Alors que l’on fête cette année les 25 ans de la Virus Mixtape, on a retracé l’histoire de cette célèbre mixtape du rap bordelais avec Don Argentino, l’un des membres de Kroniker. Groupe de rap phare à Bordeaux au début des années 2000, celui-ci aura su, en à peine quelques années d’existence, marquer au fer rouge le rap bordelais de son empreinte.
Crédits photos : archives E. Dreeg et Daisy Maze Studio
Retour en 2001. À l’époque, les cassettes mixtapes sont à la mode dans le rap. Souvent à l’initiative de DJs, elles permettent de réunir sur un projet des rappeurs connus avec d’autres plus underground, qui pouvaient y voir l’opportunité de se faire connaître d’un public plus large. Le groupe Kroniker était de ceux-là.
Composé de D’oz, Don Argentino, Bilen, El Ness, Dj Hest, Uzer et du beatmaker Dr Fudge, les Kroniker ont posé sur beaucoup de mixtapes, avant de proposer la leur, la Virus Mixtape. On y trouve plusieurs noms connus du rap parisien en vogue à l’époque : TTC, La Caution, Triptik, Sheryo, Casey… on y trouve également la crème du rap bordelais en 2001 : les membres des Kroniker donc, mais aussi Grems, Booba Boobsa, Iraka 20001, Psychatrice…
Outre le fait de réunir un bon panel de rappeurs bordelais du début des années 2000, cette mixtape se distingue grâce à une autre particularité : ses instrus. Au milieu de faces B et d’instrus boom-bap traditionnelles, on peut y entendre les instrus de Dr Fudge, plus expérimentales, presque psychédéliques.
Une proposition musicale assez osée, qui s’inscrit dans la veine du rap dit « alternatif ». Une étiquette – aujourd’hui décriée – réunissant TTC, La Caution, Svinkels et autres Fuzati, qui tentait de proposer une alternative au rap de rue qui dominait à l’époque. Alors que l’on fête cette année les 25 ans de la Virus Mixtape, nous avons retracé son histoire avec Dreeg a.k.a Don Argentino, l’un des membres fondateurs des Kroniker.
La création de Kroniker
« J’habitais dans le quartier La Marègue à Cenon où j’ai commencé à faire de la breakdance. Puis j’ai déménagé à Mérignac. D’oz habitait à deux cités à côté. Nos petites sœurs allaient dans la même école, on s’est connus à ce moment-là. Mais on ne se fréquentait pas trop au début parce qu’il était plus jeune.
On faisait des soirées dans le garage d’un de ses potes jusqu’à tard (…). Un soir, j’y ai même croisé SuperMicro a.k.a Grems aujourd’hui. Ça freestylait, ça faisait des cyphers.
Dreeg a.k.a Don Argentino
Finalement on a commencé à se voir par l’intermédiaire du skate, puis du graffiti, puis grâce au rap. On est entre 1993 et 1997. Lui, il rappait déjà. On faisait des soirées dans le garage d’un de ses potes jusqu’à tard, à boire des bières, fumer des spliffs, et rapper. Un soir, j’y ai même croisé SuperMicro a.k.a Grems aujourd’hui. Ça freestylait, ça faisait des cyphers. »

« Puis j’ai rencontré Bilen, ou Daddy Len Bi, qui faisait partie d’une autre cité. Il faisait du ragga. On a eu envie de faire un groupe avec lui et un autre gars qui s’appelait Momo qui rappait super bien. C’est lui qui m’a fait rencontrer Dr Fudge, qui avait des platines, et qui commençait déjà à produire. D’oz était encore en solo à ce moment-là. Un jour, on a un plan pour faire un concert à une fête de la musique. On l’invite à ce concert. Tout le monde était là. C’était notre premier concert.
