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L’Impératrice voyage à des années lumières

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Retour en images sur le concert forcément spécial du super groupe L’Impératrice qui nous a emmené loin dans son univers. Présentant au Rocher de Palmer leur dernier album Matahari, les artistes ont proposé un plan à six bien orchestré ; on se remet dedans.

Cortège en partance, l’assemblée docile attend dans un murmure le décollage. L’Impératrice, ce sont des musiciens, des virtuoses des notes, enchainant les coups de groove et les ascensions délicates.  On prend place avec enthousiasme, quelque peu fébriles, comme lors d’un rendez-vous galant avec un être aimé. L’appréhension s’efface aussi vite que nos hanches se déchaînent. On garde le sourire aux lèvres tout le long, on profite, on s’imprègne et bordel sur ce vol vacances on plane. C’est un plan à six bien orchestrés. Sur scène pour sublimer Matahari, – qui est définitivement un album qui s’écoute en live – l’Impératrice du haut de ses 7 ans, préfère les plaisirs ordinaires. Une scène, un public et leur talent. C’est un voyage vers les astres que nous vous proposons de revivre à travers ces quelques clichés.

Photo report : CunninLynguists à l’Iboat

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Groupe au statut quasi-mythique au sein de la scène hip hop, le trio CunninLynguists était récemment de passage à l’Iboat. Présent pour capturer leur prestation impeccable, Le Type a également eu la chance de découvrir les artistes sud-africains Solo et le BETR Gang, grâce au boulot de l’équipe d’RK2. Entre hip hop américain alternatif et vibes sud-africaines énergiques, la cale du bateau s’est vite embrasée, offrant au public présent une expérience agitée enthousiasmante. Retour en images.

Les 10 ans de Banzaï Lab en images

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Ayant toujours eu à cœur de soutenir les acteurs culturels et artistiques de notre ville, c’est tout naturellement que le label Banzaï Lab se retrouve régulièrement dans nos colonnes. Pour leur dixième anniversaire, qui s’est déroulé début mai au Rocher de Palmer, nous nous sommes rendus sur place pour capter l’ambiance et les concerts survoltés d’une belle partie de la Banzaï Family élargie, de Smokey Joe & The Kid à Too Many T’s en passant par Al’Tarba, Youthstar, SENBEÏ, Dirty dike ou The Subvivors. Retour en images sur ces deux belles soirées d’anniversaire !
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« Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? » : l’expo de Pauline Roquefeuil

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES
Pauline Roquefeuil

Le Type est allé à la rencontre de Pauline Roquefeuil pour son exposition « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? » – référence à cette réplique lancée par Brigitte Bardot – magnifique – dans « Le Mépris ». Vous l’aurez compris, c’est donc de fesses dont nous allons parler ici… Pour une fois avec un œil plus sociologique que pornographique.
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Un projet à l’initiative du collectif « La Cerisaie »

À l’origine de ce projet se trouve La Cerisaie – collectif Marmandais – que Pauline avait fait venir à l’Iboat pour un événement. C’est au cours d’un repas pendant lequel se discutait l’organisation de la prochaine soirée dont le but était de mettre les fesses à l’honneur que la photographe a suggéré d’y ajouter une exposition, quelque chose de plus visuel. Le collectif connaissait déjà son travail de photographe, et a donc immédiatement pensé à lui confier cette mission : réaliser une exposition sur des fesses.

Sacré challenge pour Pauline qui n’avait donc qu’un mois pour mener à bien ce projet, d’autant que l’argentique demande du temps et du travail (développer, trier, recommencer les ratés…), c’est pourquoi elle a tout de même pris la journée pour y réfléchir… Et finalement accepter le défi avec enthousiasme ! Il faut dire que c’était là un projet auquel la photographe pensait depuis déjà un certain temps, et cette collaboration était donc l’occasion d’enfin le réaliser.

