l’ancien Space Opera s’est imposé en quelques mois comme un nouveau repère pour les collectifs en recherche de lieux pour organiser leurs soirées, à l’image de L’Orangeade qui en a fait son QG d’after lors du Pavillon d’été, ou de tplt qui y inaugure le 17 janvier une résidence avec l’australien Tornado Wallace.

Cette résurgence des lieux propices à la teuf fait dire à l’ancien résident du 4 Sans (autre club mythique historique de Bordeaux) Leroy Washington, qu’aujourd’hui « il y a un panel assez large de clubs à Bordeaux, entre L’Entrepôt, le Hangar FL, le BT, le Void… pour la taille de la ville et le nombre de clubbeurs, l’offre est assez large », alors qu’il était interrogé lors d’une émission de Scene city consacrée à la scène artistique bordelaise sur Ola Radio.

Un autre acteur est par ailleurs apparu sur la carte en avril dernier avec le Parallel, à l’emplacement de l’ancien Redgate (mais à la programmation bien différente, plutôt orientée techno et house). Grâce à ses heures d’ouverture (de 2h30 à 10h00), ce spot non loin de la gare a su satisfaire un certain nombre de noctambules bordelais et pas mal de collectifs qui trouvent, là encore, un espace pour organiser leurs fêtes et leurs afters.

D’autres tentatives d’ouvertures de lieux de fêtes ont pu voir le jour (ou la nuit) avec La Cryp†e, le projet en plein centre-ville de Demain Kollectiv dont on n’a plus de nouvelles (MAJ : l’équipe de DK nous précise qu’ils se donnent jusqu’à juin 2020 pour faire aboutir l’initiative). Certains lieux continuent par ailleurs d’exister et d’officier comme espace de diffusion pour les collectifs locaux, à l’instar du Void, qui a été menacé de fermeture cette année, témoignant toujours de la difficulté des opérateurs du milieu nocturne de faire perdurer leurs activités comme nous en témoignions lors d’un focus sur la question des Maires de nuit dans cet article.

Le Hangar FL – retour d’un club à Bordeaux

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        L’ère des open air et la diurnisation de la teuf

Chacun aura pu en être témoin : l’été 2019 a été marqué par une multiplication des fêtes en « open air » à Bordeaux. Chaque week-end comptait son lot d’événements de la sorte, témoignant à la fois de l’engouement pour le format des promoteurs et de l’intérêt qu’il suscite auprès du public. Parmi les fêtes de la sorte, on compte entre autre Bordeaux Open Air et ses dimanches festifs dans des parcs et jardins de la ville, tplt et ses Verger dont le dernier a été célébré en septembre dernier.

Le Pavillon d’été de L’Orangeade, installé rive droite, s’est inscrit dans cette dynamique en proposant chaque week-end de l’été des soirées à l’air libre ,sur les berges naturelles de la rive droite bordelaise. L’ancien Commissariat Casteja a lui aussi été investi pour plusieurs week-ends de festivités proposés par Banzaï Lab. Durant tout le mois de juin, ce Banzaï Land a été le théâtre de différentes activités, entre projections, ateliers, dj set et concerts.

Ainsi, chaque week-end de l’été, le public bordelais pouvait disposer d’un certain nombre d’options en vue de festoyer en « open air ». Cette dynamique a notamment été appuyé par la Métropole et la Mairie de Bordeaux qui, via la saison « Liberté » ou l’« été métropolitain », ont soutenu et subventionné un certain nombre de projets de ce type, tel que Bordeaux Open Air, le Pavillon d’été de L’Orangeade et d’autres initiatives, avec des montants pouvant grimper jusqu’à 10000 voire 150000 euros.

Cette saison et ce soutien illustre aussi l’intérêt des pouvoirs publics pour faire rayonner le territoire grâce aux musiques électroniques, dans une logique de « marketing territorial ». La saison disposait par ailleurs d’un QG rue du Loup, aux anciennes archives municipales, aménagé par Yes we camp et qui fut également lieu d’accueil d’open air, en plein centre-ville. On notera aussi, à travers ces événements, une certaine « diurnisation » de la teuf cet été à Bordeaux. Et une inversion du rapport nuit / jour ? Pas sûr, même si l’été a été incontestablement marqué par un développement accru de ces teufs en journée. Une tendance confirmée par l’arrivée des formats dominicaux de l’Iboat qui a lancé Domingo le 8 décembre pour clubber le dimanche jusqu’à 23h00.

Crédit photo : Miléna Delorme – Pavillon-d’été

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       Une scène qui rayonne

Annoncée début septembre, la première Boiler Room organisée à Bordeaux a incontestablement été un moment fort de l’année pour les musiques électroniques locales. La célèbre chaîne anglaise s’est associée pour l’occasion avec le collectif tplt qui s’est payé un beau cadeau d’anniversaire pour sa sixième année d’existence. En investissant un monument tel que la Base Sous-Marine, le crew a misé gros et a offert un sacré coup de projecteur à la scène bordelaise. Au-delà de l’organisation historique d’un tel événement dans le Sud Ouest, tplt a joué jusqu’au bout la carte de la localité en proposant un line-up composé en quasi majorité d’artistes de Bordeaux, avec Superlate, Theorama, Jann, Djedjotronic, Blumm et Insulaire.

Pour souffler sa sixième bougie, le collectif tplt a par ailleurs sillonné la France avec ses résidents pour représenter les couleurs locales. D’autres événements se déroulant à Bordeaux contribuent à ce rayonnement, à l’image de Bordeaux Open Air et de ces dimanches festifs qui, sur chaque édition, convient des artistes internationaux. De la même façon, les 3 ans du collectif des Viatiques début septembre, une autre teuf en warehouse de 24 heures a pu faire parler d’elle au-delà de Bordeaux avec un invité de marque : le roumain Raresh.

A son échelle, le projet Scene city que nous avons lancé avec Le Type entend également faire connaître la scène artistique bordelaise auprès d’autres scènes européennes. A travers une série d’événements, ce nouveau média cherche à connecter Bordeaux avec des villes telles que Belgrade, Bristol, Leipzig, Lyon, Kiyv, Vilnius, Moscou, Lisbonne et Tbilissi. Dans chacune de ces villes, Scene city a noué des partenariats avec des partenaires implantés localement et capables d’aider au référencement d’artistes.

La capitale géorgienne a d’ailleurs été mise en avant par la plateforme lors d’un événement en septembre dernier aux Vivres de l’Art. Une série de podcasts va également permettre de faire connaître des artistes et dj’s bordelais, à l’image du boss d’Eclipse Collective (également membre de la FIMEB) Hirschmann qui a récemment enregistré un set d’une heure dans le cadre de la résidence de Scene city sur la webradio de Bristol, Noods Radio.

Boiler Room à Bordeaux : un événement qui fait rayonner la scène locale

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       La techno se porte toujours bien

Toujours active et se renouvelant à l’aune d’une nouvelle génération de collectifs, la scène techno à Bordeaux connaît un engouement important de la part du public qui plébiscite toujours ses teufs en 2019. En warehouse secret ou en en club – avec notamment le Hangar FL, un florilège de crews, anciens ou issus d’une nouvelle génération, s’efforcent de promouvoir des esthétiques rave, acid et techno. Renouant avec l’esprit radical « free parties », ces organisateurs ont été à l’initiative de fêtes massives à Bordeaux, à la fois en mettant en avant les artistes de la scène locale tout en invitant des gros noms du game techno hexagonal ou international : Fee Croquer, Cleric, Héctor Oaks, VTSS

Derrière ces teufs aux BPM qui dépassent allégrement les 130, on retrouve notamment le promoteur We Are Rave, agence basée à Bordeaux et qui exporte ses soirées et ses artistes un peu partout en France. On peut également encore citer Demain Kollectiv et ses multiples événements à succès qui ont marqué l’année. Témoin du dynamisme de la scène techno locale, DK s’est également constitué en agence de booking en 2019 pour soutenir une flopée d’artistes comme Acouphènes, æsmå, BMD-4, Brune, Diazepin, High Speed Violence, L’Ätlas, Lemane, Murdër, Nobrac, NUITSIBLE, Rorganic, UNNAMED ou YGNOR.

Parmi les autres collectifs actifs en ville on compte également Fugitiv’, Phonik, Canelura, Marée Basse, Horizons, Kobal, Departed, WH4F, Volition Acoustics, P22, Distill, Klub666… Au-delà, les clubs plus anciens de la ville tels que l’Iboat continent d’inviter des artistes phares de la scène techno comme récemment avec Paula Temple et Anetha ; deux soirées à succès qui témoignent de l’intérêt toujours fort suscité par la techno à Bordeaux auprès du public.

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       Cultures queer & activistes de la nuit

Si on ne peut pas dire que les cultures queer ont fait leur apparition en 2019 à Bordeaux, cette année a pour autant été un jalon important dans le développement et la visibilité de cette scène. Portées par des activistes comme Bordelle, Maison Éclose ou Klub666, les esthétiques queer ont été représentées à de multiples reprises dans les lieux et les soirées bordelaises. A commencer par la seconde édition du Bal Queer organisé à La Salle Des Fêtes Bordeaux Grand-Parc en novembre dernier qui a rassemblé la suédoise Gnučči la disco-pop star Corine ainsi qu’un certain nombre d’acteur.rice.s de la scène.

Au-delà, les cultures queer ont pu jouir cette année d’une visibilité importante, avec des soirées au Café Pompier, autre terrain de jeu de Maison Éclose. Lors de la Fête de la musique, l’une des scènes de la ville a vu s’associer Bordeaux Rock avec Bordelle avec un show drag-queens. La marche des fiertés du 16 juin a été l’occasion de voir défiler tout un pan des représentant.e.s LGBTQI+, de la même façon que L’Orangeade a accueilli Maison Éclose lors d’un événement cet été au Pavillon d’été. Darwin pour ses Heures Heureuses, le Festival International des Arts de Bordeaux Métropole ou l’Iboat pour ses 8 ans ont tout autant mis en avant ces activistes drag.

Le ferry bordelais a par ailleurs lancé une résidence dédiée aux cultures queer, avec des invité.e.s de marque comme Prosumer ou Honey Soundsystem, collectif inspiré par l’underground gay de San Francisco. La promotion de cette scène et de ces esthétiques – encore peu visible auprès du très grand public malgré tout – témoigne de la volonté des acteur.rice.s du milieu de mettre en avant une vision militante et inclusive de la fête, tolérante et ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent expérimenter la nuit à leur manière, sans se soucier de leur appartenance sexuelle ou de leur genre.

