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Rencontre avec Vanupië, de Bordeaux à Tbilissi

dans ART ET CRÉATION

Ayant déjà parcouru un bon nombre de kilomètres avec son objectif et son boîtier, Vanupië documente les territoires qu’elle traverse avec beaucoup de sensibilité et un regard rafraîchissant. Kirghizistan, Philippines, Nouvelle-Zélande, Israël, Jordanie, Chine, Mongolie, Russie Sri Lanka ou Iran ; c’est souvent des zones géographiques aux histoires riches que la photographe traverse. Elle en ressort à chaque fois avec des portraits et des récits humains. C’est le cas avec la Géorgie et Tbilissi, ville qu’elle a visité en mai 2018. Hasard des choses, c’est au même moment que le club de techno Bassiani subit un raid de la police géorgienne, conduisant une frange de la jeunesse de la capitale à manifester devant le parlement national. Deux platines et des enceintes plus tard : une rave à ciel ouvert s’y organise, poussant derrière le gouvernement à reculer. C’est cette histoire et son voyage en Géorgie que Vanupië exposera exceptionnellement le samedi 7 septembre aux Vivres de l’Art dans le cadre d’un événement que Le Type consacre à la scène artistique de Tbilissi.

Crédit photo : Vanupië

Le Type : Salut Vanupië ! Peux-tu commencer par te présenter ?

Vanupië : Je suis à la fois une fille du bassin, un hibou vagabond et une voyageuse aux pieds-nus.

Comment tu t’es mis à la photographie ?

Naturellement et un peu par hasard. Ce sont mes yeux qui font tout le travail, plus que mes mains… Jusque-là, toute la partie technique m’intéressait peu et j’ai récemment compris que tout ce que je rechignais à apprendre depuis des années allait devenir un frein dans mes projets si je ne m’y mettais pas un peu plus sérieusement. Pour mon anniversaire, j’ai promis à ma copine Barbara que j’allais me montrer un peu plus persévérante pour ne plus me sentir comme un petit imposteur, quand quelqu’un veut me parler de réglages. Là, on pourra vraiment dire que je me serai mis à la photographie !

Quel matériel utilises-tu quand tu es en vadrouille ?

Que je sors d’ailleurs uniquement quand je suis en vadrouille ! Toujours le même depuis des années, un CANON 700D et son objectif de base 18x55mm offert par mon papa. Et depuis peu j’utilise aussi, un 55mm prêté indéfiniment par une petite pousse hollandaise après quelques jours passés ensemble sur un joli toit Sri Lankais.

Tu as pas mal bourlingué à travers le globe, comment tu t’y prends pour voyager autant ?

Je voyage en pointillés… Depuis la fin de mes études, j’alterne entre plusieurs mois à l’étranger et la petite cabane à huitres (entre autres) dans laquelle je travaille, sur le port de la Teste. Et sinon, quand mes économies ne suffisent pas, j’ai un découvert autorisé qui dépasse l’entendement (dieu bénisse) ! Je profite de cette saison pour me remettre à flots, combler tout ça et repartir sereinement dès décembre prochain. En attendant, je trépigne avec impatience !

Peux-tu nous parler de certains voyages qui t’ont particulièrement marqué ?

Un peu après mes 19 ans, je suis partie toute seule en Islande sur un coup de tête et je crois que c’est là que tout a commencé. Depuis il y a eu le Kirghizistan, la Russie, la Mongolie (via le Transsibérien), l’Israël, le Liban et tant de coins du monde qui viennent appuyer plus encore mon goût pour les pays d’Asie Centrale et du Moyen Orient. En novembre dernier, je suis partie en Éthiopie avec ma petite sœur et je me suis laissée séduire tout doucement par l’Afrique, rudimentaire, vibrante, humaine. Quand on commence à voyager, on n’est jamais rassasiée de rien, on a toujours cette envie furieuse de découvrir et de rencontrer encore et encore ; la Namibie et l’Ouganda commence d’ailleurs à sérieusement me faire de l’œil.

Tu as des anecdotes marquantes liées à ta pratique photographique et tes voyages ?