Une série de photo personnelle et naturelle

Un projet d’expo photo sur les fesses, voilà qui n’est pas commun ! Mais tout fait sens lorsqu’elle nous explique qu’en réalité cette idée part d’un complexe qu’elle avait : « […] c’est une partie de mon corps que je n’acceptais pas du tout chez moi, je me disais donc que j’aimerais me faire prendre en photo, que ça m’aiderait ». Ainsi, l’idée lui est venue que peut-être elle pourrait aider les autres à travers ses séances de photographie, sorte de « photothérapie », justifiant cette envie de réaliser cette série. Sachant cela, on comprend d’autant mieux de nom de l’expo tirée du Mépris de Godard « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? ».

Cette série, elle la voulait la plus naturelle possible, hors de question de retoucher les photographies, la spontanéité était le mot d’ordre. « Je disais aux modèles que s’ils avaient une idée, nous pouvions la réaliser, que nous verrions ensemble, mais que c’était eux qui choisissaient. Après, une fois que la photo était faite, c’était celle-ci et on ne changeait pas. C’était très intéressant ! ». Cela s’explique alors par un objectif bien précis : faire en sorte que les gens acceptent leur corps tel qu’il est, comme une réconciliation avec soi-même.


Pauline Roquefeuil

Un projet inédit pour la photographe

Initiée à la photographie argentique par son père, Pauline a toujours fait de la photo. Jusqu’aujourd’hui, celles-ci relataient ses multiples voyages ; mais cette fois-ci c’est un nouveau sujet qu’elle a décidé de traiter à travers l’art photographique. Les paysages ne sont plus les vedettes, cédant la place aux modèles ou plus précisément les fesses de ces derniers.

« Je m’étais dit que j’allais être obligée de les motiver, les convaincre »

Au début sceptique sur la manière dont elle allait réussir à rallier des personnes à ce projet, elle s’est vite aperçue – via un message lancé sur Facebook, telle une bouteille à la mer – que son entourage, proche et moins proche, était finalement séduit et motivé pour y participer. Pas moins de 70 personnes ont alors répondu à l’appel, et seules deux se sont désistées. Pour beaucoup, il s’agissait là d’un défi, pour d’autres d’une expérience « marrante ».

Pauline Roquefeuil

La photographie, l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre

Comme évoqué précédemment, l’objectif de l’exposition était clairement annoncé : mettre en exergue l’évolution du corps et son acceptation. Objectif rempli selon Pauline. Et tout cela, elle a pu l’observer et en être témoin tout au long des séances photo avec ses modèles : « il y en avait qui au début n’osaient pas trop, et puis en fait ils se donnaient le défi. Beaucoup de nanas, une fois qu’elles voyaient la photo, disaient « Ah mais en fait ça va ! » » ; « Il y a aussi eu un couple qui au début ne se sentait pas du tout à l’aise à l’idée de se mettre nu. Et puis ensuite, une fois qu’ils étaient à l’aise, ils ne voulaient plus se rhabiller, et ils avaient plein d’idées ! ».

Pour l’artiste, cette expérience a définitivement été l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre. Et au-delà de son plaisir à réaliser les clichés, ce qu’elle a par dessus tout apprécié et ce qu’elle retiendra ce sont toutes les discussions et souvenirs créés avec les personnes chez qui elle ne serait jamais rendue si ce projet n’avait pas existé : partager un tajine vegan avec un mec, histoire de se détendre ; découvrir que, oui, les mecs aussi pouvaient être préoccupés par l’esthétique de leurs fesses, …

Une réelle expérience humaine qui la pousse à vouloir mener ce projet plus loin, d’autant plus qu’elle n’a pas pu photographier toutes les personnes qui ont répondu à l’appel. En effet, au cours de l’exposition à l’Iboat, certains sont venus à sa rencontre pour se porter volontaire, preuve que le sujet touche, que les gens sont en demande et que le projet pourrait facilement prendre de l’ampleur. Outre cela, c’est pour Pauline l’occasion de défendre l’argentique et tout ce qu’il a de spontané et de « brut », dans le sens où la photographie n’est pas retouchée, faisant toute sa beauté. C’est alors que l’on se rend compte que cette technologie était l’outil parfait pour ce projet : pour un résultat fidèle à la réalité, parce que nos fesses sont ce qu’elles sont et elles sont belles ainsi ; à nous de les accepter. Et les photos, parce qu’elles ne sont pas modifiées, sont un moyen de s’en rendre compte et de se réconcilier avec ce corps qui n’attendait qu’à être montré et regardé tel qu’il était.