On enchaînait les soirées. On se voyait sur les parkings. On mettait des instrus, et on rappait. Au bout d’un moment, en 1997, on s’est dit que ce serait bien de créer un vrai groupe. D’oz, de son côté, a commencé à ramener les autres rappeurs Uzer et El Ness, et Dj Hest. On les connaissait déjà du graffiti à Mérignac. On décide de créer Kroniker à l’issue d’une grosse beuverie durant laquelle on buvait que de la Kronenbourg. On était les niqueurs de Kronembourg… C’est devenu les Kroniker. Ça vient d’un truc d’impro. »

On a enregistré notre premier titre pour sa 36e mixtape en 1999. À partir de là, tout le monde nous voulait. On était le groupe de Bordeaux qu’on demandait pour les mixtapes.
Dreeg a.k.a Don Argentino
Les mixtapes parisiennes
« El Ness avait pas mal de contacts sur Paris, dont La Funky Maestro du crew de DJ Poska. On a enregistré notre premier titre pour sa 36e mixtape en 1999. À partir de là, tout le monde nous voulait. On était le groupe de Bordeaux qu’on demandait pour les mixtapes. On en a enregistré pour beaucoup de DJ. Cut Killer, Cutee B, Poska, les mixtapes Label Rouge, Coup de Pression, Maximum Boycott… On a enregistré des titres pour une vingtaine de mixtapes je pense. Et encore, D’oz était à Paris lui, donc je pense qu’il a dû poser sur une cinquantaine.
Les premiers enregistrements qu’on a fait, c’était chez DJ Steady. Ça coûtait un bras. Il fallait acheter des bandes, payer le studio, Steady… autant essayer d’apprendre par nous-même. Du coup, avec Dr Fudge on a fait une petite initiation MAO au Krakatoa. Et avec l’argent des lives, on a commencé à acheter du matos pour pouvoir être autonomes. »

La Virus Mixtape
« À cette époque D’oz a eu un parent décédé. Et avec une partie de son héritage, il a acheté des platines, des vinyles… C’est lui qui a mis les sous pour la production. On a fait les enregistrements des rappeurs bordelais, on a fait les mix… on avait pas trop les compétences, mais on a fait ce qu’on pouvait. Et c’est DJ Steady qui a fait le mastering dans le studio de Browntown.
La pochette a été faite par Dabaaz de Triptik. Il est graphiste à la base. La cover nous a bien aidé aussi, car elle était originale, elle se démarquait des autres. Notamment avec des graffitis de Rekm, de Scaner et quelques photos explicites. »
On a édité la Virus Mixtape à 1000 exemplaires. On l’a vendu en 9 mois. À l’époque, c’était énorme. On a été mixtape numéro 1 pendant longtemps à Strictly.
Dreeg a.k.a Don Argentino

« On l’a édité à 1000 exemplaires. On l’a vendu en 9 mois. On a été mixtape numéro 1 pendant longtemps à Strictly (shop hip-hop référence de Bordeaux devenu magasin de street-wear, ndlr). À l’époque, c’était énorme. Il n’y avait pas internet, il n’y avait pas de code barre… On a fait ça de manière totalement artisanale.
C’était du rap progressif, du rap électro. On a perdu des gens, et on a gagné des gens. C’était nouveau, quelque chose qu’on n’avait jamais entendu. En vrai, il y a un peu de tout dessus. Des choses electro, d’autres plus classiques, boom-bap. »
Triptik, La Caution, Casey, TTC… Ils nous ont fait confiance. Ils ont vu que D’oz rappait bien, ils avaient du respect pour lui.
Dreeg a.k.a Don Argentino
« Au début des années 2000, des émissions web commençaient à se développer. Il y avait notamment une émission qui s’appelait Grek Frite animée par Teki Latex. Tous les rappeurs de l’underground y allaient, et D’oz y était tout le temps. C’est comme ça qu’il s’est connecté avec tous les parisiens qui sont sur la mixtape. Triptik, La Caution, Casey, TTC… Ils nous ont fait confiance. Ils ont vu que D’oz rappait bien, ils avaient du respect pour lui. El Ness bougeait beaucoup avec son taf, du coup il en mettait partout où il pouvait.
