5 villes inspirantes pour le « skate-urbanisme » vues par Leo Valls du festival Connect

Passage en revue de quatre villes inspirantes pour la pratique du skate selon Leo Valls. Le skateur bordelais est l’un des co-organisateurs du festival de « skate-urbanisme » Connect, dont la troisième édition se déroulera à Bordeaux du 24 au 27 septembre.

Crédit photo : Leo Valls par Mike Atwood

À l’occasion de la troisième édition du festival Connect qui prend place à Bordeaux du 24 au 27 septembre, Le Type a rencontré Leo Valls. Le skateur-activiste originaire de Bordeaux a créé, aux côtés de l’agence Côte Ouest, un festival international autour de la culture du skate qui rassemble des acteurs du monde entier autour de la problématique du lien entre cette pratique et l’urbanisme – une notion appelée le « skate-urbanisme ».

À travers ses nombreux voyages autour du globe, Leo a pu découvrir les différentes formes d’expression de la pratique de skate. Chaque ville possède une identité propre basée sur le contexte urbain et socioculturel mais aussi en fonction du parcours des pratiquant·es de cette activité. Une exploration de certaines de ces villes s’impose.

Bordeaux, le point de départ

Dans les années 2000 à 2010 la relation entre skateur·euses et riverains était inexistante à Bordeaux. La situation conflictuelle autour du partage de l’espace public pouvait conduire à des amendes conséquentes pour les pratiquant·es de ce sport. Il a ainsi fallu un « long travail de médiation » explique Leo Valls suivie d’une démarche d’intégration et de discussions avec la mairie ainsi que les riverains afin de faire valoir la culture skate au sein de la métropole bordelaise. 

L’idée d’un tel dialogue était de trouver un moyen d’intégrer la pratique du skate dans l’espace public de manière légère et respectueuse pour toutes et tous. Car la pratique du skate ne peut pas se contenter des terrains de sports et skateparks. Le skate est un outil pour créer avec la ville, il récompense l’exploration et la créativité. 

Grâce au travail effectué depuis une dizaine d’années et en s’inspirant de ce que peuvent faire d’autres villes en terme de cohésion entre skateur·euses et espaces publics, aujourd’hui ils et elles peuvent investir des lieux emblématiques de Bordeaux comme le Miroir d’eau, la Place Pey Berland ou encore les Quais, pour faire parler leurs talents dans l’entente et le respect mutuels.

Malmö, la source d’inspiration

La ville des Malmö fait partie des références mondiales en termes de skate-urbanisme. Depuis 20 ans, la ville suédoise déploie une approche vertueuse et ambitieuse au service des amateur·ices de planche à roulette. Une particularité sûrement unique au monde : la mairie emploie depuis 2014 un coordinateur skate municipal qui travaille spécifiquement autour de cette question de l’intégration du skate aux espaces publics. La culture du skate y est valorisée, encouragée et fait partie intégrante des décisions du conseil municipal. 

Via cette initiative, la ville conçoit des parcs réservés aux skateboarders et aux skateboardeuses. La première construction est le Stapelbäddsparken, un parc en béton de 1800m² créé sur d’anciennes cales portuaires. Trois autres parcs majeurs sont également présents aujourd’hui dans différents quartiers de la ville. À l’initiative de Leo Valls, la ville suédoise et la métropole bordelaise ont, depuis quelques années, développé un partenariat non officiel autour du skate-urbanisme. Des échanges de sculptures skateables ont fréquemment lieu entre les deux métropoles.

Tokyo, la mauvaise élève

Leo Valls et l’agence Côte Ouest travaillent actuellement sur la création d’une édition du festival Connect à Tokyo. Ayant lui-même vécu quelques mois dans la capitale nippone, le skateur bordelais a eu l’occasion de s’imprégner de sa culture skate.

Là-bas, le skate reste encore une pratique alternative, très différente de ce que l’on peut connaître en France par exemple. Le dialogue y est inexistant car il est tout simplement interdit de skater dans les espaces publics.

San Francisco et la Californie, là où tout à débuté

Historiquement, la Californie est le berceau mondial du skate. La ville de San Francisco, par son environnement et son architecture, jouit d’une identité très forte. La vitesse y est reine. Les longues rues en descente et les bâtiments de style victorien offrent une esthétique toute particulière aux mixtapes qui y sont filmées.

Aujourd’hui la culture skate se mêle naturellement aux différentes communautés et son utilisation des espaces publics ne pose plus de problème, elle fait partie à part entière de de la ville. Plusieurs collectifs californiens seront justement présents lors du festival pour prendre possession des différents spots prévus dans la ville.

Rio de Janeiro et São Paulo au Brésil, un marché local très développé

Au Brésil, le skate est le deuxième sport le plus pratiqué après le football. Une des particularités de la culture skate dans le pays découle de la difficulté à importer du matériel étranger sur le territoire. C’est pour cela que les pratiquant·es de la planche à roulette brésilien·nes ont su développer, par la force des choses, une industrie locale très puissante.

Marques, collectifs, représentant·es : le Brésil trace son sillon sur la carte du skate mondial. En découle un style atypique qui, dans un contexte social parfois très dur, permet aux jeunes – notamment des favelas – de s’exprimer, créer des liens et de trouver un sentiment d’appartenance fort afin de favoriser l’inclusion des diverses communautés brésiliennes.

Crédit photo : Leo Valls par Mike Atwood