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Interview : Multiverse, bass in Bordeaux

dans LES NOUVELLES/MUSIQUE

Collectif d’« épicuriens du son », Multiverse est l’aventure de trois potes amoureux des sonorités anglaises, des basses ronronnantes et de la culture du Soundsystem. Amoureux de leur ville, Bordeaux, et soucieux de développer ces esthétiques artistiques, ils décident de créer cette nouvelle entité, dans une démarche de décloisonnement des genres et d’ouverture. Habitués des soirées, en tant que public ou même promoteur, Seb, Ben et Gaëtan vont d’ailleurs organiser une première entrée en matière au Void. On a rencontré le crew pour qu’il nous parle justement de cette fête du 24 mai, mais aussi de leurs inspirations, de leur amour pour l’Angleterre ou leur vision de la scène bordelaise.
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Le Type : Pouvez-vous commencer par vous présenter, vous les membres de Multiverse ainsi que l’univers de ce nouveau collectif que vous montez ?

Multiverse : Alors, Multiverse, pour faire simple, c’est trois potos aux multiples influences, mais avant tout des épicuriens du son, trois types qui aiment les bonnes choses, le bon goût, les douceurs et les épices, la musique qui frappe et qui caresse en même temps. Il y a Seb aka SB Legend, la moulinette du crew et fin sélecteur aux multiples styles. Ben aka Ekee, le type aux chaussettes de couleurs qui un jour écoute du Fifi Rong, et se réveil sur du dub dans son salon. Pour finir il y a Gaëtan aka Oudjat, producteur, précis dans ses créations comme dans ses prestations live. On a tous les trois différents parcours, mais un intérêt semblable pour tout ce qui oscille entre deep bass, smooth, hip hop, jazzy et musiques du monde.

Avec Multiverse on va proposer autant que possible des artistes/styles musicaux d’univers méconnus sur Bordeaux et en France, du moins c’est ce que l’on pense.  L’idée c’est de faire des liens d’un genre à un autre sur des événements sans étiquette, sans style annoncé, afin de laisser le public se faire son propre avis par rapport à tel ou tel genre, et de faire découvrir ce qui nous fait bouger. Un style musical unique qui définit une soirée peut rebuter certaines personnes (nous les premiers) par simple a priori par rapport à un style. Du coup on passe à côté de mouvements, de crews, d’artistes et surtout à coté de bons moments de découverte musicale. Multiverse veut créer des ponts entre plusieurs styles musicaux variés moins mis en avant des scènes actuelles. Le bail, c’est de faire naître différentes sensations dans la danse, un Multiverse musical que ce soit sur scènes club ou Sound System.

Sans vous définir à travers un seul style, quelles sont les esthétiques musicales (les genres) dont vous vous sentez proches et que vous estimez peu ou pas représentés sur Bordeaux ?

Yes, de toute manière, c’est vrai qu’il est difficile de se définir à travers un seul style. En tout cas, on est tous les trois de grands friand de beats bien gras et sales. En gros, disons qu’on peut se mettre dans la case de tout ce qui se trouve entre jungle et dub, le genre « bass music » nous définit bien, c’est une nomination riche et variée dont on commence doucement à parler, reste a savoir ce que l’on met dedans… Tout ce qui ronronne, berce et fait trembler, des racines sound system du roots reggae/dub/dubwise jusqu’au deep dubstep, drum’n bass/ jungle, sans oublier une multitude de sous-genres.  À Bordeaux, il y a déjà beaucoup de collectifs bien actifs qui proposent et mettent en avant certains des styles que l’on affectionne, avec des gros plateaux techno, house, dub et DnB, et font un super boulot !  Avec Multiverse, on vient juste rajouter une corde à cet arc, proposer des univers parallèles variés, et que l’on pense en effet ne pas être mis assez en avant sur Bordeaux.

Quand vous parlez des collectifs bien actifs qui « mettent en avant des styles » que vous affectionnez, vous pensez à qui ? Considérez-vous la scène bordelaise qualitative sur ce plan-là ?

Perso, on pense principalement au collectif SoundRising et Bass Day pour tout ce qui tourne autour de la bass music, ainsi que le label breakbeat Fury et ses compiles Underground Bordeaux Massive (dont la 3eme sort fin mai). Ça fait un bail qu’ils sont dans le game, organisent et mettent en avant une belle friche musicale. Microkosm qui programme du lourd en techno, Tuff Wheelz pareil, ça vacille entre house et techno bien grasse avec des plateaux méga fat. Les soirées Soundsytem avec Sundub (Univ Bdx Montaigne), et le collectif Clank… donc ouais, à Bordeaux il y a de quoi faire, on a ce qu’il faut en soirée de qualité, il faut chercher un peu, comme dans tout. Ensuite c’est à nous avec Multiverse d’ajouter une nouvelle pierre a cette édifice.

En gros, ne cherchez pas à savoir quel est le style de musique ce soir. Viens, viens ressentir et viens danser !

Avez-vous déjà des événements de prévus ? Au-delà d’évènements, comment comptez-vous « apporter votre pierre à l’édifice » à Bordeaux ?

Oui tout l’objectif est là ! En plus d’avoir récemment décroché une résidence mensuelle sur Ola Radio on lance notre « launch party » le 24 mai au Void avec un invité UK. Nous concoctons une autre date en juin et nous sommes en contact avec différents lieux et organisateurs pour proposer, dans l’idéal, une soirée par mois. Au delà de nos événements, on veut montrer, ou plutôt faire écouter, que la musique que l’on propose ne se limite pas à telle ou telle appellation, et qu’une soirée ne doit pas forcément porter qu’une seule étiquette (d’où le Multiverse) ! Nous voulons que le public se laisse surprendre par des ambiances et des horizons musicaux plus larges, on veut justement sortir des cadres, en n’en imposant aucun.  En gros, ne cherchez pas à savoir quel est le style de musique ce soir. Viens, viens ressentir et viens danser !