Moi, j’avais une petite copine en Allemagne, près de Cologne. Là-bas, il y avait le magasin Groove Attack, qui était aussi un label, qui distribuait tous les groupes underground de l’époque. Impossible d’avoir un rendez-vous avec le D.A. Par contre, il y a un des vendeurs qui était intrigué par la pochette. Il ne connaissait aucun des noms dessus, mais il me demande quand même une cassette pour la faire écouter à ses potes DJ. Le lendemain, il me dit qu’ils ont grave kiffé, que la cassette est ouf. Il me dit que c’est avant-gardiste. Il me prend toutes les cassettes que j’ai sur moi. »
« En rentrant à Bordeaux, je reçois un mail me disant qu’ils ont vendu toutes les cassettes. Il voulait m’en reprendre. Je lui en envoie 500. Quelques semaines plus tard, il me dit qu’il a tout vendu. Ils en distribuaient jusqu’en Europe de l’est, et même en Italie. Il me demande s’il en reste. On en garde quelques-unes, et on lui envoie les 300 dernières. On a voulu en re-presser. Sauf qu’on avait perdu le D.A.T… Donc c’en est resté là.
On aura quand même réussi à faire parler de nous au-delà de Bordeaux, et même au-delà de la France. Si on avait réussi à en refaire, on aurait peut-être fini mixtape d’or comme DJ Poska (rires). Ça fait plaisir d’entendre que la Virus Mixtape avait été écoutée par les jeunes de l’époque. Rackam, Epis, ce sont un peu nos enfants. Ils continuent aujourd’hui. Ça fait plaisir à voir.
À la suite de ça, D’oz a fait son titre avec « Le piège » avec Triptik, « Coffee Shop » avec TTC. Il avait été reçu chez Delabel qui produisait IAM à l’époque. Il a refusé de bosser avec eux parce qu’il voulait que ce soit Kroniker qui soit signé, pas uniquement lui. Le mec de Grek Frite a aussi voulu nous signer. Bursty de De Brazza pareil. »
« On a eu pas mal de propositions, mais ça ne s’est jamais concrétisé. On était pas dans le business. On adorait faire des concerts, mais c’était compliqué de tous nous réunir. On avait nos vies. On a quand même enchaîné avec le Maximum Boycott de De Brazza, l’album de Sept, l’EP de Grems. De Brazza avait même demandé à D’oz de faire un album.
Ce qu’il a fait. Il l’a écouté, et il a dit que c’était trop avant-gardiste. Il n’y avait qu’un seul morceau qu’il aimait. D’oz l’a quand même sorti sur YouTube. Il s’appelle « Mémoires ». Il avait aussi sorti un best-of de toutes ses collaborations. »
La fin de Kroniker
« On a splitté parce qu’on a eu des désaccords humains. Avec D’oz, on était prêts à en découdre avec l’industrie. Les autres, un peu moins… avec la mixtape, on avait fait pas mal de sous qu’on a ré-investi dans la musique. On avait du matos, et on savait pas trop comment le répartir entre nous. On s’est notamment pris la tête par rapport à ça.
