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mars 2018

Quand Afrika Bambaataa ambiance l’Iboat

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Afrika Bambaataa, Kevin Donovan de son vrai nom, nous a fait l’honneur de sa présence mardi 27 mars à l’IBoat. On parle bien d’honneur dans la mesure où le bonhomme est ni plus ni moins considéré comme l’un des fondateurs du mouvement hip hop et de la Zulu Nation. Cette organisation fondée outre Atlantique dans les années 1970 visait à réconcilier et apaiser les relations entre les gangs new-yorkais notamment, à travers la diffusion du hip hop et la mise en avant de toute forme de création. Dès lors, la présence à Bordeaux de celui qui en est à l’initiative a tout d’un moment exceptionnel. Intuition confirmée dans la cale d’un Iboat bien remplie et complètement acquise aux vibes du DJ. On y était, on vous décrit ça en image.

Musical Écran : une quatrième édition chorale

dans DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE

Forte d’une précédente édition qui a su mobiliser le public, l’association Bordeaux Rock est de retour avec son festival Musical Écran du 1er au 8 avril. Ce festival de documentaires musicaux proposera cette année une sélection de films qui se veut riche et éclectique. Le tout se trouvera agrémentée de deux soirées à la cour Mably qui nous emmèneront de l’Orient à l’Italie. Voyons toutes les surprises que nous réserve cette nouvelle édition.
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Durant une semaine, les spectateurs seront emmenés à découvrir ou redécouvrir des genres musicaux, des artistes, des mouvements, des scènes… Les projections et les rencontres prendront places principalement au sein des murs de l’Utopia, mais aussi à la bibliothèque Mériadeck ou bien encore à l’Institut Cervantes qui accueillera l’une des deux projections en partenariat avec le festival de documentaires musicaux de San Sebastian: Dock Of The Bay.

La programmation fera écho à l’actualité mondiale à travers le prisme de la musique comme outil de revendication et d’émancipation. Bordeaux Rock nous fera sillonner la planète de la Russie aux États-Unis en passant entre autre par la Corée du Nord et le Proche-Orient. Le tout sans mettre de côté le sujet du combat des féministes et des minorités oppressées.

Des films inédits

Cette année on retrouvera des films inédits. Avec notamment l’objet cinématographique non identifié Kuso de Steven Ellison alias Flying Lotus qui s’annonce être aussi étonnant que détonnant. Aux commandes de la B.O ; Flying Lotus himself, mais aussi Aphex Twin, Kamasi Washington ou encore Thundercat. Rien que ça. Le voyage se promet autant visuel que sonore. Ce documentaire sera diffusé en double séance avec Noisey Atlanta : une histoire de la trap music. Pour ce dernier, le titre parle de lui-même. C’est au fil d’une déambulation dans Atlanta que l’on découvrira comment l’émergence de la trap music a permis à cette ville de se faire une place dans la culture populaire. Changement d’ambiance pour le film d’ouverture du festival qui sera par ailleurs aussi en compétition, Laibach : Liberation Day. Le groupe slovène qui a souvent été qualifié de fasciste a été le premier groupe occidental à être invité dans la capitale nord-coréenne, et ce film documente la venue du groupe à Pyongyang.

Teaser Festival Musical Écran 2018

▬ Cadeau pour tes yeux et tes oreilles ▬ Le teaser du Festival Musical Écran 2018 est là pour te faire saliver d'impatience ! Rejoins l'évent du festival : http://bit.ly/2tusie9Consulte la programmation : http://bit.ly/2ppiHA0Billetterie : http://bit.ly/2FLmZwuTeaser conçu par Aubérie Vantomme ⇝ https://auberievantomme.com/ ⇜

Gepostet von Musical Ecran – Festival de documentaires musicaux am Dienstag, 20. März 2018

10 films en compétions

Côté compétition, il y en aura pour tous les goûts. Dix films se disputeront le prix du jury et le prix du public. Parmi eux on retrouvera Never Stop : Une Musique Qui Résiste, un long métrage rendant hommage à la techno de Détroit et à ses grandes figures comme Derrick May, Carl Craig ou bien Jeff Mills. Ces musiciens décidèrent de s’affranchir des majors pour exprimer leur propre vision de la musique. C’est un film qui ravira les férus de musique électronique. Au même titre que Moi Gagarine d’Olga Darfy qui nous emmènera dans les rave russes dans la fin des années 90 et Manchester Keeps On Dancing qui explorera l’arrivée des courants musicaux de la « dance music » des USA en Europe via la ville de Manchester. Néanmoins si les musiques électroniques ne sont pas trop votre tasse de thé, pas de panique. D’autre domaines seront abordés. Entre autre, un documentaire sur la vie de Marianne Faithfull, un sur le groupe féminin de grunge L7 ou encore le documentaire Olancho qui raconte la vie d’un groupe de musiciens qui est contraint de se produire pour des puissants cartels de drogue.