Vous souhaitez avant tout vous concentrer sur Bordeaux ou êtes-vous en lien avec d’autres acteurs d’autres scènes d’autres villes pour développer Multiverse ?

On souhaite avant tout se concentrer sur Bordeaux, c’est notre identité, c’est là qu’on vit et on veut que notre collectif résonne ici en priorité… Mais pas que ! On a tous les trois un ADN différent, par exemple SB a bien bourlingué en France et a passé pas mal de temps à créer des connexions avec des collectifs de Lille, de l’Est et de Paris comme le Bass Paradize, qui sont très actifs dans la capitale, Ben a passé du temps en Angleterre et profite d’un bon carnet de contact, Oudjat peut compter sur ses contacts  d’artistes et de labels,  grâces à ses nombreuses productions et collaborations. Des collabs et des invitations en lien avec d’autres villes sont donc envisageables pour la suite ! Pour le moment l’idée n’est pas de s’exporter mais plutôt de faire venir nos connexions ici et de faire le max’ pour pérenniser tout ça.

Pouvez-vous nous citer certains nom d’artistes qui gravitent dans votre univers, que vous connaissez personnellement ou même des inspirations ?

Vaste question ! En termes d’inspirations on pense notamment aux artistes pionniers d’un genre qui nous a fasciné c’est à dire la scène dubstep/uk garage anglaise (Mala, Skream, Coki, Kode9, The bug, Benny ill, Zed Bias et compagnie), ça nous a ensuite amené à explorer d’autres continents et univers musicaux, puis ça nous a rapproché de certains artistes via nos voyages et via nos rencontres tels que par exemple le label Deep Dark Dangerous, dont Oudjat fait partie, Truth, Hebbe, Mr K entre autres; des artistes de différents univers comme Gantz, Egoless, Danny Scrilla, Squarewave, nos amis français Argo, Quasar, ou encore Ourman et Von D. Mais aussi quelques copains en Angleterre, Real Roots Sound System, Poté, Shy One, Cato, Touchy Subject et les gars de Wot Not pour n’en citer que quelques-uns, le bordelais KRSLD aussi qui fait du sale en ce moment chez les British, et qu’il faut suivre de très près. Ça fait une sacrée ribambelle d’artistes en vrai ! Et pour ramener tout ce monde il nous en faudra du temps, mais c’est notre objectif.

On s’apprête à lancer avec Le Type un nouveau projet (Scene city) qui vise à connecter la scène musicale bordelaise avec d’autres villes. Bristol fait partie de ces villes qu’on veut valoriser. Quelle est votre vision sur cette scène-là qui est très tournée sur des esthétiques bass music ? Il y a des artistes de là-bas en particulier que vous suivez ?

C’est super ! On va suivre cela de près pour le coup ! On ne peut que se réjouir de cette info, ça va être cool pour Bordeaux, Bristol a toujours été un vivier pour la musique depuis les 90’s, c’est là-bas que le trip-hop a vu jour avec Portishead ensuite Massive Attack, Stanton Warriors, que du bon quoi, donc ouais, que ce soit en street-art ou en musique, Bristol a connu un essor incroyable en sortant des perles de talents, producteurs, labels et ingénieurs de sound system ! La scène s’est exportée et nous a influencée. Partir faire un week-end à Bristol, tu es sûr de tomber sur de belles affiches et passer un bon moment. Étant donné que nous ce qui nous fait essentiellement vibrer c’est tout ce qui tourne autour de la culture bass et sound sytem, on pense notamment aux artistes comme Kahn & Neek avec le label Bandulu, Pinch, le récent collectif Chonk Mob ou encore Ishan Sound, Lamont, Roni Size, Joker, Julio Bashmore et Addison Groove bien évidemment, et tant tant d’autres…

…aucun de nous trois ne sait vraiment encore ce qu’il va jouer, mais ce sera varié, ça pourra très bien passer par de la house music, afro au dub, drum’n bass et tout ce qui ce trouve entre ces genres, pourquoi pas un petit Patrick Sebastien même tiens !

Rendez-vous donc le 24 mai au Void pour votre première teuf ! Vous pouvez nous en dire davantage sur la soirée ?

Rendez-vous le 24 mai yes, chaussez vos plus belles ballerines. Pour la launch party on invite un pote à nous de Londres qui est depuis les débuts établi dans la scène bass de la capitale anglaise avec plusieurs apparitions sur Get Darker, et aussi une résidence sur Sub FM, pour ceux qui connaissent, sinon pour les curieux on les invite à checker ça. On pense qu’à part Syte aucun de nous trois ne sait vraiment encore ce qu’il va jouer, mais ce sera varié, ça pourra très bien passer par de la house music, afro au dub, drum’n bass et tout ce qui ce trouve entre ces genres, pourquoi pas un petit Patrick Sebastien même tiens !

Launch Party de Multiverse le 24 mai au Void

Et concernant la saison estivale qui approche à grand pas ? Vous prévoyez quoi ?