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       Une scène solidaire sur la voie de l’engagement ?

Partout, à travers le monde, le dancefloor redevient un terrain de lutte, où les enjeux contemporains ont un écho : libertés individuelles, urgence climatique, accueil des migrants… Aux États-Unis ce sont les rave Melting Point qui s’organisent en soutien des réfugiés et des populations migrantes. A Paris, Les Éveillés s’engagent pour cette même cause. C’est là-bas aussi qu’une « rave pour le climat » à vu le jour cette année. En Palestine ou au Kazakhstan, des collectifs techno recréent des safe space pour des communautés LGBT menacées par un pouvoir autoritaire. Pour ce qui relève du combat climatique, la journaliste anglaise Chal Ravens a récemment détaillé sur Resident Advisor comment la scène commençait à se mobiliser.

En redonnant son rôle moteur de transformation socio-politique à la musique, les acteur.rice.s de la musique électronique renouent avec la dimension « activiste » de leur scène. Et à Bordeaux ? Si on peut difficilement comparer la ville de tradition bourgeoise avec des territoires en lutte comme la Palestine ou le Kazakhstan, quelques crews locaux commencent à s’emparer des enjeux et des crises qui secouent la planète. On a ainsi pu voir passer cet été des événements du collectif Fugitiv’ qui s’est rapproché d’associations telles qu’Extinction Rebellion ou SOS Méditerranée dans le cadre de soirées à l’Iboat qui voyaient les recettes de la billetterie reversées à ces dernières. Le choix des deux structures n’est pas anodin quand on sait qu’elles sont à l’avant-garde de pas mal de combats dans leur domaine respectif ; la rescousse des exilés qui se noient en Méditerranée et le combat pour la justice climatique. De son côté, l’Iboat a également consacré ses mercredis de l’été à des associations, en leur reversant là aussi les recettes de la billetterie (à prix libre).

D’autres initiatives à Bordeaux vont dans ce sens. On a ainsi pu apercevoir cet été une présence du collectif des migrants de Bordeaux sur le Pavillon d’été de L’Orangeade. La mise en place du SoliFest à Darwin confirme la prise de conscience d’une partie de la scène sur les sujets de l’environnement. Pour sa première édition, le festival s’affichait comme un événement écologique et responsable. Des associations étaient notamment présentes pour de la prévention, telles qu’ESSplicite, Eco Mégots, Surfrider Fondation… De son côté, Bordeaux Open Air s’inscrit également dans une démarche éco-responsable. En 2019, l’équipe du BOA : « passe (fièrement) un cap important: aucun déchet n’est produit sur site – que ce soit par l’association ou ses prestataires ». Dans ce cadre, le festival s’est associé avec Aremacs une « association pour le Respect de l’Environnement lors des Manifestations Culturelles et Sportives » pour l’accompagner sur la réflexion de son impact sur l’environnement et a publié sur son site un « rapport d’impact » sur ses actions liées. On scrutera avec attention les engagements des uns et des autres en 2020 sur ce terrain-là.

Ola Radio à l’assaut du « plus grand b2b de tous les temps »

dans DIVAGATIONS LOCALES/MÉDIAS

Lancée en janvier 2019, la webradio bordelaise Ola Radio s’apprête à organiser le « plus grand b2b de tous les temps » à l’occasion de son premier anniversaire le 1er février 2020. 200 dj’s sont attendus pour battre le record pour l’instant établi à 182 artistes.

Depuis sa création, Ola Radio ne lésine pas sur les idées pour rythmer son actualité et mobiliser sa communauté grandissante à Bordeaux. De l’investissement de la Halle des Chartrons cet été en passant par une croisière ayant fait quelques vagues à la rentrée, l’équipe s’efforce de faire vivre le projet hors des murs du sous-sol du café Mancuso tout en le faisant rayonner ici à Bordeaux et ailleurs. La prochaine opé de la webradio va à coup sûr renforcer cette dimension en offrant un joli coup de projecteur à Ola avec un record à battre à inscrire au Guinness Records.

Un back-to-back record et 200 dj’s pour les 1 an de la radio

C’est en effet un back-to-back dantesque qui sera proposé le 1er février par Ola Radio avec 200 dj’s qui se succéderont aux platines, le tout livestreamé. L’actuel record est détenu par d’autres compères de Manchester qui avaient réunis 182 dj’s le 14 avril 2019 à Manchester pour 10 heures de set ! Cette fois, c’est 13 heures de performances qui seront proposées par la radio bordelaise, avec un morceau joué par chacun des artistes conviés à la fête, de 80 à 130 bpm. L’idée derrière est bien là encore de mobiliser la scène locale et les multiples collectifs qui ont trouvé depuis janvier 2019 un véritable lieu fédérateur en ville.

Cet anniversaire sera par ailleurs l’occasion de célébrer une dernière fois le lieu qui a accueilli Ola Radio : le Café Mancuso, qui vient lui de fêter ses 2 ans. À la suite de ce « plus grand b2b de tous les temps », l’équipe de la webradio (composée des deux co-fondateurs Alice, Rémi et d’autres acolytes) déménagera en effet dans un nouveau local « indépendant » et voguera ainsi vers de nouveaux horizons, histoire de continuer de soutenir la scène locale, comme la radio le fait parfaitement depuis sa création.

Entretien avec Florian, programmateur de l’Iboat

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Lieu culturel et club qu’on ne présente plus à Bordeaux, l’Iboat vient de fêter ses 8 ans à renfort d’une belle programmation, à l’image de ce qui est proposé tout au long de l’année en son sein. Témoin de la démocratisation des musiques électroniques en ville, l’équipe du bateau jouit depuis 2011 d’une notoriété sur ce terrain-là, et a pu observer l’évolution des mentalités, des styles musicaux et du changement de regard des pouvoirs publics vis-à-vis de cette culture. Se considérant comme « défricheur des cultures de marge », l’Iboat se voit d’ailleurs comme un « hub » à destination des jeunes acteurs et promoteurs locaux. À l’occasion de cet anniversaire, on a rencontré Florian, son programmateur, avec qui on dresse un état des lieux de la scène bordelaise, de l’émergence d’une multitude de collectifs et des divers épisodes qui ont jalonné l’histoire du club ; de l’expérience d’un festival à de récents formats réinventés en passant par une volonté de développer des activités hors les murs et des dates marquantes… Entretien fleuve.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : Salut Florian ; joyeux anniversaire à l’Iboat qui vient de souffler sa huitième bougie – comme Le Type d’ailleurs. En 8 ans, qu’est ce qui a changé à Bordeaux sur le plan des musiques électroniques selon toi ?

Florian : Joyeux anniversaire Le Type ! Au début de notre arrivée en 2011, on était plus ou moins seul, avec d’autres propositions différentes des nôtres. Le mythique 4 Sans venait juste de fermer. Entre temps, on a vu une volonté politique plus forte émerger petit à petit. De nôtre côté on a aussi fait un travail de relations publiques avec ces acteurs, qui ont depuis compris ce qu’on faisait, notamment musicalement.

Tu dirais qu’il y a un soutien des pouvoirs publics locaux envers les cultures électroniques et envers l’Iboat aujourd’hui ?

Oui, il y a un soutien et une volonté de comprendre la nuit avec des groupes de travail “Bordeaux la nuit” initié par la Mairie. C’est entre autre ce qui a changé en huit ans. On travaille main dans la main avec les collectivités, ce qui nous a permis de faire évoluer leur vision. On a fait des projets avec eux, comme par exemple avec la cathédrale de Bordeaux où on a mis en place un live techno gratuit. On a aussi déjà investit le CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux avec une nuit techno, là aussi en collaboration avec la ville.

D’autre part, ce qui a changé en huit ans c’est qu’au début on était considéré comme alternatif. Ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui… bien que la programmation n’ait fondamentalement pas changé. Le terme « défricheur des cultures de marge » serait davantage adéquat pour définir ce que l’on fait. Effectivement, entre temps, les musiques électroniques se sont popularisées auprès du grand public en quelques années. Il y avait eu un premier cycle à l’époque de nos parents qui est retombé vers la fin des années 1990, et là on est dans la seconde vague. Aujourd’hui on est dans une sorte d’effet de mode qui à Paris est devenu un mouvement générationnel. À l’ouverture de l’Iboat on était clairement dans une mode techno berlinoise, et maintenant on peut dire que les musiques électroniques se sont divisées davantage en sous genre, avec en ce moment une visibilité plus forte de la house à Bordeaux comparé à Lyon. Les modes marchent souvent par cycles.

La différence avec la première vague de nos parents c’est l’avènement d’internet, chaque mouvement musical est toujours lié à une innovation technologique. Les machines ou les premiers ordinateurs pour la vague de nos parents. La démocratisation des ordinateurs personnels, le développement de logiciel de musique, l’internet pour l’écoute et le téléchargement des musiques immatériels, la diffusion de cette culture et cette musique qui n’est pas diffusée sur les grands médias.

Une autre chose qui a évolué en huit ans à Bordeaux c’est qu’on voit de plus en plus d’événements diurnes émerger (cet été il y avait Bordeaux Open Air, L’Orangeade, Le Verger…). Vois-tu cela comme une menace par rapport à l’offre club ? Observes-tu une inversion de la temporalité jour/nuit qui pourrait se faire ressentir en termes de fréquentation pour l’Iboat ?

Il faut dire qu’avec la volonté de la Mairie, il y a eu cet été un événement diurne consacré aux musiques électroniques chaque jours de la semaine ! Ces événements diurnes organisés par des associations sur l’espace public sont bien souvent gratuits et subventionnés par les collectivités à hauteur de 3000€ jusqu’à 50000€ pour certains.

Certains sont plus destinés au grand public tandis que d’autres sont plus de niche. C’est le cas du Verger qui vient de se terminer : c’était un événement qui s’adressait aux des aficionados de la musique et qui ont fait un travail remarquable. D’autres sont plus accessibles comme Bordeaux Open Air ou L’Orangeade. Vu qu’ils sont gratuits, il peut y avoir des personnes de tous les ages qui s’y rendent : un public plus large qui se laisse tenter par le jardin public transformé en dancefloor. Ils ont le mérite de sortir notre musique en dehors des clubs, de la populariser et de la promouvoir, loin de la musique électronique EDM qu’on peut entendre à la radio. De ce fait ces offres culturelles sont plutôt complémentaires avec l’Iboat puisque ces événements se terminent vers minuit, moment où le club ouvre. Certaines personnes qui s’y rendent ont souvent envie de continuer la fête et viennent chez nous. Pour nous il n’y a donc pas de changements par rapport à cela, voir une convergence.

