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Vie Sauvage

Insomni Club : la rencontre

dans ART ET CRÉATION/ENTRETIENS/MUSIQUE

Festival Grand Coeff, Get Wet Party à l’Iboat, première partie de Flavien Berger à la Rock School Barbey, Insomni club multiplie les apparitions et les performances. Entre musique et vidéo, le bordelais nous confie ses passions et sa philosophie. Entretien avec le musicien et aussi réalisateur des clips d’un certain Miel de Montagne

Le Type : Salut Insomni, comment vas-tu ?

Insomni Club : Ça va et toi mon frère ?

Beh écoute, la grande forme ! Comment te sens-tu au lendemain de la sortie du clip de « L’Amour » de Miel de Montagne ?

Satisfait de ouf ! J’ai commencé à écrire le scénario en décembre alors que j’étais parti trois semaine au Maroc. Milan et Joris m’ont appelé et m’ont demandé si j’étais chaud, ça m’a mis un peu le jus. C’était un peu tendu là-bas car j’étais en mode wild, sans portable etc. Pendant une semaine on s’est envoyé les pitch, c’était « L’Amour », et puis on s’est dit qu’on voulait le faire à la montagne, directement.

Du coup la montagne c’était le clin d’œil direct à l’artiste ?

Ouais en quelque sorte. Milan (Miel de Montagne) voulait le faire là-bas depuis le début. On était parti dans l’idée de faire le clip de « Pourquoi pas » à la montagne, mais finalement c’était pas le bon timing et plus celui de la plage ! Pour ce dernier clip, on voulait représenter l’amour, mais pas forcément l’amour homme-femme tu vois, c’était plutôt un amour universel. L’amour que tu peux avoir pour tes amis, quand tu es seul devant un coucher de soleil, etc… quelque chose de pur et naïf. On est parti sur plusieurs idées. Au final il a fallu un mois au total entre l’écriture, le montage et le tournage, ce qui est assez rapide.

Tu as réalisé les clips de « Pourquoi pas », « Slow pour mon chien », « Petit Garçon » et « L’Amour »As-tu rencontré des difficultés pendant tes tournages ?

Des difficultés forcément, mais en soit j’en garde de supers souvenirs car c’est avec les potes quoi. C’est toujours entre copains, le scénario est écrit seconde par seconde, mais sur le moment on improvise aussi. Le but c’est de progresser tous ensemble. Par exemple pour « Slow pour mon chien », c’était un délire de driver des petits vieux pendant leur cours de danse avec un chien-homme en plein milieu, ahah. Ils se sont pris de ouf au jeu et criaient : « Eh Gildas ! Tu veux des croquettes ?! ».

« Pourquoi pas » c’était mon premier clip, c’était un lourd défi de filmer depuis un autre bateau. D’ailleurs quand on a décidé de faire le clip, j’étais à l’Iboat avec Milan, on s’est dit « tiens on va faire du ski nautique », et c’est parti ! Il n’avait jamais fait de ski nautique, il était obligé de chanter sans entendre la musique car les moteurs faisaient trop de bruit ! Pendant ce temps ça bougeait dans tout les sens, c’était la première fois que j’utilisais vraiment un vrai boitier (comparé à mes caméras au poing) et bien sur sans steady cam ou quoi que ce soit pour stabiliser !

En gros on s’éclate sur les clips, tout est bien taffé en amont, comme ça sur le moment on peut rajouter ce que l’on veut, des délires des blagues ou des idées. C’est la famille. Pour L’Amour on a loué un Van, on passait plus de temps à essayer les chaînes pour la neige que pour tourner le clip ! Bon, j’exagère mais on est arrivé le premier weekend et il tombait de la neige vénère, mon pote Joris (Picaszo) s’est mis quelques bons jus de conduite sur le verglas en plus des falaises ah ah. J’aime énormément notre équipe, on galère de ouf parfois mais c’est que de la débrouillardise qui régale. Que du Love en fait.

En vérité c’est quoi ton domaine de prédilection ? Musique ou vidéo ?

J’ai commencé la musique assez tôt au collège, puis j’en faisais vachement plus au lycée, j’avais un groupe de rock garage sur Bordeaux qui s’appelait les Wild Cactus. Après j’ai fait des études d’architecture que j’ai terminé il y a deux ans. Ça m’arrivait en école de sortir ma caméra pendant des projets et faire des petites vidéos tu vois, c’était genre une cam’ année 2000 mais ça faisait le taff. Du coup j’ai mis la musique de côté, j’avais l’appartement, les potes, les sorties et les filles. Et en passant mon diplôme je savais déjà que ça ne deviendrait pas mon taff. En soit les études était incroyables, j’étais super libre au niveau de la création. Je ne serais pas comme je suis sans ces années, elles m’ont formé et ont développé ma liberté. Puis j’ai eu un an de césure, et au lieu de voyager ou autre, je me suis dis que j’allais me remettre à faire du son. Et au final, la vidéo et la musique se sont liés.

Comment en es-tu venu à devenir Insomni Club ?

Le nom Insomni Club est arrivé quelques temps avant la fin de mes études. C’est quelque chose de vraiment personnel, je n’aime pas dire d’où ça vient mais ça ne veut pas forcément dire que c’est quelque chose d’incroyable tu vois, c’est mon truc tout simplement. Insomni Club c’est la partie de moi créative. Il y a mon moi avec mon nom réel, ça c’est pour mes copains, ma famille, ou toi qui voit mon visage. Et à côté Insomni Club c’est ce besoin de m’exprimer, de sensibilité, de partager ce que il y a en moi. Mon taff c’est du sentiment, que ça soit en musique ou en vidéo. Après l’archi j’avais une guitare et un petit clavier, puis j’ai acheté un clavier midi, une carte son, des enceintes et là c’est parti quoi ! De là j’ai commencé à poser ma voix sur mon premier Ep Lamentation, c’était compliqué de la trouver, je la cherche toujours d’ailleurs, mais comme un instrument ça se bosse. Aujourd’hui je prend vraiment plaisir à chanter ! »

C’est une forme d’exutoire en quelque sorte ?

Je pense que de manière générale je suis quelqu’un de sentimental, j’ai envie de retranscrire ces sentiments matériellement (en vidéo ou musique) et pouvoir partager ma sensibilité. Tout ça à la base c’est pour moi, c’est hyper personnel, je suis dans ma petite bulle, j’écris mes morceaux et ça me fait du bien. Les retours sont assez vrais, sur qui je suis, ma personne en général. Ce que j’aime ce sont les gens qui sont humbles, qui ont des sentiments hyper naturels tu vois, un peu naïfs, qui sont honnêtes et j’essaie de mettre ça en musique et dans mes lives. Rester modeste et authentique. La vérité c’est très très important pour moi. Et la famille !

Au niveau de tes scènes comment ça se passe ?

J’ai un souvenir de ma première scène en Allemagne dans un festival perdu mec, au fin fond de la pampa dans le nord, un pote m’avait invité à jouer là-bas et j’étais le seul mec qui chantait et jouait d’un instrument, il n’y avait que de la techno ! On était trois cent, que des allemands en mode teknivaliers, je suis arrivé là, c’était trop bien. Ce qui marche bien, et ça m’est arrivé plusieurs fois, c’est que l’on m’appelle souvent pour jouer sur des scènes avant des Djs, et il y a le côté un peu club, ça fait l’introduction et ça marche trop bien tu vois.

J’ai joué à Paris avec La Mamie’s, un collectif qui organise des soirées en mode Les Vivres de L’Art mais en mode un petit peu plus fat tu vois, les teufs commencent à 14h00 et finissent à minuit. Je devais passer justement à 14h00, sauf que le groupe qui jouait après moi a pris du retard sur ses balances et ils ont finalement du jouer à ma place, je me suis retrouvé à jouer à 20h00 devant mille personnes prêtent à faire la teuf en mode techno et se percher ! Et moi j’étais là avec les tracks de mon dernier EP Envie, et au final ça a super bien marché.

Le live devient vraiment très important pour moi. C’est là que l’échange se fait et que je peux montrer/partager qui je suis. C’est à chaque fois un défi, un jeux, une thérapie, un baiser, c’est tout en fait !!! c’est la vie ! J’aime beaucoup trop ça !!!!

On te revoit où et quand ?

Et beh je jouerai à La Maroquinerie le 5 avril en avant première du frère Miel de Montagne !

JAH BLESS !

2019 : la saison très cool de Night Cool

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS/LES NOUVELLES/MUSIQUE

Malgré une année précédente chargée en concerts et festivals, Night Cool ne s’arrête plus de nous surprendre et promet une année 2019 toute aussi qualitative, pour notre plus grand plaisir.

Night Cool. Il se peut que ce nom ne vous dise rien, mais si vous vous demandez à qui la scène locale doit la présence d’artistes de renom, la réponse est sous vos yeux. Derrière ces programmations du feu de Dieu se cache un passionné, François-Xavier Levieux, fondateur de Night Cool production. Suite à une année 2018 plutôt riche (on pèse nos mots), Night Cool ne se retient pas de continuer à nous balancer un programme des plus détonants. On les retrouvera notamment sur l’ancien ferry préféré des bordelais, l’Iboat, leur lieu de prédilection.

En ce mois de février, le bateau le plus côté des quais accueille l’électrique Yarol Poupaud, aussi ancien guitariste de notre Johnny, ainsi que l’américain excentrique de 20 ans Gus Dapperton le 11 février. Encore et toujours à l’Iboat, c’est l’artiste pluridisciplinaire Johan Papaconstantino qui se produira le 25 avril, avant d’attendre le 18 mai où Night Cool et l’Iboat présenteront Miel de Montagne, auteur de « Pourquoi pas » avec qui Le Type avait eu la chance de s’entretenir quelques minutes à l’occasion de l’édition 2018 du festival Vie Sauvage. Night Cool participera également à la programmation du festival Jalles House Rock à Saint-Médard-en-Jalles dès le 5 juillet et, bien évidemment, au festival Vie Sauvage.

