Tag archive

label

Broken District, le label vinyle bordelais qui s’exporte

dans LES NOUVELLES/MUSIQUE

Déjà à l’origine de trois sorties vinyles, Broken District s’apprête à remettre le couvert avec de nouvelles productions à venir. En mélangeant les sonorités jazz, house, soul et hip hop, le label bordelais entend casser les codes et réussit déjà à s’attirer le soutien d’une partie de la scène et de la presse musicale spécialisée à l’international. On retrouvera l’équipe du label le samedi 6 juillet pour le Pavillon d’été de L’Orangeade.

Casser les codes, mélanger les genres

Le label Broken District est né en 2018 et a été fondé par trois acteurs de la scène bordelaise : Jus Jam, qu’on retrouve régulièrement à l’Iboat ou au Void, ainsi que l’artiste Momla et Antwan, fondateur du magazine Electrocorp, référence locale médiatique dès lors qu’on parle house music et de ses différentes ramifications. Déjà à l’origine de différents événements, podcasts et autres soutiens à la scène, ces derniers ont souhaité à travers cette nouvelle aventure explorer des styles de musiques alternatifs, « à la croisée de leurs différentes influences, mélangeant ainsi la house au jazz, en passant par le hip-hop, la funk, la soul et les musiques expérimentales ».

Cette volonté de casser les codes et de mélanger les genres se manifeste à travers les trois premières sorties vinyles du label, parfaite expression de ce décloisonnement des styles. On y retrouve des artistes émergents et d’autres plus confirmés tels que SofaTalk, Turbojazz, Setwun, Marian Tone, Sam Irl, ainsi que des artistes locaux comme Leon Revol, Jus Jam ou Momla. En un an, on peut d’ailleurs dire que Broken District a connu une actualité chargée et a réussi le pari de s’accorder le soutien d’une bonne partie de la scène concernée et d’un bon nombre de médias internationaux, laissant présager le meilleur pour les sorties à venir.

De Bordeaux à Chicago : un label soutenu à l’international

Dès ses premières actualités, le label a en effet été distribué et supporté très rapidement à l’international par des références médias et des disquaires spécialisés. Côté relais, on a pu voir passer des choses du côté de Mixmag ou de XLR8R, deux pointures du game médiatique électronique. Au niveau des disquaires, ce sont les très influents Gramaphone Records à Chicago, mais aussi Phonica à Londres et OYE Records à Berlin qui ont déjà référencé les premiers VA (ou Various ; des disques composés de plusieurs artistes différents) vinyles de Broken District.

La suite de l’aventure s’écrira rapidement avec trois projets à venir dans les prochains mois, confirmant l’appétit et le dynamisme de l’équipe du label ! C’est d’abord une mini compilation (Brokenbits Vol.01) qui sortira uniquement en digital et sur laquelle figureront des artistes tels que le producteur danois Jeppe Wolmer, l’artiste originaire de Leipzig Duktus ainsi que le « one man project » Sofatalk et Jus Jam, co-fondateur de Broken District. Un mini LP suivra fin septembre, écrit et produit par le même italien Sofatalk et intitulé SofaTalk – South Side. Brokenbit Vol.02 suivra en fin d’année pour clôturer une saison bien chargée pour un label qui voit grand et a tout pour grandir encore en 2020 (avec un EP de Jus Jam déjà en préparation…).
}

5 films à voir au festival Musical Écran

dans ANNONCES/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE

Bordeaux s’apprête à accueillir le festival Musical Ecran pour sa 5ème édition. Toujours organisé par Bordeaux Rock, le top départ sera donné ce dimanche 7 avril pour une semaine de projections, dj sets, et débats autour de la musique dans 6 lieux emblématiques bordelais.

Voir, écouter, comprendre

Avec plus de 5000 personnes présentes sur la précédente édition, le Musical Écran a nettement su attirer les amateurs de musique, qu’ils soient initiés ou non. Avec une large ouverture sur le monde de la musique, et posant un regard tant  sur le passé que sur le futur, nous aurons droit cette année encore à de belles surprises, une brillante sélection de projections ainsi que la présence d’Ariel Wizman comme président du Jury.