À quelques occasions, on s’exporte aussi hors du bateau, début octobre, on a collaboré avec le FAB en proposant une programmation musicale électronique accompagnant leur QG à St-Michel. On a commencé à proposer cet été des formats Open Air sur notre nouvelle terrasse. Ces formats seront développés sur la nouvelle saison. On avait même eu la visite surprise de Terrence Parker un lundi soir, mémorable !

Bordeaux Open Air. Crédit photo : Miléna Delorme

On sent aussi à Bordeaux et dans d’autres villes une volonté du public de se rendre dans des événements moins contraints que des clubs, tels que des warehouse, comme les Demain Kollectiv, pour sortir du format club et expérimenter de nouveaux lieux. Le format club est-il encore pertinent en 2019 selon toi ?

Il y a de plus en plus de publics, avec un S à la fin. Effectivement, les musiques électroniques se sont popularisées, ce qui fait que les clubs se sont un peu gentrifiés. C’est un phénomène que l’on observe en France. Après, certaines personnes cherchent aussi d’autres expériences plus permissives. Essayer de re-vivres les premières raves des années 1980. Pour notre part, nous n’irons jamais dans l’illégalité avec la structure de l’Iboat. Chaque modèle a ces avantages et ces désavantages. Notre club est ouvert à l’année, avec des salariés professionnels en CDI. Nous payons notre loyer, les prestataires et toutes les charges liés à une entreprise du spectacle avec des périodes de basse saison et haute saison. C’est un fonctionnement beaucoup plus lourd à porter que de faire des one-shots avec des bénévoles ou du personnel payé à l’heure.

Les deux types d’expérience sont fondamentalement différent dans leur fonctionnement. Notre façon de nous différencier, c’est d’être le plus professionnel possible, de se renouveler constamment et d’inviter les meilleurs artistes internationaux à bord. C’est mon positionnement : accueillir les meilleurs artistes internationaux, connus ou en devenir. C’est aussi d’accueillir le public avec un sound system bien réglé. Celui de l’Iboat est d’ailleurs l’un des sound system les mieux réglés des clubs en France.

L’Iboat. Crédit photo : Pauline Roquefeuil

Quelle importance tu accordes au sound system d’un club ?

Au départ nous avions un Funktion one mais il n’était pas adapté aux concerts que nous faisons en première partie de soirée. Depuis, nous avons un système d&b, directement réglé par des ingénieurs de la marque venus l’installer au bateau. Notre problématique c’est que notre bateau est constitué de fer. Or le béton et le fer sont deux matériaux qui font résonner le son. Il a fallu donc paramétrer sur des ordinateurs et calculer la courbe de la coque pour faire en sorte que le son soit efficient partout… On fait appel a de l’ingénierie de malade en perpétuel perfectionnement ! Aujourd’hui, le son est aussi bien calé à l’avant qu’à l’arrière avec des rappels cachés dans les plafonds ; ce pourquoi je considère que c’est l’un des meilleurs. C’est comme ça qu’on va aussi se différencier d’une warehouse qui est peut-être plus permissive mais qui va se contenter de poser des enceintes pas forcément bien réglées. C’est aussi la beauté de la warehouse d’ailleurs.

Tu parlais tout à l’heure de gentrification. Comment on fait pour rendre un club inclusif et ouvert à des communautés et des catégories autres que les CSP+ ? À travers ton travail de programmation comment tu vas chercher ces nouveaux publics ?

Pour nous, à partir du moment où tu aimes la musique, que tu n’es pas en état d’ébriété, et que tu te comportes bien avec tout le monde ; tu as le droit de rentrer. Tu as le droit d’être là, quelque soit ton statut social. Je n’ai pas l’impression qu’on soit un club de riche, on n’a pas de carré VIP, ce n’est pas notre positionnement Le public est assez brassé à l’Iboat, avec pas mal d’étudiants notamment. On pratique aussi des prix à l’entrée qui sont progressifs en fonction du moment où tu achètes ton billet. Ça peut commencer à 5 euros, un tarif correct quand tu veux aller voir Carl Craig ou Robert Hood… C’est démocratique et permet d’aller toucher un public qui a moins d’argent. On ne veut pas se fermer et n’accueillir que des CSP+.

As-tu d’autres modèles de clubs en France ou en Europe qui t’inspirent ?

Je pense forcément aux clubs à Berlin comme la figure de proue de notre génération le Berghain. On n’y perd toute notion de temps dedans, sans téléphone portable auquel on n’a pas accès pour faire des photos… Ça permet aux gens de se reconnecter avec ce qui se passe, c’est assez intéressant. Après, malheureusement, ce ne sont des expériences qu’on ne peut avoir que dans certaines villes, qui sont bien souvent des capitales ville-monde. Londres était la capitale du Rock pour cette musique, Berlin pour le mouvement de la techno (même si effectivement Amsterdam pourrait nous surprendre). Ce qui fait la force et l’ambiance d’un club c’est à 50 % sa direction artistique et l’autre 50 % c’est aussi son public. Il y a beaucoup d’autres bons clubs en France mais je ne vais pas les citer par peur d’en oublier… Peut- être un nom ; le Macadam à Nantes où je suis allé mixer il y a peu, c’est une super aventure humaine avec une belle équipe !

Le Berghain, modèle de club. Crédit photo : Simon Tartarotti

En autre club français, il y a le Batofar à Paris, qui a récemment fermé et qui était lié à l’Iboat. On a appris récemment l’arrivée de son ancien programmateur au BT59. Comment perçois-tu l’arrivée de cet ancien collègue dans un club local et est-ce que tu envisages de travailler en synergie avec lui ? Plus globalement, est-ce que tu travailles en collaboration avec les autres clubs de la ville ?

Je travaille avec tous les promoteurs, collectifs et clubs de Bordeaux (voir France également). On échange régulièrement tous ensemble au téléphone ou à l’apéro (rires). La plupart sont des potes. On travaille tous ensemble, en intelligence, sans essayer d’écraser les uns les autres, puisque plus il y aura d’offres à Bordeaux et plus les gens auront envie de sortir, de découvrir notre passion. Il y a une vraie synergie à trouver entre les clubs et les warehouse, ou même les collectifs qui font des événements, de jour comme de nuit. La plupart de ces acteurs sont d’ailleurs passés en stage à mes côtés. Je suis assez fier de ce qu’ils font aujourd’hui. Mon rôle c’est d’accompagner ces collectifs. Il leur arrive souvent d’avoir des résidences ou de venir organiser des soirées au club. L’Iboat se voit un peu comme une maison d’accueil, un hub pour tous les acteurs locaux. On parle à tout le monde, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Idem pour le BT.

Tu envisages l’Iboat comme un « hub » pour les collectifs locaux : quelle est la politique du club par rapport à ces collectifs émergents ? Comment vois-tu la place de l’Iboat là-dedans ?

Il y a huit ans il y avait essentiellement des promoteurs autodidactes qui organisaient des soirées. Ce qui a basculé aujourd’hui c’est que ce sont les crews qui ont pris le pouvoir et ont remplacé les promoteurs en local. Souvent, ces crews sont des bandes de copains passionnés. En voyant d’autres organiser un open air, ils se disent pourquoi pas eux? On travaille avec quasiment tout le monde. Même les plus émergents, que l’Iboat incube d’une certaine façon. Mon rôle c’est d’accompagner ces nouveaux acteurs car l’Iboat est une sorte de maison. Et on ne veut pas être le seul lieu qui va diffuser de la musique électronique à Bordeaux ; ma direction artistique n’est pas omnisciente, je ne connais pas tout et ne programme pas tout de facto. On est aussi content que certains autres acteurs éveillent la belle endormie. On est souvent les premiers à venir chez eux, dans leur événement pour les soutenir, quand on n’est pas en train de bosser…

Ne penses-tu pas que Bordeaux manque de lieu, malgré tout ? Et que l’arrivée d’un nouveau club de musiques électroniques serait la bienvenue ?

C’est vrai qu’il n’y a pas autant d’offre qu’à Lyon ou Paris par exemple. Mais, d’un autre côté, la ville de Bordeaux est beaucoup plus petite, avec au mieux 500000 personnes (plus d’un million à Lyon) – ce sera 1 million à Bordeaux en 2030. Aussi, la ville a un passif très rock, avec des groupes comme Noir Désir. Ce qui peut expliquer peut être en partie cette différence. On essaye avec notre équipe de développer quand même d’autres projets en dehors de l’Iboat. Par exemple une programmation techno au cœur de la Base sous marine à 500 mètres, ou un roller disco avec Cerrone. Ou encore un live techno et show laser dans une cathédrale, de la musique dans les jardins de l’Hôtel de ville, au CAPC, investir le Rocher de Palmer le temps d’un concert de Nils Frahm ou Darkside… On est une équipe de programmation qui ne souhaite pas s’enfermer dans son QG mais qui cherche à s’ouvrir dans d’autres lieux. Pourquoi pas travailler avec l’opéra prochainement… c’est peut-être dans les tuyaux…

Florian à l’Iboat. Crédit photo : Miléna Delorme

Vous avez aussi tenté l’expérience festival avec le Hors Bord. Est-ce que Bordeaux ne manque pas d’un festival emblématique des cultures électroniques ? Pourquoi ne pas avoir développé un peu plus le Hors Bord ?

Le Hors Bord a été développé avec des copains de Paris, Amical Production. Une telle aventure est très chronophage, nous étions pas mal pris par la gestion du club en parallèle ouvert toute l’année sans interruption. Entre les clubs qu’on doit promouvoir, les concerts, les formats apéroboat, le restaurant… ça prend beaucoup de temps. Le but de la collaboration avec Amical c’était d’être complémentaire. Au bout de deux éditions, on a vu qu’on ne travaillait pas de la même manière, ce pourquoi on a préféré arrêter l’aventure. Ils ont souhaité conserver le nom pour essayer de continuer à Bordeaux sans nous. Le nom ne nous appartient plus. Après, je ne regarde pas du tout derrière. Aujourd’hui il y a plein de choses à faire sur Bordeaux et peut-être qu’un festival sur l’année prochaine est en réflexion…

C’est la direction que vous voulez prendre avec Ahoy! ?