Un copain m’a dit très justement qu’il faudrait mille vies pour raconter la mienne… Je suis naïve, obstinée, maladroite, abonnée aux petites galères. Un accident de scooter et un tatouage fait par une dame de 102 ans qui s’infecte et manque de me coûter une jambe aux Philippines, un passage de frontière digne d’un croisement entre Pablo Escobar et Gérard Majax en quittant la Serbie, des kilomètres en stop ponctués de rencontres magnifiques et surprenantes. J’aimante aussi bien les catastrophes aussi que les belles âmes. En fait, je crois que mes plus jolis souvenirs de voyage sont souvent assortis d’une grosse galère ; au Kirghizistan, on s’est retrouvées à marcher pendant des heures, au milieu de la toundra, sans eau parce qu’on a douté des conseils d’un couple de Tchèques revenus nous sauver, à la nuit tombée, inquiets de ne pas nous voir arriver alors qu’on allait poser notre tente dans un lit de rivière. Le soir même, je me souviens avoir vu le plus beau ciel étoilé du monde et bu du vin rouge de piètre qualité à la chaleur d’une cheminée. C’est toutes ces anecdotes, ces visages, ces histoires que je retrouve indirectement à travers mes photos.

Venons-en à ton voyage en Géorgie. Comment tu t’es retrouvé là-bas et comment s’y est passé ton séjour, à Tbilissi et aux alentours ? Qu’est-ce qui t’a marqué lors de ce voyage ?

Ma sœur m’a parlé des montagnes qu’elle espérait y trouver. Un ami israélien a vaguement évoqué des petits kayaks de pain rempli de fromage. A eux deux, ils ont eus assez d’arguments pour me convaincre d’y aller faire un tour ! Après près de 50h de bus (et de contorsions) depuis Téhéran, j’ai finalement atteint la Géorgie, dont j’ai tout adoré. Des rues de Tbilissi aux montagnes de Borjomi, à la ville fantôme de Tskaltubo. La simplicité rurale, le naturel des gens, l’architecture si particulière des bâtiments soviétique et le hasard des choses. On s’est retrouvées à boire des coups et lever des toasts avec le chef de l’armée Azerbaidjo-Armenio-Georgienne (?) et le lendemain, comme l’aurait fait Élise Lucet, on est parties ravitailler les bases d’altitude, avec une troupe militaire, en hélicoptère. Incroyable ! Mon carnet de route sera bientôt en ligne sur le blog, pour survoler toutes ces aventures-là.

Dans la nuit du 11 au 12 mai 2018, la police géorgienne effectue un raid au sein du club techno Bassiani et arrête une soixantaine de clubbeurs. Le lendemain, la jeunesse de la ville manifeste devant le Parlement du pays, pose un système son et organise une rave géante pendant plusieurs jours. Tu y étais, comment c’était ?

Hallucinant ! Je suis arrivée à Tbilissi avec la ferme intention de boire du vin (un mois d’abstinence en Iran) et d’écouter de la techno… Le jour de mon arrivée, après m’être penchée sur la programmation, j’apprends malgré moi que le Bassiani a fermé… Le lendemain, après avoir copieusement célébré nos retrouvailles avec ma meilleure copine, un petit son lointain est venu nous caresser les oreilles. Ce qu’on croyait être un simple rassemblement politique a finalement tissé le lien avec la fermeture évoquée la veille. Du matin au soir, trois jours durant, on a pu assisté à quelque chose d’extraordinaire, une effervescence humaine, pacifique, pure qui, bien au-delà d’une simple protestation contre la fermeture d’un club s’est transformé (sur fond de techno et de messages d’amour) en un vrai mouvement commun pour défendre les libertés individuelles. C’était surréaliste de voir tout ce monde réuni face au Parlement et je pense pas me tromper en disant que même la police semblait supporter la jeunesse géorgienne dans ces revendications !

Peux-tu nous en dire plus sur l’exposition et la sélection de photos que tu présenteras le 7 septembre aux Vivres de l’Art dans le cadre du lancement de Scene city ?