Du cinéma l’Utopia à l’institut Goethe, en passant par le Cour Mably et le café Mancuso comme terrains des soirées musicales, le festival investira des lieux forts de la ville toujours dans le but de sensibiliser le public à l’histoire de la musique, prenant en compte les dimensions sociales et géopolitiques des courants représentés. Avec 23 films programmés cette année dont 8 documentaires en compétitions et 4 soirées musicales, c’est une programmation complète qui tiendra largement ses promesses.

Notre sélection de 5 films coups de cœur

OTO NO HAKO – Lundi 8 avril – 19h00 – Cinéma Utopia

Ce documentaire franco-japonais d’un heure et quart sorti en 2018 dresse le portrait intimiste de 3 artistes de la scène musicale indépendante de Tokyo. Réalisé par Thomas Griffin et Gwilym Tonnerre, nous allons plonger dans les milieux underground de ces artistes qui lutent pour faire vivre leur art.

BLUE NOTE RECORDS : BEYOND THE NOTES – Mardi 9 avril – 21h15 – Cinéma Utopia

Comment parler de musique sans citer le plus emblématique des labels américains de jazz, Blue Note Records. Créé en 1939, le label pionner à révélé des artistes historiques tel que John Coltrane, Art Bakley, Herbie Hancock, Norah Jones ou encore Robert Glaspert. Ce documentaire de Sophie Huber retrace ce siècle dernier à travers les coulisses de la maison de disque qui fût un lieu d’expression, de liberté, d’égalité et de dialogue, valeurs encore défendues à nos jours.

A la suite de la projection, un dj set spécial Blue Note est organisé au café Mancuso avec la présence de Zimpala aux platines.

RUDEBOY : THE STORY OF TROJAN RECORDS – Mercredi 10 avril – 20h45 – Cinéma Utopia

Ce documentaire, réalisé par l’anglais  Nicolas Jack Davies, retrace l’histoire de Trojan Records, premier label à introduire les courants musicaux Jamaïcains d’après guerre comme le reggae, la dub, le ska ou le rock steady. Créé en 1968 par Lee Gopthal et Chris Blackwell, ce sont des millions d’exemplaires vendus et le succès pour des artistes comme U Roy, Lee « Scratch » Perry, les Maytals et bien d’autres. Porte étendard de cette culture née des ghettos, c’est aujourd’hui un phénomène culturel qui suscite encore et toujours la même passion.

Suite à la projection, une soirée Speciale TROJAN RECORS est organisée au Café Mancuso avec Soulful Patrol en dj set 100% vinyle. Gratuit.

 

SHUT UP AND PLAY THE PIANO  – Jeudi 11 avril – 19h00 – Cinéma Utopia

Cette séance organisée en partenariat avec le Dokfest de Munich nous présentera le pianiste virtuose Chilly Gonzales. Récompensé d’un Grammy Awards, le montréalais continue son parcours, naviguant entre classique, électronique ou même rap. A bientôt 50 ans, le pianiste extravaguant à collaboré avec des célébrités comme les Daft Punk, Feist, Drake, Katerine et bien d’autres. Ce documentaire réalisé par Philipp Jedicke nous emmènera sur les traces de l’artiste mégalomane, de son Canada natal jusqu’aux grandes salles philharmoniques du monde.

 

FROM TOILETS TO STAGES – Samedi 13 avril – 16h00 – Cinéma Utopia

En faisant le pari de nous emmener dans les coulisses d’un des plus gros festival d’Europe, Vincent Philippart et Dominique Henry, mettent en lumière la réalité d’une organisation colossale. Avec le Dour Festival, comme sujet de ce documentaire, nous explorerons la face caché de cette événement qui rassemble 50 000 festivaliers sur 5 jours, posant les questions sur la société actuelle, son évolution, dérives et excès.

Une discussion avec Vincent Philippart sera organisée à l’issue de la projection.

 

Les nuits Musical Ecran : Cour Mably

 

}

Il ne vous reste plus qu’à foncer dans les salles obscures, sans oublier les pop-corn…

Les deux nouveaux clips rétroactifs de Vladigital

dans LES NOUVELLES/MUSIQUE/SÉLECTA

L’artiste bordelais Vladigital, membre actif de l’écurie locale Dumbhill Records sort tour à tour deux nouveaux clips futuristes et rétroactifs en février : découverte.