Le festival se déroulera cette année du 14 juin au 16 juin dans la citadelle de Bourg-sur-Gironde et frappe une nouvelle fois très fort. Après avoir ramené Rejjie Snow, Tommy Cash, Miel de Montagne, Yuksek ou encore Étienne de Crécy l’année dernière, les premiers noms de 2019 sont arrivés : le fascinant Flavien Berger et Marc Rebillet, ancien bedroom producer qui a visiblement pas mal percé. Des noms très prometteurs donc…

Interview à vie sauvage avec Miel de Montagne

dans ART ET CRÉATION/MUSIQUE

Le Type a eu l’honneur de rencontrer Milan alias Miel de Montagne à l’occasion de son live acidulé et enchanteur au festival vie sauvage le 16 juin dernier. Rencontre intimiste dans la douce citadelle de Bourg-sur-Gironde avec le créateur du titre « Pourquoi Pas » qui vient de sortir son premier EP Petit Garçon, sur le label Parisien Pain Surprises.

Crédits Photos : Alice Belair
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Le Type : Si tu pouvais nous citer un artiste ou performeur « kitsch » et iconique qui t’inspire, de qui s’agirait-il ?

Milan : Si je devais parler de référence, l’autre jour je matais des live de Prince, et là tu y vois des nanas qui sont folles, tout comme ses chemises, il y a un côté super retro. Tu vois, ça marche toujours un truc comme ça, le côté glow  qui rayonne, ça cartonne et je pense que c’est quelque chose qui gravira les années. Pour moi tu vois c’est kitsch mais en fait c’est surtout une mode avant tout. Les chanteurs ou les mecs comme Julio Iglesias et leur charisme, faire tomber les filles tout ça ; oui, ça me fascine. Je ne suis pas du tout comme cela mais j’aime jouer cette caricature et parfois je me projette sur scène, je vais faire le crooner, chanter des histoires d’amour, ce que je pouvais imaginer en créant le morceau.

Jouer ici, dans ce cadre qui se rapproche de la nature et des grands espaces, est-ce quelque chose que tu affectionnes particulièrement ?

En ce moment, beaucoup oui, ça me fait du bien d’être ici. C’est vraiment un régal et je n’ai pas senti une seule tension en arrivant. Tu peux voir le sourire des gens qui sont ravis, tu ne te sens obligé de rien. Nous sommes arrivés hier et je pense que je me suis même trop imprégné du lieu, j’en ai oublié que j’étais sur scène (rires) ! C’est tout à fait ce que j’espérais avant de venir. Je découvre de plus en plus cette région puisque je travaille avec des gens qui sont dans les alentours de Bordeaux. Enfin, je ne fais pas que travailler, je passe du temps avec les copains (rires) !

Comment as-tu préparé ce live ?

Malheureusement, sur scène, je ne peux pas tout vous jouer contrairement au fait que je compose tout seul. J’ai donc vraiment eu la volonté de mettre l’accent sur la guitare et le chant pour me sentir libre sur scène et vraiment communiquer avec les gens. Pour le reste j’ai fait appel à un bon pote, Vincent « Le Vince » ; je l’ai appelé un jour et nous avons répété ensemble et ça l’a fait ! Je pense que même sans répétitions ça l’aurait fait. Du coup il me suit sur tous mes live.

Tu as connu l’atmosphère de Paris en tant que DJ, quel a été le déclic pour que tu deviennes Miel de Montagne ?

J’ai toujours eu beaucoup d’instruments. Mon premier c’était la batterie à 5 ans, ensuite j’ai eu une guitare. J’ai eu pas mal de groupes aussi, puis après je me suis mis à faire des choses seul, j’étais DJ, je produisais de la house, des choses plus électroniques, c’est quand j’étais à Paris. J’ai suivi cette mode du DJ, mais il m’a fallu du temps pour faire le point et sortir ce projet Miel de Montagne, car c’était tellement sincère que j’en avais peur. Je suis revenu sur les bases car je n’étais pas 100 % moi même.

Quand j’avais 14 ans je composais déjà les mélodies qui sonnaient comme Miel de Montagne tu vois. Même mes parents aujourd’hui me disent : « C’est marrant, ça ressemble à ce que tu faisais quand t’étais ado, t’as toujours eu cette touche et ces riffs là ». Même moi je ne m’en rendais pas compte ; ce sont eux qui m’ont ouvert les yeux là-dessus. C’est un truc qui était en moi, et je pense que comme plein de gens, j’avais un peu peur, donc j’ai fait d’autres choses, ce qui a été bénéfique aussi, car j’ai appris beaucoup. J’ai de l’expérience dans plein de milieux différents et eu divers projets. Et à un moment j’ai rencontré des personnes, notamment Jacqueset c’est comme cela que je me suis dis « ouais beh vas-y faut se lancer quoi, je vais faire mon truc les gars ».

Ce n’est pas un ras le bol, c’est plus un moment où tu t’écoutes, tu prends le temps, tu rentres un peu à la campagne,. Moi, c’est ce qui s’est passé. J’ai ressorti la guitare, j’ai commencé à écrire des petites paroles et voilà, je me sens à ma place.

 

Mes parents m’ont dit : « Ça ressemble à ce que tu faisais quand t’étais ado, t’as toujours eu cette touche et ces riffs là ». Même moi je ne m’en rendais pas compte ; ce sont eux qui m’ont ouvert les yeux là-dessus.

 

 Comment s’est passé la rencontre avec les labels Pain Surprises et Délicieuse Musique ?

J’ai d’abord rencontré le label Parisien Pain Surprises par le biais de Jacques. Là on est sur une co-production où Délicieuse à apporté son soutien au projet, les deux se partagent le travail. Ce qui est vraiment cool étant quelqu’un qui aime faire les choses de A à Z, c’est qu’ils me laissent faire ce que je veux. Je me sens totalement libre.

« Pourquoi pas », ça ne serait pas un peu la réponse de ton parcours ? La prise de risque, se lancer ?

Ouais, on peut le voir comme ça. C’est surtout un truc simple, quand tu vois une aubaine une proposition, tu te dis pourquoi pas, tu ne n’émets pas de jugement dessus, tu y vas ou tu n’y vas pas, mais en tout cas : pourquoi pas ? Ça laisse des portes ouvertes et j’aime bien ça, cette continuité d’essayer des choses et voir ce que ça donne.

Le titre « Petit Garçon » et son atmosphère nostalgique, peut-on dire que c’est un retour aux racines ?

C’est marrant car quand j’ai composé les paroles de « Petit Garçon je courrais derrière ma réalité », c’était dans la période où je revenais vivre chez mes parents en Charente, et je commençais à prendre conscience de ces bases que j’avais. Il y a des choses parfois que tu ne contrôle pas et j’ai chanté ça comme ça, puis je me suis dis que c’était juste logique, que je pouvais aussi appeler mon EP comme cela car c’est un retour aux sources.

 

Pouvons-nous attendre un album en projet ?

Ouais bien sûr, c’est en projet, j’aime me surprendre et surprendre les gens. Sur cet EP il y a des choses différentes et variées, les titres ne traduisent pas tous les mêmes émotions. Justement ce sont celles qui me traversent. Tout ce que je sais c’est que je vais pas mal travailler en studio à la fin de l’été, et quelque chose va arriver très vite, il y a déjà quelques morceaux que l’on a pu entendre sur scène. Donc oui, soyez surpris d’un album, ou même d’un EP…

Merci Miel de Montagne.

vie sauvage, une septième édition en images

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Répondant chaque année au sauvage qui sommeille en lui, Le Type s’est rendu le week-end dernier à Bourg-sur-Gironde pour participer au délicieux vie sauvage. D’éditions en éditions, le festival parvient à affirmer une identité singulière tout en cultivant un côté extrêmement convivial. Avec des invités tels que Rejjie Snow, Etienne de Crécy, Yuksek ou l’étoile montante Miel de Montagne, l’équipe de programmation a encore une fois frappé avec justesse pour proposer un rendez-vous artistique très divers et donc résolument ouvert au plus grand nombre. La qualité de l’accueil, la bienveillance des organisateurs et du public ainsi que le cadre idyllique du lieu finissent de faire de vie sauvage un moment privilégié dans la saison des festivals auquel on peut se rendre les yeux fermés chaque année. Rendez-vous est pris pour juin 2019 ; d’ici là on se replonge dedans.

Crédits photos : Alice Belair & Juliette Miglierina Hardy
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  • Vendredi sauvage (par Juliette Miglierina Hardy) :

  • Un samedi à vie sauvage (crédits photo Alice Rialeb)

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Report photo : vie sauvage numéro 6

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Au-delà des beaux jours qui pointent leur nez avec l’été, ce sont également un certain nombre de festivals qui éclosent une fois la saison venue. Une ribambelle de rendez-vous attrayants entre lesquels il est parfois difficile de choisir, mais parmi lesquels on retrouve quelques incontournables. vie sauvage fait partie de ces derniers ; en se situant au début de la saison, il s’est fait une place de choix dans l’esprit de festivaliers venant retrouver un havre de paix, un cadre bucolique, une ambiance à la cool ainsi qu’une programmation ouverte et aventureuse. Le Type s’y rendant chaque année, ce sixième cru ne dérogea pas à la règle. Retour en quelques images sur une édition ensoleillée et réussie.

 

Interview Vie Sauvage été 2016 : Papooz

dans MUSIQUE

Bourg-sur-Gironde, Vie Sauvage collection été 2016, samedi 11 juin. Le parc de la Citadelle se remplit doucement, tout comme les verres. Il ne faudra que quelques accords à Papooz, premier groupe de la soirée, pour faire lever un public qui semblait déjà conquis. Le concert qui s’ensuivit fut à l’image de leur album Green Juice : un concentré sautillant et joyeux, exigeant musicalement mais toujours dansant. Les sourires ont fusé et les pieds se sont décrispés au fur et à mesure des chansons, toutes tubesques.

Avant ce concert bien vitaminé, le Type est allé poser quelques questions à Armand et Ulysse, les deux garçons de Papooz. L’occasion d’en savoir plus sur eux et de parler de la construction de leur album, qui va squatter les oreilles du Type tout l’été, voire plus.