Avec « Georgia On My Mind », j’aimerai offrir une petite rétrospective de mon voyage en Géorgie avec l’espoir que mes clichés, en plus de tous les intervenants présents pour ce lancement, puissent provoquer chez les petits yeux curieux l’envie d’aller visiter ce si petit pays aux multiples facettes. En parallèle des manifestations, toujours par hasard, on est entrées dans une galerie qui à sa manière à bien inspirée notre itinéraire. Je souhaite montrer à travers cette sélection, l’énergie incroyable qui se développe à Tbilissi et de manière plus induite, inviter les gens à découvrir ce que la Géorgie à de plus authentique, son folklore traditionnel, danses, chants, la richesse de sa gastronomie, son histoire, son architecture typique, les vestiges du passé et la beauté de ses habitants, d’une simplicité sans pareille. Bref, ça va être chouette, alors venez !
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Rencontre en toute intimité avec la chanteuse Jessica Bachke

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

C’est lors de la soirée Tribal Traquenard #6 que l’on a eu la chance de rencontrer Jessica Bachke, chanteuse et compositrice bordelaise pour lui poser quelques questions en toute intimité. Effrayant par son nom, Tribal Traquenard n’est en vérité qu’un guet-apens du meilleur goût destiné à ceux qui souhaitent découvrir des artistes bordelais avant tout (mais pas que). Quatre filles, Blandine, Ludivine, Mathilde et Mélodie, à l’initiative de ce collectif cherchent à allier leurs coups de cœur du moment à la scène indé locale.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : D’où es-tu originaire ?

Jessica Bachke : Je suis née en France mais je suis d’origine norvégienne par mon père.

Depuis combien de temps pratiques-tu la musique et le chant ? Quel est ton parcours ?

J’ai un parcours assez classique, j’ai commencé à jouer du violon dans une école de musique à cinq ans et demi mais j’ai été très bercée par la musique folk. Du coup, vers l’âge de 15-16 ans je me suis dirigée vers le traditionnel irlandais, écossais et j’ai commencé à jouer de la guitare, en demandant à mon père de m’apprendre quelques pickings (technique de jeu utilisée à la guitare). En ce qui concerne le chant, j’ai toujours chanté, mon père étant pasteur, je chantais beaucoup à l’église et sinon, de part mes origines, je chantais des chants un peu plus sauvages.

As-tu déjà pris des cours de chant par exemple ?

Non, après, de part mon expérience en école de musique, on travaille le chant de manière académique. Mais j’ai vécu une révolution personnelle en découvrant la méthode de Yva Barthélémy, qui résonnait complètement avec ma façon d’expérimenter le chant, de libérer la voix…

Comment qualifierais-tu ton style musical ?

Je dirais folk expérimental. C’est très large, c’est alternatif, je compose à l’aide de la guitare mais dernièrement je cherchais surtout des sons, des choses plus organiques pour venir justement à des choses de la terre. Ce soir (le vendredi 10 mai, ndlr), je joue totalement en acoustique mais dernièrement j’ai beaucoup apprécié jouer à la guitare électrique. Ça dépend vraiment des envies, des cycles.

Quelles sont tes inspirations ?

J’aime beaucoup la musique classique, j’aime énormément Mozart, Ravel, Stravinsky, Fauré, Grieg, c’est très mélancolique ou encore Chopin, voilà les grands classiques. En plus contemporain, je suis très touchée par certains artistes comme The Whitest Boy Alive, c’est un groupe mené par Erlend Øye, qui est le cofondateur du groupe Kings of Convenience. J’aime beaucoup le travail d’Agnes Obel, Björk aussi, Tori Amos, ce sont des choses qui m’ont plutôt bercée dans l’adolescence. Mais je me suis réveillée à 20 ans, sinon avant j’écoutais le groupe Crosby stills & NashBob Dylan, Joni Mitchell, Johnny Cash, j’évoluais dans une bulle à la maison avec mes disques, je bossais pas mal le violon, je bossais ma guitare en dehors des cours, j’évoluais dans toutes ces choses à apprendre et découvrir.

Penses-tu que tes origines influencent ton style musical ?

Oui complètement.

Combien de morceaux as-tu déjà sorti ?

Sous mon propre nom, il y en a une dizaine mais je n’ai pas tout sur Soundcloud, il y en a 3-4 sur YouTube. Après je fais partie d’un groupe qui s’appelle les Cocktail Bananas où l’on peut écouter les deux albums de disponible sur Bandcamp et YouTube. C’est un peu éparpillé parce que j’ai fais partie de plusieurs formations.

As-tu des thématiques de prédilection que tu aimes aborder dans tes textes et si oui, quelles sont-elles ?