Musical Écran la nuit

Outre les salles obscures, le festival prendra possession de la cour Mably le temps de deux soirées musicales. Le vendredi soir sera sous le signe de l’orient avec le DJ-set de Habibi Funk qui viendra les poches pleines de pépites funk orientale. Et le samedi, changement de décor, ce sera au tour de l’italo-disco de résonner entre les murs de Mably. Seront conviés pour les festivités Fabrice Desprez, un des plus grands chineur du genre en France et Jay le patron du label berlinois Private Records spécialisé dans les musiques vintages et l’italo-disco. Ces soirées seront en lien avec deux films projetés en première partie de soirée : Yallah Underground de Farid Eslam pour la première soirée et Italo Disco Legacy pour la seconde. Il est certain que pour sa quatrième édition, le festival Musical Écran est décidé a transporter son public à travers les continents et les genres musicaux au gré d’une sélection aussi pointue que diversifiée. Et cela risque de nous réserver de belles découvertes.
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  • Retrouvez la programmation complète ici et pour plus d’information c’est .

Lancement officiel du Joué à Darwin, bijou musical bordelais

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Le Type était présent le 21 mars pour le lancement officiel du Joué, présenté par Pascal Joguet, inventeur et président de la structure. Rencontre dans l’épicerie de Darwin en petit comité, pour ce qui est sans aucun doute une révolution dans le monde de la création musicale, avec la naissance d’un tout nouveau genre de contrôleur Midi, aux allures de jouet.
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Il aura fallu près de deux ans et demi (seulement) à Pascal Joguet, Arnaud Rousset et Guillaume Martin pour concevoir un contrôleur Midi hors du commun, un objet intuitif, innovant, et provocateur. À la fois inventeurs, designers et développeurs, et avec pour chacun un parcours personnel important au sein de l’industrie technologique et électronique, ces trois passionnés de musique basés à Darwin inscrivent désormais Bordeaux comme maison mère du Joué, du made in Sud-Ouest/France pour un produit qui se veut aussi responsable.

Joué est un contrôleur Midi comme il en existe des centaines de modèles, à ceci près qu’il vient casser les modes d’utilisation habituels, en proposant tout d’abord un design flirtant avec le jouet d’enfant, utilisant des matériaux nobles, et, révolution oblige, nous proposant de switcher entre plusieurs modules aux formes et couleurs différentes. Ces modules en silicone (et non pas en caoutchouc), font du Joué un instrument écolo (corps en bois notamment), et, tenez-vous bien, recyclable à 95 %… « Nous sommes ici sur un produit local, nous connaissons quasiment chaque personnes ayant collaboré au projet, avec un circuit de production court, dans une démarche écologique. Le Joué est un produit durable, sans batterie, il s’alimente avec une connexion USB classique. Nous voulions aussi un produit qui se veut responsable dans sa conception. » nous explique Pascal.

Le Joué se veut donc atypique jusqu’au bout, avec une utilisation qui pourrait être d’une agilité déconcertante, doté de ces fameux modules interchangeables que l’on vient placer sur la surface alors vierge. Ici, la réponse sonore est immédiate ainsi que la sensibilité tactile. Fonctionnant sur le système du RFID(Radio-frequency identification), chaque module bénéficie d’une puce interne qui enregistre les données et les paramètres programmés par l’utilisateur, permettant une véritable intuitivité dans la prise en main et l’utilisation.

De plus, Joué est adaptable aussi bien sur Ableton, Fruity Loops que sur d’autres logiciels de composition musicale. Le touché soyeux, le design et les couleurs pop viennent ajouter une esthétique soignée et osée pour un instrument d’une telle capacité. Que l’on soit guitariste, claviériste, beatmaker ou simple débutant, le Joué invite les passionnés de musique à se détacher des instruments et contrôleurs classiques aux allures de « machines », nous renvoyant à un usage plus spontané, tout en offrant des possibilités illimités.