Ahoy! est davantage orienté sur les live, les concerts… Il n’y a pas de DJ sur scène. Ce n’est pas un festival, c’est plutôt une ouverture de la saison d’été qui se referme avec la date anniversaire fin septembre. Ahoy! c’est un événement sur le quai du bateau qui nous permet d’œuvrer au développement du quartier des Bassins à Flot et de Bordeaux avec des offres culturelles sur ce lieu. Pour ce qui est de l’organisation d’un véritable festival, on le fera plutôt en interne à l’avenir sauf si une structure nous sollicite entre temps.

Pour continuer sur la question de la scène locale, on observe qu’il y a assez peu de producteurs de musiques électroniques à Bordeaux – bien qu’il y ait énormément de dj’s. Penses-tu que c’est pour cette raison que la scène n’est pas aussi bien identifiée que des villes comme Nantes ou Lyon par exemple ? En tant que programmateur, tu ressens ce déséquilibre ?

La différence avec des villes comme Nantes ou Lyon c’est que là-bas il y a eu une vraie volonté politique de développer cette culture qui remontent. Nuits sonores (festival lyonnais de musiques électroniques et indépendantes, ndlr) a fêtée sa 17ème édition cette année. Toute une génération a été bercé par ce festival ! Il y a eu une vraie volonté des pouvoirs publics d’accompagner ces esthétiques, créant de fait une dynamique dans la ville. Il y a plein de collectifs sur Lyon aussi. C‘est ce qui a créé une émulation. A Nantes il y a le Scopitone, avec un véritable engagement culturel, avec une saison qui va au-delà de la musique avec des expositions, cultures numériques…

Sur Bordeaux il y a un basculement qui est en train de s’opérer. Mais ça ne peut pas venir que des salles de diffusion ; il faut tout un écosystème qui favorise cette émergence dans la ville. Aujourd’hui ça va dans le bon sens avec un disquaire spécialisé qui s’appelle le Boudoir Sonore, une radio qui vient de se créer : Ola Radio. Elle promeut les locaux et travaille beaucoup avec les collectifs. Parallèlement on voit se développer de plus en plus d’événements éphémères. Tous les clignotants sont au vert aujourd’hui pour voir émerger de nouveaux artistes.

Il y a quand même des producteurs au sein de la scène tels que Jann qui a déjà eu des sorties sur Pinkman Records. Il était en résidence à l’Iboat pendant trois ans, durant laquelle il invitait ses propres artistes. Il y a aussi Anetha qui est originaire de Bordeaux aussi (même si elle n’y vit plus). Djedjotronic également est revenu vivre ici. Laroze, Succhiamo (Panoptique et la chanteuse de J.C. Satàn) sur Antinote …Il y a donc quand même quelques artistes et plein d’autres producteurs…

En huit ans, la ligne artistique de l’Iboat a-t-elle évoluée ? En tant que directeur artistique d’un tel lieu, comment te renouvelles-tu et te tiens-tu au courant des nouveautés ? Comment faire pour être toujours pertinent dans tes choix ?

C’est mon éternelle question… Il faut toujours se remettre en question sur la programmation. Même si c’est compliqué de révolutionner une programmation par ailleurs. Ce qu’on peut faire, c’est évoluer. C’est possible car les musiques électroniques sont parcourus par des courants et des modes. Je voyage pas mal en allant constamment à l’étranger à Londres, Berlin, Amsterdam.. ou Lyon, Paris… mes potes m’appellent le ministres des affaires étrangères pour me charrier. Voyager me permet de m’imprégner de ce qu’il se fait ailleurs pour pouvoir proposer le meilleur à Bordeaux. Je rencontre ainsi, les programmateurs et acteurs de la scène européenne, ça facilite mon travail par la suite.

Sur les premières années du club on avait Jennifer Cardini qui faisait office de marraine informelle. Elle m’a pas mal aidé, c’était la première fois que je programmais dans un club en 2011. Quand j’avais besoin d’elle, elle a toujours été là. Ensuite, au bout des 3 ans j’avais mis en place des résidences de locaux dont Jann… Je m’appuyais sur ces locaux qui, chacun dans leur esthétique, invitaient d’autres artistes plus connus ou d’autres locaux afin de ne pas avoir une seule vision de la musique électronique, car je veux que ce soit un lieu pour tous les bordelais. Après, on a lancé des résidences d’artistes internationaux. On avait misé à l’époque sur Mézigue, Voiski, Bambounou, Palms Trax, Antal… Ils co-programmaient avec moi ; ils avaient chacun leur résidence tous les trois mois. Cet été, je suis parti sur une thématique « tour de France » en invitant des collectifs de tout l’hexagone comme le Méta a Marseille, Tapage Nocturne à Lyon, Midi Deux à Rennes… On est allé chercher des gens qui font bouger la France pour les ramener à Bordeaux ! A la rentrée 2020 il y aura peut être une nouvelle résidente bordelaise…

Au-delà de la programmation, il y a la question des formats. Ca a tellement été la course au booking notamment sur Paris que les prix des artistes sont hallucinants en France si l’on compare à il y a 10 ans. Cela ne peut pas durer car ce modèle est trop fragile et beaucoup sont en difficulté.

L’évolution de la programmation viendra par le développement de format concept, un retour vers l’esprit de la fête. Récemment on est allé créer un format club queer qui s’appelle Iridescence avec le collectif Maison Éclose, un collectif de créatures queen sur Bordeaux. Ce format queer inclusif donnera la parole à des icônes gay avec qui on revisite le club, avec une scénographie dédiée. On a aussi il y a peu lancé le format « Icône » en décalage horaires. C’est un club avec des artistes iconiques, qui parlent à plusieurs générations, notamment celle qui sortait avant et qui ne sort plus trop aujourd’hui… Ça peut être la programmation d’artistes de légende comme Carl Craig, Laurent Garnier ou Michael Mayer, qu’on programme le vendredi dès 22h00… L’artiste joue tôt et on assiste à un vrai mélange générationnel des publics qui n’est pas la spécificité des clubs en France. L’entrée est d’ailleurs gratuite pour les plus de 40 ans. On réfléchit aussi à des formats d’ouverture du dimanche comme a pu faire Concrete (club parisien ayant récemment dû fermer ses portes, ndlr) par exemple, sans passer par la case after car on reste un lieu pluridisciplinaire.

Y-a-t-il des artistes que tu as en vue et que tu souhaites programmer dans les prochains mois à l’Iboat ?

On a très envie que Red Axes reviennent… J’ai aussi très hâte de voir Emma DJ, CEM. DK avec Zaltan en back-to-back. C’était un des temps forts du Lente Kabinet (le petit festival de Dekmantel) … Il y aussi Ouai Stéphane que j’ai trop envie de voir, c’est assez intriguant. C’est la future sensation de l’année prochaine je pense.

En 2019, il y a une date qui t’a particulièrement marqué au bateau ?

Le Dekmantel Soundystem en all night long ! Thomas, du duo, n’avait pas pu venir. Du coup Casper Tiejrol, a fait 6 heures de set seul et a complètement retourné l’Iboat jusqu’à 6h30 ou 7h00 du matin… Octo Octa et Eris Drew aussi qui sont de purs dj’s techniquement. Stingray aussi, comme d’hab ! Djedjo aussi qui a fait son nouveau live EBM. Omar S qui a toujours des plaques de malade. Pour la petite histoire avec Omar S : il n’avait jamais joué au bateau… Il était venu au festival Hors Bord que j’organisais. On avait essayé par tous les moyens de le faire mixer sur l’Iboat mais il ne voulait pas, parce que c’était un bateau ! Il a une phobie des bateaux… On a finalement réussi à le faire venir mais, 5 minutes avant de jouer, on est descendu dans la cale, il ne se sentait pas très bien, je pensais qu’il n’allait jamais jouer, j’ai vraiment flippé. Finalement je suis resté avec lui, ça s’est très bien passé, il a fait un set de malade… !

Les ondes d’Ola Radio prennent le large

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

La webradio locale Ola Radio embarque le dimanche 15 septembre à bord du Marco Polo. En deux temps, cette savoureuse croisière propose un véritable trip électronique à la confluence de diverses esthétiques.

Online depuis janvier 2019, Ola Radio a su s’imposer en quelques mois comme l’une des références médiatiques locales. Grâce à son travail de fédération des acteurs culturels bordelais, la webradio s’est entourée de la crème des collectifs et artistes en ville, devenant de facto un élément pilier de sa scène. Cet été, son équipe s’est même aventurée hors les murs à la Halle des Chartrons et a récemment rejoint la FIMEB qui réunit 12 structures œuvrant à la promotion des cultures électroniques à Bordeaux. Forte d’une communauté grandissante, la radio a donc décidé pour la rentrée de proposer à ses auditeurs, amis et autres curieux une croisière musicale sur la Garonne d’une heure, suivie de festivités sur le ponton.

Ola Radio hisse les voiles

Dimanche 15 septembre, de 16h00 à minuit, Ola Radio met en place cette ballade fluviale en deux temps. Un premier, de 16h00 à 17h00, donnera la possibilité aux matelots embarqués d’apprécier l’univers électronique du local Obsimo, à base de synthés et de guitares lors d’un live forcément spécial puisqu’en mouvement. Entre temps, sur le ponton, une deuxième salve de watts se feront entendre (dès 16h01) avec d’autres têtes connues des bordelais puisque ce seront les crews L’Orangeade et Crème Fraîche qui se chargeront, jusqu’à minuit, de faire danser les heureux élus qui auront eu le temps de récupérer leur prévente à temps (il n’y a pas de ventes sur places et attention ; il y a deux types de préventes !). Relativement rares en ville, on ne peut que saluer l’initiative d’Ola Radio pour cet événement dominical qui concilie live et dj sets et apporte un brin de fraîcheur aux dimanches bordelais en mal de musique et de fête.
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La FIMEB, union des acteurs électroniques bordelais

dans DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Douze acteurs locaux des cultures électroniques viennent de se réunir autour de la FIMEB, la Fédération Inter-associative des Musiques Électroniques de Bordeaux. Pensé pour promouvoir cette culture auprès du public et des élus, ce regroupement d’associations et de collectifs constitue un levier pour consolider la scène de la ville. Un premier événement est prévu le week-end du 21-22 septembre sur le parvis de la MECA dans le cadre des journées du Patrimoine en compagnie des différents crews.