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Hello Papooz. Apparemment, vous vous êtes rencontrés autour de l’élaboration d’un magazine littéraire à tendance révolutionnaire ?

Ulysse : Oui, c’est un peu ce qu’on raconte à tout le monde.

Ah, parce que ce n’est pas vrai ?

Ulysse : Si si, c’est vrai ! A des moments on trouve ça un peu chiant mais c’est la vérité. On faisait un journal littéraire tous les mardis soirs. On s’est rencontrés comme ça. On écrivait en français à l’époque puis on s’est mis à faire de la musique ensemble.

Comment on passe de l’écriture d’un journal révolutionnaire à la compo de chansons pop ?

Armand : En baissant les bras ! (rires)

Ulysse : Assez naturellement en fait parce qu’on aime la musique. Armand jouait de la guitare, on déblatérait des conneries, on a commencé à écrire des chansons et vu qu’on s’amusait à le faire, on a continué !

Vous écrivez et composez toujours à quatre mains ?

Armand : Ouais parce que c’est vachement éclairant. De toute façon, même quand tu es tout seul, tu vas toujours chercher l’avis de quelqu’un d’autre au bout d’un moment…

Ulysse : Au début, on écrivait beaucoup à deux. Puis, avec le temps, on a commencé à écrire chacun de notre côté et à se montrer les chansons. Sur l’album, il y a un mélange de chansons écrites à deux et de chansons écrites chacun de notre côté. Après, on la monte avec le groupe qui nous accompagne. Mais, c’est toujours nous deux qui apportons la composition, les paroles et la mélodie.

Est-ce que vous vous sentez proches d’autres duos ? Je pense par exemple à Kings of Convenience…

Armand : Pour des mecs qui sont uniquement deux sur scène, je trouve ça très impressionnant comme groupe.

Ulysse : Avec le temps, c’est un groupe qui m’a un peu lassé. J’aime beaucoup Erlend Øye en solo et The Whitest Boy Alive par contre. Mais avec un peu de recul, j’écoute de moins en moins Kings of Convenience, même s’ils nous ont inspirés évidemment. Et avant ça, il y a surtout les Beach Boys, les Beatles… Il y a aussi Simon & Garfunkel, surtout Paul Simon.

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On danse assez facilement sur vos chansons… Vous êtes de ces perfectionnistes de la pop qui s’enferment jusqu’à trouver le refrain parfait ou pas du tout ?

Armand : On n’a pas fait un album extrêmement pop au niveau perfection quand je pense au dernier album de Tame Impala par exemple. Mais quand on sent qu’on a un refrain qui peut être très bien par exemple, on va vraiment se focaliser dessus.

Ulysse : Je pense que c’est surtout une question de goût en fait. Avoir une bonne culture qui permet de discerner un truc un peu plus joli qu’un autre. Il faut avoir l’oreille et ça passe par le fait d’avoir écouté beaucoup de morceaux.

Vous avez enregistré tout l’album en live. Cela apporte quels avantages selon vous par rapport à un enregistrement studio classique ?

Armand : C’est déjà plus marrant à faire que de passer une journée entière à n’enregistrer d’une batterie ou qu’une basse. Et puis c’était génial parce qu’on était dans la maison d’Ulysse, au bord de l’eau. On avait tapissé tout son salon de matelas pour en faire un studio. On a ramené un ingé son et c’était super drôle.

Ulysse : Et puis, c’est pas vraiment notre culture de faire une musique où tout est bien placé et parfaitement « dedans ». On a plutôt envie de jouer les morceaux comme si on les jouait en concert. D’ailleurs, si on vient nous voir, il n’y a pas un immense gap.

Vous avez enregistré au Cap-Ferret c’est bien ça ?

Ulysse : Oui, au village de l’Herbe, dans la maison de mes parents.

Et si vous n’aviez pas enregistré au bord de l’eau, vous pensez que la tonalité de l’album aurait été différente ?

Armand : Je pense pas. Honnêtement, le mieux, c’était la temporalité que te donne la maison.

Ulysse : On a eu le grand confort d’éviter le studio où ton temps est limité et où cela revient vite cher.

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Votre album est sorti au Japon. Comment cela s’est passé ?

Armand : C’était un coup de chance. On est allés jouer pour Hermès là-bas parce qu’on avait été repérés par leur directeur musical à un concert. Il nous a ramené à un fashion show et on était le groupe du cocktail. Les gens ont bien aimé le clip qu’on avait sorti. De fil en aiguille, ils nous ont demandé l’album et un mec a voulu le sortir.

Ulysse : Ça s’est fait très naturellement et on espère y retourner très prochainement.

Vous aimeriez que les gens fassent quoi en écoutant votre musique ?

Armand : Qu’ils conduisent des bagnoles.

Ulysse : Moi j’aime beaucoup la musique qui s’écoute dans les grands salons, pour faire la cuisine ou se faire couler un bain.

Pour finir, si vous n’étiez pas musiciens, vous feriez quoi ?

Ulysse : Je ferai du football. Ou je rachèterai un club de foot. Ou un restaurant pour faire de la bouffe.

Armand : Moi, j’aurai bien aimé être critique de cinéma, à la radio. Une planque juste pour voir des films !

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Papooz est sur Facebook, Instagram et Soundcloud.


Photos : Charlène Plaut

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Vie Sauvage : édition été 2016

dans MUSIQUE
Vie Sauvage été 2016

Depuis 5 ans, l’association de copains Vie Sauvage propose des événements culturels hors des sentiers battus. Comme tous les ans, le point d’orgue se déroulera cet été à Bourg-sur-Gironde, avec une édition qui s’annonce dansante et ambitieuse. Le Type te donne quelques petites choses à ne pas louper.

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La programmation musicale de l’association sans majuscules fera le pont entre folk, pop et électro dans des lieux divers de Bourg. Plus que les autres années, cette édition 2016 incitera les festivaliers à explorer le village et à expérimenter des ambiances variées.


Intimiste pour commencer les réjouissances avec les concerts en appartements de Naya, Henri Caraguel et Capt. Lovelace le mercredi 8 juin. Les habitants de Bourg ouvriront à cette occasion leurs portes pour des concerts qui ressembleront à des soirées improvisées, où chacun sera encouragé à apporter sa pitance et à la partager.

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Jeudi 9, le Bourg Joie accueillera I Am Stramgram qui aura carte blanche pour la soirée. Après le concert de circonstance, les festivités dériveront vers un concours de bras de fer pour élire l’homme ou la femme le/la plus fortiche de Vie Sauvage. Viendront ensuite des surprises et performances de l’artiste à l’honneur : « un véritable jukebox humain », selon François-Xavier Levieux, en charge de la programmation musicale.

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Pour coller à l’ambiance hédoniste chère au festival, le vendredi 10 sera l’occasion de profiter de DJ sets gourmands sous la halle de Bourg. Le fond musical des dégustations de fromages sera assuré par 45 tours mon amour et A-side B-side. Une retransmission sur écran géant du match de l’Euro France/Roumanie permettra également aux footeux de ne pas sacrifier la grande messe.

A partir de 22h, le Café du Port sautillera avec un programme électronique et qui s’annonce suant, avec l’ovni/icône cheveux Jacques, les « roux qui font de la disco électro » de Bodybeat et les fougueux en baskets Bagarre. Un gros vendredi en somme.

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Le samedi 11 sera en toute logique le climax du festival. On retient la carte blanche dans la Cuve à Pétrole accordée à Guillaume Batistea Pina, un artiste ayant élaboré la fameuse rampe musicale à Nantes. On ira aussi se prélasser au bord de la piscine municipale lors d’une sieste électronique assurée par les Atlas Mountains (groupe de François) et Cracki Records (label de Los Porcos, Ménage à Trois, Babe…). On découvrira ensuite la salle de boxe de Bourg, un nouveau lieu mis à l’honneur à Vie Sauvage, dans laquelle on écoutera des musiques de Gameboy tout en profitant de jeux d’arcade en libre accès. On ira aussi rendre visite au doux projet Playtronica, un collectif qui fait de la musique avec des légumes <3

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De 18h à 3h, le Parc de la Citadelle bouillonnera avec les lives d’artistes solidement calés sur une rampe de lancement atomique. En effet, on comptera pendant la soirée plusieurs artistes à qui 2016 sourit déjà avec notamment LA Priest, Bon Voyage Organisation, Papooz (« des Kings of Convenience en plus fun »).

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On prend aussi note du retour en exclusivité d’Arnaud Fleurent Didier, auteur du cultisme et épique France Culture.

Question DJ sets, ils seront deluxe avec l’Impératrice et Paradis. Deux groupes particulièrement sous les projecteurs en ce moment.

Tu l’auras compris : le samedi soir s’annonce brillant et dansant. Une nuit aux teintes pop et électro clairement revendiquée par l’équipe de Vie Sauvage qui veut faire danser les festivaliers pour les 5 ans et les voir « repartir fatigués à la maison ».


Le dimanche 12 sera bien utile pour faire redescendre la pression et décoller les paillettes des cheveux avec un concert qui s’annonce tout doux et lumineux de Stranded Horse dans l’Eglise.

Pour clôturer le festival, le minimaliste Nortnord livrera une performance dans la Cuve à Pétrole. Petit trip sombre et claustro à prévoir.

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Plus que les autres années, l’édition d’été de Vie Sauvage s’annonce ambitieuse et festive, avec un bon mix entre artistes bien installés et projets plus confidentiels. Ajoutez à cela à un événement à taille humaine et un cadre idyllique (on pose un cierge pour le soleil cette année), vous obtiendrez une belle messe pour fêter l’été qui arrive.


Toute la programmation est à retrouver ici.

Vie Sauvage sur les internets :

 

Flavien Berger : interview.

dans MUSIQUE

En ce début de mois de février tiraillé entre un ciel bleu et des pluies éparses, vie sauvage était de retour le week-end dernier à l’IBoat pour présenter la quatrième édition de la collection hiver du festival.

