L’Orangeade fête ses 8 ans : rétrospective en 8 étapes

Les 24, 25 et 26 février, L’Orangeade fêtera ses 8 ans à Bordeaux. Les célébrations se dérouleront rive droite, quai des Queyries, en compagnie d’une diversité d’artistes comme ر٥٥ Glitter, Kabylie Minogue, Grand Soleil, Tatyana Jane, Virginia, Pouvoir Magique… Avant ça, on a demandé à l’équipe de revenir sur 8 étapes marquantes dans la vie du collectif, des débuts aux soirées en appart jusqu’aux grandes fêtes réunissant 10000 personnes en plein-centre ville. Rétrospective, avec des textes rédigés par l’une des membres actives du collectif, Louise Lequertier

Crédit photos : Pierre Planchenault, Benjamin Guénault, Pierre Dehillotte-Dejean

« 8 ans c’est grand ! On en a vécu de belles choses depuis l’époque où l’on imaginait nos événements dans les canapés de nos salons respectifs. Depuis que L’Orangeade existe nous avons réussi à faire 91 événements dans Bordeaux et ses alentours et à inviter 187 artistes différents. La passion reste cependant inchangée et quand il a fallu se replonger dans ces 8 années d’activités, on a décidé de mettre en avant 8 rencontres qui nous ont marqués et qui ont fait évoluer le destin de notre association. »

1/ Rencontre amicale (2010-2013)

« Un collectif c’est l’union de plusieurs personnes qui décident de mettre leur temps, leurs compétences et leur amour dans un projet commun. On peut remercier ici l’ICART, l’école où l’on s’est toutes et tous, directement ou indirectement, rencontré et dont les tables ont porté notre amitié et les prémices de ce qu’allait devenir L’Orangeade. 

À plusieurs on va plus loin, et c’est peut être la plus grande leçon que l’on ai à retenir de ces dernières années. Le noyau dur est toujours là, certains se sont éloignés, mais nous suivent toujours de près. Et d’autres, enfin, s’ajoutent au fil du temps et des événements. La plus belle histoire de L’Orangeade reste celle de notre amitié, celle de copains qui, à la base, voulait juste danser ! »

2 / Rencontre avec la gravité (30 mai 2014)

« Alors, certes on voulait danser, mais l’idée de faire danser les autres nous plaisait encore plus. Pour l’asso, c’est la grande époque du groove et du vinyle. On a à peine plus de 20 ans et l’heure de notre premier événement « public » a sonné. Pour cela, on réquisitionne deux étages d’un immeuble où certains d’entre nous vivent. Le projet est simple, on a un système son et de la bonne musique à partager. On est tous répartis à l’entrée, derrière les différents bars et les platines, on attends avec impatience l’ouverture des portes !

Le parquet, quant à lui, ne sera plus jamais droit !

L’Orangeade

On s’attendait difficilement à autant de personnes derrière. Le succès est là, l’ambiance est folle. Tout le monde danse, un peu trop même. Au fil de la soirée, le parquet de l’appartement se creuse dangereusement, on a tous un peu peur que le sol s’effondre. Heureusement pour nous ce n’est pas le cas, on passera juste deux jours à nettoyer les dégâts et le parquet, quant à lui, ne sera plus jamais droit ! »

3 / Rencontre avec la police (12 septembre 2014)

« Pour la deuxième soirée, on essaye de faire un peu mieux les choses. Des amis nous prêtent leur appartement. Il est plus grand, moins vétuste. Comme la première fois, les gens sont au rendez-vous, sauf que, ce soir-là, la fête dure un peu moins longtemps. Il aura fallu un concours de circonstances qui frise l’absurde pour qu’une voiture de policiers tombent en panne devant l’immeuble où se déroulait la soirée et plus spécifiquement devant l’interphone lui-même en panne de cet immeuble qui diffusait en continu notre musique. Ni une, ni deux la soirée s’arrête, mais pas nos rêves. Grâce à ça et une petite convocation chez les flics, nous avons pris conscience qu’organiser des fêtes était un vrai métier et qu’avec un peu d’organisation (et beaucoup d’autorisation) nous pourrions faire de grandes choses. »

4 / Rencontre avec des artistes (19 novembre 2016)

