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Entretien avec Florian, programmateur de l’Iboat

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Lieu culturel et club qu’on ne présente plus à Bordeaux, l’Iboat vient de fêter ses 8 ans à renfort d’une belle programmation, à l’image de ce qui est proposé tout au long de l’année en son sein. Témoin de la démocratisation des musiques électroniques en ville, l’équipe du bateau jouit depuis 2011 d’une notoriété sur ce terrain-là, et a pu observer l’évolution des mentalités, des styles musicaux et du changement de regard des pouvoirs publics vis-à-vis de cette culture. Se considérant comme « défricheur des cultures de marge », l’Iboat se voit d’ailleurs comme un « hub » à destination des jeunes acteurs et promoteurs locaux. À l’occasion de cet anniversaire, on a rencontré Florian, son programmateur, avec qui on dresse un état des lieux de la scène bordelaise, de l’émergence d’une multitude de collectifs et des divers épisodes qui ont jalonné l’histoire du club ; de l’expérience d’un festival à de récents formats réinventés en passant par une volonté de développer des activités hors les murs et des dates marquantes… Entretien fleuve.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : Salut Florian ; joyeux anniversaire à l’Iboat qui vient de souffler sa huitième bougie – comme Le Type d’ailleurs. En 8 ans, qu’est ce qui a changé à Bordeaux sur le plan des musiques électroniques selon toi ?

Florian : Joyeux anniversaire Le Type ! Au début de notre arrivée en 2011, on était plus ou moins seul, avec d’autres propositions différentes des nôtres. Le mythique 4 Sans venait juste de fermer. Entre temps, on a vu une volonté politique plus forte émerger petit à petit. De nôtre côté on a aussi fait un travail de relations publiques avec ces acteurs, qui ont depuis compris ce qu’on faisait, notamment musicalement.

Tu dirais qu’il y a un soutien des pouvoirs publics locaux envers les cultures électroniques et envers l’Iboat aujourd’hui ?

Oui, il y a un soutien et une volonté de comprendre la nuit avec des groupes de travail “Bordeaux la nuit” initié par la Mairie. C’est entre autre ce qui a changé en huit ans. On travaille main dans la main avec les collectivités, ce qui nous a permis de faire évoluer leur vision. On a fait des projets avec eux, comme par exemple avec la cathédrale de Bordeaux où on a mis en place un live techno gratuit. On a aussi déjà investit le CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux avec une nuit techno, là aussi en collaboration avec la ville.

D’autre part, ce qui a changé en huit ans c’est qu’au début on était considéré comme alternatif. Ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui… bien que la programmation n’ait fondamentalement pas changé. Le terme « défricheur des cultures de marge » serait davantage adéquat pour définir ce que l’on fait. Effectivement, entre temps, les musiques électroniques se sont popularisées auprès du grand public en quelques années. Il y avait eu un premier cycle à l’époque de nos parents qui est retombé vers la fin des années 1990, et là on est dans la seconde vague. Aujourd’hui on est dans une sorte d’effet de mode qui à Paris est devenu un mouvement générationnel. À l’ouverture de l’Iboat on était clairement dans une mode techno berlinoise, et maintenant on peut dire que les musiques électroniques se sont divisées davantage en sous genre, avec en ce moment une visibilité plus forte de la house à Bordeaux comparé à Lyon. Les modes marchent souvent par cycles.

La différence avec la première vague de nos parents c’est l’avènement d’internet, chaque mouvement musical est toujours lié à une innovation technologique. Les machines ou les premiers ordinateurs pour la vague de nos parents. La démocratisation des ordinateurs personnels, le développement de logiciel de musique, l’internet pour l’écoute et le téléchargement des musiques immatériels, la diffusion de cette culture et cette musique qui n’est pas diffusée sur les grands médias.

Une autre chose qui a évolué en huit ans à Bordeaux c’est qu’on voit de plus en plus d’événements diurnes émerger (cet été il y avait Bordeaux Open Air, L’Orangeade, Le Verger…). Vois-tu cela comme une menace par rapport à l’offre club ? Observes-tu une inversion de la temporalité jour/nuit qui pourrait se faire ressentir en termes de fréquentation pour l’Iboat ?

Il faut dire qu’avec la volonté de la Mairie, il y a eu cet été un événement diurne consacré aux musiques électroniques chaque jours de la semaine ! Ces événements diurnes organisés par des associations sur l’espace public sont bien souvent gratuits et subventionnés par les collectivités à hauteur de 3000€ jusqu’à 50000€ pour certains.