Pour cet album, je parle beaucoup de la renaissance mais pour ça, je me suis reconnectée à ce qui moi, me parle le plus, donc la Terre et les éléments. J’aborde beaucoup des thématiques de guérison, de renaissance.

As-tu des envies de collaborations avec d’autres artistes ?

C’est prétentieux mais dans l’idéal je dirais, Erlend Øye, Agnes Obel et Hannah Cohen.

Considères-tu qu’il y a une « scène » autour de ce que tu joues (une scène folk) à Bordeaux ?

Oui bien sûr, je pourrais te citer Queen Of The Meadow qui est magnifique, Willows, ce que j’oublie pardonnez-moi mais si, il y a des groupes que j’ai vu, entendu il y a pas très longtemps. Les Cocktail Bananas aussi…

Quels sont les projets pour la suite ? Une sortie d’album ? Un clip ?

Oui, il y a un clip qui est prévu pour dans pas longtemps, sur un titre qui s’appelle « Water Herbs », les herbes de l’eau. Il faudrait que je vois avec mon graphiste où il en est mais j’adore ce qu’il fait donc ça sera la surprise, je lui donne carte blanche. C’est d’ailleurs lui qui fait la pochette de l’album que je compte sortir cet été je pense, à la saison des moissons.

Quelle est la chanson que tu aurais rêvée écrire ?

Elle fait partie de mon album préféré de Björk, « Hidden Place ». Cette chanson je la trouve parfaite, parce qu’à un moment donné on dirait que la chanteuse a travaillé comme des sons humains, des voix d’hommes, graves, ronronnantes, très ancrées dans la terre…

Que pourrais-tu dire aujourd’hui à une artiste qui voudrait se lancer dans la musique folk, et qui n’a pas ce recul que tu as ?

De faire avec le cœur, de s’accrocher vraiment et de le faire avec intégrité, il y aura toujours quelqu’un qui écoutera ça et ça aura une vrai portée. J’ai entendu un chef cuisinier connu qui s’appelle Marco Pierre White dire quelque chose en anglais sur lequel je médite beaucoup : « Success comes from arrogance, but greatness comes from humility ».

Pour finir, une chanson que tu écoutes en boucle en ce moment ?

J’ai une petite fille de 22 mois qui adore danser en ce moment sur deux choses donc c’est ce que j’écoute beaucoup, c’est The Mummer’s Dance de Loreena McKennitt, c’est très celtique et sinon c’est Tout le monde veut devenir un cat des Aristochats.

 

Photographe en temps troublés

dans DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Depuis octobre 2018 et le déclenchement de la « crise des gilets jaunes », des milliers de journalistes et de photographes documentent les manifestations. Comme pour tout mouvement social, ces derniers sont au cœur de l’action, souvent en premières lignes et donc bien placés pour capter au mieux les tensions d’une telle mobilisation. Photographe indépendante évoluant (entre autre) chez Le Type et co-fondatrice du collectif Banal Production, Astrid fait partie de celles et ceux qui suivent le mouvement depuis les débuts. Le week-end du 18 mai, elle exposera aux côtés d’autres artistes au Volcan certains de ses clichés les plus marquants qu’elle a eu l’occasion de prendre au cours des multiples « Actes ». De Bordeaux à Paris en passant par Toulouse, Astrid nous dévoile et commente en exclusivité son travail de reportage qui frappe par sa sensibilité et les surprenantes scènes qu’elle a photographiées.
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Une jeune femme porte un bouquet de fleurs jaunes pendant la marche des Gilets Jaunes. Bordeaux, France – Samedi 16 Mars 2019

 

La manifestation du 1er mai a Paris, regroupant gilets jaunes, syndicats et black blocs, a dégénéré en début d’après-midi en affrontement violent. Les forces de l’ordre nombreuses ont fait usage de bombes lacrymogènes et de bombes de désencerclements tandis que les black blocs utilisaient le goudron et la matériel urbain qu’ils trouvaient. Un échange tendu tout au long de la journée. Paris, France – 1 er mai 2019

 

L’acte 22 des Gilets a réuni plusieurs milliers de personnes ce samedi à Toulouse. 21 personnes ont été blessées. 45 individus ont été arrêtes. Une journée marquée par la violence. Toulouse, France – 13 avril 2019

 

 

Les trois graces Place de la bourse affubles d’un gilet jaune lors du rassemblement des manifestants. Bordeaux, France – Samedi 16 Mars 2019

