Entretien avec le géographe Arthur Guérin-Turcq, spécialisé dans les conflits en forêt. Il revient pour Le Type sur les causes du mégafeu qui ravage la Gironde en cet été 2026 et les enseignements que nous pourrions en tirer pour l’avenir du territoire.
Crédit photos : Romain Fabry (post-incendies de 2022, La Teste-de-Buch)
À l’été 2025, la plateforme Slikke, lancée par Le Type au lendemain des incendies de 2022, organisait une exposition à La Teste-de-Buch : « Un Bassin silencieux ? » visant à explorer artistiquement 5 risques menaçant le territoire du Bassin d’Arcachon. Arthur Guérin-Turcq figurait parmi les chercheurs et chercheuses mobilisé·es pour guider la réflexion de ce travail. Géographe de l’environnement, spécialisé dans les conflits en forêt, il a consacré sa thèse à la forêt périurbaine française.
Suite aux incendies de 2022 en Gironde et dans les Landes, Arthur Guérin-Turcq a été co-responsable scientifique du projet de recherche-action « Habiter les cendres » consacré à cinq villes forestières et périurbaines affectées par les incendies de l’été 2022 en Gironde : Belin-Béliet, Hostens, Landiras, Saumos, et Cazaux, un quartier de La Teste-de-Buch. Dans cet entretien pour Le Type, il revient sur les causes du nouveau mégafeu qui ravage la Gironde à l’été 2026 et les leçons que nous pourrions en tirer pour l’avenir du territoire.
Ce qui est en train de se produire n’est absolument pas une surprise.
Arthur Guérin-Turcq

Le Type : Au sujet des feux de forêt, tu indiquais dans une interview pour Libération le 5 juillet dernier : « Il est évident que le pire est à venir cet été. » Nous y sommes. Qu’est-ce qui te faisait dire ça ?
Arthur Guérin-Turcq : Au moment de l’interview, il y avait déjà eu des épisodes caniculaires très intenses, fin mai, début juin. La canicule a repris fin juin, particulièrement la dernière semaine, et ça a continué jusqu’au 14 juillet – c’était très éprouvant. Avec une végétation très sèche dès la fin juin, il était évident qu’il allait y avoir des incendies de grande ampleur juste après. Ça s’est vérifié avec Fontainebleau, puis avec la forêt landaise. Ce qui est en train de se produire n’est absolument pas une surprise.
La canicule permet en partie d’expliquer ce phénomène. Après, tout dépend de l’échelle à laquelle on se place. À une échelle plus large, on peut parler de l’accélération du changement climatique. Mais si on prend les conditions précises du moment, ce sont surtout les fortes chaleurs et la sécheresse.
Peux-tu revenir sur le modèle de gestion de la forêt landaise ? En quoi contribue-t-il à éclairer la situation actuelle ?
La forêt landaise est souvent décrite comme artificielle. On lui accole cet adjectif parce que ce n’est pas une forêt naturelle : c’est une forêt plantée, sur décision de Napoléon III, par le décret de 1857. Avant cette grande plantation de pins maritimes, il y avait des espaces humides, des marécages, qu’on appellerait aujourd’hui des « zones humides » : des landes. Une lande, c’est un espace ouvert, ce n’est pas une forêt. Il y avait là un grand triangle où se pratiquait un agro-pastoralisme séculaire.
Cette plantation landaise, dans la mythologie qu’on en fait, c’est le récit d’avoir « sauvé » cette région de la misère grâce au pin maritime salvateur.
Arthur Guérin-Turcq

Dans un contexte de colonisation intérieure des territoires ruraux français, il fallait faire entrer ce triangle landais dans le capitalisme naissant. C’est aussi le moment où arrive le chemin de fer. Cette plantation landaise, dans la mythologie qu’on en fait, c’est le récit d’avoir « sauvé » cette région de la misère grâce au pin maritime salvateur, qui aurait permis d’éradiquer les maladies, de sortir de la pauvreté les « pauvres landais » qu’on aurait par ailleurs réussi à civiliser par la plantation. Il y a vraiment un côté « mission civilisatrice », très net dans les discours des ingénieurs de l’époque.