Des projets axés sur l’humain

Grâce à cette expérience, la photographe a pu découvrir toutes les opportunités que présentait un projet qui permettait d’aller à la rencontre de l’autre. C’est pourquoi elle nous dit désormais vouloir réaliser des séries plus en rapport avec l’humain. Il faudra à priori être un peu patient, mais plusieurs idées lui trottent dans la tête et pourront faire l’objet d’expositions d’ici quelques temps, comme des photographies de plis du corps vus de très près (un bourrelet, une ride, différentes peaux…), des photographies de seins… Mais pour l’instant, son objectif reste de développer cette exposition sur les fesses et de la mener le plus loin possible.

Pauline Roquefeuil

Merci pour cette rencontre Pauline et à bientôt, le Type te souhaite une belle continuation, à toi, mais aussi à ton projet !

  • Une expo à voir au Bon Jaja jusqu’à la fin du printemps.
  • Pour plus de photos de Pauline Roquefeuil, rendez-vous sur son site ou son Instagram.

Photo report : Caballero & JeanJass au Rocher de Palmer

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

En novembre dernier, deux grands noms du rap belge sont venus fouler la scène du Rocher de Palmer : Caballero et JeanJass. Depuis la sortie de leur projet commun Double Hélice, les deux artistes affolent les compteurs, multiplient les concerts et confirment morceaux après morceaux qu’ils maîtrisent toujours autant l’art de la rime et de la punchline. L’intérêt actuel porté à cette scène belge qui regorge d’artistes et de talents émergents est en partie due au duo, qui a su développer son audience au-delà des frontières du plat pays. C’est donc naturellement que Caba et JJ ont  fait salle comble pour leur venue à Bordeaux. Portant un intérêt prononcé pour ces artistes, on s’est faufilé dans la salle de Cenon pour capturer quelques moments passés en compagnie des deux MC. Merci beaucoup.

Crédit photo : Matthieu Bizeul

Expo à ne pas rater au Life (Bordeaux) : Roadside View de Sylvain Demercastel

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Y a-t-il plus bel écran au monde que le pare-brise de la voiture avec laquelle nous partons faire le tour du monde ? C’est là tout le sujet de l’exposition « Roadside View » dont vous pourrez profiter jusqu’au 24 Décembre au Life.

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Sylvain Demercastel, touche-à-tout aux multiples talents (windsurf, musique, photo,…), s’est mis à la photographie au cours de ses voyages. Aujourd’hui, il vit de windsurf, de musique et de l’art de la photographie – de quoi le jalouser ! Son exposition, dont les clichés d’une Amérique de l’Ouest et d’un Alaska désertique, vous plongent dans un autre univers, loin des clichés touristiques.

Des photographies en noir et blanc qui donnent aux œuvres une profondeur incroyable, mais également des photographies de couleurs aux contrastes et aux perspectives qui vous donnent l’impression d’y être, de vivre l’instant capturé par le photographe, au milieu de nul part. Des voitures, des paysages à perte de vue et des enseignes américaines illustrent la plupart des photos de l’artiste dont le travail pourrait être comparé à celui de Fred Herzog ou encore Stephen Shore, avec toujours ces paysages désertiques américains.

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Mais le photographe ne s’arrête pas là, et va jusqu’à créer les cadres qui mettront en scène son travail pour le plus grand bonheur du spectateur. Un travail d’une minutie impressionnante donnant parfois l’illusion d’un cliché en 3D.

Allez vite découvrir cette exposition au bar Le life pour un belle soirée. On ne saurait que trop la conseiller aux amateurs de photographies.

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Rust in peace

 

Infos pratique :

  • Le life, 7 rue parlement Sainte-Catherine, 33000 Bordeaux
  • Du 24 novembre au 24 décembre 2016

J’ai voulu collectionner les visages d’Avignon

dans ART ET CRÉATION

Un Holga en plastique acheté en Corée. Du rosé. Et c’est tout. 