Pour cet été, on aimerait bien proposer quelques dates, on attend les confirmations d’artistes et de lieux. Sinon indépendamment, on va jouer à droite à gauche, Oudjat pour la release party d’Underground Bordeaux MassiveEkee au festival Papago vers Angers, et Fête de la musique aussi, SB Legend au Bagus Bar sur le Bassin (d’Arcachon, ndlr) pour faire vrombir quelques caissons. Ensuite, il y aura la rentrée avec pleins d’autres dates, et d’artistes à faire découvrir au public de Bordeaux, et c’est ce que l’on souhaite le plus.  

Merci beaucoup les gars, on se voit le 24 mai et bonne route avec Multiverse !
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Soirées SAFE ZONE à Bordeaux : quand la house reprend ses droits

dans ANNONCES/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS

Vendredi 5 Avril le Void viendra accueillir dans sa cave un nouveau format de soirées atypiques, les Safe Zone. Avec Electrocorp magazine comme lanceur de cette première résidence dédiée à la house et ses ramifications telles que le disco, il est ici question de remettre au centre la musique, le dancefloor, et surtout le plaisir. 

Comme à la maison

Tel est la philosophie de cette soirée qui affiche clairement la couleur en proposant un line up coup de poing, avec aux platines des figures locales mais pas que. Le bordelais Real J qu’on ne présente plus, fervent défenseur d’une house puriste et rétro, viendra nous faire groover méchamment, de quoi s’attendre à une sélection de qualité supérieure.

Le parisien Pierre Moritz, du label parisien Copie Blanche viendra faire tourner des galettes, et pour terminer le bordelais Scud de chez ElectroCorp qui nous promet une selecta soignée et esthétique.

Le dancefloor comme mot d’ordre

Le pari de la Safe Zone réside dans l’audace de proposer un line up sans ordre de passage, l’idée étant de ne plus se focaliser sur les djs, qui ne seront même pas visible pendant toute la soirée. Oublions donc nos disc jokey, dansons, fermons les yeux, ou fixons la boule à facette. Revenir à l’époque du Paradise Garage ? et bien pourquoi pas. Le mythique club, né dans les 70’s à New York et où officiait le célèbre Larry Levan était un temple de la piste de danse, mais aussi un espace favorisant les interactions sociales, avec un dancefloor ouvert.

Et puisque l’on parle d’interaction, oubliez vos stories Instagram, la soirée interdit l’usage des appareils photos des smartphones. Retour dans les années 70 et 80, on parle ici d’un revival, d’un bon dans le passé, d’un plaisir juvénile et d’une atmosphère qui se veut intimiste, sans culte du dj. De la house à ses sous-genres, de la deep au disco en passant par l’acid et autres pépites surprises, Safe Zone nous invite pour un voyage dans le temps, où le public sera au centre de la soirée.

Le Type vous donne donc rendez-vous ce vendredi dans la cave du Void, et on vous laisse avec un petit Megamix comme avant-goût… Let’s Dance !

  • Des places sont à gagner sur notre page Facebook, ça se passe ici.

Tribal Traquenard, nouveau guet-apens indie, local et cosmique

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Nouveau venu au sein d’une scène locale qui n’en finit plus de voir éclore des projets séduisants, Tribal Traquenard se veut comme un rendez-vous de découvertes artistiques, au service des artistes bordelais (mais pas que). Avant une première soirée au Void le 23 février, on a posé quelques questions aux jeunes aventurières qui se cachent derrière l’organisation d’un tel guet-apens.
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Tribal Traquenard : voyage cosmique et alternatif

Comptant dans ses rangs une graphiste du collectif Sauvage Garage ainsi que les médiatrices culturelles de Barbey et du Krakatoa, Tribal Traquenard s’ancre de manière assez évidente à l’échelle locale. Actrices et témoins de l’émergence artistique à l’œuvre à Bordeaux, Blandine, Ludivine, Mathilde et Mélodie ont décidé de proposer cette toute nouvelle organisation de concerts, pour mettre en place des « soirées intéressantes et alternatives musicalement parlant » confie Blandine. A la fois pour « soutenir la scène locale (que nous connaissons bien) et également faire venir des artistes d’autres horizons qui se produisent très rarement dans notre chère ville ». Si les 4 mousquetaires bordelaises de la pop ont bien conscience que l’offre de concert en ville est déjà riche, c’est avant tout l’envie de défendre une ligne musicale singulière qui les anime. Comme l’explique Blandine : « il nous manquait une sorte de guet-apens indie et cosmique ! ».

Ancrage local

Avec une expertise certaine de l’effervescence culturelle à l’œuvre à Bordeaux, la volonté de soutenir cette scène foisonnante semble ancrée dans l’ADN de Tribal Traquenard. Lorsqu’on interroge Blandine sur les initiatives locales dans le curseur de l’équipe, elle indique notamment l’association Sonatik, « qui organise des concerts maison de qualité avec des artistes indépendants de la scène locale, nationale, voir même internationale » et dont le prochain évènement aura lieu le lendemain de la première de Tribal Traquenard ; « ça peut faire un super programme pour le week end ». Le collectif Sauvage Garage, le nano label La Cassette ou le studio Cryogène sont également cités dans la galaxies de projets suivis par les organisatrices. Niveau artistes et influences, c’est Équipe de Foot, Thomas Skrobek et les sauvages, la nu-soul de J-silk, la folk de Ua Tea, Willows ou Colonel Mushrooms que mentionne Blandine.
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La Chica, Sahara, Ariel Ariel et Bounty Inversé réunis pour une première soirée au Void