Culture émergente par excellence, la musique électronique a longtemps souffert d’un manque de relais et de soutiens institutionnels pour promouvoir ses activités. Si la donne a bien changé depuis quelques années au niveau national (avec pêle-mêle ; un ancien ministre de la culture aficionados du club Concrete, une légion d’honneur remise à un dj…) comme au niveau local à Bordeaux (à l’image de certains collectifs subventionnés par la Mairie pour organiser divers événements autour de cette culture), il n’en demeure pas moins qu’en comparaison avec d’autres acteurs culturels, les porteurs de projets d’événements « électroniques » ne sont pas forcément les mieux lotis.

La FIMEB : l’union fait la force

Pour répondre à cette problématique et promouvoir leur message, des organisations locales se sont donc regroupées autour d’une fédération, la FIMEB. Comme indiqué sur la page du projet, l’objectif de celle-ci est relativement simple : « unir nos forces pour promouvoir une culture que nous défendons tout au long de l’année ». Quoi de mieux en effet qu’un tel regroupement afin de porter d’une voix unique auprès des élus certaines revendications nécessaires au développement de la filière ? Avec une pléthore d’événements ayant rencontré un succès populaire lors de l’été 2019, les collectifs et organisations locales ont bien démontré l’intérêt de leur activité et du soutien auquel ils peuvent légitimement prétendre.

Derrière la FIMEB, ce sont pas moins de 12 structures qu’on retrouve ; médias, collectifs, associations, promoteurs… Tous se retrouvent autour de valeurs communes et la volonté de défendre leur scène et de développer la culture électronique à Bordeaux. Parmi eux, de nombreux partenaires du Type tels que À l’eau, les Amplitudes, le festival Bordeaux Open Air, Canal 113, Eclipse Collective, Electrocorp, MICROKOSM, Ola Radio, L’Orangeade, SUPER Daronne, tplt ou Les Viatiques. On notera l’absence de certains collectifs et promoteurs locaux, dont on ignore s’ils n’ont pas été sollicité ou s’ils ont tout simplement refusé d’intégrer cette fédération.

Des Journées Électroniques à la MECA

En guise de première étape marquante pour la FIMEB, des Journées Électroniques sont d’ores et déjà prévues les 21 et 22 septembre à la MECA. Ce nouveau bâtiment proche de la Garonne qui accueille notamment le FRAC, l’OARA et l’ALCA a récemment ouvert ses portes et fait figure de haut lieu culturel ici à Bordeaux. Durant ce week-end qui s’inscrit dans le cadre des journées du patrimoine, ce sont 25 artistes des différents crews qui se succéderont aux platines. Deux jours de musique, d’activités et de culture au programme pour une première édition marathon qui pourrait presque s’apparenter à un mini-festival, accessible gratuitement qui plus est.
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Ola Radio pose ses valises aux Chartrons

dans ANNONCES/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/VIE DE QUARTIER

Sept mois après son lancement, la nouvelle web radio bordelaise Ola Radio vient frapper une fois de plus là où il faut, et installe une nouvelle résidence les 25 et 26 juillet dans un lieux historique et atypique de Bordeaux : La Halle des Chartrons.
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Un bilan qui pèse son poids

Difficile de ne pas entendre parler d’Ola. Après son lancement en janvier dernier, c’est un florilège d’émissions, résidences, talk-shows, live stream, collaborations et autres concepts novateurs, pour l’instant jamais vu dans la cité girondine. Sept mois d’activisme au sein de leur QG au Café Mancuso, comme aussi la présence à de nombreux événements culturels de la ville ou de la région (AHOY! festival, vie sauvage, Fête de la Musique, Heures Heureuses…), sans parler d’un catalogue d’artistes qui ne cesse de s’allonger.

Nouvelle résidence d’été et nouvelle teuf en vue

 

Toujours plus culottée, la radio à récemment fait l’acquisition d’un petit bijou bordelais, la Halle des Chartrons. Localisée au centre de la Place Du Marché Des Chartrons, cette bulle de 200 mètres carrés est un lieu historique accueillant habituellement des marchés de créateurs, expositions, conférences et concerts. Jusqu’alors il n’était question d’y héberger quelconque radio locale. Et c’est là qu’Ola Radio prend les commandes en proposant un événement sur deux jours consécutifs les 25 et 26 juillet de 14h à minuit.

Appuyée par son graphiste en chef MACEO, se dernier se charge d’une scénographie pensée tout spécialement pour ses deux jours où viendront se mêler en journée des émissions, interviews, tatouages, expos et autre, le tout accessible au public. Mais nous n’en resterons pas à l’heure où les poules se couchent, les soirées proposeront des Dj set, live modulaire ainsi que du Rap. Pour clore le tout, boissons sur place et food assurée par le Café Mancuso pour ravitailler les troupes.

Le rendez-vous est pris pour nous, il ne vous reste plus qu’à suivre l’événement juste ici.

 

Le WAC, à l’assaut de l’art contemporain

dans ANNONCES/ART ET CRÉATION/ÉVÉNEMENTS

Du 5 au 7 juillet, la deuxième édition du Week-end de l’Art Contemporain se déploiera dans tout Bordeaux, et célébrera une multitude d’artistes et de lieux de la ville. À l’origine du projet, Bordeaux Art Contemporain, véritable plateforme de valorisation de la scène artistique locale.

Crédit photo : Continuum, Julie Chaffort

Aux manettes du WAC : Bordeaux Art Contemporain

Ville au patrimoine artistique important et imposant, Bordeaux peut aussi se targuer de compter en son sein un grand nombre de structures œuvrant dans le champ de l’art contemporains. Les musées, galeries et autres lieux sont nombreux, offrant aux artistes de multiples espaces de diffusion. Malgré tout, il manquait un lien entre l’ensemble de ces acteurs. Partant de ce constat, Bordeaux Art Contemporain est né en 2017. Plateforme « d’échanges, de coopération, de mutualisation et d’entraide entre ses membres », B.A.C s’envisage comme un véritable outil au service des artistes, des lieux, des professionnels, des collectionneurs ou même du grand public afin d’encourager la promotion de l’art contemporain. De cette façon, la structure « participe au rayonnement de l’actualité artistique du territoire, présente la vitalité et la richesse de la scène locale, et sensibilise les publics locaux et de passage à l’art contemporain ».

L’organisation d’événements fait également partie des missions de la plateforme afin de mettre en avant certains artistes et matérialiser le lien qui unit l’ensemble des organisations impliquées. Depuis 2018, B.A.C est ainsi à l’initiative du WAC, le week-end d’Art Contemporain. Celui-ci rassemble l’ensemble des lieux artistiques de la ville qui œuvrent, le temps d’un week-end, à la promotion d’artistes locaux et d’au-delà. Forte du succès d’une première édition réussie, B.A.C rempile une deuxième fois, avec un événement plus long et conséquent.

Le WAC, deuxième édition ambitieuse

Plus de 150 artistes, des parcours créatifs et une quarantaine de lieux à (re)découvrir

Du 5 au 7 juillet, ce mini-festival prendra place dans le cadre de la saison culturelle « Liberté ! Bordeaux 2019 » et de la huitième édition l’Été métropolitain. À cette occasion, les 37 lieux du réseau (du CAPC au 5UN7 en passant par la Fabrique Pola, la Galerie MLS, l’Espace 29, Zébra3 et bien d’autres…) seront ouverts au public gratuitement ! L’occasion de (re)découvrir ces lieux artistiques sous un autre visage et d’explorer l’univers des artistes qui y seront exposés. Au total, ce sont pas moins de 150 d’entre eux qui seront mis en lumière, de la région et du monde entier. Des parcours créatifs sont également mis en place et proposeront « une approche singulière de la scène artistique bordelaise ». Une soirée d’inauguration à l’Iboat le jeudi 4 juillet verra aussi le jour avec dj set, vidéos et performances.

L’hypertourisme d’Emma Cozzani

Parmi les diverses propositions artistiques, les parcours créatifs font office d’expérimentation particulièrement intéressantes. On y retrouve par exemple un générateur de dérives, monté par Émilie Gauvin. À travers une longue-vue installée Place du Palais, il s’agit de se laisser aller à une « observation urbaine virtuelle ». Le petit WAC d’Elora Jolis et Caroline Godon se composera lui d’une visite à pied destinée aux enfants qui pourront profiter de la visite de 5 lieux. L’occasion d’envisager l’art contemporain sous un autre jour, en famille ! La poétesse et street-artiste Nathalie Man fera elle découvrir les parcours de 6 artistes femme à travers des « poèmes de rue » ou des visites accompagnées. Une session d’« hypertourisme » sera également proposée par Emma Cozzani, entre sport et performance collaborative ! Elle s’inscrit dans une réflexion « autour de la place du corps et de celle de l’hyper-connectivité ». Les secrets du milieu de l’art contemporain seront dévoilés par Fausto Mata et Véronique Bevillaqua, tandis qu’Ola Radio proposera un parcours sonore pour envisager l’art contemporain sous un angle musical.
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Fête de la Musique à Bordeaux : guide 2019

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Encore une fois cette année, la Fête de la musique à Bordeaux s’annonce bien chargée. Collectifs et associations s’en sont donnés à cœur joie pour proposer une multitude d’événements. Il y en a donc pour tous les goûts. Pour s’y retrouver, on vous propose ce petit guide non-exhaustif pour dégoter la teuf qui vous conviendra le mieux.