Avignon, c’est la première fois que j’y allais. Mon premier Avignon, pour la 50ème. C’est assez difficile de vous décrire exactement ce que j’y ai vécu alors j’ai décidé de vous le raconter en images. Ce que je peux vous dire c’est que pour vraiment savoir à quoi un festival de théâtre aussi colossal ressemble, il vaut mieux prendre le temps d’y aller par vous-même. Il y a de tout, pour tout le monde. C’est un moment, un espace-temps particulier, où toutes vos émotions sont à vifs et multiples. Il peut y avoir un côté guindé assis sur une terrasse à siroter des rosés piscine tout en mangeant des tartares d’aubergines entre deux pièces sur la condition des femmes, la relation de couple, la perte, le manque, l’immigration, la haine, la peur, Shakespeare, Roland Barthes ou Stefan Sweig. Il y a aussi un côté plus conviviale, où toutes les rencontres sont possibles, l’improbable est envisageable, les gens sont drôles, étonnants, beaux, touchants. Et puis il y a cet entre-deux oppressant, violent, moqueur, fatigué, blasé ou celui qui n’aime pas la foule, qui n’aime pas les spectacles au chapeau, qui n’aime pas la danse, les one-man show, qui ne voit pas plus loin qu’un théâtre normé et poussiéreux. Et puis il y a les comédiens que j’ai rencontrés et les pièces que j’ai vues. Je vous en parlerai quand j’aurai trouvé les mots justes. C’est compliqué de dire l’indicible. Pas par paresse, mais par pudeur. Enfin, il y a ces visages.

Avignon 001 - Copie (2)
Un gorille et un Tarzan efféminé(e)

 

Avignon 001 - Copie (3)
Une créature à plume
Avignon 001 - Copie
Elvis dans un fauteuil, rue des Teinturiers
Avignon 001
Barbara
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Quelque part sous un pont
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Place de Carmes, sous les platanes
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Qu’est-ce qu’il boit le cowboy moderne ?
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Des tracteurs, place des Corps Saints
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Ils dansaient sur des chants révolutionnaires en espagnol et en français
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War Pig
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Place de Carmes
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Un Rambo-Vampire. Une pièce sans queue ni tête.
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Guerre des tracteurs
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Un petit garçon qui chantait tous les soirs avec son père sur cette même place, à la même heure, les mêmes chansons.
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Comme eux, ils sont beaucoup à tracter en groupe en chantant.
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Cabaret burlesque
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Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit
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Elle tractait rue de La République et à gauche c’est mon majeur.
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Place des Corps Saints
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On est allé à une soirée avec des gens des beaux Arts, deux mamans qui se rencontraient pour la premières fois avec leur enfants (nos hôtes), des tracteurs et d’autres gens que j’ai sûrement oubliés. J’en suis désolé. Il n’y avait pas de « théâtreux ».
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Je l’ai vu chanter un peu partout dans Avignon mais jamais au même endroit.
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Hélène et Mathilde. Tracteuse/Afficheuse de l’extrême. Future peintre. Directrice d’école.
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J’ai cramé Hélène.
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L’homme au skate. Il y a un moteur sur son skate. Il peut aller jusqu’à 30km/h je crois. C’est hyper dangereux. Quand il se fait arrêter par la police, c’est souvent parce qu’ils sont intrigués par l’engin.
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Des afficheurs. La nuit.
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1€ la minute.
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Ils font partis d’une troupe d’impro. Les Dictateurs.
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Un jam espagnole quelque part rue des Teinturiers
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Le patron du Pub Z
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Un belge et mes acolytes.
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Des inconnus qui boivent des bières. La police est arrivé quelques minutes après cette photo.
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Perspectives
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Il m’a dit de l’appeler Tonton.
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Après la police
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Ça ne se voit pas mais il y a quelqu’un dans le cadis.
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Rosé Piscine
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Burlesque
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Arnaud Maillard
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Mon Amour Fou
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Si Richard Si
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Qu’est-ce que tu fais sans moi ?
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Super Tracteur
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Dans cette rue, avant, il y avait des prostitués. Mais pas très haut de gamme.
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Rue de la République
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Qu’est-ce qu’il boit le cowboy moderne ?
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Place des Corps Saints – Le QG donc
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Kévin affiche tout seul la nuit. Il est tombé d’une échelle.
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Petite Soubrette