Il faut avoir en tête que cette forêt landaise s’est construite contre le feu.. Quand les plantations ont commencé, les bergers ont d’ailleurs mis le feu aux jeunes plants de pins maritimes : ils étaient contre cette expropriation de leur territoire pastoral. Ça a été assez violent, ça ne s’est pas fait avec l’acceptation des populations. Il y a eu une privatisation des terres communes.
Ça peut paraître contre-intuitif, mais il vaut mieux de petits feux réguliers pour éviter les grands feux qu’on connaît aujourd’hui.
Arthur Guérin-Turcq
Cette forêt s’est construite contre le feu au sens où il y a eu, dès le début, une éradication de tout feu. Faire de la forêt suppose d’éradiquer le feu, donc d’appliquer ce qu’on appelle aujourd’hui, dans le vocabulaire des pompiers, la « stratégie d’attaque du feu naissant » : éteindre dès que le feu apparaît. Le problème, c’est que si on ne laisse jamais brûler la forêt, on la fragilise à long terme, car l’écosystème forestier a besoin d’un peu de feu régulièrement pour se régénérer. Une forêt qu’on ne laisse jamais brûler devient de plus en plus vulnérable aux grands incendies. Ça peut paraître contre-intuitif, mais il vaut mieux de petits feux réguliers pour éviter les grands feux qu’on connaît aujourd’hui.
Cette forêt landaise est dite artificielle, monospécifique, avec une seule essence majoritaire – le pin maritime – exploitée pour le bois mais aussi pour la résine, jusque dans les années 1960-1970. Au fil du XXe siècle, elle a beaucoup évolué. Les rotations de plantation sont de plus en plus rapides, ce qui donne des pins de moins bonne qualité. Le nombre de tiges à l’hectare augmente aussi, la densité de bois est beaucoup plus importante. Cette forêt est sur une trajectoire productiviste, avec une industrialisation et des débouchés de plus en plus présents dans la papeterie : du papier, mais surtout du carton d’emballage, comme ceux des colis Amazon par exemple. La forêt landaise est la première forêt cultivée d’Europe.

Le pin maritime est-il une partie du problème ?
Il n’y a pas de « bonnes » essences qui ne brûlent pas et de « mauvaises » essences qui brûlent. Une essence n’est pas mauvaise en soi, même si certaines caractéristiques font que certains bois brûlent plus vite que d’autres – l’eucalyptus, par exemple, brûle très vite, et le Portugal, où il est très présent, est le pays qui brûle le plus en Europe.
Le nœud du problème, c’est la monoculture, la façon dont on cultive ce pin maritime selon un modèle productiviste qui n’envisage rien d’autre que du pin.
Arthur Guérin-Turcq
Le pin maritime, et les conifères en général, brûlent plus rapidement. Il vaut mieux des forêts mixtes, qui retiennent davantage d’humidité et limitent donc la vitesse de propagation du feu, plutôt que des monocultures de pin maritime comme aujourd’hui, plus sèches, qui aggravent cette vitesse de propagation. Mais en soi, le pin maritime n’est pas le problème. On ne peut pas réduire la question à celle de l’essence, même s’il faut effectivement diversifier les massifs.
Le nœud du problème, c’est plutôt la monoculture, la façon dont on cultive ce pin maritime selon un modèle productiviste qui n’envisage rien d’autre que du pin. D’ailleurs Macron a dit hier qu’on allait replanter différemment. Je trouve ça révélateur : que ça se traduise ou non par des actes concrets de la part du gouvernement, le simple fait de le dire montre que la fragilité du modèle landais est reconnue au plus haut sommet de l’État.
Ce qui est remis en question, c’est donc ce modèle de l’extractivisme ?