Crédit photo : Astrid Lagougine

La plus défricheuse : tplt x Ola Radio (Crédit Municipal de Bordeaux)

Comme chaque année, on se rendra avec intérêt à l’événement organisé par le collectif tplt. A l’initiative du Verger et de La Serre, le crew et ses différents résidents (Superlate, Yougo, Insulaire et Blumm) ont pour habitude de dégainer les disques rares aux sonorités variées. C’est donc naturellement qu’on les retrouve cette année avec la webradio émergente de la région bordelaise qui donne sa place aux différentes assos de la ville : Ola Radio.
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La plus rock’n’roll : L’Astrodøme x Musique d’Apéritif (Place du Palais)

Non contents d’avoir organisés un grand raout psyché en début d’année, L’Astrodøme et Musique d’Apéritif rempilent et nous proposent un casting rock et punk bien adéquat pour cette fête de la musique. Cinq groupes et un dj set par leur soin ; de quoi régaler un grand nombre de bordelais qui risquent forcément de passer par la Place du palais.
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La plus fat’ : Odezenne x l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine (Place des Quinconces)

Odezenne. Gratuit. Place des Quinconces. A-t-on besoin d’en rajouter ?
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La plus groovy : L’Orangeade x Délicieuse Musique (Square Dom Bedos)

On ne présente plus Délicieuse Musique ni L’Orangeade, collectif qui vient de fêter ses 5 ans en grandes pompes place Saint Michel. Assez proches artistiquement parlant, les deux collectifs joignent donc leur force pour cette fête de la musique sur le super spot de Square Dom Bedos ! Au menu ? House, disco, mais surtout ambiance tropicale, « danses de vandales sur des rythmes venus du monde entier et amour sous les étoiles ».
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La plus queer et bordélique : Bordeaux Rock x Bordelle (Place Fernand Lafargue)

Joli coup pour l’association Bordeaux Rock et Bordelle qui s’allient et investissent la belle place Fernand Lafargue. Lieu de passage central, celle-ci verra défiler notamment un show drag queen de Maison Eclose et les live de Zebra Lova et PointPointVirgule. Un dj set de l’équipe de Bordelle est à prévoir. Joyeux bordel en prévision, donc.
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La plus funky : Les Amplitudes x Future Sound

Les copains des Amplitudes s’unissent de leur côté avec Future Sound, pour une teuf sur la Place Saint Projet, au bord de la longue rue Sainte-Catherine. Les deux crews risquent fortement de faire vriller les murs aux alentours !
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La plus extended : IBOAT : Open air & Club (Courtesy & Peach)

Douze heures : c’est le marathon proposé par l’Iboat à l’occasion de cette fête de la musique ! Accompagné par 3 excellents collectifs du cru (Crème Fraîche, Canal 113 et A l’eau), l’équipe du bateau fera résonner le Bassin à Flot sur deux niveau ; à la fois au pied de la Grue Wellman en open air, et dans sa cale, avec : Courtesy et Peach.
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La plus sunshine et aventureuse : Rocher de Palmer x FIP

Beau programme rive droite au Rocher de Palmer ! La SMAC convie FIP pour une nuit loin du centre mais au cœur du soleil avec l’electro-hip hop de la réunionnaise Maya Kamaty, le duo funky DjeuhDjoah ou le collectif Cotonete et son groove complètement transmissible. Un beau plateau qui régale !
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La plus à-la-cool : Bruit Rose Music x Brüme (rue Neuve)

Bruit Rose Music et Brüme s’associent le 21 juin pour une formule bien connue de ceux qui ont l’habitude de côtoyer les teufs de ces deux collectifs : « chill au soleil, cocktails, tapas et DJ sets ». What else?
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La plus incestueuse : Super Daronne x Hill Billy (Musée des Arts décoratifs et du Design)

Encore un spot de rêve pour fêter la musique de belle manière : l’écrin du Musée des Arts décoratifs et du Design. Aux manettes, on y retrouvera les collectifs Super Daronne et Hill Billy, adeptes de groove et qui alterneront entre « gros pains et cabrioles spectaculaires ».

Eclectype #52 — La playlist bordelaise — mai 2019

dans MUSIQUE/SÉLECTA

Rendez-vous mensuel pour découvrir de nouveaux artistes issus de la scène bordelaise tout en redécouvrant des pépites locales bien de chez nous, enfouies parfois dans les bas-fonds des internets. Sans trier, on sélectionne de manière éclectique dans cette playlist des univers parfois très différents, du rock psyché à la house en passant par le hip hop ou la musique de chambre, toujours dans une démarche de promotion de la création, émergente ou non, à Bordeaux.
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Mydgar — View From the Space

Mydgar continue son voyage vers le cieux et au-delà avec son nouveau titre « View from space », second morceau de son EP plutôt spatial. Basé sur une interview de l’astronaute Neil Armstrong qui décrit la Terre et la Lune à son retour de la mission Apollo 11, le morceau et ses longues nappes invitent aux rêves dans un crescendo progressif particulièrement agréable.
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Insomni Club — Envie

Il est cool, bordelais, musicien mais aussi réalisateur des clips de Miel de Montagne et il vient de sortir son dernier son « Envie » le mois dernier. En première partie de Flavien Berger à la Rock School Barbey, Insomni Club, de son nom d’artiste joue régulièrement à Bordeaux et si vous souhaitez en savoir plus sur lui, on a, là aussi, eu la chance de lui poser quelques questions lors d’une rencontre.

Obsimo — Tigari

Figure montante de la scène locale, le jeune Obsimo a tout juste sorti son premier LP. 7 titres électroniques particulièrement mélodiques aux textures soignées et aux univers riches, à l’image de « Tigari » qu’on vous laisse découvrir.

Piscine — Philippe Lucas

En plus de balancer un math rock tendance noise de qualité, l’équipe de Piscine a le sens de l’humour, comme l’illustre ce délicieux bien nommé « Philippe Lucas » sorti par le groupe en 2015 sur l’album Chlore.
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Hirschmann — Transhumance

A la tête du collectif et média Eclipse, Hirschmann nous emmène en transhumance avec ce titre à l’ambiance dérangeante et aux rythmiques maléfiques. On nous glisse dans l’oreille qu’un EP est en cours de préparation…
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Double C — RDLV

« Rentre dans le vice gamin » ; le Double C invite aux malices avec « RDLV », sorte de trap néo-futuriste aux rimes rigolotes (big up à Nadine Morano) inspirés d’une nouvelle scène rap francophone qui ne se prend pas au sérieux tout en restant efficace.
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The Oversleep — Whatever

Très beau et délicat « Whatever » du duo The Oversleep, avec sa belle ligne de piano. Semble-t-il inspiré par la SF des années 90, le morceau est le deuxième épisode d’une série entamée avec le titre «  Like Blood On Snow ». A découvrir le 31 mai en concert à La Voûte !
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Cocktail bananas – I will Insist

Originaire de Bordeaux, Cocktail Bananas est un groupe composé de six artistes musiciens et chanteurs dont Jessica Bachke que nous avons eu le plaisir d’interviewer (lien ici). Avec un style folklore américain, ce groupe sillonne la France mais particulièrement Bordeaux où l’on a déjà pu les entendre jouer au Central Do Brasil, l’Iboat, Le Lucifer, le Café Brun et autres…
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Sweat Like An Ape! — Witch

On continue sur le thème de la sorcellerie avec « Witch » de Sweat Like An Ape!, qui sort tout juste son nouvel album chez Platinum Records, entre indie rock et influences disco voire tropicales ! Release party du groupe à ne pas manquer au Krakatoa le 23 mai (des places à gagner sur notre page Facebook).
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La Prune — Jack

La Prune a encore frappé ! L’Epicerie Gang, « pas venu pour débattre sur la chocolatine »  continue son petit bout de chemin et distribue les bons points et les bonnes rimes au fil de ses morceaux. On est donc particulièrement contents de les retrouver en pleine forme sur ce « Jack », toujours impec’.
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MLX — Flamme

Toujours ultra léché et quali, les productions visuelles d’OCTANT Studio régalent sur chacune de leurs sorties. Qui plus est quand elles se couplent avec des productions d’un artiste tel que MLX qui maîtrise à la perfection l’exercice avec « Flamme », à l’instru tout aussi propre.
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Hill Billy — résidence sur Ola Radio


Deep & break servi par la joyeuse team d’Hill Billy qu’on a maintenant l’habitude de retrouver sur Ola Radio ou lors de divers événements, notamment à l’Iboat, avec une prochaine date prévue le 6 juillet pour fêter l’anniversaire du collectif !

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Et découvrez d’autres Eclectypes avec d’autres artistes locaux à découvrir :

Discussion avec Djedjotronic, DJ et rat de studio

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Avant son passage à La Serre le samedi 11 mai, on a croisé la route du dj et producteur Djedjotronic. Figure de la scène locale passée par Paris et Berlin, le bordelais a signé 8 sorties sur le prestigieux label Boysnoize Records et continue d’explorer une facette rétro-futuriste de la techno tout en arpentant les clubs de France et de toute l’Europe, jusqu’en Russie.
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Le Type : Peux-tu te présenter rapidement ?

Djedjotronic : Djedjotronic, producteur, DJ, rat de studio.

Quel est ton lien avec Bordeaux, tu y vis actuellement ? Tu as aussi vécu à Paris et Berlin ?

J’ai grandi sur le Bassin d’Arcachon donc Bordeaux a été le premier point de chute quand je suis parti de chez mes parents. C’est aussi à Bordeaux que j’ai découvert la musique électronique et la fête, au 4 Sans, au Nautilus au Space Opera. Ensuite je suis parti vivre à Paris pendant 8 ans. C’est là-bas que tout à vraiment commencé, j’y ai rencontré ma femme aussi ! Et puis on est parti vivre à Berlin pendant 4 ans pour revenir s’installer à Bordeaux il y a peu.

Tu as notamment une résidence sur Ola Radio, tu joues bientôt à La Serre du collectif tplt. Tu es donc plutôt bien ancré dans cette scène locale, comment tu l’observes aujourd’hui et comment a-t-elle évoluée par rapport à tes débuts en 2009 ?

Je trouve qu’il y a une belle offre en termes de fêtes, avec des évènements et des djs locaux super talentueux. Mais j’ai le sentiment que l’ont entend pas assez les producteurs de musique. Ceux qui sortent potentiellement des disques, qui font la musique et la scène. Bordeaux a toujours été une ville assez fragmentée avec des guéguerres de crew complètement stérile. C’est pour ça qu’une initiative comme Ola est salutaire ! On a enfin une plate-forme qui fédère et rassemble.

Tu as signé 8 sorties sur le label Boysnoize Records ; comment tout ça a commencé et comment s’est passée la collaboration avec cette institution du game électronique ?

Tout a commencé très simplement, en 2008, lorsque Boysnoize m’a envoyé un mail sur Myspace ! Par la suite on a fait quelques grosse tournées ensemble et on est devenu proche. J’ai une grande liberté en sortant mes disques chez eux, Alex me fait totalement confiance. C’est un label audacieux, qui ne se cantonne pas à un style de techno en particulier. Je ne suis pas toujours d’accord avec leur choix artistique mais je crois que c’est un label important qui marque son époque.

Fin 2018 tu as donc sorti ton LP R.U.R sur ce label. Un disque imprégné d’esthétiques SF futuristes, bourré de références à l’IA, au monde des robots etc. ; penses-tu que les musiques électroniques (et peut-être plus précisément la techno) sont la bande-son de la révolution technologique contemporaine ?