Pour l’occasion, vendredi soir, c’est Flavien Berger qui prenait possession de la cale du bateau. Il nous livra un live d’un peu plus d’une heure. Cet homme atypique aux cheveux mi-long n’est plus tellement à présenter. Après trois EP, Glitter Gaze et Mars Balnéaire en 2014, puis La Fête Noire en 2015, il sort en avril 2015 son premier album Léviathan. Et dernièrement il a même offert en téléchargement gratuit l’album Contrebande, le disque de Noël. De sa voix au large ambitus, il transporte le public directement à l’intérieur d’un univers qui lui est propre. C’est à la fois poétique, un peu fou et rempli d’une certaine énergie mystique. 

La vieille de son concert, Le Type a eu le plaisir de pouvoir poser ses questions à cet O.V.N.I de la musique électronique pour en savoir un peu plus.

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Bonjour Flavien, comment-vas-tu ?

Je vais bien, je suis à l’Orillon, un bar à Belleville que j’aime beaucoup et je viens de manger une chocolatine. C’est toujours meilleure quand on dit chocolatine que pain au chocolat. Et sinon ça va très bien, l’année commence sur les chapeaux de roue.

Tu avais déjà été de passage l’année dernière à l’Hérétic, heureux de revenir cette année à Bordeaux à l’IBoat ?

Ouais, à l’Hérétic ça a été une des dates que j’ai préféré parce que c’était de la folie et aussi parce qu’on était à l’Hérétic, donc le plafond était bas. C’était une soirée de pleine lune en plus et les soirs de pleine lune il se passe des trucs incontrôlables, que la raison ne sait pas canaliser. J’avais vachement kiffé et je suis content de revenir parce que on a eu pas mal de rendez-vous manqués cette année donc là c’est bien de se retrouver à la rentrée, histoire de reprendre les bases.

En plus tu verras qu’à l’IBoat aussi il y a un plafond plutôt bas, donc tu retrouveras le bonheur du plafond bas.

Génial, le bonheur du plafond bas. Je ne viens que pour les plafonds bas à Bordeaux. (rire)

Et avant de te lancer dans la musique, que faisais-tu? Tu a toujours fais ça, ou tu as eu Une sorte de « vie antérieure » ?

Non, en fait j’ai toujours fais de la musique par passion, par occupation, comme d’autres font des activités sportives ou s’adonnent à des hobbies. Et puis j’ai fais de plus en plus de musique et à un moment je faisais ça à fond. C’était par effet boule de neige de pratique aussi. Sinon je fais des choses à côté, je suis professeur dans une école et puis il y a souvent d’autre projets qui sont menés de front. Mais bon la musique c’est central depuis deux ans.

Tu es professeur à l’atelier de Sèvres c’est ça ? Qu’enseignes-tu ?

Oui c’est ça. J’ai enseigné quatre ans la vidéo, et cette année j’enseigne le son et la pratique de faire du son dans des œuvres d’art et comment les mettre ensemble. C’est assez difficile, car ce n’est pas encore dans le champ des arts vraiment explicites le son. Qui sont les artistes sonore ? Dans le milieu de l’art contemporain on ne les connaît pas. C’est un champ qui n’est pas solitaire, qui n’est pas au même niveau que les autres. Donc en plus quand t’es étudiant et que tu veux travailler là dessus, si tu veux en parler à des concours c’est difficile. C’est une pratique qui est encore à questionner alors qu »il y a des pratiques qui existent et on questionne les œuvres et les travaux. Mais là c’est la pratique en soit qui est à prouver.

Après l’album Léviathan et puis l’album surprise Contrebande: le disque de Noël, tu te vois faire quoi ? Peut-être partir sur d’autre sentiers que la musique ?

Non, justement le sentier de la musique il est très bien parce qu’on parle de musique et moi ça me va. Donc je me vois continuer à faire et écrire de la musique, à faire des disques et à continuer à faire des concerts pour jouer mes disques en live. Je trouve que la structure telle qu’elle est est très bien. Le fonctionnement il est clair, il est simple. Dans le cadre du disque je peux expérimenter et j’ai pas a redéfinir le cadre, c’est ce qui me plaît.

Tu as un sacré univers, elle vient d’où toute cette inspiration ?

De partout, c’est redigérer des influences. C’est se servir des choses qu’on imagine et les faire rentrer dans des cadres d’illustration. Ça vient du cinéma, de rêves, de sons. Ça vient aussi de la drogue, des apparitions, de l’exploration de failles, de la croyance en des êtres invisibles. Ça vient de plein de choses différentes qui sont toutes liées à l’histoire que je veux raconter. Car ce sont des histoires que je veux raconter. Dans le cas de Léviathan c’est une grande histoire fragmentée en plein de reflets. Chaque morceau parle d’un de ces reflets là. C’est une histoire éternelle, c’est une histoire d’exploration de l’inconnu et c’est une métaphore de l’aventure amoureuse. J’ai fais exprès que ce ne soit pas très clair parce que sinon on ne pourrait pas imaginer ce que l’on veut. Mais en tout cas c’est un fil rouge que j’ai tracé et que je change de couleur au fur et à mesure des morceaux.

Quelles seraient tes influences du coup ?

J’aime bien les œuvres de n’importe quel domaine artistique qu’elles soient, qui font appel à la distanciation. C’est-à-dire un phénomène de prise de recul sur la situation de contemplation. Pour les films j’aime bien Richard Linklater qui est un cinéaste américain qui fait plein de films différents à chaque fois et qui dresse des dogmes et des codes qui font qu’à chaque fois ça lui donne des champs d’expérimentation pour faire ses films. Par exemple il a fait un film sur douze ans qui s’appelle Boyhood ou bien il a fait un film sur le rêve où il a demandé à des gens de redessiner chacune des images du film, ça c’est Waking Life, qui est un de ses meilleurs films. Richard Linklater pour moi c’est un mec génial. J’aime bien Lars Von Trier aussi. J’aime bien la littérature un peu méta, la science fiction qui te ramène à ta condition de lecteur, ta condition d’humain au XXIème siècle. En musique j’aime bien Philippe Katerine, qui va lui par exemple faire un album où il y a une idée par chanson et qu’une seule et c’est génial. Du coup il va beaucoup plus loin que plein d’autres gens qui veulent se cacher derrière des milliards de concepts pour faire une musique qui n’est pas bien au final. J’aime bien Salut C’est Cool. J’aime bien Gainsbourg, qui lui va se donner comme concept de mélanger des choses qui ne sont pas censées être ensembles au départ comme un style de musique et un thème ou un style d’écriture et un genre musical. Enfin voilà, j’aime bien les gens qui expérimentent mais qui mine de rien n’ont pas l’air d’expérimenter. Car en ce n’est pas un genre en soit d’expérimenter, c’est juste une philosophie, une manière de voir le monde. Les gens qui font juste de la musique expérimentale je trouve ça bidon parce que ce sont des mecs qui n’ont pas réussis à faire rentrer leur expérimentation dans un cadre digeste.

Parle nous un peu du clip de Bleu sous-marin, c’était un concept assez original de tourner le clip et de le retransmettre en direct sur Youtube.

C’est du méta-cinéma. Justement méta c’est un terme que j’ai utilisé deux secondes avant pour parler de la distanciation. C’est le travail de deux réalisateurs, Cosme Astro et Jeanne Frenkel. Ces deux personnes viennent à la fois du théâtre, des arts plastiques et du cinéma. Et elles ont eu l’idée de faire comme ça un plan séquence, et de le retransmettre en direct sur Youtube. Je trouve que c’est une des premières fois où on atteint la justification de l’illustration de l’image. Le clip c’est juste un objet commercial, pour diffuser de la musique à la télé ou sur internet, c’est juste pour faire parler de ta musique. Même si dedans il y a des choses géniales. Il y a même des choses qui ont changé l’histoire de l’image. Mais ça reste en soit un format bâtard. C’est pas noble. Sauf quand les gens s’en emparent et réussissent à faire un truc qui s’émancipe de ça et qui transcende le cadre du clip. Et ça rejoint ce qu’on disait sur le cadre et les contraintes.

C’est un peu repousser les limites que le cadre du clip impose alors ?

C’est l’idée ouais, en plus dans le clip il y a un dogme qu’on a mis en place avec Robin Lachenal, le directeur artistique du projet visuel de ma musique. En fait on a fait un dogme avec pleins d’éléments. Il faut qu’il apparaisse dans chacun des clips, il faut que chacun des éléments soient comme des chapitrages, comme dans les livres où tu serais le héro mais là c’est les clips dont tu es le héro. Et ils ont bien réussi Cosme Astro et Jeanne Frenkel à faire ça, parce qu’en fait tout ces éléments apparaissent dans le clip mine de rien. Il y a des signes qui reviennent. C’est à la fois des signes, des sigles, des images, des métaphores, des lieux, des environnements. Ça c’est intéressant et ils l’ont bien réussis.

Pour terminer, t’en penses quoi toi de la disparition des accents circonflexes dans la langue française ?

Je pense qu’il ne faut pas l’affilier à un contexte particulier. Ceux qui arrivent à rapprocher la guerre en Syrie et l’accent circonflexe, c’est des connards. Après l’accent circonflexe c’est joli, moi je continuerai toujours à l’utiliser parce que c’est un sigle joli, parce que j’aime bien les lettres en majuscules, les graphismes orthographiques, la cryptographie. J’aime bien tout ce qui est sigle et la signification. Donc l’accent circonflexe de toutes façon ça rappelle que avant il y avait des S à la suite de la lettre qui porte l’accent, c’est juste une espèce de trace du passé mais moi je trouve surtout que c’est une ornementation qui me plaît, donc je continuerai de l’utiliser. Après les académiciens ils font ce qu’ils veulent, c’est cool. La langue elle est faite pour changer, voilà. Je n’ai pas de problème avec ça.

Le Type remercie encore Flavien Berger de lui avoir accorder un peu de son temps.

Crédits photos: Nico Pulcrano – photo prise à l’Hérétic le 21 mars 2015 


Si vous voulez vous amusez à retrouver les éléments qui constituent le dogme mis en place dans les différents clips de Flavien Berger allez faire un tour par ici ou bien par  ou encore .