Certains sont plus destinés au grand public tandis que d’autres sont plus de niche. C’est le cas du Verger qui vient de se terminer : c’était un événement qui s’adressait aux des aficionados de la musique et qui ont fait un travail remarquable. D’autres sont plus accessibles comme Bordeaux Open Air ou L’Orangeade. Vu qu’ils sont gratuits, il peut y avoir des personnes de tous les ages qui s’y rendent : un public plus large qui se laisse tenter par le jardin public transformé en dancefloor. Ils ont le mérite de sortir notre musique en dehors des clubs, de la populariser et de la promouvoir, loin de la musique électronique EDM qu’on peut entendre à la radio. De ce fait ces offres culturelles sont plutôt complémentaires avec l’Iboat puisque ces événements se terminent vers minuit, moment où le club ouvre. Certaines personnes qui s’y rendent ont souvent envie de continuer la fête et viennent chez nous. Pour nous il n’y a donc pas de changements par rapport à cela, voir une convergence.

À quelques occasions, on s’exporte aussi hors du bateau, début octobre, on a collaboré avec le FAB en proposant une programmation musicale électronique accompagnant leur QG à St-Michel. On a commencé à proposer cet été des formats Open Air sur notre nouvelle terrasse. Ces formats seront développés sur la nouvelle saison. On avait même eu la visite surprise de Terrence Parker un lundi soir, mémorable !

Bordeaux Open Air. Crédit photo : Miléna Delorme

On sent aussi à Bordeaux et dans d’autres villes une volonté du public de se rendre dans des événements moins contraints que des clubs, tels que des warehouse, comme les Demain Kollectiv, pour sortir du format club et expérimenter de nouveaux lieux. Le format club est-il encore pertinent en 2019 selon toi ?

Il y a de plus en plus de publics, avec un S à la fin. Effectivement, les musiques électroniques se sont popularisées, ce qui fait que les clubs se sont un peu gentrifiés. C’est un phénomène que l’on observe en France. Après, certaines personnes cherchent aussi d’autres expériences plus permissives. Essayer de re-vivres les premières raves des années 1980. Pour notre part, nous n’irons jamais dans l’illégalité avec la structure de l’Iboat. Chaque modèle a ces avantages et ces désavantages. Notre club est ouvert à l’année, avec des salariés professionnels en CDI. Nous payons notre loyer, les prestataires et toutes les charges liés à une entreprise du spectacle avec des périodes de basse saison et haute saison. C’est un fonctionnement beaucoup plus lourd à porter que de faire des one-shots avec des bénévoles ou du personnel payé à l’heure.

Les deux types d’expérience sont fondamentalement différent dans leur fonctionnement. Notre façon de nous différencier, c’est d’être le plus professionnel possible, de se renouveler constamment et d’inviter les meilleurs artistes internationaux à bord. C’est mon positionnement : accueillir les meilleurs artistes internationaux, connus ou en devenir. C’est aussi d’accueillir le public avec un sound system bien réglé. Celui de l’Iboat est d’ailleurs l’un des sound system les mieux réglés des clubs en France.

L’Iboat. Crédit photo : Pauline Roquefeuil

Quelle importance tu accordes au sound system d’un club ?

Au départ nous avions un Funktion one mais il n’était pas adapté aux concerts que nous faisons en première partie de soirée. Depuis, nous avons un système d&b, directement réglé par des ingénieurs de la marque venus l’installer au bateau. Notre problématique c’est que notre bateau est constitué de fer. Or le béton et le fer sont deux matériaux qui font résonner le son. Il a fallu donc paramétrer sur des ordinateurs et calculer la courbe de la coque pour faire en sorte que le son soit efficient partout… On fait appel a de l’ingénierie de malade en perpétuel perfectionnement ! Aujourd’hui, le son est aussi bien calé à l’avant qu’à l’arrière avec des rappels cachés dans les plafonds ; ce pourquoi je considère que c’est l’un des meilleurs. C’est comme ça qu’on va aussi se différencier d’une warehouse qui est peut-être plus permissive mais qui va se contenter de poser des enceintes pas forcément bien réglées. C’est aussi la beauté de la warehouse d’ailleurs.

Tu parlais tout à l’heure de gentrification. Comment on fait pour rendre un club inclusif et ouvert à des communautés et des catégories autres que les CSP+ ? À travers ton travail de programmation comment tu vas chercher ces nouveaux publics ?