Bien que Michel Berger soit un intemporel, Vladigital a décidé d’en faire quelque chose dans l’ère du temps, limite futuriste. DJ et producteur bordelais aux influences variées et éclectiques, Vladigital est aussi membre du groupe rapocalyptique L’Armée des Morts. Aujourd’hui produit par le label bordelais Dumbhill Records, il se lance dans un projet plutôt personnel.

« Dumbhill est un label de musique rétroactive. La musique est rétroactive quand on la diffuse en différé, pour exister maintenant ou demain sous des aspects inattendus, inintéressants ou radioactifs. Dumbhill est aussi un label de musique radioactive, une musique qui pourrait être radio-diffusée si seulement elle n’était pas aussi instable ou nocive.» 

En 2016, il crée Undercover, un projet de 6 reprises de ses vieux tubes préférés pop dance internationaux et français des fameuses années 80 et 90, ayant pour motivation de séduire la fille qui lui plaît alors qu’il ignore ses goûts musicaux. En s’amusant à donner à ces sons une énergie emo/cloud plus contemporaine, cette fille est séduite par Undercover mais Vlad restera dans la friendzone… En seulement 3 mois, il parvient à enregistrer les 6 reprises présentes dans son mini album. Parmi elles, les reprises un peu bizarres de « Paradis blanc » dont le clip est sorti début février et « Fade to Grey » en featuring avec Lara Massaï, à découvrir ci-dessous.

La teuf utile et solidaire de MUSART

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Acteur de la scène bordelaise et au-delà, le collectif et label MUSART s’embarque dans une nouvelle aventure avec un concept de fête à dimension sociale et solidaire. Une première soirée au Redgate le jeudi 13 septembre posera les jalons de ce nouveau projet.

Crédit photo : Luc de la Photographie

Depuis bientôt trois ans, l’équipe de MUSART propose, à l’instar de nombreux autres collectifs et promoteurs à Bordeaux et en France, des soirées aux line up électroniques, sur des esthétiques oscillant entre house et techno. La partie label du projet vise quant à elle à soutenir des artistes émergents, et de leur offrir une plateforme de promotion. Le crew a la particularité d’investir également le domaine du textile, avec une ligne de vêtement à l’image du collectif, dans une « démarche créative ». Nous avons d’ailleurs rencontré les personnes derrière le projet qui nous avaient présenté leur univers (à lire ici). Par ailleurs, MUSART prépare la refonte de son identité visuelle, avec la volonté de se positionner comme un label innovant sur le plan musical mais aussi graphique.

Une soirée sous le signe de la solidarité

En plus de ces multiples casquettes, le collectif s’apprête à expérimenter un nouveau concept de soirée. Le jeudi 13 septembre, au Redgate, MUSART proposera en effet au public de se présenter à l’entrée du club muni d’un t-shirt (en bon état, prêt à être offert) en échange d’une réduction de 50 % sur le billet d’entrée. L’objectif derrière est de récolter l’ensemble des vêtements pour les reverser à une association caritative qui vient en aide aux plus démunis. Par ce biais, MUSART joint parfaitement l’utile et l’agréable, et donne une dimension sociale à la teuf, trop souvent éloignée de ce type de considération. L’équipe du label souhaite ainsi éveiller les consciences et pousser les acteurs culturels à inclure ce genre de préoccupation dans leurs propres organisations. L’idée derrière est également de préparer le terrain pour le festival que concocte MUSART : Solifest (dont une première édition aurait dû se tenir l’an passé).

Les Typiques #05 – Musart Concept Label

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Nouveau rendez-vous sur le webzine, avec des cartes blanches offertes à des acteurs culturels bordelais et de la région, qui viennent présenter des photos, vidéos, morceaux et autres œuvres qui composent leur univers esthétique. A travers ces « typiques », ces promoteurs, médias, lieux, restaurants, associations et autres organisations locales présentent ainsi leur identité artistique. Pour ce cinquième volet, on a confié les clés à MUSART, concept label de musique électronique et d’art graphique basé à Bordeaux, Paris et Nantes. Mêlant art graphique et art sonore, l’entité est emmenée par Aymeric et Astrid qui collaborent régulièrement avec des graphistes, des tatoueurs, des vidéastes. Tous contribuent à la construction de l’univers visuel du label à travers la production de clips vidéo, visuels mais aussi une ligne de vêtement. Pour comprendre l’identité artistique de l’équipe, on leur a proposé de nous livrer leurs influences.