[INTERVIEW] Thousand @ Vie Sauvage Collection Été 2015

dans MUSIQUE

Bourg-sur-Gironde, entre deux gouttes. La nuit de festival ne venait que de commencer pour les sauvages quand Stéphane Milochevitch, aka Thousand, leur conta ses histoires pop. Une prestation à l’image de son disque tubesque « The Flying Pyramid » : entre nonchalance de cowboy par la voix et rigueur absolue par la précision des arrangements. 

Le Type a profité de l’escale girondine de ce drôle de garçon, aussi bien à l’aise en homme orchestre qu’en dessinateur, pour lui poser quelques questions et lui demander de concocter une mini playlist introspective et éclectique.

Pour commencer, peux-tu nous dire comment tu as construit ton album « The Flying Pyramid » ?

C’est un album qui s’est construit de façon très éclatée. Certains morceaux remontent à très loin, d’autres ont été crées au dernier moment. En général, j’ai une vision globale du morceau plutôt rapide. Ce qui me prend le plus de temps, c’est tout le travail autour des arrangements. Pour moi, ce sont vraiment eux qui donnent le style d’un morceau. Je suis super pointilleux avec ça. Ce boulot m’a pris deux ans pour ce disque.

En plus d’être musicien, tu es également dessinateur. Ton processus de création est-il le même pour le dessin et la musique ?

En dessin, j’ai une démarche plus libérée qui tient de l’impro. Mes dessins s’apparentent à des collages d’images qui n’ont rien à voir entre elles mais qui finissent par former un ensemble cohérent. Je ne m’impose pas de diktat ou de formalité… En ça, on peut peut-être rapprocher mes dessins de ma musique : je peux tester à l’infini des styles et des instruments très différents avant d’être satisfait d’un morceau. Je ne me refuse rien !

D’où tu tires ton inspiration? De ta vie personnelle ou de choses plus abstraites?

C’est assez particulier… En fait, je pars d’éléments de ma vie perso mais pour arriver à un morceau, j’ai besoin d’un stimuli extérieur. Ça peut être une phrase prononcée par un pote, une réplique dans une série un peu naze… C’est ensuite la nuit que je suis le plus productif, quand je suis dans une sorte de demi-sommeil. C’est à ce moment que le texte découle. Puis viennent les histoires, les rythmes, la mélodie, le phrasé…

Avec une partie de ton enfance passée au Texas, tu penses que ça impacte ta façon d’écrire et de composer ?

Cela m’a beaucoup influencé au niveau musical parce que j’étais très libre et j’ai pu assisté à des concerts qui ont été déterminants pour moi. Je me suis retrouvé dans des festivals de métal un peu extrêmes qui étaient des parfaits clichés sex, drugs and rock and roll. Je me suis retrouvé assez vite à assister à des trucs d’adultes… C’était assez frontal mais ça m’a forgé, pas seulement pour ma musique mais aussi dans mon style de vie.

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Stéphane Milochevitch était accompagné sur scène de Sylvain Joasson (batterie) et d’Olivier Marguerit (basse).

Est-ce qu’il y a des artistes dont tu te sens particulièrement proche et qui t’inspirent ?

J’oserai pas me hisser au rang d’artistes que j’adore mais je suis assez fan de la manière d’écrire de Bill Callahan. Je trouve aussi l’écriture et l’attitude de David Berman des Silver Jews assez fascinante… Il y a aussi la musique d’Olivier Marguerit, qui m’accompagne à la basse sur scène, qui me parle beaucoup. Sinon je pourrai dire François and the Atlas Mountain ou Requin Chagrin, un tout jeune groupe que j’ai vu récemment en concert. Tu sens qu’ils ne sont pas encore super rodés mais leur l’honnêteté m’a vraiment touché.

Quels sont tes projets pour la suite? Toujours aussi éclectiques?

Là je suis en train de finaliser quelques dessins, dont un énorme. Je travaille aussi sur de nouveaux morceaux… En fait on peut carrément dire un album je pense (sourire). Et puis je suis en train de finir le clip de « To Dance in a Circle of Fire »… C’est là que je me rends compte que j’ai un gros problème pour déléguer les choses niveau musique (rires). Heureusement que c’était un pote qui s’occupait du mixage parce que j’étais insupportable à vouloir tout gérer.

Pour finir, tu penses quoi des initiatives comme Vie Sauvage? Un festival pluri-disciplinaire, un peu comme toi au final. 

Déjà, je suis super touché d’avoir été choisi. On sent que c’est ultra soigné que cela soit dans la programmation ou l’accueil. L’ambiance est différente des autres festivals où tu sens vraiment les grosses machines derrière.

Thousand – Playlist Introspective :

Une chanson tourne en boucle de ton côté en ce moment ?

« Rose » de Requin Chagrin. Une nouveauté très chouette !

Une chanson qui a changé ta vie ?

« Don’t cry » des Guns n’ Roses (version Use Your Illusion I). Plus qu’une chanson, un art de vivre. Si tu ne peux pas t’empêcher de chanter chaque solo par coeur, tu sais ce que je veux dire.

Une chanson qui te rend heureux à tous les coups ?

 « Young Turks » de Rod Stewart, une ode à la vie devant soi.

Une qui te rend triste automatiquement ?

« In Dreams » de Roy Orbison, mélancolique et teintée de terreur quand Dennis Hopper la chante dans Blue Velvet.

Une chanson inconnue mais qui mériterait d’être connue du plus grand nombre ?

« Chemirocha », un chant Kenyan magnifique inspiré par la country de Jimmie Rodgers.

Photos :  Gil Quaresma

Le retour à la Vie Sauvage

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Pour la quatrième fois, les sauvages investiront Bourg-sur-Gironde du 12 au 14 juin prochain. Une parenthèse enchantée qui alliera bonne musique et vibes aquitaines.


Loin des gros festivals impersonnels aux allures de beuverie générale, la collection été Vie Sauvage 2015 entend nous préparer à l’été en douceur.

Côté musique, les festivaliers pourront shaker des épaules (et du reste) sur une programmation pointue et fraîche : Barbarossa, Thylacine, Thousand, Forever Pavot… Encore une fois, Vie Sauvage mise sur des talents en route pour un couronnement imminent. Une preuve : l’année 2014 fut l’année de la révélation pour Fakear, au programme de la collection été de la même année.

En plus d’une programmation musicale aux petits soins, les organisateurs n’ignorent pas les besoins primaires de chaque festivalier affamé et assoiffé. C’est pourquoi Belle Campagne et le vin Côte de Bourg seront également de la partie. C’est un peu plus chic qu’un panini accompagné d’une bière tiédasse oui.

Pour parfaire cette petite bulle que s’évertue à créer Vie Sauvage, des activités à la cool rythmeront le week-end : tournoi de football, pétanque et piscine notamment. Le concept-store itinérant Noir Gaazol fera également un stop au festival avec sa sélection léchée et tendance.

Le programme des réjouissances est à retrouver sur le site officiel de Vie Sauvage ainsi que sur la page événement Facebook du festival.

Pour se procurer le précieux sésame, rendez-vous sur les réseaux de distribution habituels (Fnac, Weezevent, Ticketnet et Digitick) et Total Heaven. Tarifs en prévente : 19€ (hors frais de location), 25€ sur place et gratuit pour les moins de 10 ans.

La Vidéo du jour #77

dans ÉVÉNEMENTS

Les copains de l’agence Vie Sauvage ont crée un beau projet vidéo appelé « Tribu ». Retrouvez régulièrement sur leur chaîne Dailymotion un portrait d’Homme et de Femme dans leur environnement quotidien. Chaque portrait a pour angle la question du sauvage : qu’est-ce qui vous rend sauvage ?  Pour ce 2ème épisode de Tribu, nous rencontrons Nicolas Delbourg, sauvage graphiste, buveur de café, fondateur du Poivre Lab. C’est lui qui avait réalisé la scéno de l’édition précédente de Vie Sauvage. On avait essayé de le rencontrer mais les cœurs de canard et le vin rouge avait eu raison de nous.

Vie Sauvage : https://fr-fr.facebook.com/festivalviesauvage
Images et Réalisation : Thomas Blanc (http://vimeo.com/user26075139)
Musique : Bengale​ (https://fr-fr.facebook.com/bengalemusique)
Nicolas Delbourg : http://www.poivre-lab.com/

Sur la route du Type #5 – Direction Vie Sauvage (bis)

dans MUSIQUE

Le départ est lancé, c’est parti, Le Type a récupéré sa tente Queshua 2’’, il a fait ses plans Mappy, il s’entraîne tous les jours à dormir à même le sol et à danser jusqu’au bout de la nuit tout l’été durant. Pour commencer son périple physiquement musical, Le Type compte bien faire une nouvelle fois escale à Bourg, à Vie Sauvage, du 13 au 15 juin. Si la Collection Hiver était magique, la Collection Eté s’annonce mémorable. Cette année, le crew Vie Sauvage prend des allures d’agence de voyage hédoniste qui vous invite à libérer tous vos sens le temps d’un week-end.

Ecoute

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Ecoute, écoute (maman est près de toi), écoute Ross Heselton un jeune poète vagabond pour une romance sans lendemain au son d’un univers folk mélancolique qui figent tes pieds sols, la tête dans les étoiles sans ciel // Nunna Daul Isunyi cet indien en godasses qui t’angoisse puis te sert, te brûle et te gèle sur place, notre chouchou du Collectif Iceberg // Cléa Vincent faire vibrer des notes au piano en contant des histoires de fille fragile mais pas farouche pour un sou. // Le A une bande de fennec aux plages rock qui s’étendent à perte de vue le long d’une mer électrique aux vagues psychédéliques.

Ecoute

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Friends of Mine pour une boum aux sonorités pop et aérienne. // John and the Volta un gang de fantôme aux draps arc-en-ciel pour flotter dans une galaxie rock léché et ciselé. // Be quiet, meute de loups noirs, dont la musique oscille entre la cold wave froid et aérien et une cold wave plus métallique et électronique. // Isaac Delusion, nos chouchous de l’écurie Cracki Records, monstre à deux têtes qui te plonge dans un rêve sans fin où la pop se marie au hip-hop, la folk, la funk dans une boucle entêtante. // Rien. Odezenne. De l’amour charnelle, de la rage animale et du vomi acide qui marque un retour qu’on n’espérait plus (c’est faux).

