Interview : Terremoto Editions

Quand on parle de mise en avant d’arts croisés, on entend plus festival, exposition, voire collectif que maison d’édition. Et pourtant, c’est bien l’ambition de Terremoto Editions. Entretien avec Pierrick Falmon, un de ses fondateurs, qui nous en dit plus sur ce projet déjà prometteur.

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Pour ceux qui ne connaissent pas, peux-tu décrire Terremoto en quelques mots ?

Pierrick : Terremoto est une maison d’édition qui publiera autant des romans graphiques, des BD que des romans, etc., avec une ligne éditoriale qui se dessine un peu d’elle-même autour de la musique et des arts croisés. Ce sera l’occasion de créer des évènements, des rencontres autour de ces arts et de ces différentes cultures.

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Qu’est ce qui t’a donné envie de créer ce projet ?

J’ai toujours eu envie de créer un collectif d’artistes, quelque chose de toujours un peu fou pour ne pas avoir de frontières c’est à dire que là c’est une maison d’édition mais on travaille avec des musiciens, on travaille autour de la musique, du street art donc on n’a pas de frontières. C’est une des grandes motivations de pouvoir créer plein de choses parce que comme je suis un peu créatif aussi, ça permet d’assouvir cette passion là et de donner de la visibilité à des projets que j’adore et qui parfois en manquent, au moins en France.

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Es-tu toi même un artiste, t’écris des livres ou fais de la musique ?

J’ai toujours écris un nombre important de poèmes. Là je travaille sur un conte pas vraiment pour enfants mais qui joue avec les codes, c’est une nouvelle version d’un poème que j’avais fait plus tôt et on va le faire avec Terreomoto. Sinon je travaille avec des musiciens, je fais pas de la musique à proprement parler mais on a écrit avec des amis. Et puis je dessine aussi, je m’occupe du style graphique de Terremoto et je fais des pochettes d’album à l’occasion.

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C’est toi qui a fait tout le visuel de Terremoto ?

Oui c’est moi avec mon colloque Adrien qui a un BTS en arts appliqués, il est balaise et il donne un bon coup de main : les GIF animés sont de lui notamment.

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Es-tu tout seul derrière la maison d’édition Terremoto ?

On est 3. Il y a Clémentine ma copine, Adrien et moi-même. On a commencé sous la forme d’association loi 1901 et de ce fait là, on devait être 3 donc ça s’est un peu fait comme ça et maintenant on travaille tous ensemble.

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Adrien a travaillé sur l’aspect visuel, du coup avez-vous réparti des rôles précis pour chacun ?

En fait, fonder une maison d’édition c’est un boulot assez monstrueux. Ça passe par de la com’, du graphisme jusqu’à la compta, la gestion et tout un tas de trucs, ce qui fait qu’on se partage les tâches comme on peut, au jour le jour même si on a des idées précises de qui est meilleur dans quel domaine, ça se fait à la distribution des cartes.

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Le premier artiste que vous allez mettre en avant est Ricardo Cavolo, qui est de culture latine. Est ce que vous allez vous concentrer sur la culture latine ou vous aurez une vision plus large ?

C’est complètement un hasard que l’on commence par un artiste espagnol. Je sais qu’avec le nom Terremoto ça fait beaucoup… Cela dit le premier livre est à propos d’un artiste américain, d’un musicien qui s’appelle Daniel Jonhston qui est une légende de l’indie folk américain. C’est sa biographie dessinée et racontée par Ricardo Cavolo qui est un fan de musique.

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Et donc Ricardo Cavolo est l’auteur du livre et également grapheur c’est bien ça ?

C’est un illustrateur, je dirais plus, car il ne fait pas tant des graphs que des fresques par commande ou association. C’est différent du street art. En tout cas, il fait des belles choses partout dans le monde, en Espagne, au Japon, à Montréal etc… Nous on essaye de le faire venir en France justement. Il a également fait des pochettes d’albums et n’est pas tant auteur que ça. Il écrit quelques livres mais c’est plutôt un illustrateur qui touche un peu à tout.

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La première édition sera sur un livre de Ricardo Cavolo, c’est une œuvre qui te tenait particulièrement à cœur ?