 

Manifestant effrayé par le flashball que tient un des policier vise vers lui.
Place de la victoire, Bordeaux, France – 02 mars 2019

 

Pour la 20eme semaine, Toulouse et Bordeaux se sont réunis ce samedi pour un grand rassemblement Gilets Jaunes. Une journée marquée par de nombreux kilomètres de marche et une forte violence. Bordeaux, France – samedi 30 Mars 2019

 

La manifestation du 1er mai a Paris, regroupant gilets jaunes, syndicats et black blocs, a dégénéré en début d’après-midi en affrontement violent. Les forces de l’ordre nombreuses ont fait usage de bombes lacrymogènes et de bombes de désencerclements tandis que les black blocs utilisaient le goudron et la matériel urbain qu’ils trouvaient. Un échange tendu tout au long de la journée. Paris, France – 1er mai 2019

 

Pour la 20eme semaine, Toulouse et Bordeaux se sont réunis ce samedi pour un grand rassemblement Gilets Jaunes. Une journée marquée par de nombreux kilomètres de marche et une forte violence. Bordeaux, France – samedi 30 Mars 2019

 

Intervention d’un street medic. un manifestant souffre de brulures aux yeux a cause des gaz lacrymogènes jetés par la police. Il lui mets du sérum physiologique dans les yeux pour le soulager.
Place Pey Berland, Bordeaux, France – 02 mars 2019

 

La manifestation du 1er mai a Paris, regroupant gilets jaunes, syndicats et black blocs, a dégénéré en début d’après-midi en affrontement violent. Les forces de l’ordre nombreuses ont fait usage de bombes lacrymogènes et de bombes de désencerclements tandis que les black blocs utilisaient le goudron et la matériel urbain qu’ils trouvaient. Un échange tendu tout au long de la journée. Paris, France – 1er mai 2019

 

 

La manifestation du 1er mai a Paris, regroupant gilets jaunes, syndicats et black blocs, a dégénéré en début d’après-midi en affrontement violent. Les forces de l’ordre nombreuses ont fait usage de bombes lacrymogènes et de bombes de désencerclements tandis que les black blocs utilisaient le goudron et la matériel urbain qu’ils trouvaient. Un échange tendu tout au long de la journée. Paris, France – 1er mai 2019.

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« Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? » : l’expo de Pauline Roquefeuil

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES
Pauline Roquefeuil

Le Type est allé à la rencontre de Pauline Roquefeuil pour son exposition « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? » – référence à cette réplique lancée par Brigitte Bardot – magnifique – dans « Le Mépris ». Vous l’aurez compris, c’est donc de fesses dont nous allons parler ici… Pour une fois avec un œil plus sociologique que pornographique.
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Un projet à l’initiative du collectif « La Cerisaie »

À l’origine de ce projet se trouve La Cerisaie – collectif Marmandais – que Pauline avait fait venir à l’Iboat pour un événement. C’est au cours d’un repas pendant lequel se discutait l’organisation de la prochaine soirée dont le but était de mettre les fesses à l’honneur que la photographe a suggéré d’y ajouter une exposition, quelque chose de plus visuel. Le collectif connaissait déjà son travail de photographe, et a donc immédiatement pensé à lui confier cette mission : réaliser une exposition sur des fesses.

Sacré challenge pour Pauline qui n’avait donc qu’un mois pour mener à bien ce projet, d’autant que l’argentique demande du temps et du travail (développer, trier, recommencer les ratés…), c’est pourquoi elle a tout de même pris la journée pour y réfléchir… Et finalement accepter le défi avec enthousiasme ! Il faut dire que c’était là un projet auquel la photographe pensait depuis déjà un certain temps, et cette collaboration était donc l’occasion d’enfin le réaliser.

Une série de photo personnelle et naturelle

Un projet d’expo photo sur les fesses, voilà qui n’est pas commun ! Mais tout fait sens lorsqu’elle nous explique qu’en réalité cette idée part d’un complexe qu’elle avait : « […] c’est une partie de mon corps que je n’acceptais pas du tout chez moi, je me disais donc que j’aimerais me faire prendre en photo, que ça m’aiderait ». Ainsi, l’idée lui est venue que peut-être elle pourrait aider les autres à travers ses séances de photographie, sorte de « photothérapie », justifiant cette envie de réaliser cette série. Sachant cela, on comprend d’autant mieux de nom de l’expo tirée du Mépris de Godard « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? ».