Ecoute

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BABE une douce brise pop folk qui réchauffe le cœur comme les rayons d’un soleil couchant. // Lawrence Arabia une friandise sucrée venue de Nouvelle-Zélande pour nous offrir des mélodies mielleuse et funky, Miam // DJ Martial Jésus notre prophète des nuits sans lendemain dans l’église du rire, de la danse et de la transpiration. // Fakear, poulain de la maison Nowadays records, gourou adepte des machines pour nous envoyer vers des destinations exotiques sans retour // Baleapop & sa Team, les grands frères de la Team Sauvage pour un dj-set love to love en attendant le mois d’août St Jean de Luz et Mykki blanco.

Goûte

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Du pinaaaard. Hum, pardon. Goûte du Côte du Bourg pendant une dégustation gratuite proposée par les jeunes viticulteurs de l’appellation. Et les produits du marché gourmand locavore du restaurant Belle Campagne.

Regarde
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Regarde les installations numériques du laboratoire POIVRE où la nature trouve sa place et reste en communion avec l’art et la technologie. Regarde la scénographie du collectif Nocturne, on nous promet du beau, du sincère, de l’éphémère sensible à capter dans le parc de la Citadelle. // Regarde les clichés de Romain Laffue qui t’invite à le suivre en voyage au fil d’instants de vie justes et honnêtes. // Regarde une fresque prendre vie sous les coups de crayon du collectif Sauvage Garage.

Ecoute, goûte, regarde tout ce que tu veux au final, tout est permis surs les terres sauvages.

 

 

 

Vie Sauvage
Du 13 au 15 juin
Bourg-sur-Gironde

Vendredi 13 & Dimanche 15 juin // GRATUIT
Samedi 14 juin // 17€ en pré-ventes & 20€ sur place

FNAC: http://bit.ly/QI4aMs
TICKETNET: http://bit.ly/1jUTtP9
DIGITICK: http://bit.ly/1jufItN
TOTAL HEAVEN : disponibles
OT BOURG : disponibles
PASS CROISIÈRE + FESTIVAL: http://bit.ly/1kC6uwe

Vie Sauvage (Collection Hiver)

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

En novembre, ce que Le Type aime encore plus que les Disney Christmas Movie, plus qu’un marathon Astérix, plus qu’une énième rediff d’Harry Potter et plus que les téléfilms de M6 – mais oui tu sais les téléfilms où une famille déchirée retrouve l’espoir grâce à Noël genre « Un papa tombé du ciel » ou « Le chien qui a sauvé Noël » – bref, je m’égare…Ce que Le Type aime encore plus que tout ça sont les festivals d’hiver. Quand les festivals d’été appellent au rassemblement, à la liberté de prendre son pied ensemble sous un soleil de plomb, le maître-mot d’un festival d’hiver à nos yeux c’est la magie.

La magie de braver l’air qui pique et brûle pour s’enfermer et tomber amoureux.
La magie d’une atmosphère plus intimiste où l’on est animé que par la musique.
La magie de ces artistes dont le froid ambiant n’inspire que de la poésie, plus proche des autres, plus proche de nous.
La magie de n’avoir besoin que de deux, trois, quatre verres de liqueur pour se réchauffer.

Si toi aussi tu crois en cette magie, je ne peux que t’inviter à accompagner Le Type à Vie Sauvage (Collection Hiver), jeudi 28 novembre, à l’Iboat.

le voyage sera simple, rude mais évident.

Au début, couvre-toi bien, mets tes moufles et ton manteau. Sors de chez toi. Tu peux venir accompagné(e). Tu peux venir seul(e). Là où tu iras, de toute façon, tout le monde t’attend.
Direction Bassins-à-Flot. Direction l’Iboat.
Arrivé(e) à bord, sers-toi un verre de Côtes de Bourg, il est offert par tes hôtes de 19h à 20h.
Tu oublieras comment tu es arrivé(e) là. Tu n’auras plus froid.
Après ça, tu pourras (re)découvrir Les Pelotes Soniques avec Sew & Laine : apprendre à tricoter en musique si tu n’as jamais touché à des aiguilles ou partager ton grand savoir si les torsades et le point de riz n’ont plus de secret pour toi.

Sew&Laine
Tu rencontreras du beau de monde comme les filles du Mouv’ Giulia Foïs (POINT G COMME GIULIA) et Emilie Mazoyer (#LEMOUV’) qui présenteront leur émission en direct mais aussi Sean Bouchard (LABEL TALITRES), Romain Bordes (HORS D’ŒUVRES) et d’autres guest du Mouv’ en Dj Set.
Ils animeront la bande originale de tes flâneries sauvages toute la nuit, entre la terrasse et le pont.

A partir de 20h00, dans l’obscurité de la cale, un alchimiste et cinq apprentis sorciers t’attendront. Petit Fantôme et Apes & Horses t’attendront.

Apes & Horses

Ces cinq sorciers viennent de Paris, leur premier terrain de jeux, Cracki Records comme protecteur. On les appelle Apes & Horses. Un coup de cœur qui date de deux ans, découvert comme première partie de Death Cab for Cutie au Trianon. Ils ont pris leur temps depuis. Un petit peu plus d’un an. Modestes mais ambitieux. La plume apaisée mais la rage au cœur. Ils se révèlent enfin avec un premier EP, « Bleu Nuit », quatre incantations qui brassent en nous un flot d’émotions insaisissables que l’on accepte et rejette à la fois. Un monstre romantique qui fascine mais qui n’agit que dans le brouillard.

Petit Fantôme

On connaît Pierre Loustaunau comme la force tranquille du Collectif Iceberg. On l’avait toujours vu en guitare-voix, chanter la naïveté, l’innocence et les vacances. On l’avait toujours vu revendiquer, sans insister, des phrasés sans fioritures, en français dans le texte. Août 2013, un mois de retard, on tombe sur « Stave ». Une nouvelle obsession est née. Petit Fantôme a été bien, frais. Maintenant il est indescriptible.Il sort du cadre tout en gardant une certaine proximité. « Stave » est une mixtape léchée certes mais faites à la maison. Chaque morceau est un vrai petit bijou dont on n’aurait pas taillé toutes les facettes. Parfois c’est lisse, parfois c’est brut. Douloureusement romantique. Mélancoliquement léger. En clair obscur. Gang bang de punk, de variété, de pop et de R&B vocodé.

Vie Sauvage (Collection Hiver)
Jeudi 28 Novembre
De 18h à 3h
@ Iboat

Préventes : DIGITICK
Facebook / Twitter / Instagram
Préventes : FNAC

FAUVE

dans MUSIQUE

Le texte qui va suivre n’est pas une nouvelle chronique. Il s’agit de notre vision de notre rencontre avec une partie du collectif Fauve Corp.

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I.            De Fauve à un enfant de huit ans

Pardon pour les gros mots.

Quand tu simplifies vachement le truc, je me dis, tu ne présentes pas Fauve comme un truc de musique.
Tu lui en parles sans qu »il ait vu ou écouté quoi que ce soit ? Est-ce que Fauve ça ne parle pas de soi-même ? Est-ce qu »on ne peut pas juste lui passer le CD et lui dire « Voilà ça c »est ce que je fais ». Ou par exemple si par exemple on l »emmène à un concert on lui dit « Voilà ça c »est ce qu »on fait, on va jouer ici » et on lui explique. Si c »est un enfant qui n’a pas eu accès à la musique, qui ne connait absolument pas Fauve au début, tu peux juste lui expliquer que c »est 5 amis qui font pleins de choses ensemble dont de la musique et de l »image, de la vidéo. Imaginons c »est ton fils, tu lui dis alors voilà « Papa avec ses copains ils chantent des chansons et il fait des films en gros. ». Et les chansons elles parlent des films et les films parlent des chansons.

Et après tu lui expliques que le Père Noël existe toujours.
Et que le jour se lèvera au moins une fois.
Et s’il demande de quoi ça parle, tu lui réponds que ça parle de papa et de ses copains.
Et tu écouteras ça dans 10 ans ! Voilà !

II.         La vidéo. La musique. La musique. La vidéo

En général le fil rouge du projet, tout le temps, le carburant, c »est les textes. Et donc du texte découle la musique et ensuite la vidéo. Mais… Enfin tu vois la musique découle toujours des textes mais en fait la vidéo n »arrive pas toujours en troisième position. On commence à travailler un peu différemment.

Pff j »ai trop du mal.

En fait on va parfois mettre la musique au service de la vidéo. Par exemple comme sur Blizzard on a essayé de travailler comme ça. On avait ce texte, cette chanson à la base. Comme ça porte le nom de l »EP, on voulait avoir une vidéo un peu plus étoffée. Donc on est parti de cette musique en faisant en sorte de casser la chanson et de pouvoir la mettre en image comme on voulait. Et une fois que le propos de l »image était construit on a mis la musique dessus. C »est pour ça que ça fait un morceau de 8 minutes. Ça peut aller dans l »autre sens aussi…On travaillera à ça de plus en plus souvent. Sans dénaturer totalement le projet.

Je me demande comment ça pourrait être les textes au service de la vidéo.

Ça l »a fait pour Blizzard par exemple. Ouais ça l »a fait sur les voix off.
Ouais c »est vrai…
Au final les trois sont toujours sur le même plan.
Enfin pas toujours.
Jamais en fait…

Dans l »idée c »est toujours sur le même plan. Ça dépend surtout des titres. Pour simplifier, dans l »ordre d »apparition des choses c »est toujours texte/ musique/ vidéo. Mais c »est en train d »évolué et ça devient parfois vidéo / musique / texte. On essaie de casser un peu les trucs pour ne pas rester dans une même manière de construction. Après c »est sûr qu »à la marge, quand on travaille l »album, tu peux difficilement amener une vidéo sans son et dire « Eh les garçons, j »ai un truc ! ». Mais en tout cas on peut réussir à déstructurer la musique pour qu »elle colle plus à la vidéo, pour qu »elle donne une autre présence.