Road trip

« Nous avons essayé de résumer en quelques musiques notre histoire et nos intentions pour l’avenir. Voici un track qui peut être une belle entrée en la matière. Cela fait déjà 3 ans que nous avons entamé notre Road Trip sur la scène musicale. Ce voyage ne fait que commencer… »
Martin Mounou aka MooNoo

M pour Musique

« Ce qui fait la force de notre projet, c’est notre diversité culturelle et musicale. Nous nous intéressons à l’ensemble des styles de musique électronique. Dès qu’il y a utilisation de machines électroniques, MUSART est là ! Nous voulons ainsi bousculer les genres et développer la diversité musicale. »

Lucas Vitale aka ARKHM

 

U pour Union


« Ce track, qui est en fait un edit de Skatt Bros – Walk The Night 1979 Disco Purrfection Version, célèbre l’Amour et l’envie de vivre. Je pense qu’elle se rapproche de la philosophie de MUSART Concept Label par son ouverture d’esprit et sa volonté de véhiculer une valeur qui nous est chère : celle du partage sans limite et sans préjugés. J’apprécie beaucoup le fait qu’elle reste très fidèle au son original. C’est pour moi une marque de respect de ce qui a déjà été fait avant, le respect des anciens, c’est aussi quelque chose de fort chez MUSART. Bref, keep on dancing & smiling !!! »

Astrid Lemaire
}

S pour Solidarité

« Ce morceau nous livre une techno pleine d’émotions. Pour moi, Maxime Dangles est aujourd’hui un des meilleurs producteurs Français. Avec MUSART nous ne voulons pas seulement promouvoir les artistes de notre
label, mais bel et bien soutenir la scène émergente, française ou internationale. Nous travaillons sans relâche dans l’espoir d’inspirer les nouvelles générations. »
Lambert Saboureux aka Lambiche

 

A pour Art

« Ce clip a été élu Best Experimental Music Video par MTV Video Music Award en 1985. C’est un morceau qui passait chez mes parents. Un groupe en avance sur son temps. L’innovation dans la musique passe par
le son, mais aussi par son accompagnement graphique. Ici, le clip donne toute sa valeur à la chanson. Avec MUSART, nous souhaitons ajouter des supports artistiques visuels qui permettent au public de mieux comprendre le son, de capter les émotions et ainsi méditer quelques instants sur ce qu’ils viennent d’entendre. »
Thibaut Castaing

R pour Racines

« MUSART puise ses racines dans la Techno et dans la House. Bien que le concept label soit voué à innover en matière de musique électronique, nous voulons rester fidèles à nos origines. Ainsi nous lançons dès
septembre 2018 nos deux sous labels : M.A. Techno Records et M.A. House Records avec de belles sorties de prévues. »
Yannick Nadjingar aka Nadjingar

T pour Transmission

« Nous voulons laisser un peu de nous à la nouvelle génération. Nous espérons pouvoir l’aider à créer ou découvrir la musique de demain. »
Thomas Wetzel

Un mot pour la fin ?

« 4’33’’ est surement le morceau le plus connu composé par John Cage, mais aussi l’un des plus conceptuels. Comme le dit Yoko Ono, John Cage considérait que le silence devenait une véritable musique. D’après John
Cage : lorsque nous n’avons plus rien à ajouter, la meilleure des choses à faire, c’est le silence. »
Aymeric Delahaye-Conte aka RICØ
)

Les 10 ans de Banzaï Lab en images

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Ayant toujours eu à cœur de soutenir les acteurs culturels et artistiques de notre ville, c’est tout naturellement que le label Banzaï Lab se retrouve régulièrement dans nos colonnes. Pour leur dixième anniversaire, qui s’est déroulé début mai au Rocher de Palmer, nous nous sommes rendus sur place pour capter l’ambiance et les concerts survoltés d’une belle partie de la Banzaï Family élargie, de Smokey Joe & The Kid à Too Many T’s en passant par Al’Tarba, Youthstar, SENBEÏ, Dirty dike ou The Subvivors. Retour en images sur ces deux belles soirées d’anniversaire !
)