Pour nous, à partir du moment où tu aimes la musique, que tu n’es pas en état d’ébriété, et que tu te comportes bien avec tout le monde ; tu as le droit de rentrer. Tu as le droit d’être là, quelque soit ton statut social. Je n’ai pas l’impression qu’on soit un club de riche, on n’a pas de carré VIP, ce n’est pas notre positionnement Le public est assez brassé à l’Iboat, avec pas mal d’étudiants notamment. On pratique aussi des prix à l’entrée qui sont progressifs en fonction du moment où tu achètes ton billet. Ça peut commencer à 5 euros, un tarif correct quand tu veux aller voir Carl Craig ou Robert Hood… C’est démocratique et permet d’aller toucher un public qui a moins d’argent. On ne veut pas se fermer et n’accueillir que des CSP+.

As-tu d’autres modèles de clubs en France ou en Europe qui t’inspirent ?

Je pense forcément aux clubs à Berlin comme la figure de proue de notre génération le Berghain. On n’y perd toute notion de temps dedans, sans téléphone portable auquel on n’a pas accès pour faire des photos… Ça permet aux gens de se reconnecter avec ce qui se passe, c’est assez intéressant. Après, malheureusement, ce ne sont des expériences qu’on ne peut avoir que dans certaines villes, qui sont bien souvent des capitales ville-monde. Londres était la capitale du Rock pour cette musique, Berlin pour le mouvement de la techno (même si effectivement Amsterdam pourrait nous surprendre). Ce qui fait la force et l’ambiance d’un club c’est à 50 % sa direction artistique et l’autre 50 % c’est aussi son public. Il y a beaucoup d’autres bons clubs en France mais je ne vais pas les citer par peur d’en oublier… Peut- être un nom ; le Macadam à Nantes où je suis allé mixer il y a peu, c’est une super aventure humaine avec une belle équipe !

Le Berghain, modèle de club. Crédit photo : Simon Tartarotti

En autre club français, il y a le Batofar à Paris, qui a récemment fermé et qui était lié à l’Iboat. On a appris récemment l’arrivée de son ancien programmateur au BT59. Comment perçois-tu l’arrivée de cet ancien collègue dans un club local et est-ce que tu envisages de travailler en synergie avec lui ? Plus globalement, est-ce que tu travailles en collaboration avec les autres clubs de la ville ?

Je travaille avec tous les promoteurs, collectifs et clubs de Bordeaux (voir France également). On échange régulièrement tous ensemble au téléphone ou à l’apéro (rires). La plupart sont des potes. On travaille tous ensemble, en intelligence, sans essayer d’écraser les uns les autres, puisque plus il y aura d’offres à Bordeaux et plus les gens auront envie de sortir, de découvrir notre passion. Il y a une vraie synergie à trouver entre les clubs et les warehouse, ou même les collectifs qui font des événements, de jour comme de nuit. La plupart de ces acteurs sont d’ailleurs passés en stage à mes côtés. Je suis assez fier de ce qu’ils font aujourd’hui. Mon rôle c’est d’accompagner ces collectifs. Il leur arrive souvent d’avoir des résidences ou de venir organiser des soirées au club. L’Iboat se voit un peu comme une maison d’accueil, un hub pour tous les acteurs locaux. On parle à tout le monde, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Idem pour le BT.

Tu envisages l’Iboat comme un « hub » pour les collectifs locaux : quelle est la politique du club par rapport à ces collectifs émergents ? Comment vois-tu la place de l’Iboat là-dedans ?

Il y a huit ans il y avait essentiellement des promoteurs autodidactes qui organisaient des soirées. Ce qui a basculé aujourd’hui c’est que ce sont les crews qui ont pris le pouvoir et ont remplacé les promoteurs en local. Souvent, ces crews sont des bandes de copains passionnés. En voyant d’autres organiser un open air, ils se disent pourquoi pas eux? On travaille avec quasiment tout le monde. Même les plus émergents, que l’Iboat incube d’une certaine façon. Mon rôle c’est d’accompagner ces nouveaux acteurs car l’Iboat est une sorte de maison. Et on ne veut pas être le seul lieu qui va diffuser de la musique électronique à Bordeaux ; ma direction artistique n’est pas omnisciente, je ne connais pas tout et ne programme pas tout de facto. On est aussi content que certains autres acteurs éveillent la belle endormie. On est souvent les premiers à venir chez eux, dans leur événement pour les soutenir, quand on n’est pas en train de bosser…

Ne penses-tu pas que Bordeaux manque de lieu, malgré tout ? Et que l’arrivée d’un nouveau club de musiques électroniques serait la bienvenue ?

