ONDES : « Les vibrations sont très importantes pour moi »

Rencontre avec ONDES avant la release party de son dernier projet qui s’est tenue à la salle Le Royal de Pessac. Publié le 13 mars dernier, le nouvel EP Sous la surface de Vincent Pingaud propose un univers mêlant pop alternative, rap et musiques électroniques.

Crédit photos : Laureen Burton

Qu’est-ce qu’il se passe sous la surface de ce nouvel EP ?

Il y a beaucoup d’émotions. On y trouve beaucoup de thèmes que je voulais aborder, une recherche d’identité, le regard de l’autre et la frontière entre les deux. On ne peut pas se soustraire au regard des autres. Et forcément, moi, je me construis à travers mes propres ressentis mais aussi à travers ceux des autres.

Sous la surface ce sont aussi des remises en question permanentes, des sujets tabous et des conseils pour aller mieux et grandir. Cet EP travaille la limite du superficiel, de l’intime, de l’extérieur et de l’intérieur.

Je ne suis pas pour autant une victime de l’overthinking. Tout ça me permet d’écrire des chansons et j’en fais une force. Je trouve d’ailleurs que, même dans mes relations amicales, amoureuses, familiales, c’est une qualité parce que j’ai une réflexion sur beaucoup de choses. Et j’essaie de prendre vraiment énormément d’infos, de me nourrir de ça.

Généralement, on lit une musique avec des souvenirs.

ONDES

Quelles influences ont façonné tes sons ? Qui sont « les plus grands » pour toi ?

Je cite souvent Woodkid. Il m’a fasciné quand l’album The Golden Age est sorti. Quand j’ai écouté cet album, j’avais 11-12 ans et ça m’a énormément impacté émotionnellement. En fait, je me suis demandé comment il était possible qu’une musique que je ne connaissais pas arrive à me transmettre autant d’émotions ?

Parce que, généralement, on lit une musique avec des souvenirs, avec des choses qu’on a pu vivre à cet instant-là. Et, là, c’est juste brut. Je ne comprenais pas les paroles car c’était en anglais. C’était vraiment juste la musique.

Il y a aussi Stromae qui a sorti l’album Racine Carrée, quelques années après. Ça a aussi été une claque en termes de texte et d’instru. Il arrive à lier à la fois un texte simple, efficace et extrêmement pertinent, toujours avec une morale derrière. C’est ce que j’essaie de faire à mon humble échelle mais avec des parties instrumentales dansantes, pour inventer une sorte de signature musicale.

Si quelqu’un découvrait ta musique, quel morceau faudrait-il écouter en premier pour comprendre qui tu es ?

Je pense que la chanson qui met tout le monde d’accord c’est « Alea ». C’est une chanson exclusive de mon EP. Cette chanson allie à la fois le texte et le chant. Par ces biais et celui de la mélodie, l’atmosphère qui se dégage reprend à la fois des codes de mon ancien EP mais avec les thématiques que je voulais aborder. À savoir comment se construit une relation née sur une application de rencontre et comment traiter à la fois la superficialité et la profondeur. Parce qu’au final, on est toutes et tous des humains.

Je compose la musique en premier car l’écriture de texte est beaucoup plus compliquée. Je pense que c’est lié au fait que je réfléchis beaucoup : tout se mélange dans ma tête, je suis traversé par beaucoup d’émotions. C’est la musique qui me canalise.

ONDES
Crédit photo : Laureen Burton

Quel est ton processus de création ?

Je suis musicien de base. C’est donc logique pour moi de composer la musique en premier car l’écriture de texte est beaucoup plus compliquée. Je pense que c’est lié au fait que je réfléchis beaucoup : tout se mélange dans ma tête, je suis traversé par beaucoup d’émotions, et c’est la musique qui me canalise.

Je suis par ailleurs pianiste, c’est une étape du processus : j’essaye de plaquer plein d’accords puis via mon ordinateur je rajoute des batteries, du synthé, des textures. Ensuite, je joue avec mes musiciens et je suis content de pouvoir travailler avec ces gens-là pour développer un peu les sons et m’enrichir musicalement.

Aller à des concerts, c’est être traversé par des émotions et se sentir profondément vivant.

ONDES

Quel lien entretiens-tu avec les scènes de concerts ?

Voir des artistes en concert c’est très important. J’ai envie que les publics qui viennent à mes concerts soient content·es d’être venu·es. C’est être traversé par des émotions et se sentir profondément vivant. On vit des émotions très douces et très calmes. On peut aller sur des choses un peu plus profondes où il y a vraiment un thème important et en même temps un lâcher-prise total où on danse, on chante – et on kiff.

C’est quand tout prend sens, qu’il y a une symbiose sur scène et dans le public qu’un concert est réussi. La joie du live est indescriptible : c’est une manière de ressentir les choses intensément.

Est-ce qu’on peut plonger sous la surface et te demander pourquoi on te nomme ONDES ?

Je ne m’appelle pas ONDES pour rien. Les vibrations sont très importantes pour moi. J’avais envie de m’inventer une identité artistique. Je n’avais pas envie de m’enfermer dans une case ou même une ligne éditoriale. Je voulais un nom qui me ressemble. Quelque chose qui s’adapte à n’importe quelle trajectoire et qui essaie de se propager, se frayer un chemin, et qui fait sa route malgré tout ce qui peut faire et traverser.