Pas étonnant dès lors de retrouver pour leur première soirée des artistes qui gravitent dans les esthétiques pop et cosmiques chères au collectif. Avec les déambulations psyché de Sahara et les narrations pop alambiquées d’Ariel Ariel, ce sont deux artistes locaux en adéquation avec l’univers de Tribal Traquenard qui ont été convié. Un DJ set de Bounty Inversé complétera le plateau, au sein duquel on retrouvera également, pour sa première à Bordeaux, l’artiste vénézuélienne La Chica qui viendra délivrer son aztec punky pop si délicieuse. Le tout sera enrobé dans un écrin privilégié, celui du Void. « Nous sommes supers contentes de faire la première au Void. L’ex-Heretic fait partie de nos meilleurs souvenirs de concerts à Bordeaux » explique Blandine. Même si l’intention n’est pas d’investir à tous les coups ce lieu, on se réjouit de voir ce premier traquenard se dérouler dans « cette cave rock et sueur ; c’est typiquement cette ambiance qui nous a transmis une passion et qui nous pousse aujourd’hui a créer notre propre évènement ». Le rendez-vous est pris pour le 23 février !
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2×1 places : DryWet & DavyCroket Crew @ VOID 10/11

dans ART ET CRÉATION

Tente ta chance et remporte deux places pour la soirée organisée conjointement par deux collectifs bordelais le vendredi 10 novembre au Void : DryWet et le DavyCroket Crew.

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C’est bien connu ; l’union fait la force. Sans aucun doute animés par cet état d’esprit, deux crews activistes de la scène électronique locale ont décidé de mettre en place une soirée en vue de réunir leurs communautés respectives et exprimer leur complémentarité artistique. D’un côté, on retrouvera DryWet et ses DJ  momomo et Mat Brandski, qui œuvrent depuis maintenant deux ans à remuer Bordeaux à coup de soirées régulières organisées dans divers lieux de la ville. En face, c’est l’équipe du magazine DavyCroket qui assurera l’intendance, grâce à ses artistes AsranClozern et JAYCO. Une collaboration entre house et techno bien cool sur le papier, qu’on a donc hâte de découvrir au Void, vendredi 10 novembre. Toi aussi ? Ça tombe bien, on a deux places à offrir !

 

▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

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Bordeaux : Too Many DJ’s 1/5 – Alban Garros (Vicious Soul)

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Vivier culturel, la ville de Bordeaux regorge de talents dans différents domaines, du théâtre à la danse, en passant par le cinéma ou la musique. A travers la série Too Many DJ’s, le Type a voulu mettre un coup de projecteurs sur ceux qui ambiancent nos soirées dans les bars et clubs locaux, grâce à des sélections de disques savamment maîtrisés. Pour ce premier numéro, Alban Garros aka. Le Greffier pour l’association Vicious Soul a répondu aux questions du Type.

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Quel(s) genre(s) musicaux mixes-tu ?

Avec l’association Vicious Soul nous nous sommes retrouvés autour de la musique 60’s dans toute sa diversité (rhythm n’blues, soul, rock and roll, garage, yéyé/anti yéyé…) tout en nous accordant bien évidemment des écarts chronologiques avec des groupes revival ou dans d’autres styles. Personnellement, je suis plus spécialisé sur des groupes de garage, de brit-pop ; je fonds dès que j’entends un orgue, depuis deux ans je creuse pas mal de groupes 80’s et post-punk.

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Quels types de lieux, de soirées ?

Nous affectionnons particulièrement les bars, on a une vraie culture du bistro qu’on aime cultiver. A l’origine de l’association, en 2008, nous avons voulu investir des comptoirs qui nous plaisaient et qui voulaient bien de nous pour y passer la musique qu’on aimait et faire danser les gens. Ces derniers temps, tu peux nous retrouver régulièrement au Quartier libre, au HMS ou au Wunderbar, mais aussi dans des clubs comme le VOID, ou l’été lors des Dancing in the street organisés pas Allez les Filles. Bref, dès qu’on trouve un comptoir et de quoi danser, en route pour une soirée Vicious.

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Quel(s) support(s) utilises-tu ? Pourquoi ?

J’utilise le vinyle pour mes sélections. Je vais pas te refaire l’éternel débat sur la musique mp3/CD/vinyle. Plein de choses font que je préfère ce support : l’objet, un rapport particulier à la musique, un côté collectionneur, faire la bise à Martial et Babouche de Total Heaven, fouiner chez les disquaires… Il m’arrive parfois de mixer chez des amis avec une recherche internet mais je galère toujours à me creuser la tête pour trouver des enchaînements. Les vinyles, c’est lourd à transporter mais ce sont de bons pense-bêtes pour mes mix (rires).

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Quels sont tes titres incontournables ou fétiches dans tes playlists ?

Toujours un petit Dutronc, je dirais Le responsable  quand notre Jacques se prend pour un Kinks ou un Rolling Stones, c’est toujours un délice. L’une de mes bottes secrètes pour lancer une soirée : « Baby, I dig love » du trio féminin 60’s The What Four. C’est une petite pépite inconnue au bataillon mais ultra dansante. C’est le rêve de tout DJ, un morceau obscur avec effet immédiat de danse sur ton auditoire. Dans la même veine, la reprise des Beatles « Run for your life » par Nancy Sinatra est un morceau incontournable. « I’m ready come home » des bordelais des Wonkee Monkees ou « Dancing Party » des Cavaliers quand on passe aux choses sérieuses. « Jumpin someone else’s train » des Cure ou « Night in june » d’Autumn pour la partie 80’s plus tardive dans la sélection.

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Ton ou tes derniers coups de cœur ?