C’est vrai qu’il n’y a pas autant d’offre qu’à Lyon ou Paris par exemple. Mais, d’un autre côté, la ville de Bordeaux est beaucoup plus petite, avec au mieux 500000 personnes (plus d’un million à Lyon) – ce sera 1 million à Bordeaux en 2030. Aussi, la ville a un passif très rock, avec des groupes comme Noir Désir. Ce qui peut expliquer peut être en partie cette différence. On essaye avec notre équipe de développer quand même d’autres projets en dehors de l’Iboat. Par exemple une programmation techno au cœur de la Base sous marine à 500 mètres, ou un roller disco avec Cerrone. Ou encore un live techno et show laser dans une cathédrale, de la musique dans les jardins de l’Hôtel de ville, au CAPC, investir le Rocher de Palmer le temps d’un concert de Nils Frahm ou Darkside… On est une équipe de programmation qui ne souhaite pas s’enfermer dans son QG mais qui cherche à s’ouvrir dans d’autres lieux. Pourquoi pas travailler avec l’opéra prochainement… c’est peut-être dans les tuyaux…

Florian à l’Iboat. Crédit photo : Miléna Delorme

Vous avez aussi tenté l’expérience festival avec le Hors Bord. Est-ce que Bordeaux ne manque pas d’un festival emblématique des cultures électroniques ? Pourquoi ne pas avoir développé un peu plus le Hors Bord ?

Le Hors Bord a été développé avec des copains de Paris, Amical Production. Une telle aventure est très chronophage, nous étions pas mal pris par la gestion du club en parallèle ouvert toute l’année sans interruption. Entre les clubs qu’on doit promouvoir, les concerts, les formats apéroboat, le restaurant… ça prend beaucoup de temps. Le but de la collaboration avec Amical c’était d’être complémentaire. Au bout de deux éditions, on a vu qu’on ne travaillait pas de la même manière, ce pourquoi on a préféré arrêter l’aventure. Ils ont souhaité conserver le nom pour essayer de continuer à Bordeaux sans nous. Le nom ne nous appartient plus. Après, je ne regarde pas du tout derrière. Aujourd’hui il y a plein de choses à faire sur Bordeaux et peut-être qu’un festival sur l’année prochaine est en réflexion…

C’est la direction que vous voulez prendre avec Ahoy! ?

Ahoy! est davantage orienté sur les live, les concerts… Il n’y a pas de DJ sur scène. Ce n’est pas un festival, c’est plutôt une ouverture de la saison d’été qui se referme avec la date anniversaire fin septembre. Ahoy! c’est un événement sur le quai du bateau qui nous permet d’œuvrer au développement du quartier des Bassins à Flot et de Bordeaux avec des offres culturelles sur ce lieu. Pour ce qui est de l’organisation d’un véritable festival, on le fera plutôt en interne à l’avenir sauf si une structure nous sollicite entre temps.

Pour continuer sur la question de la scène locale, on observe qu’il y a assez peu de producteurs de musiques électroniques à Bordeaux – bien qu’il y ait énormément de dj’s. Penses-tu que c’est pour cette raison que la scène n’est pas aussi bien identifiée que des villes comme Nantes ou Lyon par exemple ? En tant que programmateur, tu ressens ce déséquilibre ?

La différence avec des villes comme Nantes ou Lyon c’est que là-bas il y a eu une vraie volonté politique de développer cette culture qui remontent. Nuits sonores (festival lyonnais de musiques électroniques et indépendantes, ndlr) a fêtée sa 17ème édition cette année. Toute une génération a été bercé par ce festival ! Il y a eu une vraie volonté des pouvoirs publics d’accompagner ces esthétiques, créant de fait une dynamique dans la ville. Il y a plein de collectifs sur Lyon aussi. C‘est ce qui a créé une émulation. A Nantes il y a le Scopitone, avec un véritable engagement culturel, avec une saison qui va au-delà de la musique avec des expositions, cultures numériques…

Sur Bordeaux il y a un basculement qui est en train de s’opérer. Mais ça ne peut pas venir que des salles de diffusion ; il faut tout un écosystème qui favorise cette émergence dans la ville. Aujourd’hui ça va dans le bon sens avec un disquaire spécialisé qui s’appelle le Boudoir Sonore, une radio qui vient de se créer : Ola Radio. Elle promeut les locaux et travaille beaucoup avec les collectifs. Parallèlement on voit se développer de plus en plus d’événements éphémères. Tous les clignotants sont au vert aujourd’hui pour voir émerger de nouveaux artistes.

