Mad Rey : « une ouverture vers de nouveaux horizons »

À l’occasion de la sortie de son nouvel EP Nomad sur Yoyaku Records, Mad Rey revient pour Le Type sur ce nouveau chapitre de son parcours artistique. Entre évolution de son approche de la production, actualités du label Red Lebanese, amour de la culture club, inspirations du moment et regard sur les scènes électroniques parisienne et bordelaise, le producteur et DJ évoque aussi ses projets à venir, dont une collaboration très attendue avec Blasé. Un entretien à découvrir juste avant le passage de l’artiste à Bordeaux à Bien Public samedi 4 juillet aux côtés de Tapage Culturel.

Le Type : Tu viens de sortir un nouvel EP sur Yoyaku Records qui est présenté comme « l’ouverture d’un nouveau chapitre » pour toi ; pourquoi ?

Mad Rey : Oui l’EP s’appelle nomad. Il marque une transition vers un son plus maîtrisé, autour des machines et du sampling (j’ai par exemple utilisé beaucoup de sons enregistrés avec mon iPhone que j’ai resamplé par la suite).

C’est aussi une ouverture vers de nouveaux horizons. Et enfin il marque mon attachement, voire mon retour, à ce son définitivement dance.  

Avec Red Lebanese nous développons aussi actuellement un nouveau « sous-label » de façon à pouvoir délivrer des EPs « club », avec une vision rafraîchie.

Mad Rey

Tu as cofondé il y a quelques années le label Red Lebanese : quelle direction artistique souhaites-tu prendre à travers ce projet ?

En effet, de mon côté le label a amené beaucoup d’expériences et de rencontres sur les quinze dernières années. Le prochain EP en préparation est celui d’un artiste proche qui se fait appeller Marcel Rockers. Mais je ne peux en dire plus.

Aujourd’hui la maison d’édition est avant tout conduite par Pablo Jomaron qui développe les publications et des collaborations diverses. Nous développons aussi actuellement un nouveau « sous-label » de façon à pouvoir délivrer des EPs « club », avec une vision rafraîchie.

On t’a déjà aperçu aux côtés de dessinateurs pour réaliser la musique d’un film d’animation, Bientôt la lumière. Faire de la musique de film, c’est quelque chose que tu aimerais refaire ?

Absolument. Nous avons produit ce film en toute indépendance, entre amis. Hedi et Thami Nabil ont travaillé deux années à la main d’après une histoire co-écrite. Nous en sommes très heureux. J’adore pouvoir collaborer dans le cinéma !

Quels sont les labels et les artistes que tu as découvert et qui t’inspirent en ce moment ?

J’apprécie particulièrement Blasé comme artiste que je soutiens fortement. Pour le club il y a Christian Burkhardt (Francfort) que je dévore depuis plus d’un an. Pour le club aussi le label Hessl Audio le label de Ben UFO (Londres si je dis pas de bêtises). Et enfin pour le club toujours, l’artiste Gari Romalis (Detroit). Il y en a beaucoup d’autres…!

On a lu dans une interview que tu estimais que Marcellus Pittman, que tu avais invité lors d’une soirée au Rex à Paris, était à ton avis « l’un des meilleurs DJ du monde ».

Lui, comme beaucoup d’autres, a grandi dans cette culture aux USA, à Détroit. Il connaît la musique mieux que beaucoup de DJs, c’est un maître en la matière, comme Jeff Mills par exemple s’il fallait comparer – mais ils ne se comparent pas à mon avis.

Il y a beaucoup d’autres génies, des légendes. Marcellus Pittman j’ai eu la chance de l’écouter à Bruxelles en 2016 dans une soirée où je jouais mes premiers live MPC. Et au Rex Club en 2023. Les deux fois étaient magistrales à tous les niveaux.

Mad Rey

La scène parisienne manque de lieux.

Mad Rey

En parlant de Paris et de ses clubs ; comment perçois-tu la scène électronique parisienne en ce moment ?

Paris est devenue très dynamique il y en a pour tout le monde, du mercredi au lundi en réalité. Dans tous les styles. C’est plaisant malgré l’ambiance générale parfois maussade.

Mais on manque encore de lieux à mon avis. Il y a de plus en plus de collectifs, de nouveaux et de nouvelles DJs, et donc d’événements. À Berlin par exemple ça grouille de lieux. À Paris et sa banlieue, c’est plus limité. Et il y a plus de réglementations. Heureusement qu’il n’y a pas que Paris. Je reste positif !

Nous préparons la sortie d’un premier EP en collaboration avec Blasé dont nous sommes très heureux. D’autres EP À tendance house sont dans les tuyaux !

Mad Rey

Et Bordeaux, tu connais un peu ? As-tu déjà joué ici ?

Je connais assez oui. j’ai joué a quelques reprises à l’IBOAT depuis 2014. Au Hors Bord festival aussi qui n’existe plus.

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Je tourne sur des soirées sympa tout l’été. Et nous préparons la sortie d’un premier EP en collaboration avec Blasé dont nous sommes très heureux. D’autres EPs à tendance house sont dans les tuyaux !