Le dernier album du groupe Frustration remarquable et léché de bout en bout. Sinon j’ai découvert au hasard à la radio une reprise de « Born Slippy » d’Underworld par le groupe Ten Fé. La chanson de clôture du film Trainspotting est reprise dans un registre bien froid, une chouette découverte. Le dernier album du groupe Frustration remarquable et léché de bout en bout.  Pour finir, The Flyes, « Love and molotov cocktail » chanson qui a enterré avec fougue 2016 lors d’un fantastique karaoké punk avec une équipe de rêve.

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Bordeaux, ça le fait ?

Carrément, originaire du sud Gironde, c’est une ville où je me suis senti chez moi très vite et où l’on a pu faire plein de choses et découvrir de supers groupes. L’équation reste quand même toujours très difficile pour organiser des concerts. Nous avons mis en suspens la formule de notre festival après sept ans, mais on garde la main pour organiser encore quelques concerts et bien évidemment nos soirées DJ. Je t’avoue quand même être inquiet car il y a globalement peu de gens et de lieux qui arrivent à organiser des événements en pleine muséification et transformation du centre-ville de Bordeaux. Les copains du VOID, du Wunderbar, Arthur du groupe Videodrome ou les copines de l’association des Gens sympas se démènent bien pour organiser de chouettes choses. Grâce leur soit rendu.

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Un message, une date à annoncer, un coup de gueule, une déclaration d’amour ?

Retrouvez nous le dernier vendredi de chaque mois au Quartier libre à Saint Michel ou de-ci de-là au Wunderbar. On s’échauffera les coudes et les genoux dans une vicieuse ambiance.

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Liens :

2×1 places : French Disco Party w/ DJ Falcon, Kondor & Guillaume Fédou @ VOID 25/11

dans ART ET CRÉATION

Vendredi 25 novembre direction le VOID pour une belle soirée en perspective. Bordeaux Rock et Guillaume Fédou invitent DJ Falcon et Kondor pour une nouvelle French Disco Party ! Deux places à gagner ici.

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Les jours qui rallongent, la température qui baisse… Autant de raisons pour céder à une certaine morosité, à l’approche de l’hiver. Bordeaux Rock, association d’intérêt général, et Guillaume Fédou, activiste électro-pop bordelais, l’ont bien compris. Pour lutter contre cette tendance, les deux entités ont décider d’allier leur force pour proposer le meilleur remède qui soit : une soirée haute en couleur et en musique. La French Disco Party qui aura lieu vendredi 25 novembre au VOID verra ainsi trois artistes proposer leur sets house et disco pour réchauffer l’atmosphère.  Stéphane Quême aka DJ Falcon est un proche des Daft Punk, adepte de groove et d’hédonisme. Ayant joué un rôle non négligeable dans l’émergence du mouvement de la French Touch, l’artiste aura à cœur vendredi de démontrer son savoir-faire pour remuer la cave du VOID. Pour l’accompagner on retrouvera Kondor et sa house aux accents funky, et Guillaume Fédou qui n’est autre que l’un des auteurs de « Touche Française », la web-série d’Arte Creative retraçant l’histoire de la French Touch.

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▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

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Bordeaux Rock, Jour 1

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Depuis 12 ans, le festival Bordeaux Rock sert de mémoire à une génération. Celle des années 70/80 qui ont assisté à l’émergence du rock à Bordeaux. Ce rock qui faisait vibrer la France. Et qui la fait toujours vibrer. C’est à cette époque que le rock s’est installé durablement à Bordeaux. Ils ont fait de Bordeaux une valeur sure sur la carte de France du rock. Depuis 2003, le festival Bordeaux Rock célèbre les musiques indépendantes et alternatives. Cette année Bordeaux Rock se joue sur 4 soirées regroupant 10 lieux emblématiques de la vie bordelaise. Pour ne rien louper, Le Type t’a concocté un agenda.

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Pour bien commencer, on te conseille d’aller prendre le pouls de la scène locale au plus près. Pour cela, tu pourras déambuler dans la ville, dans ces lieux indépendants, ces endroits qui font vivre la musique. Tu auras pour cette soirée d’ouverture l’occasion de te rendre dans pas moins de 7 lieux différents et d’écouter au totale 17 concert. À 19h, laisse tes pas te porter au 49 cours d’Albret. Tu pourras assister au concert d’ouverture du festival. Gatha, violoncelliste et chanteuse te charmera pour attaquer la soirée sous les meilleurs auspices.

Tu es prêt pour entamer ton parcours musical urbain. Au choix, du punk et du noisy pop au Wunderbar, du folk au Quartier Libre, de la pop psyché et du rock au bar tabac saint Michel, de la pop indie à La Cueva, du blues chez El Chicho et au VOID tu pourras explorer les recoins sombres de ton âme avec du drone et du doom.

Cette traversée musicale te coûtera la modique somme de 3 euros.

Un pass qui te donnera l’accès à tous les clubs tout au long de la soirée.

Programme complet : http://www.bordeauxrock.com/

 

Les bordelais du mois #05 – L’équipe du VOID (feu Heretic)

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Lorsque la nouvelle est tombée un jour de novembre, c’est peu dire que pas mal de bordelais ont eu un coup de flip ; l’Heretic, l’une des seules salles du centre-ville encore capable d’accueillir une programmation d’une grande qualité allait fermer. Qu’allait-il advenir d’un lieu pourtant essentiel à la vitalité culturelle bordelaise ? Heureusement, très rapidement, une bonne nouvelle est venue recouvrir la première : le VOID allait prendre la suite de l’Heretic. Le lancement d’une campagne de crowdfunding (toujours en cours) nous donna quelques éléments d’informations supplémentaires quant à la manière dont la nouvelle équipe du lieu (Boubi, Pierrot, François, Michol, Nyky et Ricky) allait envisager le fonctionnement et le contenu proposé par le VOID. Afin d’en apprendre un peu plus sur les contours du nouveau projet, le Type est allé poser quelques questions à deux des membres de cette nouvelle équipe. Interview fleuve avec Boubi et Pierrot, représentants pour l’occasion du VOID.