Visa pour l’image 2012, Aperçu

dans ART ET CRÉATION

Avant la fin des vacances, le Type s’est offert une petite excursion à Perpignan pour assister au plus grand festival de photojournalisme au monde, Visa pour l’image. Pour sa 24ème édition, l’évènement accueillait 27 expositions gratuites, du 1er au 16 septembre 2012. Toute une équipe de bénévoles, de photographes amateurs et de reporters se sont regroupés sous la houlette de Jean-François Leroy, qui défend depuis 24 ans le photojournalisme de qualité, aujourd’hui méconnu, voire ignoré par une population passionnée d’actualités « people ». Bref, s’intéresse à l’actualité internationale qui veut.

Le festival est plus ou moins caché dans Perpignan. Il faut baisser les yeux pour voir le fléchage sporadique sur les trottoirs, et trouver les lieux d’exposition sans un plan relève de la chance. La ville n’est pas grande, mais les expositions les plus importantes sont disséminées dans 11 endroits dont certains ne sont ouverts que pour les deux semaines (occasion de visiter d’anciennes bâtisses magnifiques de la ville catalane qualifiée de « centre du monde » par Salvador Dali). D’autres expositions se trouvent un peu partout, pour le « festival off », dans des bars, des restaurants et même les deux Monoprix de la ville, pour  permettre à des photographes amateurs de présenter leur travail : portraits, ambiances de ville, animaux… Une pause « banalité » appréciable après la vue de centaines de photos de misère, de guerre et de famine, réalités d’un quotidien que nous aurions du mal à imaginer, dans un Occident confortable.

6 décembre 2011, Kaboul. Tarana Akbari, 10 ans, au milieu des victimes, après un attentat suicide à la bombe contre un sanctuaire chiite. Cette photo a valu à son auteur Massoud Hossaini le prix Pullitzer 2012 dans la catégorie « Breaking News ». L’histoire de cette photo est racontée par Massoud: « J’étais juste en train de regarder mon appareil quand il y a eu une grosse explosion… je me suis tourné vers la droite et j’ai vu la petite fille. Lorsque Tarana a découvert ce qui était arrivé à son frère, ses cousins, ses oncles, sa grand-mère et les gens autour d’elle, elle s’est mise à hurler. » /AFP/Massoud Hossaini

Il serait trop long de faire un résumé de chaque exposition, chacune contenant entre une cinquantaine et une centaine de photos, avec son lot de messages, d’émotion et de prise de conscience, d’effroi ou d’émerveillement parfois. Le festival, sans thème précis, reprend un an d’actualités, depuis septembre 2011. Et il s’en est passé des choses durant cette période ! Chute de Khadafi, ouverture de la frontière nord coréenne, retrait des troupes américaines d’Irak, émeutes en Grèce, guerre civile en Syrie, conditions de la femme et des handicapés parfois atroces dans certains pays… Et une Afrique oubliée, un continent méconnu mais toujours ignoré, ravagée par le sida, la guerre, la pollution et le racisme. Ce que l’on peut  dire, c’est que les scènes que l’on voit à la télévision, à l’image des vidéos amateurs du conflit syrien doublées de commentaires douteux, sont obsolètes face au réalisme choquant de ces clichés pris sur le fait, par des hommes et des femmes qui n’ont pas froid aux yeux (voire pas froid du tout pour ceux qui sont partis en Sibérie et dans le nord de la Suède). Et si chaque photo est accompagnée d’un petit texte explicatif, la plupart parlent d’elle mêmes, et laissent place à la libre interprétation. Pas de bourrage de crâne, de doutes face aux dire des médias, qui de toutes façons ne donnent qu’une infime fraction de l’actualité. Là, les faits sont crus, même pas prémâchés. Et cerise sur le gâteau, si le travail et la vie de chaque photographe est présenté, sa nationalité n’est jamais donnée. Français, Américain, Libanais, Afghan ? Photographe du monde, un point c’est tout.