Les 5 pépytes de – Banzaï Lab

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Depuis maintenant presque 10 ans, l’équipe de Banzaï Lab défend à Bordeaux une ligne artistique exigeante et indépendante qui lui a valu une reconnaissance locale et bien au-delà. Label associatif, la structure soutient un certain nombre d’artistes en les accompagnant dans leurs parcours et leurs démarches et a su fédérer autour d’elle une belle tripotée de talents dont beaucoup ont pu s’exprimer dans nos colonnes. De Smokey Joe & The Kid à Straybird en passant par Senbeï, Banzaï Lab fait  le pari de l’éclectisme et de l’ouverture d’esprit. Si l’équipe a renoncé cette année à l’organisation de sa Semaine K, elle continue de promouvoir des évènements à Bordeaux, et fêtera notamment vendredi 14 avril au Fridge Pâques avant l’heure ! « Banzaï » signifiant « mille ans ! » ou « longue vie ! », c’est tout ce qu’on peut leur souhaiter ! À l’occasion de leur prochaine soirée, on a d’ailleurs demandé à Margaux, Nolwenn, Tom, Clément et Lucas de nous refiler leurs conseils musicaux.

}

Margaux : CunninLynguists – Beautiful Girl (2006)

}

Tom : L’escale Tropicale – 3-0 (2015)

}

Clément : Alo Wala – Paralyzed (2017)

}

Nolwenn : Mister Modo & Ugly Mac Beer – Not Afraid with Jessica Fitoussi (2010)

}

Lucas : Beat Assailant – Hard Twelve (2004)

}

15 ans : Joyeux Anniversaire Talitres !

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

En 15 ans, le label indé bordelais dirigé par Sean Bouchard a su dessiner une certaine esthétique avec un catalogue soigné, sans fausses notes. Cette semaine, Talitres fête son anniversaire entre Bordeaux et Paris, avec des concerts et des showcases prévus dans les deux villes.

}

« Pour le dire grossièrement, on est dans une veine pop-folk indépendante ». Lorsque le Type l’avait interrogé en début d’année, Sean avait ainsi tenté de définir l’esprit, la couleur du label. S’étant initialement plutôt tourné vers une scène américaine, le label a élargi son catalogue, en se tournant vers des artistes du monde entier, de la Russie (Motorama) à l’Estonie (Ewert And The Two Dragons) en passant par l’Angleterre (Flotation Toy Warning) ou notre cher pays gorgé de talent, la France (That Summer, Stranded Horse, François And The Atlas Mountains, Verone, Garciaphone, The Callstore). Avec environ 80 références, le label est membre de la Feppia (Fédération des Editeurs de Producteurs Phonographiques Indépendants d’Aquitaine), et reste une structure à taille humaine, avec Sean et Édouard qui pilotent le label avec leur cœur et leurs tripes et qui défendent une certaine idée de la musique dans laquelle le Type se retrouve à 100 %. C’est avec grande joie qu’on ira donc fêter leur anniversaire avec plusieurs dates, entre Paris et Bordeaux :

}

}

Le Type a concocté pour l’occase une playlist avec 15 titres très cool trouvés sur le soundcloud de Talitres :

Le bordelais du mois #07 – Sean Bouchard (fondateur de Talitres)

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE
le-type-talitres-sean-bouchard

Quand on parle de production de musique indé, quelques mots concernant son éthique reviennent couramment : « sortir vos propres disques, le faire bien, être ami avec vos artistes et ne pas les arnaquer ». Cet adage, prononcé par Tony Wilson, pourrait sans souci être associé à la vision de Sean Bouchard, fondateur du label Talitres. Basé place de la Victoire, à Bordeaux, Talitres fait parti de ces labels indépendants qui résistent, sans jamais perdre de leur exigence. Résolument tourné vers la pop-folk américaine, Talitres compte à ce jour 85 artistes et groupes dans son catalogue (dont Motorama, Thousand, Flotation Toy Warning, Emily Jane White…) et s’est doucement imposé comme un label français incontournable. Alors que la structure s’apprête à souffler ses 15 bougies, le Type est allé papoter un peu avec Sean Bouchard. Rencontre avec un stakhanoviste passionné, toujours en recherche de ses “prochains meilleurs souvenirs”.