Crédits photos : Alice Belair

Pour commencer, pouvez-vous présenter l’équipe, vos parcours, et comment vous êtes-vous tous rencontrés ?

Boubi : On s’est tous rencontrés en bossant ici, à l’Heretic. Pierrot est là depuis quasiment le début, 9 ans et demi. Moi je suis arrivé dans l’équipe il y a environ 5 ans. En tout on est 6, on a tous bossé ici et on continue. Il y aura François, Nyky Michol, Ricky, Pierrot et moi.

Pierrot : Concernant nos parcours personnels, on est tous musiciens, pratiquants d’un instrument. Boubi est batteur, François aussi… C’est cette pratique amateur qui nous réunit. On n’a pas vraiment de parcours particulier, moi j’ai bossé dans le socio-culturel par exemple. On n’est pas des investisseurs ou des créateurs d’entreprise à la base. On est sur un format associatif, on a une association loi 1901, tout ce qu’il y a de plus classique, qui vise la promotion de la culture locale, internationale, et ça en tant que salle de concert.

Qu’est-ce qui a poussé les actuels dirigeants de l’Heretic à arrêter ?

Pierrot : Ce sont des choix de vie. Ça fait 20 ans qu’ils sont dedans, ils approchent 40 ans ; certains ont des gosses, d’autres sont mariés et ont donc d’autres aspirations. Nous, on a toujours évolué dans cette scène-là, les concerts, le punk, ce qui se fait en France, en Europe ou dans le monde. Eux, c’est pareil et c’est comme ça qu’on s’est connus, sur les festivals ou d’autres concerts. C’est cette passion commune qui nous a fait travailler ensemble et qui nous fait reprendre la salle aujourd’hui.

Vous avez fait le choix de commencer par une campagne de crowdfunding, comment ça se passe ?

Pierrot
Pierrot

Pierrot : Ça se passe bien. On s’est rendu compte, quand on a annoncé la fermeture officielle de l’Heretic, que ça marquait beaucoup les gens. On a eu une énorme audience, on était loin d’imaginer ça. On a attendu que l’effet retombe un peu – mais pas trop – pour expliquer que ça n’allait pas fermer définitivement. C’est vrai qu’on avait besoin de ce crowdufing pour deux choses. D’une part pour boucler le budget, qui est quand même assez conséquent, et également pour voir si ça a vraiment un impact, pour voir si les gens sont motivés, s’ils ont envie de s’impliquer un peu plus. Que ce soit financièrement ou même d’une autre façon. On a par exemple beaucoup de gens qui nous proposent du bénévolat ou de filer un coup de main, chacun en fonction de son savoir-faire.

Vous avez eu du soutien de la part des pouvoirs publics ?

Boubi : On ne les a pas contacté. La salle n’en a jamais eu, elle a toujours fonctionné en autofinancement. C’est dans l’idée de rester le plus indépendant possible, on n’a pas envie d’avoir de comptes à rendre. Et puis, éthiquement, vu la scène d’où on vient, on est dans un esprit DIY. Si on gagne de l’argent tant mieux, mais si on n’en gagne pas, tant pis.

Et avec les riverains, ça se passe comment (la salle est en plein centre ville de Bordeaux, rue du Mirail ndlr) ?

Boubi : Ça s’est toujours bien passé. C’est peut être un des seuls lieux qui ferme par choix et pas pour des raisons administratives…

Oui parce que ces derniers temps on a pu dénombrer un certain nombre de lieux qui ont fermé, entre la fermeture temporaire (entre mars et octobre 2014) du Bootleg , ou celle définitive du Saint-Ex, du Boobooz…

Pierrot : C’est la politique de la ville qui veut ça… Après, on a pu avoir quelques soucis, mais peut-être deux plaintes en dix ans, et qui sont restées sans suite. On a toujours eu de très bons rapports avec la police. Quand ils viennent, ils savent qu’ils peuvent tomber sur quelqu’un et discuter. Et même au niveau des retours que j’ai pu avoir des médias, on a toujours eu un bon écho auprès de la mairie, qui a l’air de considérer qu’on fait les choses bien.

Concernant l’origine du nom du projet, d’où est venue l’inspiration ?

Boubi : VOID c’est un groupe de hardcore des années 80, qui est mon groupe préféré personnellement.

Pierrot : C’est venu dans le brainstorming. Il fallait un nom, un concept qui plaise, avec du sens, une signification qui parle à tout le monde. Que ça parle, autant mélodiquement que par écrit. On a mis du temps à se mettre d’accord, on avait d’autres idées de noms mais qui, après réflexion, ne marchaient pas trop. En tant que nom « the void » signifie le vide, et l’adjectif peut signifier énormément de choses ; vomir, rendu, déclassé, annulé, abandonné… Aux Etats-Unis, il y a un tampon hyper connu en mode militaire estampillé VOID. On peut l’associer à tout ça et donc c’est resté.

Ne pas reprendre le nom de l’Heretic était un choix de votre part ?