C’est une histoire un peu rigolote car ce livre en 2014, pour mon anniversaire, c’est Clémentine qui me l’a offert en espagnol et je ne parle pas un seul mot d’espagnol. Elle me l’avait traduit sur des post-its, c’est un travail assez fou. Ce qui fait que depuis 2014 on s’est dit « c’est quand même bête, on a ce livre génial avec une traduction qui est toute faite, Cavolo a du succès partout même si en France on le connaît pas donc on va essayer de proposer ce livre à une maison d’édition. On n’a jamais eu de réponses, ce qui est normal puisque les maisons d’édition ont leur planning bien à l’avance. C’est comme ça qu’on s’est lancé dans le truc, on s’est renseigné pour avoir les droits et c’était parti.

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Tu parles beaucoup de musiques et de toute forme d’arts alors que la maison d’édition renvoie plus à la littérature…

Justement, Ricardo Cavolo est un auteur qui vient d’autres sphères donc ça va être intéressant d’avoir son point de vue. Ça va faire coïncider les évènements avec de l’information autour de Daniel Jonhston car, au-delà d’être musicien, il a fait pas mal d’œuvres et de dessins. C’est déjà relié à la musique, à la peinture sur mur, l’illustration, Cavolo a une culture très tatouage aussi. Donc ça joue sur plusieurs tableaux, ça sort du salon littéraire classique. Même avec le festival d’Angoulême qu’on aimerait toucher quand même, on n’est pas vraiment sur le même plan que Dargaud (maison d’édition référence dans la BD ndlr).

Le deuxième livre, c’est pas une BD mais une autobiographie d’un pianiste. Là encore, de la musique, et il sera encore question de santé mentale car ce sont des sujets importants.

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Justement peux tu nous en dire plus sur les prochaines sorties de Terremoto, les prochains livres et les idées concrètes que tu as ?

On a énormément d’idées mais je vais pas en parler de suite. Pour le deuxième livre, c’est un pianiste anglais qui s’appelle James Rhodes. Il a été abusé quand il était petit donc ça lui a pourri bien 20 ans de sa vie et ça laisse encore des séquelles. Aujourd’hui il a la quarantaine et il est passé par différentes crises, différentes addictions et est même passé par la case hôpital psychiatrique mais il s’est sauvé par la musique. Ça sonne un peu cliché mais c’est purement ce qu’il s’est passé. Il continue à base de 4h de séance d’entrainement par jour. Maintenant c’est une célébrité hyper connue en Angleterre qui joue partout dans le monde, du Bach, du Rachmaninov, etc.

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Au vu des dernières mutations dans la vente du livre, comment as-tu réfléchis la distribution des livres traduits ?

On s’est beaucoup pris la tête car les gens ne connaissaient pas forcément la chaine du livre mais c’est un vrai casse tête. Un distributeur-diffuseur c’est un double métier. Le distributeur c’est celui qui s’occupe de la partie logistique, qui va gérer les stocks de libre et le diffuseur va faire le tour des libraires pour faire le commercial et proposer ton projet. Le problème est que le distributeur / diffuseur se prend une marge d’en tout 60% (avec la marge du libraire). Mais surtout le souci surtout est que quand tu débarques dans la maison d’édition, il va pas te calculer et tu peux pas forcément décrocher un contrat pour ton premier livre.

Ce qui va se passer, c’est qu’on va faire un KickStarter, ce qui nous permettra déjà d’évaluer la demande directe ensuite de faire de la pub, de parler beaucoup du projet et une fois qu’on aura évalué la demande, on pourra se caler par rapport au tirage et on va faire vivre le livre autant qu’on peut c’est à dire qu’on va sans doute visiter quelques villes de France. On est actuellement en train de faire une opération comm’ en envoyant énormément de mails à la presse, aux libraires etc.

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En parlant du KickStater que vous venez de lancer, peux-tu nous donner 3 raisons de soutenir ton projet ?

Premièrement Ricardo Carvalo est un artiste super bien représenté partout sauf en France donc on sera la première édition française de Ricardo Cavalo. Je pense que c’est déjà une bonne première raison.

Deuxièmement il y a des contreparties géniales, des livres signés, des tatouages temporaires selon les design de Cavolo. La récompense ultime c’est Cavolo qui accepte, si vous lui envoyer une veste, de la customiser à la grosse peinture écrite. Et plein d’autres surprises comme ça…

La troisième est qu’on a tout un tas de projets magnifiques. Je peux te teaser un autre truc : on est en lien avec la famille de Nino Ferrer pour faire une biographie dessinée sur Nino Ferrer avec un artiste anglais qui s’appelle Jim Field. Rien n’est confirmé bien-sûr mais c’est un truc qu’on aimerait bien mettre en place.

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