Il y a quand même des producteurs au sein de la scène tels que Jann qui a déjà eu des sorties sur Pinkman Records. Il était en résidence à l’Iboat pendant trois ans, durant laquelle il invitait ses propres artistes. Il y a aussi Anetha qui est originaire de Bordeaux aussi (même si elle n’y vit plus). Djedjotronic également est revenu vivre ici. Laroze, Succhiamo (Panoptique et la chanteuse de J.C. Satàn) sur Antinote …Il y a donc quand même quelques artistes et plein d’autres producteurs…

En huit ans, la ligne artistique de l’Iboat a-t-elle évoluée ? En tant que directeur artistique d’un tel lieu, comment te renouvelles-tu et te tiens-tu au courant des nouveautés ? Comment faire pour être toujours pertinent dans tes choix ?

C’est mon éternelle question… Il faut toujours se remettre en question sur la programmation. Même si c’est compliqué de révolutionner une programmation par ailleurs. Ce qu’on peut faire, c’est évoluer. C’est possible car les musiques électroniques sont parcourus par des courants et des modes. Je voyage pas mal en allant constamment à l’étranger à Londres, Berlin, Amsterdam.. ou Lyon, Paris… mes potes m’appellent le ministres des affaires étrangères pour me charrier. Voyager me permet de m’imprégner de ce qu’il se fait ailleurs pour pouvoir proposer le meilleur à Bordeaux. Je rencontre ainsi, les programmateurs et acteurs de la scène européenne, ça facilite mon travail par la suite.

Sur les premières années du club on avait Jennifer Cardini qui faisait office de marraine informelle. Elle m’a pas mal aidé, c’était la première fois que je programmais dans un club en 2011. Quand j’avais besoin d’elle, elle a toujours été là. Ensuite, au bout des 3 ans j’avais mis en place des résidences de locaux dont Jann… Je m’appuyais sur ces locaux qui, chacun dans leur esthétique, invitaient d’autres artistes plus connus ou d’autres locaux afin de ne pas avoir une seule vision de la musique électronique, car je veux que ce soit un lieu pour tous les bordelais. Après, on a lancé des résidences d’artistes internationaux. On avait misé à l’époque sur Mézigue, Voiski, Bambounou, Palms Trax, Antal… Ils co-programmaient avec moi ; ils avaient chacun leur résidence tous les trois mois. Cet été, je suis parti sur une thématique « tour de France » en invitant des collectifs de tout l’hexagone comme le Méta a Marseille, Tapage Nocturne à Lyon, Midi Deux à Rennes… On est allé chercher des gens qui font bouger la France pour les ramener à Bordeaux ! A la rentrée 2020 il y aura peut être une nouvelle résidente bordelaise…

Au-delà de la programmation, il y a la question des formats. Ca a tellement été la course au booking notamment sur Paris que les prix des artistes sont hallucinants en France si l’on compare à il y a 10 ans. Cela ne peut pas durer car ce modèle est trop fragile et beaucoup sont en difficulté.

L’évolution de la programmation viendra par le développement de format concept, un retour vers l’esprit de la fête. Récemment on est allé créer un format club queer qui s’appelle Iridescence avec le collectif Maison Éclose, un collectif de créatures queen sur Bordeaux. Ce format queer inclusif donnera la parole à des icônes gay avec qui on revisite le club, avec une scénographie dédiée. On a aussi il y a peu lancé le format « Icône » en décalage horaires. C’est un club avec des artistes iconiques, qui parlent à plusieurs générations, notamment celle qui sortait avant et qui ne sort plus trop aujourd’hui… Ça peut être la programmation d’artistes de légende comme Carl Craig, Laurent Garnier ou Michael Mayer, qu’on programme le vendredi dès 22h00… L’artiste joue tôt et on assiste à un vrai mélange générationnel des publics qui n’est pas la spécificité des clubs en France. L’entrée est d’ailleurs gratuite pour les plus de 40 ans. On réfléchit aussi à des formats d’ouverture du dimanche comme a pu faire Concrete (club parisien ayant récemment dû fermer ses portes, ndlr) par exemple, sans passer par la case after car on reste un lieu pluridisciplinaire.