Entre-temps, on a quand même fait des premières parties de ouf comme El-P et Cannibal Ox. On s’est séparés vers 2002-2003. On était sur un album. On avait enregistré des titres chez Steady. Peut-être qu’on le sortira un jour. Il y a deux ou trois morceaux qui étaient vraiment bien… On a sorti des instrus avec Dr Fudge récemment. Ce sont des instrus qu’on avait fait pour l’album. »
Avec D’oz, on a continué. On a rencontré des musiciens, et on a monté un groupe qui s’appelle Weed brothers. On a signé en licence sur un label du Bassin d’Arcachon. On est partis pendant 3 semaines dans un château pour enregistrer. C’était la Star Academy (rires)
Dreeg a.k.a Don Argentino
« Avec D’oz, on a continué. On a rencontré des musiciens, et on a monté un groupe qui s’appelle Weed brothers. On a signé en licence sur un label du Bassin d’Arcachon. On est partis pendant 3 semaines dans un château pour enregistrer. C’était la Star Academy (rires). On répétait le matin, et on enregistrait l’après-midi. Il y avait une piscine… c’était ouf. On a fait un album qui s’appelait Non-fumeur. C’est un peu du rap-jazz. Il y a aussi des trucs bossa nova, et électro. C’est éclectique. Mais on regrette de l’avoir sorti aussi vite, de ne pas être revenu un peu dessus avant.
Entre-temps j’ai rencontré Brother Lion, le chanteur de Shaolin Temple Defenders, un groupe de soul et funk en vogue à Bordeaux à l’époque. On a monté le collectif Soul Revolution. Notre premier album One more time est sorti en 2012 chez Soulbeat records. Il y avait des musiciens, des rappeurs, dont Keurspi. D’oz en a fait partie aussi. Mais il est vite parti pour revenir à son premier amour : le graffiti.
D’oz ne veut plus entendre parler de musique aujourd’hui. Il veut plus faire d’interviews. Il a tourné la page… mais il s’intéresse toujours à la musique. On s’envoie des morceaux de temps en temps. On reste des frérots. Il vit à Paris. Il voulait rester proche de sa mère. »
Le rap bordelais
« Grems, il est pas de Bordeaux au départ. Il est de Vitry. On va dire qu’on a eu quelques désaccords avec lui… Mais aujourd’hui, ça me ferait plaisir de parler de toute cette époque avec lui.
Sur la mixtape, on peut aussi trouver Tareek, avec qui je suis encore en contact, et qui a récemment sorti un projet avec DJ Steady. Il était plus jeune que nous. Quand on l’a rencontré, il faisait du graffiti et il rappait déjà super bien.
Il y avait aussi la Psykatrice de Da10 Keuss, Phoniks et DJ Lorenzo, qui tient toujours le magasin Strictly. Il y avait aussi Iraka 20001, un des rares qui est encore dans la musique. Il fait des ateliers maintenant. Il avait signé avec un groupe de jazzmen. Il avait une écriture et une voix atypique, il sortait du lot. Il allait bien avec Uzer. »
Ici, tout le monde se tirait un peu dans les pattes. Mais le fait d’enregistrer chez Steady nous a aidé à nous réunir le temps d’un projet.
Dreeg a.k.a Don Argentino
« Il y avait aussi OSC, Original Soul Controler, qui ont sorti par la suite les mixtape Kuality Street. Sur la Virus Mixtape on peut trouver Booba Boobsa, DJ Steady, Dr Slang, Djamel et Nesta, qui rappait en espagnol.
On n’avait pas tant d’affinité avec la scène bordelaise. Ils ne nous aimaient pas trop, on s’est fait clasher plein de fois. À la furie hip-hop notamment, un concert organisé par Philippe Gomis à la Rock School Barbey. Il y avait tous les groupes de Bordeaux. On est arrivés en mode Wu-Tang, on sautait partout. Au départ, les gens connaissaient notre musique, mais pas nos têtes. Quand ils ont découvert qu’on était pas des renois ni des rabzas… Bon, il y avait quand même Bilen, moi qui suis d’origine chilienne. Mais on était que des blancs avec des origines étrangères pour la plupart.