L'onde de choc grecque
Athènes, 23 février 2011. Un policier est touché par un cocktail molotov pendant les émeutes devant le parlement grec. /AFP/Angelos Tzortzinis

Mais tout n’est pas misère et terreur. Entre les reportages sur l’élevage des rennes en Suède, la vie des aborigènes en Australie ou les chroniques de l’invention de la micro technologie (la mort de Steve Jobs, c’est aussi de l’actualité!). Et surtout les sourires,  même dans les endroits les plus mal famés ou ravagés, même les fillettes de 8 ans mariées à des adultes de plus de 50 ans, même les mères de 4 enfants en phase terminale du sida… De plus, un projet intéressant consistant à prendre en photo des personnes dans le monde entier avant qu’ils ne donnent leur sang pour la Croix Rouge, et à coller derrière chaque cliché un échantillon de ce sang. Quelle plus belle preuve de l’unité de la race humaine, quelle que soit la couleur de peau.

Faiz, 40 ans, et Ghulam, 11 ans, posent pour leur portrait de fiançailles dans la maison de la fiancée, en Afghanistan. « Nous vendons nos filles parce que nous n’avons pas de quoi nourrir nos autres enfants ». /VII pour National Geographic Magazine/Stephanie Sinclair

Visa pour l’image, c’est aussi des projections nocturnes sur la place Principale, sur écran géant. Des thèmes sont abordés, des images brièvement commentées au début puis accompagnées d’une musique toujours très à propos. Le Type était présent pour la dernière projection du samedi 8 septembre. Après la remise des Visa d’or aux meilleurs photoreporters de l’année, 2 heures d’histoire, deux heures d’émotion, 2 heures face à la beauté et à l’horreur du monde, et pour finir les plus grands déserts filmés en ULM, pour se vider la tête… qui ne sait plus trop quoi penser. C’est fort, très fort. Assis par terre, le public est bouche bée. La voila, la réalité, et les larmes sont là pour le prouver (les évanouissements aussi parfois, face à la force de certains clichés). La devise de Paris Match, autrefois plus grand magazine de photojournalisme, était « Le poids des mots, le choc des photos ». Ce soir, les mots n’étaient pas nécessaires.

Chaque photographe de ces 27 expositions mériterait un hommage, et une description de son travail. Citons seulement le coup de cœur du Type, Rémi Ochlik, 28 ans, qui a commencé le photojournalisme a 20 ans à Haïti, pour Visa pour l’image, durant la terrible guerre civile qui a ravagé le pays, et a ensuite suivi les grands conflits du  21ème siècle. Talentueux et très modeste, il n’en reste pas moins tête brûlée : « La guerre, c’est pire qu’une drogue. Sur l’instant, c’est le bad trip, le cauchemar, mais l’instant d’après, une fois le danger passé, on meurt d’envie d’y retourner prendre des photos en risquant sa vie pour pas grand-chose ». Le 22 février 2012, Rémi Ochlik disparaissait dans un bombardement à Homs. Paradoxalement, il était la preuve que le photojournalisme n’est pas mort.

Tunis, 14 février 2011. Un jeune manifestant tunisien crie devant le ministère de l’Intérieur car la police secrète a torturé à mort son frère 5 jours plus tôt. / Ip3 Press/Rémi Ochlik

Mais à quoi bon commenter, quand on peut encourager à voir de ses propres yeux ! L’année prochaine, même lieu, mêmes dates, Visa pour l’image sera là. Le Type espère y trouver ses lecteurs.

Aperçu d’une des soirées, au Campon Santo de Perpignan et retransmis sur la place de la République. Ici, la Grèce.

Pour plus de détails : http://www.visapourlimage.com/index.do

Bob Dylan, l’Explosion Rock // Cité de la Musique

dans ART ET CRÉATION

Quand on y réfléchit, peu d’artistes peuvent se vanter d’être devenus de véritables mythes, d’avoir bouleversé des générations, d’avoir été une influence majeure dans la vie de beaucoup d’autres. C’est le cas de Bob Dylan. Le Type est donc allé voir l’exposition qui lui est consacré jusqu’au 15 juillet à la Cité de la Musique à Paris.