Avec un prix correct pour sa catégorie, le Joué se place tout de même en concurrent sérieux, comptant un bon pourcentage de commandes en Amérique et en Europe et des modules supplémentaires sont déjà à l’étude. Joué est disponible chez le revendeur officiel « Espace Claviers », 41 Cours Victor Hugo, 33000 Bordeaux, ou ici sur la boutique du site officiel, avec un starter pack incluant le Joué et 5 modules, eux aussi disponibles séparément.

Il ne vous reste plus qu’à foncer, et le tour est Joué.

 

 

 

La MUE, tremplin des musique urbaines de Banzaï Lab

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Le tremplin des Musiques Urbaines et Émergentes est une initiative du label bordelais Banzaï Lab. Il vise à offrir une chance à de jeunes producteurs et artistes issus de la région Nouvelle Aquitaine de se faire connaître et d’être accompagnés dans leurs diverses démarches. Une pré-sélection de 15 artistes sera suivie du choix d’un jury le 10 avril et du vote du public le 2 mai.
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Un tremplin laboratoire au service des musiques urbaines

Souffrant encore d’un manque de reconnaissance des institutions, les « musiques urbaines » s’apparentent pourtant à un terreau particulièrement fertile auprès de jeunes artistes aux influences de plus en plus ouvertes. Cette appellation relève d’un spectre très vaste, puisqu’on y retrouve des courants aussi variés que le hip hop, la bass music, le beatmaking, le trip hop, nu funk, nu soul, dub, etc…

C’est ainsi que l’équipe de Banzaï Lab, soucieuse de révéler les artistes de cette nébuleuse musicale, a décidé de mettre en place un tremplin pour voir émerger cette nouvelle génération de musiciens. Une véritable opportunité puisqu’à la clé, le gagnant pourra prétendre à une signature sur le label Banzaï Lab, un enregistrement d’un EP avec la sortie d’un clip et une programmation pour la soirée des 10 ans du Rocher de Palmer en plus d’un accompagnement pendant deux ans ! Le deuxième du classement ne sera pas trop mal loti avec une programmation prévue pour une soirée du label, 3 jours de résidence et la captation vidéo d’un live.

La MUE, initiative locale

S’adressant uniquement à des artistes, groupes ou beatmakers issus de la région Nouvelle Aquitaine, ce nouveau tremplin est une initiative portée par Banzaï Lab en partenariat avec plusieurs autres acteurs locaux. On compte ainsi parmi eux l’association L’Ampli basée à Pau, ainsi que Le Rocher de Palmer de Cenon, la Rock School Barbey (Bordeaux), la fédération Hiero de Limoge, la salle de concert Le Sans Réserve de Périgueux, ou encore Rock & Chansons (Talence), le Krakatoa et Beaub’FM.

Avec pour ambition de se pérenniser, l’évènement s’appuie sur l’expertise de Banzaï Lab, acteur incontournable de la scène musicale indépendante locale et des esthétiques de musiques urbaines. Très active sur le territoire, la structure défriche au quotidien un bon nombre de projets musicaux singuliers, et trouve avec ce tremplin un nouveau moyen de renouveler ses sources. La première phase de sélection a permis au label de voir émerger dans ses radars des artistes tels qu’Obsimo, DNA, Met.h.ode, Sweet High Time Crew, Yuman, Fast ou Lehmanns Brothers… Une deuxième phase verra le jury trancher pour choisir trois lauréats le 10 avril, avant que le public n’élise à son tour celui ou celle qui l’aura le plus convaincu.
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Mussa Molo retourne le Bistrot du Splendid

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Pour ceux qui ne connaissent ni le groupe Mussa Molo, ni le cinéma de Langoiran, il y eut ce vendredi 23 mars une occasion de passer une soirée riche en découverte. Avec Mussa Molo, c’est un moment d’Afro Groove finement mené par le leader Abdou Sow qui a été proposé. Les rythmes et sonorités d’instruments tels que le Balafon ou le Ngoni sont admirablement couplés aux instruments de scènes classiques. Les influences Blues, Rock et Afro Beat ont secoué le Splendid. Un mot sur le webzine parait indispensable.

