Bâbord Live Show : le divertissement pour questionner la scène musicale

Lancé le 20 mars dernier, le « Bâbord Live Show » entend bousculer depuis la Nouvelle-Aquitaine les codes du talk-show traditionnel pour mettre en lumière certaines problématiques de la scène musicale actuelle. Après un premier épisode dédié aux barrières d’accès à cette industrie pour les femmes, un deuxième volet est prévu le 11 mai prochain pour explorer la notion de safe place. Entre divertissement et engagement, l’émission du label Bâbord mise sur un format hybride, pour faire rire autant que réfléchir.

Depuis sa création, Bâbord s’est donné pour mission de contribuer à façonner une scène culturelle locale et régionale plus responsable et solidaire. Qu’il s’agisse d’éco-responsabilité ou de justice sociale, le label porte plusieurs causes, aux côtés de ses adhérent·es qui « souhaitent travailler autrement ». En 2026, son équipe entend poursuivre cette mission à travers un nouveau format ouvert à un public plus large : un talk-show.

Le format talk-show nous permet de parler de sujets qui concernent tout le monde, tout en faisant découvrir des artistes indés et labellisé·es Bâbord.

Pauline Gobbini (Bâbord)

Changer de fréquence

Le déclic, c’est l’idée que pour toucher les consciences, il faut changer de fréquence. L’équipe du label explique cette mutation stratégique : « Nous avons produit cette émission car elle nous permet de proposer un rendez-vous original qui peut toucher un large public. D’abord en vrai dans une salle, et ensuite en ligne, sans limite de temps ou d’espace. » Le format talk-show s’impose alors comme une évidence. Il offre en effet une double vie au projet : une expérience organique, physique, puis une existence numérique durable.

Cette émission est aussi un outil de découverte culturelle. « Le format talk-show nous permet de parler de sujets qui concernent tout le monde, tout en faisant découvrir des artistes indés et labellisé·s Bâbord », précise Pauline Gobbini, coordinatrice du label. Mais, au-delà de l’écran, le projet est une véritable machine à fédérer. C’est l’occasion de réunir une multitude de personnes autour d’une œuvre commune. La philosophie est claire : « C’est toujours mieux de faire les choses ensemble que chacun dans son coin ! »

Les codes du divertissement pour faire passer des messages 

Pourquoi avoir choisi l’esthétique du show télévisé ? Pour s’en amuser, tout simplement. Pauline Gobbini l’explique : « Rires en boîte, applaudissements forcés, jingles entêtants et avalanche de boules à facettes : ici, tout est volontairement too much ». En détournant les codes du divertissement, Bâbord aborde des sujets sociétaux peu médiatisés sous le prisme de la musique. 

Pour incarner cette vision hybride, l’animation et la co-écriture ont été confiés à Gaëtan Ranson. Formé à la prestigieuse FAI-AR de Marseille (formation supérieure d’art en espace public), le comédien  apporte son expertise de l’interaction et du jeu pour transformer le plateau en un espace de dialogue vivant, où chacun·e y trouve sa place.

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Un premier épisode pour briser le silence et les plafonds de verre

Pour sa première en mars dernier, le « Bâbord Live Show » s’est attaqué à la question de la place des femmes dans les musiques actuelles. Un sujet malheureusement toujours d’actualité : malgré les discours, les chiffres stagnent : les femmes restent minoritaires sur les scènes des festivals et dans les studios de production.

L’émission propose ainsi une interview croisée entre deux regards complémentaires. D’un côté, l’artiste Sadie Golding du groupe Violent Sadie Mode (Prix du Printemps de Bourges Crédit Mutuel – iNOUïS 2026), apporte son témoignage brut sur la réalité du terrain, entre sexisme ordinaire et résilience créative. De l’autre, Lauriane Gervaise, de Docteur Larsène, apporte une vision associative. Son école de musique œuvre au quotidien pour l’égalité dès l’apprentissage, convaincue que c’est à la racine – dans la formation – que se déconstruisent les biais de genre.

Ce dialogue permet de confronter la réalité de la création à celle de l’éducation pour imaginer des solutions concrètes. En mêlant humour, performances live et talk, Bâbord prouve que l’on peut être sérieux sans se prendre au sérieux, et que la fête reste le meilleur endroit pour réinventer le monde. Rendez-vous le 11 mai prochain à la MAC 3 pour le prochain épisode de l’émission, en partenariat avec Fip, avec une discussion « Safe Place : utopie ou réalité ? » et un concert de Küma.