Oui, complètement. Quand je parle de productivisme, c’est aussi une forme d’extractivisme : il faut extraire la ressource le plus vite possible, sortir le maximum de matériaux dans le moins de temps possible – d’où des essences qu’on fait pousser de plus en plus vite. La forêt landaise est appréhendée comme un territoire d’extraction : pour le bois, mais aussi, historiquement, pour les mines de lignite, qu’on a un peu oubliées mais qui brûlent aussi dans le sol, ou pour le pétrole, à La Teste, à Parentis.
Ce territoire est un arrière-pays extractiviste pour les métropoles de Bordeaux et de Bayonne.
Arthur Guérin-Turcq

C’est un arrière-pays extractiviste pour les métropoles de Bordeaux et de Bayonne, où ces marchandises transitent : dès le XIXe siècle, les pins de la forêt landaise étaient envoyés en Angleterre pour soutenir les mines et les chemins de fer anglais, qui manquaient de bois pour leurs galeries de mine et leurs poteaux de chemin de fer.
Il faut sortir du triangle landais et voir qu’il est complètement inséré dans la mondialisation, dans les échanges. C’est important de réfléchir à l’échelle régionale, à l’échelle du massif, mais aussi de le replacer dans ses interconnexions économiques et politiques.
As-tu observé une prise de conscience quant à la fragilité de ces forêts après le méga-feu de l’été 2022 ?
Des discours qui étaient complètement inaudibles et disqualifiés avant 2022 le sont moins aujourd’hui. Dire qu’il n’y a que le pin maritime qui pousse dans les Landes, c’était la doxa. Depuis 2022, ça fléchit : Alliance Forêt Bois, la première coopérative forestière du massif, parle désormais de « forêt résiliente » ; de « forêt mosaïque », de « mélange d’essences ».
C’est la grammaire de l’écologie qui est réappropriée par le premier acteur forestier du massif. Certains diront que c’est du greenwashing, mais ça montre aussi une volonté de s’adapter et de répondre aux critiques, de dépasser la position historique du milieu forestier landais, celle des ingénieurs du XIXe siècle qui ne jurait que par le pin, présenté comme salvateur, source de richesse.
En réalité, il n’y a pas que le pin qui pourrait pousser : c’est qu’on a éradiqué les autres essences, et la monoculture a appauvri des sols déjà pauvres. Faire pousser du feuillu aujourd’hui est donc compliqué. Une diversification du massif est nécessaire, et j’espère qu’elle se fera à plus grande échelle après 2026. Mais dans l’immédiat, il me semble que la mesure d’urgence, à très court terme, c’est d’envisager autre chose que de la forêt ; peut-être autre chose que du pin, ou autre chose que de la forêt tout court, dans le triangle landais.
C’est ce que certain·es écologues appellent la « fin du paradigme landais » ? Tu en parles dans ton article « Le feu et le capital » paru dans Études Rurales.
Oui : le paradigme landais, c’est l’idée qu’il n’y a que le pin qui pousse dans les Landes. Il faudrait briser ce tabou, sortir du « on va replanter comme avant ». Même en mettant des feuillus en bordure, le feuillu brûle aussi. C’est moins pire, mais ce n’est pas ça qui protège les habitations. Le feu est parti très vite et a atteint directement Le Porge : rien n’était là pour retenir et limiter sa vitesse de propagation.
Il aurait fallu mettre en place de grandes coupures de combustible – ce que j’appelle une « trame rouge » – à l’échelle de chaque commune. Par exemple, même si le feu avait quand même touché Le Porge, ça aurait permis de donner, comme disent les pompiers, des « zones d’appui », qui auraient été d’une grande aide pour intervenir et maîtriser le feu, ou en tout cas éviter qu’il dégénère comme il l’a fait.
Il n’y a pas de solution miracle qui permettrait de tout maîtriser, mais il y a des solutions qui protègent mieux les populations. Les coupures sont nécessaires mais il faut les anticiper, et éviter de les faire à la va-vite. C’est rassurant de voir que des travaux forestiers sont en cours. Mais ils se font dans l’urgence. Ça fait prendre des risques inconsidérés aux exploitants forestiers et à toutes les personnes bénévoles qui font ça en pleine chaleur, à 2 kilomètres du feu.