Au départ, il est difficile d’imaginer à quoi l’exposition peut ressembler. L’œuvre et la vie de Bob Dylan sont si riches qu’on a l’impression qu’il est impossible d’en faire un résumé sans qu’automatiquement l’image donnée au musicien soit réductrice. La Cité de la Musique, et plus particulièrement Bob Santelli (directeur du Grammy Museum de Los Angeles),  l’ont parfaitement réussi.

L’exposition commence avec soixante photographies de Daniel Kramer qui, durant plus d’un an, a accompagné Bob Dylan. Les photos, en noir et blanc, saisissent le public de manière frappante. C’est un Dylan intime qui se dévoile sous nos yeux, le Dylan des années 64 et 65, plus tout à fait nouveau, mais un Dylan toujours aussi passionné. En musique de fond, ses chansons accompagnent à merveille les photographies.

A côté sont présentés les moments forts de sa carrière. Son enfance accompagné de photos d’école qui racontent sa passion précoce pour la musique. Ses influences et tout particulièrement Woody Guthrie dont il a été comme la relève. Ses années folk, puis son évolution de plus en plus rock.


C’est le Bob Dylan complet que l’on découvre à l’aide de photos, d’écrits, de vieux vinyles, de guitares au lourd passé, de témoignages, de morceaux de musique, d’extraits de concerts…

On plonge (ou replonge) dans les années 60 et dans la vie d’un artiste qui a su rester lui-même tout en étant toujours différent et qui a su révolutionner le monde de la musique.

Pour les nostalgiques ou les passionnés de l’époque cette exposition est à ne pas rater. Pendant deux heures, on oublie d’où l’on vient pour ne vivre que par une chose : Bob Dylan.

Bob Dylan, l’explosion Rock (61 – 66)
Du 6 mars au 15 juillet
Cité de la Musique (Paris)

Crédit photo : Daniel Kramer

Who’s next 2012 #2 : MINNAPALMQVIST

dans ART ET CRÉATION

Si vous avez l’impression que cette marque est importable c’est tout à fait normal, les créations de MINNA sont bien plus que des vêtements. Zoom sur une marque à mi-chemin entre la haute couture et le prêt-à-porter.

Chaque pièce témoigne d’une réelle étude à la fois esthétique et symbolique du corps de la femme. « Intimately Social », la première collection, représente la complexité du corps féminin, de son tiraillement entre ce qu’elle veut mettre en valeur et ce qu’elle veut cacher mais représente aussi un conflit perpétuel entre ce à quoi on voudrait que notre corps ressemble (à cause des normes qu’impose la mode sans doute) et ce qu’il est en réalité ; tout cela avec différents patchworks de cuir brut et du jersey épais.

Voilà une ligne atemporelle, qui n’entre pas dans les normes de la sphère mode. Minna nous avoue ne pas réfléchir en fonction de ses diktats : « Je ne suis pas la mode traditionnelle et les saisons. Je travaille plus en fonction des matières. Donc cela change un tout petit peu, progressivement.»

En effet, les créations les plus récentes, même si elles restent dans le même esprit, vont plus dans le sens du prêt-à-porter. Elles s’inspirent cette fois des changements que notre corps subit mais dont on ne veut pas parler. Les formes sont plus fluides et plus basiques ; on les intègre plus facilement dans une garde-robe – surtout quand on aime la maille, la grosse laine et le coton.

Enfin, Minna Palmqvist, c’est aussi un magnifique lookbook ! Shooté par Anna Rönnqvist en collaboration avec l’artiste Ingela Nilsson, ce lookbook insiste sur la dimension artistique de l’univers Minna Palmqvist et sur sa vision du rapport que la femme entretient avec un corps dégénérant et difficile à accepter tant on l’aime et le déteste.

 Photos : Anna Rönnqvist
Installations : Ingela Nilsson
http://www.minnapalmqvist.com

 

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