Pierrot : Après concertation, on a décidé que, pour l’équipe qui arrête, celle qui reprend, et le public, il fallait un peu de cohérence et de lisibilité dans tout ça. Et c’est normal ; quand t’as ton projet qui s’arrête, t’as pas forcément envie que des gens derrière reprennent avec le même nom.

Par rapport à l’Heretic, quelle différence va-t-il y avoir en termes de programmation ?

Boubi : On va avant tout continuer à faire ce qu’on aime, les concerts qui nous plaisent.

Pierrot : On va continuer à travailler avec les assos avec lesquelles on travaille régulièrement, que ce soit en punk rock, pop ou électro… On maintient les partenaires, on a déjà travaillé sur la programmation. On va rester sur une ligne « musique actuelle » pour être large. Après, c’est vrai que nos sensibilités musicales personnelles sont peut-être plus larges que ce qui était proposé ici. On va donc essayer, avec nos propres réseaux, de proposer plus de hip hop, de soirées électro, que nous produirons.

Parce que avant c’était surtout des organisateurs externes qui organisaient les soirées…

Pierrot : Oui, on faisait surtout du lien, de la gestion de salle, avec ce lien vers les associations, les particuliers, les collectifs. Là, on a cette volonté de produire plus de choses nous-mêmes.

On verra donc toujours des soirées estampillées house ou techno ?

Boubi : On fait un peu le tri avec les gens avec qui on bosse dans ce milieu-là, parce qu’on se retrouve souvent juste à drainer les jeunes qui veulent se mettre la race, ce qui est assez chiant. On préfère bosser avec des gens qui font ça bien.

Pierrot : Peut-être viser un public plus âgé avec des trucs plus pointus. Il faut effectivement préciser qu’avant le VOID et l’Heretic, il y a eu le Plug et le Zoo Bizarre, qui étaient vraiment deux références dans le milieu électronique. Il y a encore des gens qui viennent nous voir pour nous parler du Zoo Bizarre, avec de très bons souvenirs. Ça montre que ça a vraiment marqué la mémoire collective des gens.

Boubi : De toute façon, on considère notre public dans sa globalité, il n’y a pas que des punks qui viennent ici. Ça se reflète au sein de notre équipe ; on est plein à écouter des choses différentes. En espérant que ça se ressente sur la programmation.

Il y a des lieux qui vous inspirent, en France ou à l‘étranger ?

Boubi : En ce qui me concerne, c’est plutôt des lieux que j’ai vu ailleurs qu’en France. Après, le truc c’est que nous avons format un peu bâtard. On n’est pas une boîte, pas un squat, on n’est pas un café-concert ; on est un club. C’est plus un format qu’il y a aux Etats-Unis, avec des plus petits clubs.

Pierrot : C’est le genre de lieux que tu retrouves beaucoup en Allemagne, ou en Angleterre. Le format intermédiaire qui n’existe pas vraiment en France. Et c’est ce qui est chiant dans le réseau de salles : t’as soit le café-concert, ou la SMAC, et entre les deux, pas grand-chose… Sans doute parce que c’est un modèle assez difficile à tenir économiquement ; tu peux pas faire plus en termes d’activités, mis à part ouvrir tous les soirs.

Boubi : On a aussi une éthique qui fait qu’on refuse de faire des places ou des consos trop chères.

Une partie de la carte aux prix cools.
Boubi & Une partie de la carte aux prix cools.

Pierrot : C’est vrai qu’on pourrait faire comme l’Iboat, changer les prix après minuit (depuis peu, les prix changent à 1h00, ndlr) ou ce genre de truc, mais on se targue d’avoir la carte la moins chère de la ville. Même à Saint-Michel, tu peux difficilement trouver moins cher. On continue à suivre cette ligne, pour avoir une politique d’accès large pour le plus grand nombre.
Pour les lieux inspirants, t’en vois plein quand t’es en tournée, des squats autogérés notamment. Pour le mythe, s’il fallait en choisir un, ce serait le CBGB à New York, qui était un club punk rock de la fin des années 70 et des années 80. J’ai vu plein de bouquins de photos où tous les groupes qu’on aime ont joué plusieurs fois. C’est en mode tout en bois, taggué partout, des affiches partout, hyper crado, c’est cet esprit de salle qu’on aime, celles qui ont véritablement une âme.

Justement, vous allez repenser le lieu ?

Pierrot : Il va y avoir un coup de neuf, deux-trois aménagements, on va rajouter une boule à facette. (rires)

Boubi : On pourra s’asseoir mieux, on a prévu quelques aménagements d’accueil. Ce sera plus cool pour tout le monde.

Est-ce qu’il y a des groupes, notamment locaux, que vous comptez soutenir, qui vous tiennent à cœur ?

Boubi : C’est ce qu’on fait tout le temps en fait. Surtout dans notre scène, hardcore et punk notamment, ça a toujours marché comme ça. On privilégie les groupes locaux. Dès qu’il y a un concert, on met des groupes locaux avec. On fait des soirées avec uniquement des groupes locaux, des DJ locaux aussi, de tous les horizons. Ça peut aussi être des groupes plus gros, qui viennent faire des release parties.

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Quelles sont, selon vous, les qualités indispensables que doit avoir une salle pour bien fonctionner ?

Pierrot : La rigueur et la discipline déjà. L’ouverture d’esprit musicale.

Boubi : Et puis être cool avec les gens et faire des bières pas chères.