En fait j’ai souvent le sentiment que la musique électronique (la techno en particulier) est devenu une musique du passé, très conservatrice. Il y a dans mon album R.U.R une esthétique rétro-futuriste mais aucune nostalgie d’un temps que je n’ai pas connu. Il y a des références sonores évidente mais une certaine irrévérence aussi. Le jour où on arrêtera de faire de la techno avec des TR-909 alors peut-être que cette musique deviendra la bande son de la révolution technologique contemporaine !

Certains artistes franchissent le pas et vont même jusqu’à travailler avec des intelligences artificielles (comme Actress qui a sorti un EP avec Young Paint, une IA qu’il nourrit depuis 10 ans) ; ce processus de création t’intéresse ?

Je trouve ça fascinant, je n’aurais jamais la patience pour ce genre de truc (rires). Je parlais l’autre jour avec un mec qui écrit sa musique avec des ligne de codes, c’est complètement dingue !

Quelles sont les prochaines étapes pour toi ? On t’a récemment vu jouer au Sucre à Lyon pour le Nova Mix Club, tu joues samedi à La Serre ; d’autres dates sont prévues en Europe ?

Ces derniers mois ont été très chargés. Il me reste quelques dates en Europe, Moscou, Budapest, et puis cette été c’est plus calme. Je vais pouvoir retourner en studio.

Au niveau du calendrier des sorties, des choses de prévues prochainement également ?

Je travail tranquillement sur un deuxième album et puis quelques maxis pour des labels assez cool, j’espère que ça va se confirmer ! Je viens de collaborer avec Elektron aussi en leur désignant des patch pour leur nouvelles machine Digitone Keyboard. Les sons seront disponibles dans la banque son d’usine de la machine.

Tu traînes où à Bordeaux pour sortir, écouter de la bonne musique ?

L’Iboat ou la Serre / Verger !

Interview : Multiverse, bass in Bordeaux

dans LES NOUVELLES/MUSIQUE

Collectif d’« épicuriens du son », Multiverse est l’aventure de trois potes amoureux des sonorités anglaises, des basses ronronnantes et de la culture du Soundsystem. Amoureux de leur ville, Bordeaux, et soucieux de développer ces esthétiques artistiques, ils décident de créer cette nouvelle entité, dans une démarche de décloisonnement des genres et d’ouverture. Habitués des soirées, en tant que public ou même promoteur, Seb, Ben et Gaëtan vont d’ailleurs organiser une première entrée en matière au Void. On a rencontré le crew pour qu’il nous parle justement de cette fête du 24 mai, mais aussi de leurs inspirations, de leur amour pour l’Angleterre ou leur vision de la scène bordelaise.
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Le Type : Pouvez-vous commencer par vous présenter, vous les membres de Multiverse ainsi que l’univers de ce nouveau collectif que vous montez ?

Multiverse : Alors, Multiverse, pour faire simple, c’est trois potos aux multiples influences, mais avant tout des épicuriens du son, trois types qui aiment les bonnes choses, le bon goût, les douceurs et les épices, la musique qui frappe et qui caresse en même temps. Il y a Seb aka SB Legend, la moulinette du crew et fin sélecteur aux multiples styles. Ben aka Ekee, le type aux chaussettes de couleurs qui un jour écoute du Fifi Rong, et se réveil sur du dub dans son salon. Pour finir il y a Gaëtan aka Oudjat, producteur, précis dans ses créations comme dans ses prestations live. On a tous les trois différents parcours, mais un intérêt semblable pour tout ce qui oscille entre deep bass, smooth, hip hop, jazzy et musiques du monde.

Avec Multiverse on va proposer autant que possible des artistes/styles musicaux d’univers méconnus sur Bordeaux et en France, du moins c’est ce que l’on pense.  L’idée c’est de faire des liens d’un genre à un autre sur des événements sans étiquette, sans style annoncé, afin de laisser le public se faire son propre avis par rapport à tel ou tel genre, et de faire découvrir ce qui nous fait bouger. Un style musical unique qui définit une soirée peut rebuter certaines personnes (nous les premiers) par simple a priori par rapport à un style. Du coup on passe à côté de mouvements, de crews, d’artistes et surtout à coté de bons moments de découverte musicale. Multiverse veut créer des ponts entre plusieurs styles musicaux variés moins mis en avant des scènes actuelles. Le bail, c’est de faire naître différentes sensations dans la danse, un Multiverse musical que ce soit sur scènes club ou Sound System.

Sans vous définir à travers un seul style, quelles sont les esthétiques musicales (les genres) dont vous vous sentez proches et que vous estimez peu ou pas représentés sur Bordeaux ?

Yes, de toute manière, c’est vrai qu’il est difficile de se définir à travers un seul style. En tout cas, on est tous les trois de grands friand de beats bien gras et sales. En gros, disons qu’on peut se mettre dans la case de tout ce qui se trouve entre jungle et dub, le genre « bass music » nous définit bien, c’est une nomination riche et variée dont on commence doucement à parler, reste a savoir ce que l’on met dedans… Tout ce qui ronronne, berce et fait trembler, des racines sound system du roots reggae/dub/dubwise jusqu’au deep dubstep, drum’n bass/ jungle, sans oublier une multitude de sous-genres.  À Bordeaux, il y a déjà beaucoup de collectifs bien actifs qui proposent et mettent en avant certains des styles que l’on affectionne, avec des gros plateaux techno, house, dub et DnB, et font un super boulot !  Avec Multiverse, on vient juste rajouter une corde à cet arc, proposer des univers parallèles variés, et que l’on pense en effet ne pas être mis assez en avant sur Bordeaux.

Quand vous parlez des collectifs bien actifs qui « mettent en avant des styles » que vous affectionnez, vous pensez à qui ? Considérez-vous la scène bordelaise qualitative sur ce plan-là ?

Perso, on pense principalement au collectif SoundRising et Bass Day pour tout ce qui tourne autour de la bass music, ainsi que le label breakbeat Fury et ses compiles Underground Bordeaux Massive (dont la 3eme sort fin mai). Ça fait un bail qu’ils sont dans le game, organisent et mettent en avant une belle friche musicale. Microkosm qui programme du lourd en techno, Tuff Wheelz pareil, ça vacille entre house et techno bien grasse avec des plateaux méga fat. Les soirées Soundsytem avec Sundub (Univ Bdx Montaigne), et le collectif Clank… donc ouais, à Bordeaux il y a de quoi faire, on a ce qu’il faut en soirée de qualité, il faut chercher un peu, comme dans tout. Ensuite c’est à nous avec Multiverse d’ajouter une nouvelle pierre a cette édifice.

En gros, ne cherchez pas à savoir quel est le style de musique ce soir. Viens, viens ressentir et viens danser !

Avez-vous déjà des événements de prévus ? Au-delà d’évènements, comment comptez-vous « apporter votre pierre à l’édifice » à Bordeaux ?

Oui tout l’objectif est là ! En plus d’avoir récemment décroché une résidence mensuelle sur Ola Radio on lance notre « launch party » le 24 mai au Void avec un invité UK. Nous concoctons une autre date en juin et nous sommes en contact avec différents lieux et organisateurs pour proposer, dans l’idéal, une soirée par mois. Au delà de nos événements, on veut montrer, ou plutôt faire écouter, que la musique que l’on propose ne se limite pas à telle ou telle appellation, et qu’une soirée ne doit pas forcément porter qu’une seule étiquette (d’où le Multiverse) ! Nous voulons que le public se laisse surprendre par des ambiances et des horizons musicaux plus larges, on veut justement sortir des cadres, en n’en imposant aucun.  En gros, ne cherchez pas à savoir quel est le style de musique ce soir. Viens, viens ressentir et viens danser !

Vous souhaitez avant tout vous concentrer sur Bordeaux ou êtes-vous en lien avec d’autres acteurs d’autres scènes d’autres villes pour développer Multiverse ?

On souhaite avant tout se concentrer sur Bordeaux, c’est notre identité, c’est là qu’on vit et on veut que notre collectif résonne ici en priorité… Mais pas que ! On a tous les trois un ADN différent, par exemple SB a bien bourlingué en France et a passé pas mal de temps à créer des connexions avec des collectifs de Lille, de l’Est et de Paris comme le Bass Paradize, qui sont très actifs dans la capitale, Ben a passé du temps en Angleterre et profite d’un bon carnet de contact, Oudjat peut compter sur ses contacts  d’artistes et de labels,  grâces à ses nombreuses productions et collaborations. Des collabs et des invitations en lien avec d’autres villes sont donc envisageables pour la suite ! Pour le moment l’idée n’est pas de s’exporter mais plutôt de faire venir nos connexions ici et de faire le max’ pour pérenniser tout ça.

Pouvez-vous nous citer certains nom d’artistes qui gravitent dans votre univers, que vous connaissez personnellement ou même des inspirations ?

Vaste question ! En termes d’inspirations on pense notamment aux artistes pionniers d’un genre qui nous a fasciné c’est à dire la scène dubstep/uk garage anglaise (Mala, Skream, Coki, Kode9, The bug, Benny ill, Zed Bias et compagnie), ça nous a ensuite amené à explorer d’autres continents et univers musicaux, puis ça nous a rapproché de certains artistes via nos voyages et via nos rencontres tels que par exemple le label Deep Dark Dangerous, dont Oudjat fait partie, Truth, Hebbe, Mr K entre autres; des artistes de différents univers comme Gantz, Egoless, Danny Scrilla, Squarewave, nos amis français Argo, Quasar, ou encore Ourman et Von D. Mais aussi quelques copains en Angleterre, Real Roots Sound System, Poté, Shy One, Cato, Touchy Subject et les gars de Wot Not pour n’en citer que quelques-uns, le bordelais KRSLD aussi qui fait du sale en ce moment chez les British, et qu’il faut suivre de très près. Ça fait une sacrée ribambelle d’artistes en vrai ! Et pour ramener tout ce monde il nous en faudra du temps, mais c’est notre objectif.

On s’apprête à lancer avec Le Type un nouveau projet (Scene city) qui vise à connecter la scène musicale bordelaise avec d’autres villes. Bristol fait partie de ces villes qu’on veut valoriser. Quelle est votre vision sur cette scène-là qui est très tournée sur des esthétiques bass music ? Il y a des artistes de là-bas en particulier que vous suivez ?