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III.       La scène

Sur scène, c »est quand même vachement plus pêchu.
T »es obligé quoi. Enfin tu as l »envie plus que tu n »es obligé.
C »est assez spontané. Tu sais quand t »es en concert il y a beaucoup de stress. C »est vachement intimidant. On n’est pas encore hyper habitué, on n »a pas fait beaucoup de concerts. Donc on a toujours cette espèce de terreur avant de monter sur scène qui fait qu »on joue fort et on crie, on parle plus. Ça passera peut-être avec le temps. Mais du coup ça a donné une autre tournure aux morceaux en live qui est différente. Pour la vidéo c »est pareil ça change aussi. Ce n »est pas une question de stress, c »est juste que tu dois produire une dynamique différente, une rythmique dans les images. Ça ne sert à rien de projeter le clip en même temps que la chanson, ça n »a rien d »intéressant.

C »est une création qui est fait pour la scène, pour le live et évidemment on y retrouve des bouts de clips pour garder l »esprit Fauve mais par contre il y a 90% de nouvelles images qui sont soit des samples vidéo grappillés à droite à gauche, des vidéos clips qu »on aime bien. Par exemple sur Sainte Anne on a essayé de faire ça. Et les 10% restant c »est des clips qui existent déjà et qui sont un peu réinterprétés justement pour être, un peu comme la musique, plus dynamique, donner plus de rythme etc. Et il y a une chose à savoir c »est qu »en live on n »utilise pas de lumière. Pas pour le moment en tout cas. Donc on n’utilise que le vidéo proj. Il y a un an quand on a commencé les lives, les vidéos étaient plus ou moins lentes donc à un moment on a pris du recul sur ces vidéos qu »on projetait et on s »est dit qu »il fallait qu »on réussisse à les dynamiser. Donc on a cherché, dans des systèmes de trames, des samples vidéo beaucoup plus dynamiques qui permettaient de faire des superpositions avec des images déjà existantes et essayé d »avoir une vidéo un peu plus pêchue. Mais c »était un nouveau support pour nous parce qu »on n »avait jamais essayé ça. On était plutôt proche des vidéos clips justement. C »est plutôt ce qu »on savait faire.
Et finalement il y a plusieurs piliers pour nous dans Fauve qui sont les plus importants. Il y a les textes / la musique / la vidéo. Enfin l »image en général. Et on se rend compte que les concerts c »est un truc à part entière. Ça devient une autre forme de création. C »est un autre support. Qui rassemble les trois autres mais dans une autre dynamique parce que ce n »est pas de l »enregistrement, ce n »est pas du montage, c »est un truc instantané, donc tu as des codes différents, des règles différentes. Pour nous le concert c »est une forme d »écriture à part entière. C »est une création à part entière. T »as un taff particulier à fournir pour que ça ressemble à quelque chose, que ce soit dans le travail du mix, du son que ce soit dans la dynamique, l »énergie, les structures parfois qui changent un peu et tout ce qui est vidéo.

Ouais justement la scénographie, on est en train de construire ça petit à petit, mais clairement on s »est posé la question et on a compris qu »il fallait qu »on ait notre univers et qu »on réussisse à le mettre en ambiance sur scène.
Là c »est hyper léger mais c »est en devenir. On est encore hyper jeune, peut-être que ce soir c »est notre trentième concert. On est tout jeune donc on découvre la scène en même temps qu »on la vit. Donc c »est ça qui est intéressant, autant pour la musique que pour cette online casino scénographie.

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IV.      Le succès

On se protège vachement les uns les autres. On resserre le cercle, tu vois. Ce n »est pas qu »on se replie sur nous-mêmes parce qu »on est ensemble mais on essaye de couper tous les signaux extérieurs qui sont un peu démesurés pour nous, un peu déplacés. Après on essaie de garder ce qui est positif parce qu »il y a pleins de choses positives dans tout ça. Pour continuer à faire les choses exactement de la même façon qu »on les fait, c »est à dire de façon assez artisanale, très bricolée avec beaucoup de transpiration et finalement pas beaucoup de moyens et dans une optique de progression mais pas à pas. On essaie de garder le cap quoi, tout simplement.

Et comment on fait ?

Et bien on essaie juste de rester entre nous, de pas trop se préoccuper de ce qui se passe en positif comme en négatif tu vois. Depuis qu »on a vu qu »il y avait des réactions qui commençaient un peu à devenir exagérées en positif, on a tout de suite été radicaux là-dessus. Je ne sais pas, tu vois des trucs comme « La voix d »une génération »… C »est très flatteur merci, mais non merci parce que ce n »est pas le cas tu vois ? Ce n »est pas pensé comme ça, ce n »est pas fait pour. Ensuite le temps passe et tu as des trucs moins drôles qui arrivent. Pas beaucoup hein, c »est pas très grave. Nous on veut être noté sur une échelle de 1 à 20. On ne veut pas être dans une logique de « Putain c »est génial, c »est le meilleur truc du monde », ça nous fait chier, ça nous gêne.

Ou « C »est un phénomène ».

Ça fait vraiment consommable. Court terme. Et quand on nous chie dans les bottes de façon un peu radicale, on n »écoute pas non plus parce que nous on se casse le cul à faire ce qu »on fait, on travaille comme des chiens. La seule chose qu »on peut garantir c »est notre sincérité et notre acharnement. Donc on se fait vraiment chier pour faire ce qu »on fait, donc la moindre des choses quand tu commentes le projet Fauve, en positif comme en négatif , ça marche vraiment pour les deux, c »est de faire le même travail, de fournir un effort. Et quand tu arrives à fournir cet effort et que tu es un peu honnête, tu arrives à un jugement qui va de 1 à 20. C »est un truc qui est vachement dans le propos de Fauve. Ça rend malheureux la dichotomie actuelle. On a tous entre nous et pour nous et avec les autres des jugements très binaires. « Lui il est moche ou il est beau », « il est con ou il est intelligent ». C »est des trucs super dangereux, ça fait du mal. T »es pas un truc ou un autre. T »es une foule de choses et l »idée c »est que tu avances pour diriger ta vie vers la partie la plus positive. Nous c »est ce qu »on essaie de se répéter à nous-mêmes, tout le temps. On est de cette génération de gens qui ont  une très faible estime d’eux-mêmes : on est très dur avec nous-mêmes, on est très dur avec les autres. Parce que c »est le contexte, parce que c »est notre éducation…Et on essaie de sortir de cette forme de jugement vis-à-vis de nous-mêmes et de convaincre ceux qui sont autour de nous. Encore une fois on parle de périmètre dans Fauve, c »est un terme qu »on utilise beaucoup parce que c »est notre support de travail, on s »adresse pas à une génération, on n »a jamais prétendu ça. Par contre on s »adresse à nous-mêmes et aux nôtres. A la marge tu as toujours un avis sur ce qui se passe dans le monde, la société. Globalement c »est ce qu »on essaie de se répéter à nous-mêmes tout le temps et à ceux qu »on aime. Qu »il faut sortir de ce truc binaire. Et c »est pour ça que quand nous on reçoit des jugements qui sont un peu tranchés ça nous fait chier.
La critique au sens positif comme négatif, elle doit être nuancée.

Ça paraît un peu agressif comme discours mais ça ne l »est pas du tout. C »est qu »on subie vraiment ce truc quoi. Etre appelé quand tu sors d »un projet quand tu sors de ta chambre et que tu vas à la radio parce qu »on t »y a invité et qu »on te dit c »est le buzz, tout le monde te veut, t »es obligé d »avoir des positions radicales et de devenir un peu comme ça. C »est un truc que le système médiatique nous a forcé à faire. Et c »est pour ça qu »on est très proche des gens qui nous entourent. Que ton projet soit reconnu par les médias, c »est presque le pire truc qu »il puisse arriver avec ton projet, en tout cas si tu n »es pas préparé à ça. (C’est cracher dans la soupe de dire ça)

Ça dépend à quel niveau tu en es. Surtout au niveau de l »ancienneté. C »est pas le pire truc mais c »est quelque chose d »assez dangereux en fait.
T »es Julien Clerc t »as fait 10 albums et 30 000 tournées, on te dit que ton dernier album est formidable : bingo c »est gagné. Pour nous t »as pas encore tourné la roue et elle est déjà en train de tourner, quelqu »un l »a fait tourner à ta place et tu ne sais pas sur quelle case ça va s »arrêter. Alors que tu avais décidé de ne pas tourner cette roue. Et c »est pour ça que ça paraît un peu radical comme discours.

De toute façon il faut arrêter de se toucher deux secondes, on sait tous que dans un an il y aura un autre truc et qu »on sera totalement passé à la trappe tu vois. C »est sûr. Mais ça ne nous empêchera pas de continuer à faire ce qu »on fait. Parce que les médias ont besoin de faire autre choses, et les gens aussi peut-être. Bref ça nous fait peur mais on essaie de le maîtriser à notre manière. Peut-être de manière un peu bloqué.

On est assez radicaux parce que du coup on se réfugie un peu dans la forêt. On ne fait pas de promo et on n »est de plus en plus chiant avec ça. On essaie absolument de garder le rythme de communication avec les gens qui nous envoient des messages etc. On n »a pas du tout lâché le truc en cours de route. Après il ne faut non plus cracher dans la soupe, tout ce qui se passe nous a permis de vivre des trucs absolument éblouissants qui nous font aller beaucoup mieux dans nos têtes et dans nos vies. Ça ne change pas la vie mais ça change ta vie. Ça ne change pas l »univers, ça ne change pas l »ordre des choses mais c »est bien, c »est un petit plus. Et même si c »est une parenthèse dorée qui dure deux ans, quand tu repartiras dans la vie normale tu seras armé d »une sorte d »espoir parce que tu auras vu que ce genre de choses c »est possible.