Y-a-t-il des artistes que tu as en vue et que tu souhaites programmer dans les prochains mois à l’Iboat ?

On a très envie que Red Axes reviennent… J’ai aussi très hâte de voir Emma DJ, CEM. DK avec Zaltan en back-to-back. C’était un des temps forts du Lente Kabinet (le petit festival de Dekmantel) … Il y aussi Ouai Stéphane que j’ai trop envie de voir, c’est assez intriguant. C’est la future sensation de l’année prochaine je pense.

En 2019, il y a une date qui t’a particulièrement marqué au bateau ?

Le Dekmantel Soundystem en all night long ! Thomas, du duo, n’avait pas pu venir. Du coup Casper Tiejrol, a fait 6 heures de set seul et a complètement retourné l’Iboat jusqu’à 6h30 ou 7h00 du matin… Octo Octa et Eris Drew aussi qui sont de purs dj’s techniquement. Stingray aussi, comme d’hab ! Djedjo aussi qui a fait son nouveau live EBM. Omar S qui a toujours des plaques de malade. Pour la petite histoire avec Omar S : il n’avait jamais joué au bateau… Il était venu au festival Hors Bord que j’organisais. On avait essayé par tous les moyens de le faire mixer sur l’Iboat mais il ne voulait pas, parce que c’était un bateau ! Il a une phobie des bateaux… On a finalement réussi à le faire venir mais, 5 minutes avant de jouer, on est descendu dans la cale, il ne se sentait pas très bien, je pensais qu’il n’allait jamais jouer, j’ai vraiment flippé. Finalement je suis resté avec lui, ça s’est très bien passé, il a fait un set de malade… !

La dernière danse du Verger

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Après plus de cinq années de résidence au cœur des Vivres de l’Art, le collectif tplt annonce la fin d’un cycle avec une dernière danse en guise de bouquet final. En deux temps, diurne et nocturne, ce dernier Verger investira deux espaces : les Vivres en open air, bien connue des adeptes de l’événement ainsi qu’un hangar, à quelques encablures, pour clôturer la fête de la plus belle des manières.

tplt et Les Vivres de l’Art : fin d’un cycle

Rembobinage. En 2014, le Bootleg, lieu des cultures électroniques et refuge des collectifs émergents locaux est contraint de fermer pour d’obscures raisons administratives. Privés de leur espace d’expression, certains promoteurs cherchent alors des alternatives en vue de continuer à diffuser leur musique qui n’a alors pas pignon sur rue. C’est à ce moment-là que l’équipe du collectif qui se fait alors appelé « Template » – dont certains membres étaient impliqué dans la programmation du Bootleg – pose son dévolu sur Les Vivres de l’Art. Un atterrissage facilité par Charl Zarl, résident du lieu.

La Serre © Janeb

Écrin magnifique certes excentré mais au grand potentiel, le lieu accueillera lors de l’été les premiers « Vergers » dans l’un des jardins du spot. Terrain de jeu modulable, tplt y trouvera de quoi expérimenter des formats et apportera à Bordeaux une nouveauté : des événements électroniques diurnes, les samedis après-midi. Enchaînant les réussites, les membres investiront même l’intérieur de la galerie l’hiver venu avec « La Serre ». Trois ans plus tard, forte d’une communauté grandissante, l’équipe s’essaye même à l’exercice du festival sur l’esplanade des Vivres de l’Art, avec un line up toujours défricheur et pointu, marqueur indélébile du crew. En septembre 2019, alors que tplt vient d’annoncer la première Boiler Room bordelaise à la Base Sous Marine, le collectif annonce donc « non sans une once nostalgie » la fin de ses événements au sein des Vivres de l’Art.

Une dernière danse en deux temps

Ce Verger « Grand Final » s’articulera donc en deux temps, histoire d’en profiter au mieux, de jour comme de nuit. La journée se déploiera en open air aux Vivres de l’Art, sur deux scènes : une première sur l’esplanade (aka le Kiosque), qui verra s’enchaîner les prestations de la suissesse Sassy J, guest de cette dernière édition à l’initiative des « Patchwork night » à Berne dont elle se plaît à designer l’identité en tant que graphiste. Après une saison estivale bien chargée de l’autre côté de la rive, les locaux de L’Orangeade se joindront à la fête sur cette même scène, de même que des résidents de tplt. L’autre scène (Le Verger) sera quant à elle squattée par une bande de lyonnais très proche des esthétiques défendues par tplt : Spiral Dance, en la personne de Guillaume MTH, Maxco et Jessaca, accompagnés par les résidents du lieu.