}

Pour commencer, comment définis-tu l’esprit de Talitres ? Quelle est la musique que tu cherches à défendre avec le label ?

Pour le dire grossièrement, on est dans une veine pop-folk indépendante. Au début, le label s’est beaucoup appuyé sur une scène américaine de la côté ouest, que je qualifierai de slowcore ou sadcore. C’est une scène un peu dépressive, il faut le dire, mais que je trouve très belle. J’aime ressentir une pop tailladée au couteau et avec une certaine urgence dans la composition, à l’inverse d’une pop trop sucrée. C’est ce que j’ai trouvé chez Motorama, The Walkmen… On sent qu’il n’y a pas beaucoup de repos de l’âme derrière tout ça quoi. (rires)

Avec ton équipe, vous vous occupez de toute la promo des artistes en interne ?

Oui parce que j’ai le sentiment qu’on est les plus à même de défendre les projets qu’on porte. Je crois que les journalistes sont sensibles à ça. Maintenant, je sais que quand un disque est envoyé à Libération, aux Inrocks ou à Magic, il est clairement identifié Talitres par les journalistes.

Et tu gères personnellement le management des artistes du label également ?

Oui et ça demande beaucoup de temps parce que ce sont souvent des artistes qui débutent. Je tiens vraiment à ce que mes artistes connaissent et comprennent les contrats. Et puis, après ce travail d’accompagnement, ça ne m’intéresse pas de sortir un disque pour sortir un disque. L’important c’est de construire une histoire autour de nos groupes.

Talitres n’est pas qu’un label. Tu as notamment bien diversifié les activités au fil du temps.

Par envie et nécessité. On fait notamment du montage de tournées pour un certain nombre de groupes. C’était une volonté pour avoir une vision plus globale des projets. En 2005, j’ai aussi développé l’activité d’édition musicale, avec toute la partie de placement de musique dans des films ou des publicités notamment.

Talitres

Est-ce qu’il y a des labels en particulier qui t’inspirent au quotidien ?

S’il y a des labels qui m’ont donné envie de créer le mien, c’était des labels américains et quelques labels anglais comme Matador, Drag City, Domino…

Aucun label français qui pourrait se rapprocher de Talitres ?

Si je devais citer un label français, ça serait Lithium. Je pense qu’il y avait une certaine esthétique dans le projet et une vraie intégrité dans la façon de fonctionner. Je ne me retrouvais pas forcément dans toutes leurs signatures mais dans l’image qu’ils dégageaient du moins. Je pense aussi au label des Disques du Soleil et de l’Acier, à Nancy.

Tu penses que le Sean d’il y a 15 ans porterait quel regard sur le Talitres aujourd’hui ?

C’est assez amusant parce que, quand j’ai créé le label en 2001, je n’aurai pas forcément parié beaucoup de kopecks sur le devenir du label. J’ai vraiment monté le label sur un coup de tête. C’était une période où chacun créait des start-ups, c’était l’avènement du numérique… Parallèlement, je mettais les pieds dans une industrie au tout au début d’une crise profonde et durable. Je pense que c’était un pari à la fois audacieux et peut-être un peu inconscient de créer un label indépendant qui reposait sur la vente de produits physiques. Mais j’ai toujours été super ambitieux dans ma façon de monter le label car j’ai le sentiment qu’il faut l’être. Quand je signe des groupes par exemple, j’ai toujours l’impression que ce sont les meilleurs groupes du monde ! Et puis, il m’est arrivé d’écouter des albums sortis il y a quelques années et d’être beaucoup plus critique, même si je ne regrette quasiment aucune signature.

Et quelle est ta plus grande fierté par rapport à Talitres ?