Cette série, elle la voulait la plus naturelle possible, hors de question de retoucher les photographies, la spontanéité était le mot d’ordre. « Je disais aux modèles que s’ils avaient une idée, nous pouvions la réaliser, que nous verrions ensemble, mais que c’était eux qui choisissaient. Après, une fois que la photo était faite, c’était celle-ci et on ne changeait pas. C’était très intéressant ! ». Cela s’explique alors par un objectif bien précis : faire en sorte que les gens acceptent leur corps tel qu’il est, comme une réconciliation avec soi-même.


Pauline Roquefeuil

Un projet inédit pour la photographe

Initiée à la photographie argentique par son père, Pauline a toujours fait de la photo. Jusqu’aujourd’hui, celles-ci relataient ses multiples voyages ; mais cette fois-ci c’est un nouveau sujet qu’elle a décidé de traiter à travers l’art photographique. Les paysages ne sont plus les vedettes, cédant la place aux modèles ou plus précisément les fesses de ces derniers.

« Je m’étais dit que j’allais être obligée de les motiver, les convaincre »

Au début sceptique sur la manière dont elle allait réussir à rallier des personnes à ce projet, elle s’est vite aperçue – via un message lancé sur Facebook, telle une bouteille à la mer – que son entourage, proche et moins proche, était finalement séduit et motivé pour y participer. Pas moins de 70 personnes ont alors répondu à l’appel, et seules deux se sont désistées. Pour beaucoup, il s’agissait là d’un défi, pour d’autres d’une expérience « marrante ».

Pauline Roquefeuil

La photographie, l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre

Comme évoqué précédemment, l’objectif de l’exposition était clairement annoncé : mettre en exergue l’évolution du corps et son acceptation. Objectif rempli selon Pauline. Et tout cela, elle a pu l’observer et en être témoin tout au long des séances photo avec ses modèles : « il y en avait qui au début n’osaient pas trop, et puis en fait ils se donnaient le défi. Beaucoup de nanas, une fois qu’elles voyaient la photo, disaient « Ah mais en fait ça va ! » » ; « Il y a aussi eu un couple qui au début ne se sentait pas du tout à l’aise à l’idée de se mettre nu. Et puis ensuite, une fois qu’ils étaient à l’aise, ils ne voulaient plus se rhabiller, et ils avaient plein d’idées ! ».

Pour l’artiste, cette expérience a définitivement été l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre. Et au-delà de son plaisir à réaliser les clichés, ce qu’elle a par dessus tout apprécié et ce qu’elle retiendra ce sont toutes les discussions et souvenirs créés avec les personnes chez qui elle ne serait jamais rendue si ce projet n’avait pas existé : partager un tajine vegan avec un mec, histoire de se détendre ; découvrir que, oui, les mecs aussi pouvaient être préoccupés par l’esthétique de leurs fesses, …

Une réelle expérience humaine qui la pousse à vouloir mener ce projet plus loin, d’autant plus qu’elle n’a pas pu photographier toutes les personnes qui ont répondu à l’appel. En effet, au cours de l’exposition à l’Iboat, certains sont venus à sa rencontre pour se porter volontaire, preuve que le sujet touche, que les gens sont en demande et que le projet pourrait facilement prendre de l’ampleur. Outre cela, c’est pour Pauline l’occasion de défendre l’argentique et tout ce qu’il a de spontané et de « brut », dans le sens où la photographie n’est pas retouchée, faisant toute sa beauté. C’est alors que l’on se rend compte que cette technologie était l’outil parfait pour ce projet : pour un résultat fidèle à la réalité, parce que nos fesses sont ce qu’elles sont et elles sont belles ainsi ; à nous de les accepter. Et les photos, parce qu’elles ne sont pas modifiées, sont un moyen de s’en rendre compte et de se réconcilier avec ce corps qui n’attendait qu’à être montré et regardé tel qu’il était.