Côté nuit, à deux pas des Vivres, à l’espace DS, un programme musclé sera proposé, avec un autre collectif, cette fois de Paris : 75021 (Marcorosso, Nyto Basta) ainsi que le parisien Bambounou, pourfendeur d’une techno casseuse de rythmes. Le local techno-héros Loner sera également de la partie, de même que des résidents de tplt. Un line up extended donc, qui s’étalera jusqu’au petit matin en guise d’au-revoir (et non pas d’adieu) du collectif tplt qu’on sait bien décidé à revenir proposer de nouveaux formats prochainement en ville…
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tplt : 6 ans et une tournée

dans ÉVÉNEMENTS/LES NOUVELLES/MUSIQUE

Le collectif tplt – à qui l’on doit notamment Le Verger et La Serre – fête ses 6 ans en 2019. Six années au service de la fête diurne et nocturne et du défrichage artistique à Bordeaux et au-delà, à l’image de la tournée du crew en France et en Suisse.

Crédit photo : Janeb

Particulièrement actif sur Bordeaux, tplt s’est fait en 6 ans une place de choix dans le game local et hexagonal, à travers différents formats et propositions artistiques. C’est d’abord Le Verger et La Serre, deux événements ayant su imposer une nouvelle rythmique festive en ville, avec des teufs organisées en après-midi aux Vivres de l’Art. Avec le succès significatif rencontré par le concept, le collectif s’est même essayé à l’exercice du festival, en 2017, avec un casting impeccable de diggers européens et d’ailleurs (Tornado Wallace, Orpheu The Wizard, Jamie Tiller…). On peut également retrouver tplt derrière les soirées Déviante, consacrées aux musiques « qui ne filent pas droit », généralement programmés au Void.

tplt, collectif défricheur

A Bordeaux, le crew joue un rôle important dans le défrichage artistique, en cherchant toujours à inviter des artistes peu médiatisés mais qui méritent toute l’attention de celles et ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la scène électronique actuelle. Avec un show sur LYL Radio et maintenant sur Ola Radio, tplt participe aussi à la création de liens forts entre les acteurs du milieu ; des liens que le collectif tisse aussi à travers les invitations lancées à des artistes d’autres villes françaises ; dont certaines que tplt arpentera lors de sa tournée.

Une tournée anniversaire

Histoire de célébrer comme il se doit ces six années de bons et loyaux services pour la fête et la découverte musicale à Bordeaux, le collectif part donc à la rencontre d’autres clubs français et suisses pour distiller ses sélectas aiguisées. Du nord au sud, en passant par le centre du pays ou même de la Suisse ; le maillage du territoire est bien complet. La tournée a commencé par Lille, Paris (à Concrete) puis Clermont-Ferrand au réputé One-O-One dont le résident Ixell fut convié à passer des disques lors d’une précédente Serre avec la roumaine Aleksa Alaska. Passage également obligé par Bordeaux, maison mère du crew qui y a dignement fêté ses 6 ans, à l’Atelier B, en compagnie du belge Rick Shiver. La Rochelle, Toulouse puis Lausanne et Nantes suivront ; de quoi continuer à nouer de belles connexions avec d’autres acteurs de la scène française et de continuer à promouvoir les couleurs d’une scène locale qui n’a décidément rien à envier à ses voisines.

tplt : 5 ans au service de la fête à Bordeaux

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Le collectif tplt fête en cette fin d’année 2017 ses 5 ans, avec une série d’évènements entre Nantes, Paris, Biarritz et, bien entendu, Bordeaux : à l’IBoat le vendredi 24 novembre. L’occasion de revenir sur l’évolution d’une bande de potes qui a largement œuvré au développement et à la reconnaissance de la scène électronique locale.

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L’histoire de tplt démarre en octobre 2012. Charl, Superlate, Yougo et Thibault entendent alors défendre une certaine ligne artistique ainsi que fédérer autour d’eux les artistes d’une scène locale parfois un peu dispersée. Avec la création du Bootleg en 2013, le collectif trouve rapidement un lieu adéquat pour la mise en place de leur soirées. La fermeture du lieu, un an plus tard, et pour plusieurs mois, marquera paradoxalement une occasion de renouveau important pour tplt.

