La Saison culturelle de l’Institut des Afriques en 2026 : le dialogue comme mode de programmation


Alors que sa Saison 2026 vient de se terminer à Bordeaux, l’Institut des Afriques, par la voix de sa Présidente Virginie Andriamirado, dresse le bilan d’une programmation riche en rencontres, projections, débats et temps de réflexion. Une séquence ayant rassemblé 3000 spectateur·ices autour d’environ 25 événements, pensée pour faire dialoguer les regards et mettre en lumière les réalités du continent africain et de ses diasporas, toujours à travers la voix de celles et ceux qui les vivent.


Comme chaque année, la Saison culturelle de l’Institut des Afriques promettait un large panel d’activités et de formats pour célébrer les voix culturelles du continent africain. Particulièrement en 2026, celle-ci s’inscrivait dans un contexte de développement du centre de ressources de l’institution, appelée à devenir un véritable outil de transmission et de diffusion des savoirs au niveau local. À travers cette Saison, l’ « Idaf » affirmait également son rôle de marqueur de soutien à la création, avec des projets sélectionnés par un jury afin de garantir une programmation plurielle.

Plusieurs temps forts, un espace de dialogues 

« Cette saison s’est articulée autour de plusieurs temps forts mêlant littérature, recherche, débats, projections et rencontres » raconte Virginie Andriamirado, représentante de l’Institut des Afriques. Autant d’occasions de donner la parole à des auteur·ices, chercheur·euses et artistes en lien avec le continent africain et ses diasporas.

Parmi les rendez-vous marquants, une rencontre organisée à la Bibliothèque Mériadeck a mis en lumière la situation des Soudanais dans la diaspora. À travers des témoignages, les échanges ont évoqué les espoirs, les peurs et les violences auxquelles ces populations sont confrontées, offrant au public un espace de dialogue autour de leurs parcours et de leurs réalités.

Autre moment fort de la saison, le partenariat avec le Musée d’Aquitaine a permis d’aborder les questions de l’esclavage, des personnes déportées et des différentes formes de résistance. Comme l’explique Virginie Andriamirado, la réflexion s’est notamment portée sur la coiffure comme acte de résistance et marqueur d’identité, en prenant l’exemple de Madagascar. Une manière de montrer comment les pratiques culturelles deviennent des moyens d’affirmation de soi et de préservation des héritages.

Des formats accessibles portés par des voix africaines

La programmation s’est également ouverte au cinéma avec une projection en plein air à la Villa Valmont, consacrée à un réalisateur égyptien, Youssef Chahine. À travers ses films, le public a été invité à porter un regard libre sur des drames humains qui interrogent la tolérance et la recherche d’espaces de diversité. Un format convivial qui illustre la volonté de l’Institut de rendre ces échanges accessibles au plus grand nombre, de Bordeaux à Poitiers ou La Rochelle.

Au-delà des événements, cette saison reflète une ligne éditoriale claire. Comme le rappelle Virginie Andriamirado de l’Institut des Afriques, l’objectif est de croiser les regards et les récits. « L’essentiel, c’est que cela soit raconté par des voix africaines », rappelle-t-elle. Une démarche qui vise à faire entendre une diversité de voix et à éviter des visions eurocentrées des réalités africaines.

À travers cette programmation, l’Institut des Afriques confirme ainsi son engagement en faveur d’une création contemporaine exigeante, d’une réflexion collective et d’une meilleure connaissance des dynamiques africaines à Bordeaux et en Nouvelle-Aquitaine. Une saison ayant rassemblé 3000 spectateur·ices autour d’environ 25 événements environ qui aura permis de faire dialoguer les mémoires, les cultures et les expériences, tout en affirmant la richesse et la pluralité de ces récits. Prochain rendez-vous pour l’Idaf : la sixième édition du festival Afriques en vision du 26 au 30 novembre 2026 au cinéma Utopia Bordeaux.