Fauve-dos

V.         L’anonymat

Je voulais parler des photos, de la communication visuelle. Ça ne vient pas d »un truc marketing ou je ne sais pas quoi, parce qu »on lit des trucs un peu chelou. L »anonymat ça part à la base d »une volonté de pudeur. Vis-à-vis des textes on ne voulait pas forcément qu »on mette des visages là-dessus. On voulait laisser les textes exister par eux-mêmes.

C »est un truc perso aussi, t »aime pas ta gueule sur les photos, t »aime pas ta gueule sur les photos. Je sais que c »est le cas de certains d »entre nous. Eh bien si tu peux ne pas faire de photos c »est tant mieux. C »est un mélange des deux. T »es pas à l »aise et avec les textes t »es encore moins à l »aise de montrer ta gueule. Du coup on est parti sur ce truc là et on s »est très vite rendu compte que c »était beaucoup plus agréable. On s »est aussi rendu compte au bout d »un moment que c »était cohérent avec ce qu »on disait dans les chansons. On revendique dans notre périmètre notre imperfection, nos bancalités, notre absurdité, notre côté chelou et crade. On est comme tout le monde, on est juste des cassos qui en même temps ont des qualités. C »est comme je disais tout à l »heure, une foule de choses. Et quand tu rentres dans ce truc de photos tu deviens une espèce d »entité abstraite qui n »est plus considérée que comme un artiste. Et ça efface complètement ton humanité. Tu deviens un truc « super ». C »est une pensée qui n »est pas gérable, je pense que tout le monde est pareil. Quand quelqu »un vient te voir et qui te dit « t »es la meilleure personne du monde » ça te fout systématiquement mal à l »aise. T »as envie de dire « mais tu me connais pas ».
C »est comme quand quelqu »un est amoureux de toi. On tombe amoureux d’une personne qui nous perce à jour. J »ai vu qu »il y avait ça, mais moi, c »est cette partie là qui me plait et j »accepte le deal d »avoir les deux. Mais le truc d »être perçu par quelqu »un de façon totalement positive c »est gênant quoi. Il y en a peut-être qui aime ça mais nous ce n »est pas le cas. Et finalement c »est un peu ça. Je me suis rendu compte qu »on a bien fait de ne pas le faire. Parce que tu ne deviens pas vraiment un être humain et que nous c’est ce qu’on veut montrer. On n »est pas masochistes, on n »est pas dans l »auto-flagellation à outrance non plus mais on veut montrer ce qu »on est de A à Z, avec nos sales travers et en même temps nos qualités. Mais l »un ne va pas sans l »autre.

VI.      Du Nouveau, Du Bon, Du vieux

« – Du nouveau c »est Georgio, Saleté de Rap. Non ? Tu préfère A l »ombre du zénith ? Allez, on avait pas encore buzzé. Donc Georgio, A l »ombre du Zénith, bim c »est buzzé, c »était pour le nouveau.
– J »en avais une en tête l »autre jour pour le Bon, je l »oublie systématiquement. Il faut que je la note.
– C »était quoi le truc de Devo là déjà ?
– Ouais, on met Devo, Mongoloid. Et le Vieux… Ça existe des Boris Vian enregistrés ? C »est chant-mé.
La java des bombes atomiques ? Ouais mais c »est un peu…
– C »est un peu tarte à la crème.
– Ou sinon un vieux truc de reggae genre Toots ou un truc comme ça… Bref, non, met Boris Vian.
– Bref, on est d »accord.
– On n »a même pas répondu.
– C »est tout le temps comme ça.»

 

Souvenirs de Vie Sauvage

dans MUSIQUE

Pour la deuxième étape de son roadtrip des festivals de l’été, Le Type n’est pas allé bien loin…Oh non…seulement à 45 min de Bordeaux, à Bourg-sur-gironde, un charmant village situé au bord de la Dordogne pour la deuxième édition du festival Vie Sauvage. Nous sommes presque à un mois de cette journée mémorable mais Le Type s’en rappelle encore. Malgré la pluie, malgré le froid, malgré une heure et demi de queue pour des barquettes de frites, Le Type s’en souviendra longtemps !

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La date : 22 juin 2013
Le lieu : Vie Sauvage #3 – Bourg-sur-gironde

14:30 Bon…Faisons encore confiance à Mappy…Cette fois pas d’embrouille, on a quand même pris de la marge ! Le ciel est gris mais il ne pleut pas. En route !

15:15 Bon…cette fois nous sommes perdus. Nous ne trouvons pas le site, pas de signalétique alors que nous avons tout fait comme il le fallait. TOUT. Nous avons une conférence de presse avec Fauve à 16h30, nous commençons à paniquer.

15:20 Victoiiiiiire nous sommes tombés sur une voiture qui arborait fièrement une affiche « Vie Sauvage » sur son pare-brise. Nous la suivons.

15:30 Nous sommes arrivés !!!!! Nous sommes arrivés !!!

15:40 Direction l’espace presse pour préparer les interviews de la journée…et boire du vin – et ce de manière purement innocente, par soucis professionnel parce que le vin en question, c’est une cuvée spéciale Vie Sauvage, du Château La Croix Davids.
On se rend compte que nous n’avons pas vidé nos cartes SD. Heureusement pour nous, Luc d’Un Disque Un jour passait par là et habite dans le coin. Halellujah !

16:00 Toujours en train de boire du vin…et de manger du saucisson…c’est toujours professionnel…On s’accorde un tour au Marché Gourmand pour baver devant un plateau de fromage de chèvre et loucher sur les huîtres tout en dansant sauvage au son des Disques de Coconut.

16:45 Conférence de presse avec Fauve. Enfin…cela devait être une conférence mais finalement nous ne sommes que deux médias au rendez-vous. C’est presque un face à face. On parle d’eux, de leur musique puis sans trop savoir comment tout bascule. Ils ne sont plus artistes, nous ne sommes plus rédacteurs. Nous ne savons plus trop qui nous sommes…

17:15 Interview avec Benjamin et Charlotte du groupe Archipel au Café de la Halle. On parle de voyage, d’art et de cornes d’abondance.

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17:45 C’est la première fois que nous voyons Dream Paradise en festival. Comme d’habitude, nous sommes touchés par leur douceur et leurs textes pas si innocents accompagnés par des mélodies angéliquement pop. « Ils sont de plus en plus bons » chuchotons-nous souvent chaque fois que nous les voyons sur scène. Aujourd’hui c’est confirmé. Le parc de la Citadelle de Bourg commence à se remplir.

18:45 Interview et session acoustique de Florian et Vincent, du groupe Dream Paradise. Déjà qu’on est super attendris quand on voit le duo sur scène, alors la rencontre nous a rendu complètement guimauve.

19:35 Il faut recharger la caméra. Du coup, on écoute Kim hurler et donner un cours de balances en live de loin. Selon nos sources, c’était drôle et captivant de voir un artiste évoluer et posséder une scène en solo.

20:15 Le jour commence à tomber et la pluie reprend de plus belle. Ce soir le public est waterproof. C’est l’heure de Pendentif. C’est l’heure de danser sans se soucier du mauvais temps. C’est l’heure d’accueillir la pleine lune. Alors quoi de mieux que la douce saveur de cette pop à images tantôt naïve, tantôt sensuelle, parfois plus spirituelle !

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Ellipse temporelle – l’ellipse qui suit n’a rien de comique. Elle parle d’une heure et demie de souffrance. Tout ce que nous voulions c’était des frites. Deux pauvres barquettes de frites. Nous avions les nerfs à vifs. Une sale envie de meurtre – surtout quand certains ont eu le culot de passer à côté de nous en mangeant. Sa mère, il pleut à nouveau. Et nous ratons Arch Woodmann. Tristesse.

21:45 Bon ok…Ca va faire la septième fois que nous voyons Arch Woodmann en un an et demi mais il faut se rendre à l’évidence : Le Type aime ce groupe d’amour. Le Type aime le voir muter et se renouveler au fil des années. Le Type aime qu’on l’embarque d’un univers à l’autre, d’une émotion à une autre. La nuit est tombée.

22:00 DJ MARTIAL JESUUUUS KILLS THEM ALL! Le Type ne l’avait encore jamais vu mixer – oui, oui sacrilège pour un webzine bordelais! Mais bon mieux vaut tard que jamais hein ! Et wow ! Quel homme ! On a rarement vu un DJ autant habité par son set. Tellement habité qu’on ne peut que venir à sa rencontre pour danser devant lui comme pour saluer un dieu à barbe qui passe d’Azealia Banks aux Flaming Lips, du vieux punk à Die Antwoord en passant par New Order ou Fergus & Geronimo.

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23:15 « Nique sa mère la pluie ». Elle s’arrête. Le ciel se dégage, laissant apparaître la pleine lune. Aux premières notes qui retentissent, nous reconnaissons l’instrumentale de Saint Anne. Les chansons s’enchaînent et on les a tellement saignées que même sans paroles on entend des voix. Est-ce les nôtres ? Est-ce les leurs ? C’est un peu comme ça que nous appréhendons la bête. Un flot d’interrogations sur toi, sur moi, sur nous. Un purgatoire mélodieux. Une thérapie brutale comme si on te poussait dans une piscine pour te guérir de ta peur de la noyade. Fauve c’est l’uppercut qui nous sort de la torpeur. Mais sans te faire sombrer, sans s’auto-flageller, avec une véritable foi en l’Homme et en la vie. Fauve c’est un corp(s) triste et désabusé qui se dope à l’optimisme.
Tu n’es pas seul. Ouvre les yeux. Là nous sommes près de 1200 dans le même périmètre.

00:20 DJ MARTIAL JESUUUUUUUUS RUUUULEEEES

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00:35 Prend un aller simple, on part avec Archipel. On court à travers la jungle, on traverse les océans, on se perd dans des villes futuristes. Archipel est un groupe composite dont la musique est née de voyages, de rencontres fortes et de collections d’objets mystiques.
(Mention spéciale au déhanché de Benjamin digne du bootylicious de Beyoncé – au moins !)

C’est terminé. Il faut partir. Il faut émerger de cette longue journée. Mais les rédacteurs que le Type a envoyé à Bourg sont unanimes, les meilleurs festivals sont les festivals indé où l’on sait vivre sauvage.

Crédits photos : Mélina Quintin

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