 

Toujours désireux d’organiser des évènements et de promouvoir et soutenir les artistes qu’ils apprécient, les membres du collectif vont trouver dans Les Vivres de l’Art un écrin rêvé pour prolonger des festivités devenues impossibles au Bootleg. Avec Le Verger, ils proposent un format (le samedi après-midi jusqu’en début de soirées) inédit à Bordeaux, dans un cadre idéal. L’hiver venu, c’est l’intérieur de la galerie d’art qui sera investie par l’équipe, avec La Serre et Le Salon. Deux formats qui verront défiler un grand nombre d’artistes, toujours dans un esprit de défrichage : Sadar Bahar, Jamie Tiller ou bien Interstellar Funk… Cet été, tplt a même passé un cap avec l’organisation de son propre festival : Le Verger Festival (avec Tornado Wallace, Jayda G, Orpheu The Wizard, Dopplereffekt, The Pilotwings…).

Un anniversaire fêté à Paris, Nantes, Biarritz et Bordeaux

Pour fêter leur 5 ans en bonne et due forme, les membres de tplt ont voulu marquer le coup en allant célébrer dans 4 villes cet anniversaire : Nantes, Paris, Biarritz et bien sûr Bordeaux. Le collectif a choisi pour ça des artistes qu’il apprécie, avec Dazion, TakoAndré Pahl, OKO DJ et Marcellus Pittman, digne représentant de la scène de Détroit. Ce dernier jouera en clôture de cette mini-tournée qui prendra place à l’IBoat et pour laquelle on offre d’ailleurs deux places ci-dessous.

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▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

Evènement Facebook

 Pour gagner ta place pour la soirée ; like la fanpage du Type et like le post concernant le jeu concours ou envoie un mail à
contact@letype.fr en objet « HBD tplt ! »
(Nom + Prénom + email)

2×1 places : Le Verger w/ Master Phil, Superlate, Leyo, Yougo & Carlos Cosmos 29/07

dans ART ET CRÉATION

Le Verger reprend ses quartiers aux Vivres de l’Art samedi 29 juillet, avec pour invité le digger parisien Master Phil. On vous offre deux places pour cet après-midi festif.

 

Quelques semaines après la tenue réussie de la première édition de son festival, le collectif tplt remet le couvert en organisant ce samedi une nouvelle fête dans le petit jardin des Vivres de l’Art à Bordeaux. Pour ce Verger estival, c’est Master Phil qui prendra les rênes pour faire voyager les chanceux présents le 29 juillet. Gérant du label Plaisir Partagé et de son sous-label Edits du Plaisir, ce parisien très actif est bien connu pour ses sélections soignées très ouvertes et pleines de surprises. Adepte de bizarreries sonores en tout genre, c’est un set aux saveurs baléariques et italo-disco que devrait nous réserver Master Phil samedi, en plus de sa prestation scénique qui, semble-t-il, vaut le détour. Pour l’accompagner on retrouvera les habitués de la maison : l’équipe de tplt avec Superlate, Yougo, Leyo et Carlos Cosmos. Évènement intimiste oblige, les places pour ce Verger sont limitées. Pas de quoi s’inquiéter : on a deux places à offrir là-dessous.

 

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2×2 places (samedi journée) : Le Verger Festival 08/07

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Deux lots de deux places à remporter pour la journée du samedi du Verger Festival qui aura lieu le 8 juillet aux Vivres de l’Art à Bordeaux, avec pour mots d’ordre la fête et la découverte.

 

On vous en parlait il y a peu ici : la première édition du Verger Festival se tiendra les 7 et 8 juillet prochain à Bordeaux. Organisé par le collectif tplt qui organise depuis quelques années de belles fêtes diurnes au cœur du lieu artistique Les Vivres de l’Art, le festival mettra en avant une vingtaine d’artistes aux univers singuliers, entre house discoïdante, techno cassée, synth-pop ou disco éthérée. La journée du samedi sera particulièrement bien fournie, entre belles promesses locales (Hoejeon Soli), nationales (le duo lyonnais de The Pilotwings) voire même issues de scènes européennes foisonnantes de talents comme Amsterdam (Tako, Orpheu the Wizard qui représenteront l’excellent label Music From Memory). Au-delà, on retrouvera la canadienne Jayda G et l’australien Tornado Wallace, aussi bon digger que producteur. Deux scènes seront mis à disposition du public et des artistes, pour une fête qui s’annonce de belle manière, et à laquelle on invite quatre chanceux.

 

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