Pierrot : Ouais, tout le monde ne te le dira pas mais avoir une carte et des entrées hyper accessibles, ça te sauvera toujours la mise. Il y a plein de gens qui viennent le weekend sans connaître le programme mais ils savent que ça va pas être trop cher et que ça va fermer tard. Donc ils se disent que c’est un bon moyen de faire la teuf quoi.

Boubi : Et puis du coup, ça brasse un public plus large que des salles comme l’Iboat où les consos sont vraiment très chères. On n’a pas envie de ça, on n’aime pas ces endroits pour sortir, et on n’apprécie pas la politique qui en découle. On n’a pas envie d’être assimilé à ce genre de trucs.

Pierrot : Ouais il faut aussi avoir la foi, la ferveur. (rires)

Vous portez quel regard sur la scène culturelle bordelaise actuelle ?

Boubi : Ça bouge pas mal dans à peu près toutes les scènes. C’est les vieux qui trouvent que ça bouge plus parce qu’ils ne foutent plus rien en fait !

Pierrot : Ça s’est jamais trop arrêté en fait mais ça dépend des styles musicaux. Par exemple, le rock un peu veste en jean et garage est devenu hyper à la mode depuis 2-3 ans.

Boubi : Grâce aussi à des gars qui font vivre ça hyper bien.

Pierrot : Ouais c’est aussi les groupes à la mode qui font les scènes en fait. Et ça, ça ne se maîtrise pas.

Boubi : Ce qu’on aime, c’est quand il y a un truc limite « consanguin » qui se fait avec un petit groupe de gens qui fait plein de groupes et de projets différents ensemble.

Pierrot : C’est des générations de personnes en fait. En ce moment, il y a plein d’assos et d’orgas garage et punk un peu cheapos qui se montent. En électro, il y a eu une vague fin 2000 autour de la minimale, truc berlinois. Maintenant, la house est revenue… C’est hyper cyclique en fait.

Boubi : Et puis dans la scène punk aussi il y a plein de vieux de la vieille qui sont encore là et qui seront toujours là.

Pierrot : Ouais par exemple un truc comme l’Athénée Libertaire qui est là depuis 68 si tu veux… Bon après c’est hyper niché, des trucs de punks ou assimilés. Mais ça reste un lieu qui est hyper méritant pour ne jamais avoir dévié de la ligne qu’ils s’étaient tracés.

Pierrot et Boubi dans les couloirs du VOID
Pierrot et Boubi INTO THE VOID

Et est-ce que pour vous Bordeaux c’est une ville underground ?

Pierrot (de façon nette et tranchée) : Non. (rires)

Boubi : C’est quand même une ville de bourges Bordeaux !

Pierrot : Non mais ça l’a été dans les années 80 quand il y a eu beaucoup de groupes de rock précurseurs style Noir Désir, Strychnine… Mais ça ne l’est plus trop maintenant. Tu vois quand je suis arrivé tu avais des salles partout à Bordeaux : le Son’Art, l’Inca, la Bamboula… J’sais pas mais des salles il y en avait bien une quinzaine et en 10 ans plus une seule. La politique de la ville n’est pas du tout dans ce truc là quoi.

Boubi : Ouais ça n’a rien à voir avec la motivation des gens mais quand on te donne pas le droit de le faire…

Pierrot : Ça collait avec l’image de la ville quand elle était noire, pleine de crasse et de voitures. Mais maintenant c’est des design stores et des marchands de je-ne-sais-quoi-d-eau-fraîche… Une autre image quoi, plutôt bourgeoise et clean.

Vous regrettez ça alors ou quoi ?

Boubi : Je ne sais pas si on le regrette parce que c’est vrai que ça apporte un côté tranquille.

Pierrot : De toute façon, il y avait des rues, il y a 10 ans, où tu ne passais pas le soir parce que c’était des énormes coupes gorges. Maintenant, tout le monde trace, picole, fume des joints, baise, pisse partout… Dans les années 80, tu ne pouvais pas sortir comme tu le voulais, comme c’est le cas maintenant. Ça passe aussi par des caméras partout et une politique plus consumériste. C’est même inscrit dans la politique de la ville avec des projets comme Bordeaux 2030 où on t’explique qu’ils veulent créer des pôles « Sortir la nuit » comme ils font aux Bassins à Flots. Tu sens qu’ils veulent tout virer mais, en même temps, ils nous ont gardé, pour on ne sait quelle raison. On reste optimiste pour la suite mais bon.

Boubi : On n’a pas de relations avec la ville et c’est pas plus mal. Je crois qu’il y a une espèce d’accord tacite : on les fait pas chier, ils nous emmerdent pas.

Pierrot : Il y a une paix sociale aussi. Les flics passent tous les soirs par exemple et voient bien qu’il n’y a pas d’embrouille comme il peut y en avoir ailleurs.

Pour finir, est-ce qu’on pourrait avoir un avant-goût de l’agenda 2016 du VOID ?

Boubi : On va ouvrir mi-janvier. On a déjà des trucs qui sont programmés jusqu’en novembre 2016.

Novembre 2016 ?!

Pierrot : Ouais ! Les programmateurs n’ont pas attendu en fait, on est en contact avec eux depuis longtemps et depuis début décembre ça s’enchaîne à mort. De toute façon, tout le programme complet sera mis en ligne fin décembre/début janvier.

Et des belles surprises du coup à attendre en termes de programmation ?

Boub: Ouais on est plutôt contents.

Pierrot : En électro, si tout se fait, il y avoir des trucs vraiment pas mal et qui peuvent surprendre.

Merci à vous, on se retrouve le 14 janvier pour la soirée d’inauguration du VOID (event) !

Interview réalisée avec Marion Bernès.

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