Par ailleurs, des réserves biologiques sont peut-être aussi coupées. Dans l’urgence, on ne se pose pas ces questions. L’important serait de pouvoir anticiper, de planifier ces aménagements en amont : où coupe-t-on, sur quelle largeur, avec quels propriétaires forestiers ? Ce serait une façon d’avoir des plans de coupe collectivement acceptés.

Tu évoques aussi dans cet article une autre solution parfois mise en œuvre : un paradigme plus « techniciste » : l’usage croissant de technologie de surveillance…
Une des solutions privilégiées, c’est effectivement ce que j’appelle ce paradigme techniciste. Ça consiste à répondre à la question du risque incendie uniquement comme à un problème technique. Je n’entends pas disqualifier l’approche technique : il y a de vraies questions techniques qui se posent, sur la façon de faire un pare-feu par exemple. Après 1949, on a mis en place les aménagements DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie, ndlr), les pistes qui facilitent l’accès au massif pour éteindre le feu plus vite. On parle aussi de moyens de lutte, du nombre de Canadair, de drones intelligents pour repérer les feux le plus tôt possible grâce à l’intelligence artificielle.
Derrière l’approche technique se cache parfois, en réalité, une volonté de conserver le modèle gestionnaire landais en place.
Arthur Guérin-Turcq
Tout ça est important, nécessaire. Mais les questions sur le risque incendie se limitent souvent à ça. À ces enjeux très technicistes, au manque de moyens, au manque de Canadair. C’est important de revendiquer des moyens supplémentaires, mais il ne faut pas que ça dépolitise le sujet. La question de l’incendie est politique : quelle forêt veut-on. Derrière l’approche technique se cache parfois, en réalité, une volonté de conserver le modèle gestionnaire landais en place.
C’est une fuite en avant techniciste : on aura beau avoir des drones toujours plus performants et toujours plus de Canadair, il faudra toujours plus de moyens pour venir à bout de ces incendies tant que la monoculture n’aura pas été interrogée d’un point de vue économique et politique. C’est, à mon avis, le cœur du problème – et il ne faut pas négliger non plus le conservatisme du lobby forestier.
Je ne veux pas tirer de conclusion trop hâtive, mais j’ai l’impression que les acteurs économiques du milieu forestier vont devoir répondre à des critiques assez frontales. Après 2022, il y a eu assez peu de réactions politiques fortes ; il y a bien eu des lois, mais elles ont surtout accéléré la financiarisation de la forêt, sous couvert de prévention du risque incendie.
Là, avec l’évacuation d’une partie de l’agglomération bordelaise, avec des sites Seveso menacés, avec des territoires aussi riches que la Gironde et le Bassin d’Arcachon en jeu, quand il y a une vraie menace sur des intérêts économiques et stratégiques importants, le pouvoir politique fait parfois des choix plus tranchés. Je pense qu’il y a une prise de conscience que la situation peut vraiment dégénérer. Ça va être intéressant de voir comment le milieu forestier va réagir et défendre ses positions.
Il va falloir renoncer – pas partout, mais en partie – à avoir du pin autour des villages. C’est une approche d’aménagement du territoire, mais c’est aussi une approche politique, parce que les collectivités et les habitant·es peuvent décider collectivement de se réapproprier ces nouveaux espaces entre forêt et villages.
Arthur Guérin-Turcq
Si ces incendies sont politiques, que le modèle d’exploitation de cette forêt est questionné : comment s’assurer que son avenir soit un sujet de discussion collectif ?
La forêt landaise est à 90 % en propriété privée, gérée et agencée par des coopératives forestières. C’est un secteur économique qui a une forme de monopole sur ce territoire. Il y a en réalité assez peu de contre-pouvoirs politiques ou économiques face à ce modèle sylvicole. Le seul vrai contre-pouvoir, c’est quand ce modèle vient percuter des enjeux plus importants, comme les sites industriels de Mérignac, Saint-Médard, ou les espaces prisés du Bassin d’Arcachon.