« Deux années sont passées, on a écumé les bars et les clubs de la ville (petite pensée pour feu le Booboozzz, feu le Bootleg et feu le Fridge), on a même organisé nos propres soirées dans des lieux que l’on a loués spécialement pour l’occasion. Cette soirée du 19 novembre 2016 est assez spéciale pour nous. Déjà parce qu’on invite des artistes que l’on admire, Patchworks et Voilaaa, mais aussi parce que c’est la première fois que l’on sollicite d’autres collectifs et artistes à venir travailler avec nous (Paysagistes Sans Frontières à la scéno et Marine Cardin au mapping). C’est certainement là qu’on s’est rendu compte à quel point nous aimions collaborer avec d’autres personnes, d’autres sensibilités, d’autres manières de faire et d’appréhender les événements. »

5 / Rencontre avec des déception (janvier 2018)

« Pour nous, c’était le graal, on allait ouvrir un club. Véritables oiseaux de nuits, on ne cherchaient qu’un endroit où se poser et proposer de folles soirées. Fin 2017, c’est chose faite, nous avons trouvé notre nid. On y met tout notre argent, toute notre énergie et tous nos espoirs. On passe nos journées et nos week-ends à abattre des murs, repeindre, créer du mobilier, un bar, un système son, une programmation et une identité forte pour ce lieu qui ne peut être qu’un succès. Malheureusement pour nous, ce ne sera pas le cas. On vous épargne les détails administratifs et les différentes lois qui nous ont empêché d’ouvrir ce lieu, mais La Nuit n’aura existé que le temps d’une soirée (mémorable ceci dit).

On met quelque temps à s’en remettre, mais il en faut plus pour nous mettre à terre. Cet échec va nous permettre de nous remettre en question, va nous apprendre à mieux nous structurer, mieux nous organiser et mieux nous renseigner (mais dis donc ne serait-ce pas le début de l’âge adulte ?). En tout cas, ça signe le début de notre plus grand projet, Pavillon d’été ! Si c’est difficile d’organiser des fêtes la nuit, on les fera de jour, en plein été et en plein air ! »

Crédit photo : Pierre Dehillotte-Dejean

6/ Rencontre avec la foule (3 mai 2019)

« Pavillon d’été est un véritable succès pour nous. On a la chance de pouvoir s’installer durant deux mois sur les quais de la Rive Droite, d’inviter des artistes de dingues et de proposer aux bordelais et bordelaises tous les week-ends des opens air gratuits. 

Malgré tout, il y a une tradition à laquelle on ne souhaite pas déroger, celle de fêter notre anniversaire ! Et cette année on décide de frapper fort puisqu’on s’installe Place St Michel avec les copains de Kloudbox. Notre imagination dépasse certainement la réalité, mais on sait que ça va être de la folie. Comme c’est souvent le cas, la réalité a été plus forte. C’est un des plus beaux moments de l’asso, il y avait près de 10000 personnes réunies sur la place, un magnifique mapping de Pablo Gracias sur la cathédrale, une batucada et deux chanteurs d’opéra en haut de la flèche (quasi à 100 mètres quand même). C’était magique ! »

Crédit photo : Benjamin-Guénault

7/ Rencontre avec une légende (15 novembre 2019)

« Même si notre club “La Nuit” n’a pas fonctionné, on aime bien proposer de temps en temps des fêtes nocturnes ! Pour ça, rien de mieux que le Hangar FL. C’est grand, central et il y a un système son de grande qualité. Le club permet aussi d’inviter certains artistes qui excellent dans cet exercice. C’est le cas de Paul Johnson qu’on a eu le chance de recevoir durant cette soirée d’automne 2019. Il a mis le feu au dancefloor et nous a ébloui de son talent et de sa générosité. C’est une des grandes chances que l’on a en organisant ce genre d’événement. Nous sommes amenés à côtoyer des artistes très talentueux, passionnés par la musique et l’idée de la partager. »

8 / Rencontre avec l’avenir (8, 9, 10 et 11 juillet 2021)

« On ne va pas remuer le couteau dans la plaie, mais les années 2020 et 2021 n’ont pas été très drôles. Festivement parlant c’était le néant et comme à beaucoup, ça nous a énormément manqué ! Pour ne rien vous cacher, avant cette crise sanitaire, on pensait arrêter notre activité. On se disait qu’on avait fait notre temps, qu’on avait envie d’autres choses et surtout qu’on avait en horreur l’idée de pouvoir vous lasser.

Puis Sacré Boucan est arrivé, comme un second souffle. Avec lui un nouveau concept, de nouvelles collaborations et forcément une envie décuplée de faire la fête et de vous retrouver. Ce qu’on a vécu pendant ces 4 jours est indescriptible, la joie d’être ensemble, de danser, de découvrir des artistes, l’ivresse et la liberté retrouvée. Tout ça nous a remotivé pour pas mal d’années ! »

Crédit : Pierre Planchenault
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