C’est super ! On va suivre cela de près pour le coup ! On ne peut que se réjouir de cette info, ça va être cool pour Bordeaux, Bristol a toujours été un vivier pour la musique depuis les 90’s, c’est là-bas que le trip-hop a vu jour avec Portishead ensuite Massive Attack, Stanton Warriors, que du bon quoi, donc ouais, que ce soit en street-art ou en musique, Bristol a connu un essor incroyable en sortant des perles de talents, producteurs, labels et ingénieurs de sound system ! La scène s’est exportée et nous a influencée. Partir faire un week-end à Bristol, tu es sûr de tomber sur de belles affiches et passer un bon moment. Étant donné que nous ce qui nous fait essentiellement vibrer c’est tout ce qui tourne autour de la culture bass et sound sytem, on pense notamment aux artistes comme Kahn & Neek avec le label Bandulu, Pinch, le récent collectif Chonk Mob ou encore Ishan Sound, Lamont, Roni Size, Joker, Julio Bashmore et Addison Groove bien évidemment, et tant tant d’autres…

…aucun de nous trois ne sait vraiment encore ce qu’il va jouer, mais ce sera varié, ça pourra très bien passer par de la house music, afro au dub, drum’n bass et tout ce qui ce trouve entre ces genres, pourquoi pas un petit Patrick Sebastien même tiens !

Rendez-vous donc le 24 mai au Void pour votre première teuf ! Vous pouvez nous en dire davantage sur la soirée ?

Rendez-vous le 24 mai yes, chaussez vos plus belles ballerines. Pour la launch party on invite un pote à nous de Londres qui est depuis les débuts établi dans la scène bass de la capitale anglaise avec plusieurs apparitions sur Get Darker, et aussi une résidence sur Sub FM, pour ceux qui connaissent, sinon pour les curieux on les invite à checker ça. On pense qu’à part Syte aucun de nous trois ne sait vraiment encore ce qu’il va jouer, mais ce sera varié, ça pourra très bien passer par de la house music, afro au dub, drum’n bass et tout ce qui ce trouve entre ces genres, pourquoi pas un petit Patrick Sebastien même tiens !

Launch Party de Multiverse le 24 mai au Void

Et concernant la saison estivale qui approche à grand pas ? Vous prévoyez quoi ?

Pour cet été, on aimerait bien proposer quelques dates, on attend les confirmations d’artistes et de lieux. Sinon indépendamment, on va jouer à droite à gauche, Oudjat pour la release party d’Underground Bordeaux MassiveEkee au festival Papago vers Angers, et Fête de la musique aussi, SB Legend au Bagus Bar sur le Bassin (d’Arcachon, ndlr) pour faire vrombir quelques caissons. Ensuite, il y aura la rentrée avec pleins d’autres dates, et d’artistes à faire découvrir au public de Bordeaux, et c’est ce que l’on souhaite le plus.  

Merci beaucoup les gars, on se voit le 24 mai et bonne route avec Multiverse !
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NSENSE, nouveau festival multi-culturel

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

À l’heure où Bordeaux est en pleine émancipation culturelle, un nouveau projet vient de faire son apparition : NSENSE. Pour la première édition de ce festival multi-culturel, NSENSE s’installe aux Vivres de l’Art, projet et lieu d’échanges et de partage artistique. Avec une programmation éclectique, NSENSE a pour but de mettre en avant des artistes émergents, tous domaines confondus : la peinture, la musique, la danse, la photo, l’humour…

NSENSE : un festival aux multiples facettes

NSENSE, c’est avant tout, une volonté d’appuyer et de suivre des artistes émergents pour les élever au meilleur de leurs capacités. Cette journée sera rythmée par des concerts, expositions, battle de danse anystyle, dj sets, conférence ou encore one man show.

Concerts

Les concerts seront assurés par les chanteurs LuXe, MLX et la brillante Naë (« No Fears », extrait de son premier EP est disponible dans notre playlist du mois – Eclectype #51).

  • Naë – Jeune musicienne nu-soul / R&B, son premier EP, “No Fears” est sorti en décembre 2018. Elle travaille actuellement sur un deuxième EP, écrit entièrement en français, prévu pour 2019.
  • LuXe – À 14 ans, sous le surnom de Nasty Yass, il s’est pris de passion pour le break. Il ne remet les pieds à Paris qu’en 2015 et sort une mixtape en 2016, la luXemixtape, téléchargée plus de 15 000 fois en 24h, et qui connait un succès croissant (150 000 téléchargements à ce jour).
  • MLX – Il rejoint MJK en 2015 et ses premières sorties se font en 2016. Caméléon hyperproductif, il sort trois projets en quelques mois et est adoubé lauréat du dispositif STRI-IT pour la rentrée 2018.

Expositions

Côté expositions, NSENSE se verra accueillir Kebab Noir, Flavor Kevs, Flavia Sistiaga et Simon Morda-Cotel.

  • Kebab Noir – Artiste à multiples facettes : plasticien, street artiste, peintre sur textile, photographe. Fada d’argentique, Kebab travaille les formes, déforme les corps et les images manuellement. 
  • Flavor Kevs – Issu de la culture graffiti qu’il pratique depuis plus de 20 ans, Flavor Kevs ne cesse de décliner et multiplier son personnage à travers ses voyages et son terrain de jeu : la rue. 
  • Flavia Sistiaga – Après des études d’art, elle se lance officiellement dans la photographie à Paris. Elle se spécialise dans le portrait et la mode, en travaillant principalement à l’argentique. 
  • Simon Morda-Cotel – Ambivalente et sensible, structurée, architecturale et contemporaine, l’oeuvre de Simon Morda-Cotel s’articule autour de questions de perception et d’espace. Egalement connu sous le nom de WOSE, c’est le graffiti qui l’amène naturellement vers la peinture.

Danses

Mais NSENSE ne s’arrête pas là puisque ce festival multi-culturel nous proposera des battles de danse avec Arnaud Deprez, SKORPION ainsi que Doudou, Marwan Lo, Clemence Juglet & more.

  • Arnaud Deprez – Danseur et chorégraphe, sans cesse en recherche d’un nouveau mouvement, d’un nouvel effet à la fois physique, musical et visuel, Arnaud Deprez, trouve son inspiration dans la musique électronique, hip-hop et les arts contemporains. 
  • SKORPION – Sa créativité et sa gestuelle animale lui ont valu de remporter de nombreux titres internationaux (double vainqueur « Juste Debout”, Hip Hop International) et de collaborer avec les plus grands Artistes (Kylie Minogue, Taylor Swift, Madonna).

DJ sets

Pour animer cette journée, NSENSE a également prévu des Djsets avec Ola Radio, webradio culturelle née au début de l’année 2019 à Bordeaux, spécialisée dans les musiques électroniques. Mais aussi Future Sound, collectif événementiel spécialisé des musiques électroniques futuristes en tout genre : futurehouse, futurebeats, futurebass, futuretrap… 

Humour

Enfin, pour encore plus de divertissement, le public pourra assister à un one man show du bordelais Nordine Gonso ; fragile mais pas victime, c’est le genre de mec qu’on a envie de prendre dans ses bras pour lui apprendre la vie… C’est ainsi qu’il se résume.

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Eclectype #49 – La playlist bordelaise – février 2019

dans MUSIQUE/SÉLECTA

Rendez-vous mensuel pour découvrir de nouveaux artistes issus de la scène bordelaise tout en redécouvrant des pépites locales bien de chez nous, enfouies parfois dans les bas-fonds des internets. Sans trier, on sélectionne de manière éclectique dans cette playlist des univers parfois très différents, du rock psyché à la house en passant par le hip hop ou la musique de chambre, toujours dans une démarche de promotion de la création, émergente ou non, à Bordeaux.

 

WL Crew – Fahrenheit

« Tout pour le W » tel est le crédo que se sont fixés les 7 membres de WL Crew. Récemment associé avec RK2 Production, ce groupe de hip-hop bordelais remanié en 2018 sous sa nouvelle formation a une ambition claire : marquer durablement le paysage du rap français. Une touche unique, teintée d’une recherche d’évolution musicale sans fin, représentée en live « à la manière de la scène Rock d’Antan ».

 

Persepolis – Can’t Control

Le duo Persepolis nous offre quelques minutes explosives de rock alternatif avec leur nouveau titre « Can’t Control » issu de leur tout dernier EP Temptation Part I&II.

 

Vladigital – Fade to Grey (ft. Lara Massaï)

Le membre du groupe de rap apocalyptique l’Armée des Morts, DJ et producteur bordelais Vladigital redonne de l’éclat à des titres intemporels, et vient de sortir deux clips rétroactifs.

 

St Graal – Oubliance

Le mélancolique bordelais Léo aka St Graal nous régale avec sa voix chargée d’émotions et un clip sensuel avec « Oubliance ».

 

Mars Red Sky – Under the Hood

Originaire de Bordeaux, le trio Mars Red Sky captive les foules depuis plus d’une décennie avec son rock psychédélique et captivant, son invitation au voyage à travers une musique planante. Et on ne s’en lasse pas.

 

Al’Tarba & Senbeï – Rikshasa

Les deux artistes chacun issus du label bordelais Banzai Lab s’associent désormais pour créer un album de « rap sous acides », Rogue Monsters.

 

Jouvence – VOYAGE

Le rappeur Jouvence revient avec un son toujours aussi chill, avec des figures de style digne des grands noms. On adore !

 

Thug Pharmacy – Passe le briquet

Alambiqué, le dernier EP de La Prune ne déroge pas à la règle mise en place pas le crew : des tracks trap aux ambiances chelous bien produites et bien plaisantes.

 

Canal 113 • Rhone & Moreno sur Ola Radio

Nouvelle venue dans le paysage culturel bordelais, la webradio Ola Radio fédère ce qui se fait de meilleur en ville en termes de dj et artistes aux horizons divers. Ils diffusent en continu sur www.olaradio.fr et posent quelques sets sur leur Mixcloud, à l’image de ce podcast house music servi par les local heroes Rhone et Moreno de Canal 113.

 

Camel Power Club – A Wave of Goodbye (ft. Racoon Racoon)

« Une chanson de rupture qui capture ce moment où l’un a déjà tourné la page tandis que l’autre reste hébété, à contempler le vide, avec rien d’autre que des souvenirs doux-amers alamet le plus mince espoir que les choses pourraient toujours s’arranger.»

Et découvrez d’autres Eclectypes avec d’autres artistes locaux à découvrir :

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