Des projets axés sur l’humain

Grâce à cette expérience, la photographe a pu découvrir toutes les opportunités que présentait un projet qui permettait d’aller à la rencontre de l’autre. C’est pourquoi elle nous dit désormais vouloir réaliser des séries plus en rapport avec l’humain. Il faudra à priori être un peu patient, mais plusieurs idées lui trottent dans la tête et pourront faire l’objet d’expositions d’ici quelques temps, comme des photographies de plis du corps vus de très près (un bourrelet, une ride, différentes peaux…), des photographies de seins… Mais pour l’instant, son objectif reste de développer cette exposition sur les fesses et de la mener le plus loin possible.

Pauline Roquefeuil

Merci pour cette rencontre Pauline et à bientôt, le Type te souhaite une belle continuation, à toi, mais aussi à ton projet !

  • Une expo à voir au Bon Jaja jusqu’à la fin du printemps.
  • Pour plus de photos de Pauline Roquefeuil, rendez-vous sur son site ou son Instagram.

Expo à ne pas rater au Life (Bordeaux) : Roadside View de Sylvain Demercastel

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Y a-t-il plus bel écran au monde que le pare-brise de la voiture avec laquelle nous partons faire le tour du monde ? C’est là tout le sujet de l’exposition « Roadside View » dont vous pourrez profiter jusqu’au 24 Décembre au Life.

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Sylvain Demercastel, touche-à-tout aux multiples talents (windsurf, musique, photo,…), s’est mis à la photographie au cours de ses voyages. Aujourd’hui, il vit de windsurf, de musique et de l’art de la photographie – de quoi le jalouser ! Son exposition, dont les clichés d’une Amérique de l’Ouest et d’un Alaska désertique, vous plongent dans un autre univers, loin des clichés touristiques.

Des photographies en noir et blanc qui donnent aux œuvres une profondeur incroyable, mais également des photographies de couleurs aux contrastes et aux perspectives qui vous donnent l’impression d’y être, de vivre l’instant capturé par le photographe, au milieu de nul part. Des voitures, des paysages à perte de vue et des enseignes américaines illustrent la plupart des photos de l’artiste dont le travail pourrait être comparé à celui de Fred Herzog ou encore Stephen Shore, avec toujours ces paysages désertiques américains.

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Mais le photographe ne s’arrête pas là, et va jusqu’à créer les cadres qui mettront en scène son travail pour le plus grand bonheur du spectateur. Un travail d’une minutie impressionnante donnant parfois l’illusion d’un cliché en 3D.

Allez vite découvrir cette exposition au bar Le life pour un belle soirée. On ne saurait que trop la conseiller aux amateurs de photographies.

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Rust in peace

 

Infos pratique :

  • Le life, 7 rue parlement Sainte-Catherine, 33000 Bordeaux
  • Du 24 novembre au 24 décembre 2016

Bob Dylan, l’Explosion Rock // Cité de la Musique

dans ART ET CRÉATION

Quand on y réfléchit, peu d’artistes peuvent se vanter d’être devenus de véritables mythes, d’avoir bouleversé des générations, d’avoir été une influence majeure dans la vie de beaucoup d’autres. C’est le cas de Bob Dylan. Le Type est donc allé voir l’exposition qui lui est consacré jusqu’au 15 juillet à la Cité de la Musique à Paris.


Au départ, il est difficile d’imaginer à quoi l’exposition peut ressembler. L’œuvre et la vie de Bob Dylan sont si riches qu’on a l’impression qu’il est impossible d’en faire un résumé sans qu’automatiquement l’image donnée au musicien soit réductrice. La Cité de la Musique, et plus particulièrement Bob Santelli (directeur du Grammy Museum de Los Angeles),  l’ont parfaitement réussi.

L’exposition commence avec soixante photographies de Daniel Kramer qui, durant plus d’un an, a accompagné Bob Dylan. Les photos, en noir et blanc, saisissent le public de manière frappante. C’est un Dylan intime qui se dévoile sous nos yeux, le Dylan des années 64 et 65, plus tout à fait nouveau, mais un Dylan toujours aussi passionné. En musique de fond, ses chansons accompagnent à merveille les photographies.

A côté sont présentés les moments forts de sa carrière. Son enfance accompagné de photos d’école qui racontent sa passion précoce pour la musique. Ses influences et tout particulièrement Woody Guthrie dont il a été comme la relève. Ses années folk, puis son évolution de plus en plus rock.