C’est de pouvoir faire vivre du monde, que ce soit dans l’équipe mais aussi vis-à-vis des artistes. C’est aussi d’avoir pu travailler avec des groupes dont j’étais fan avant de monter le label comme Idaho ou The Apartments. Quand j’écoutais ces groupes au début des années 90, j’étais très loin d’imaginer sortir leur disque 15 ans plus tard !

Talitres va fêter ses 15 ans cette année. Quelque chose est prévu pour marquer le coup ?

On est en train de mettre en place une double soirée avec le Rocher de Palmer les 11 et 12 novembre. Il y aura des artistes emblématiques du label avec, à priori, Flotation Toy Warning, Motorama, Thousand, Frànçois & The Atlas Mountains, Stranded Horse, Emily Jane White et j’espère Idaho. L’idée, c’est aussi de pouvoir relayer cet anniversaire avec un certain nombre d’événements dans Bordeaux.

Pour le futur, tu aimerai orienter Talitres vers quoi ?

Ce que j’adorerai, ça serait d’aller chercher des groupes d’ailleurs. On travaille déjà avec des groupes russes et estoniens mais je trouverai ça fantastique de pouvoir signer un groupe brésilien, indonésien, grec… A mon avis, ces territoires fourmillent de groupes intéressants.

Un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait monter son label ?

En général, j’essaye toujours de le faire parce que je trouve ça super de pouvoir aider les autres à se structurer. J’ai toujours considéré les autres labels comme des partenaires et non comme des concurrents. Le premier conseil que je donne c’est : travaille et sois patient. Il faut être présent et sérieux, se questionner, potasser des bouquins, échanger avec d’autres personnes… On a toujours l’impression que tout va aller très vite mais ça prend du temps. Parfois, les retours intéressants n’arrivent que lors de la sortie du deuxième album par exemple. Aussi, ce que je dis c’est : crois en ce que tu fais. Si on n’est pas persuadé que les albums qu’on porte ont une vraie force artistique, on aura du mal à faire tout le travail de promotion et de communication. C’est tellement compliqué qu’il faut être habité par le projet.

On pourrait conseiller un peu les mêmes choses à un artiste qui se lance non ?

Effectivement, parce qu’en plus d’être structurés artistiquement, on demande aux artistes de travailler leur communication pour dégager l’image qu’ils veulent transmettre, d’être présents sur les réseaux sociaux, de pas trop faire la tronche pour les photos de presse, de se montrer… J’ai le sentiment qu’on est une grande famille, qu’on porte les mêmes projets. Ce n’est pas l’artiste d’un côté et le label de l’autre.

Est-ce que tu as un « pire souvenir » avec Talitres ?

C’est compliqué de répondre… Je pense au groupe The Walkmen qui est parti de Talitres pour un gros label mais pour qui rien ne s’est passé ensuite pour le coup. C’est rageant de voir que tout le travail fait sur un groupe est un terreau qui n’est pas utilisé ensuite, parce qu’il n’y a pas de suivi derrière.

Et pour finir, un meilleur souvenir ?

Je réponds toujours que mes meilleurs souvenirs sont mes souvenirs à venir. Je pense aux prochains groupes qui rejoindront le catalogue et aux prochaines sorties. J’ai par exemple sur mon disque dur quelques démos que je trouve assez fabuleuses du prochain disque de Flotation Toy Warning. C’est un album qui est attendu et ça fait partie des groupes emblématiques du label car la sortie de leur premier disque nous a permis de franchir des paliers en termes de reconnaissance du milieu, ventes, retombées médiatiques… Dans les meilleurs souvenirs, il y a aussi les rencontres avec des journalistes. Si je devais me retourner sur mes 15 ans de Talitres, je devrais distribuer pas mal de couronnes de lauriers à des gens qui ont porté le projet, comme Bernard Lenoir. Ce qui épatant, c’est que les journalistes qui nous ont soutenu étaient des journalistes qui n’avaient plus rien à prouver à personne. Je leur dois beaucoup. C’est pour ça que, pour les 15 ans du label, j’aimerai demander à certains journalistes d’être en quelque sorte les parrains de cet anniversaire. J’aimerai leur faire comprendre que, si le label est encore là, c’est aussi grâce à eux.


Site officiel

Talitres sur les internets :

Retourner là haut