Ici, tout le monde se tirait un peu dans les pattes. Mais le fait d’enregistrer chez Steady nous a aidé à nous réunir le temps d’un projet. Strictly aussi. C’était l’endroit où tout le monde se réunissait. Mais il n’y avait pas vraiment d’unité, plutôt de la jalousie. Et dès qu’il y a de l’argent, c’est encore pire. Alors que c’est quand même un bonheur de pouvoir être payé pour rapper, pour pratiquer ton art… Moi j’ai ré-investi tout mon argent dans mon art. Pour moi, l’argent de la musique revient à la musique. »
Dr Fudge nous a fait écouter ses instrus qui mélangeaient rap et musique électro, et on a kiffé. Grâce à cela, on a touché un nouveau public, des gens qui écoutaient de l’électro, et qui se retrouvaient dans notre musique. Ça nous a servi, autant que ça nous a desservi.
Dreeg a.k.a Don Argentino
Du rap expérimental ?
« On a rien inventé hein… Le rap vient des USA. Il y avait Company flow et Antipop Consortium qui le faisaient déjà… mais à l’époque, Dr Fudge était très influencé par Aphex Twin et Square Pusher, des artistes électro underground à l’époque. Moi j’étais pas trop là-dedans au départ. J’écoutais le Wu-Tang, A Tribe Called Quest, des groupes assez classiques.
Mais Dr Fudge nous a fait écouter ses instrus qui mélangeaient rap et musique électro, et on a kiffé. Grâce à cela, on a touché un nouveau public, des gens qui écoutaient de l’électro, et qui se retrouvaient dans notre musique. Ça nous a servi, autant que ça nous a desservi. »
Energy Dreeg
« Au départ on m’appelait Pit Argentin. C’est Grems d’ailleurs qui m’avait pas appelé comme ça. Parce que je suis hargneux et que je suis né à Mendoza en Argentine. Don Argentino, c’est plutôt les meufs. J’étais beau gosse à l’époque (rires). Aujourd’hui, mon nom, c’est Dreeg. C’est ma sœur qui m’a appelé comme ça au départ. Comme on buvait beaucoup de Red Bull, d’énergie drink, c’est devenu Energy Dreeg. Les surnoms, ce sont les autres qui les choisissent pour toi.
Moi, aujourd’hui, je continue à produire. Ça fait 4 ans que je suis intermittent. J’ai toujours fait du graffiti, de la peinture, du graphisme, du studio, les vinyles… je fais des masterclass de DJ, des expos, des DJ sets aussi. Ça, c’est venu malgré moi. Mon ex de l’époque m’a dit que je la faisais chier avec mes vinyles. Que je les utilisais uniquement pour prendre des samples dessus, mais qu’après, je m’en servais plus. Par fierté, j’ai dit que j’allais lui montrer le contraire en faisant des DJ sets avec (rires). Je n’ai pas fait de formation. Mais j’ai vu tellement de concerts, fait tellement de fêtes, que c’est venu naturellement. Depuis, je ne me suis jamais arrêté. »
Le hip-hop, c’est la culture de la débrouille. Avec zéro, tu peux gagner de l’argent. L’année prochaine, ça fera 30 ans que je suis dedans.
Dreeg a.k.a Don Argentino

« Le hip-hop, c’est la culture de la débrouille. Avec zéro, tu peux gagner de l’argent. L’année prochaine, ça fera 30 ans que je suis dedans. Un jour, ma fille était avec une de ses copines. Elles parlent de mes tableaux, et elle dit : “mon père, il fait de l’argent avec des cartons” (rires). La culture hip-hop, c’est ça. Maintenant, tout va plus vite. On peut faire des hits en deux secondes… moi je suis pas forcément contre l’I.A. Dans tous les cas c’est là, donc il faut s’adapter. Aujourd’hui, avec la technologie, on peut enregistrer un projet en une semaine. Tu peux faire un morceau en deux heures. Avant, ça prenait des semaines.
Il faut être productif, et sortir les choses. Pas quand il est trop tard. Moi j’ai un 5 titres qui devait sortir il y a 5 ans… Finalement c’est sorti il y a pas longtemps, et c’était un peu trop tard. Mais j’ai d’autres projets en cours. On continue, on ne s’arrête pas. Et ça fait 30 ans que ça dure. »