C’est le Bob Dylan complet que l’on découvre à l’aide de photos, d’écrits, de vieux vinyles, de guitares au lourd passé, de témoignages, de morceaux de musique, d’extraits de concerts…

On plonge (ou replonge) dans les années 60 et dans la vie d’un artiste qui a su rester lui-même tout en étant toujours différent et qui a su révolutionner le monde de la musique.

Pour les nostalgiques ou les passionnés de l’époque cette exposition est à ne pas rater. Pendant deux heures, on oublie d’où l’on vient pour ne vivre que par une chose : Bob Dylan.

Bob Dylan, l’explosion Rock (61 – 66)
Du 6 mars au 15 juillet
Cité de la Musique (Paris)

Crédit photo : Daniel Kramer

Laura Makabresku Photography

dans ART ET CRÉATION

On ne vous le cache pas, quand on est tombé sur les photos de Laura Makabresku, la première réaction du Type ça a été : « Tiens, encore une. » Une de ces photographes semi-pro-amateur-merci-papa-maman-pour-l’appareil-photo qui peuplent Internet. De celles qui font des photos un peu vintage mais pas trop, avec un grain et une lumière douce, du flou artistique, des couchers de soleil, la Nature, et des gros plans. C’est important les gros plans. Et puis, sans comprendre trop pourquoi, on tourne les pages, et on passe de la pause thé/biscuits/Paul Celan, à des mèches de cheveux, des pigeons, des vinyles, on entre dans un univers doux et chaud, presque rassurant. On s’y sent bien, comme chez soi.Puis viennent les photos de couple, et on se sent gêné, malgré leur pudeur. Parce que c’est l’intimité à l’état brut que Laura Makabresku nous livre. Sa personne, sa vie, sa sensibilité, on l’imagine parfaitement dans son petit appartement de Cracovie. Mais ça pourrait aussi bien être nous. Rien de trash, pas de sexe, pas de nu, juste une fenêtre, un lit et puis l’amour. Pas avec un grand « A », non, juste l’amour du quotidien, doux. Et au milieu de toutes ces filles qui cueillent des fleurs, qui nourrissent les cygnes, prennent le thé et embrassent leur amoureux, paf !
De la mousse et des champignons qui poussent à même leur chaire, des filles mortes, des têtes d’animaux sur des corps humain, des cimetières et puis la forêt et son renard qui veille sur les âmes. Des photos étranges, mais jamais dérangeantes, où incompréhension se mêle à admiration. On se croirait dans un conte. Laura Makabresku nous prend par la main et nous amène dans son monde, à l’atmosphere chaude, intime, simple, et aussi cru, parfois, mais toujours adoucis, toujours beau. Il y a un brin de magie, d’on-ne-sait-quoi, dans ses photos. On ne décèle pas un faux-pas, on garde les yeux rivés, on tourne les pages et on écoute.

http://lauramakabresku.blogspot.com/

1981&+

dans ART ET CRÉATION

On va sans doute accusé le type de mettre plus qu’un doigt de pied dans la culture hip-hop mais on ne peut pas lui reprocher d’aimer l’histoire, celle avec un grand H. C’est la raison pour laquelle 1981&+, l’exposition de Sophie Bramly sur l’émergence du mouvement hip-hop dans le Bronx ne pouvait que lui plaire.


Du 17 juin au 2 septembre dernier, une quinzaine de photos ont été exposées à la galerie 12 MAIL (Paris 2ème). C’est une partie de l’histoire du hip-hop que l’on ne connaît pas ou très peu qui se dévoile à travers les photos de la photographe alors âgée de 21 ans. À cette époque, ceux qui sont devenus par la suite des légendes du hip-hop US n’étaient que des jeunes bourrés de talent qui rêvaient de croquer à pleine dents dans la Grosse Pomme. C’était le cas de Afrika Bambaataa, Fab Five Freddy ou encore DSt (voir le remix de Rock It de Herbie Hancock).

Un livre regroupant les photos de Sophie Bramly – qui a sans doute amené la mouvance du Bronx en France au travers de son émission YO MTV RAP ! – au nombre de 500 exemplaires numérotés est paru lors de l’exposition.

Pour ceux qui n’ont pas pu aller voir l’expo, n’hésitez pas à aller sur le site de la galerie 12 mail pour lire le texte de Sophie Bramly qui accompagne l’exposition.

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