C’est un peu ce qui s’est passé au Portugal. C’est intéressant de regarder comment ça s’est joué ailleurs : là-bas, après des incendies beaucoup plus meurtriers, il y a eu une régulation de la plantation d’eucalyptus, obtenue au forceps, malgré une résistance très forte du lobby de la papeterie. Le traumatisme a quand même été assez fort pour que les députés fassent passer des mesures de régulation. Le Portugal n’est pas sorti de son problème de plantation d’eucalyptus pour autant, mais il y a eu une prise de conscience, actée politiquement, avec des mesures concrètes de limitation des plantations en bordure d’habitation.

Quand les habitant·es sont impliqué·es dans la lutte contre le feu, ça recrée du collectif. Et de ce moment collectif que constitue l’incendie peut naître une prise de conscience qui débouche sur la réappropriation d’un territoire. Bref, sortir de la monoculture pour se réapproprier la forêt et l’habiter autrement.
Arthur Guérin-Turcq
Il s’agit d’une politique de renoncement : il va falloir renoncer, pas partout, mais en partie, à avoir du pin autour des villages. C’est une approche d’aménagement du territoire, mais c’est aussi une approche politique, parce que les collectivités et les habitant·es peuvent décider collectivement de se réapproprier ces nouveaux espaces entre forêt et villages. Ça peut être un levier de reprise en main, de repolitisation, de faire-collectif – d’ailleurs l’urgence et la crise permettent aussi ça. Quand les habitant·es sont impliqué·es dans la lutte contre le feu, ça recrée du collectif. Et de ce moment collectif que constitue l’incendie peut naître une prise de conscience qui débouche sur la réappropriation d’un territoire. Bref, sortir de la monoculture pour se réapproprier la forêt et l’habiter autrement.
On peut imaginer, aux abords des villages, des espaces de discussion collective : qu’est-ce qu’on fait à la place du pin ? Est-ce qu’un maraîcher bio veut s’installer ? Est ce qu’on finance un pâturage pour entretenir l’espace ouvert ? Tous ces espaces qui vont être libérés – je pense aux énormes coupe-feux faits à Lacanau – qu’est-ce qu’on met à leur place pour les entretenir ? Ça peut aussi faire l’objet d’une discussion collective sur ce que les habitant·es veulent. Il peut donc y avoir une repolitisation pendant et après l’incendie.
Bien que l’espace forestier soit agencé par l’économie, que ce soit une forêt « artificielle », en monoculture, qui ne correspond pas à notre imaginaire de la belle forêt – Fontainebleau, en quelque sorte, en est le contre-modèle –, c’est aussi un espace d’attachement et d’affect pour ses habitant·es comme pour ses touristes.
Je pense qu’il y a un coup politique à jouer en s’appuyant sur cet attachement au territoire : dire que pour sauver notre forêt, il faut la réformer, accepter qu’elle recule un peu pour qu’on en sauve l’essentiel. Parce qu’aujourd’hui, on continue sur la monoculture avec du pin planté littéralement derrière la haie du barbecue. Personne ne veut reculer — ni le promoteur immobilier, ni le sylviculteur. Est-ce qu’on ne peut pas sortir de cette configuration, imaginer d’autres réappropriations, pour sauver l’essentiel ?
Il va falloir prendre en compte la panique des gens, des sinistré·es et de ceux qui ont été évacués. Qu’est-ce que ça fait, d’être réfugié climatique ? Est-ce que ces gens se considèrent eux-mêmes comme tels ? Les mots vont avoir leur importance dans cette prise de conscience. Après, je ne me fais pas d’illusions : tout le monde reprendra sa vie à l’automne. Mais tant qu’on est dans ce moment, autant poser le bon diagnostic, pour permettre d’enclencher des politiques à la hauteur.