Une Scène mythique

Le Splendid, vieux cinéma classé et réhabilité en salle de concert nous a d’abord offert une cacophonie visuelle envoûtante. Notre regard est accroché par la multitude du bric-à-brac vintage parsemé ici et là. Près de la scène, au centre, une vieille carcasse de Citroën U23 est métamorphosée en divan – comment l’ont ils mis ici ? Non loin de là, sur une table de chevet vieillissante, un paquet de cigarette « Alain Delon » trône fièrement. Le ton est donné.

En piste

L’échéance approche, on remarque la troupe s’agiter avec frénésie. Abdou Sow, leader, se rapproche de la scène pour faire flamber une poignée de thiouraye (encens sénégalais). La précision des gestes trahissent l’habitude. Le temps que le brasier s’essouffle la troupe s’éclipse dans les loges. Enfin, le Nianérou,Violon Peul, grince. Ils arrivent. Retour en image sur ce concert d’une richesse acoustique inouïe.

Soyez sympas, rembobinez !

Rideau, on ferme.

Le groupe Mussa Molo est à retrouver le 5 mai au Central Do Brazil à Bordeaux pour une autre soirée, sans nul doute, Splendide.

Digital Abysses : l’expérience numérique au cœur de l’océan

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Jusqu’au 20 mai prochain, la Base sous-marine de Bordeaux accueille Miguel Chevalier et son exposition Digital Abysses. Pionnier dans l’art numérique, l’artiste signe ici une exposition remarquable à tout point de vue en nous offrant une balade numérique au plus profond des abysses. Plongez-y les yeux fermés.
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La Base sous-marine se dresse, comme une forteresse solide et fière, au milieu d’un champ de bateaux : certains sont usés, marqués par un temps qui n’épargne pas, tandis que d’autres, qui n’ont pas commencé le leur, attendent. Déjà nous sommes trompés : rien ne laisse apercevoir ni même imaginer la beauté de ce qui s’est installé là, dans les salles sombres de l’immense bâtisse. Une fois les portes franchies, nous avançons dans une semi obscurité humide et sourde avant de nous retrouver baignés de lumière par des projecteurs qui déposent au sol, les premières œuvres de Miguel Chevalier. Commence ici le voyage abyssal que nous offre l’artiste à travers cette exposition créée sur-mesure pour ce lieu mystérieux qui semble hors du temps.

Le numérique au service de l’art

Composée de 10 installations numériques et d’un cabinet de curiosités inédit scindé en quatre ensembles, la nouvelle œuvre de Miguel Chevalier introduit un phénomène nouveau : le numérique au service de l’art. Et cette nouvelle alliance fait des étincelles. La visite débute par une explosion de formes et de couleurs dans le cabinet de curiosités. Dans cette revisite de ceux du XVIIème siècle, l’artiste propose une sélection d’objets en tout genre. Certains sont imprimés en 3D ou dessinés au laser tandis que d’autres sont tout simplement réels : un jeu qui oscille entre virtuel et réel, comme avec ce corail orangé qui se fond dans le décor, preuve que le faux côtoie ici le vrai.

Des formes aériennes, puis voxelisées (pixels transformés en 3D) aux éléments fixes ou suspendus, Miguel Chevalier nous ravit les yeux d’un panel d’organismes créés de toute pièce par l’outil numérique. Ce qu’ils ont en commun ? Ils partagent un lien avec l’océan et sont haut-en-couleurs. Chacun d’eux rappelle les composants des fonds marins, au moins par la forme : tourbillons, volutes, fumées sous-marines, coraux et radiolaires pour les moins répandues. Ces derniers sont une espèce de planctons dont Miguel Chevalier a su reproduire, en 3D, couleurs et avec une extrême rectitude, les aspects variés et géométriques qui les caractérisent. En outre, ce n’est pas un hasard si le cabinet ouvre l’exposition : ce sont tous ces éléments qui composent les tableaux et scènes que l’artiste nous livre par la suite. Dans certaines œuvres, le numérique se voit tant dans la technique, par les logiciels, que dans ce qui est représenté : symboles spéciaux, pixel, touche command, signe infini et code binaire y trouvent leur place.

Rencontre océan-numérique à la Base sous-marine

Nous continuons alors la visite et commençons à déambuler dans le dédale des pièces de la base, dont l’obscurité et la fraîcheur ambiante font encore résonner l’écho du thème de l’exposition et de la cité sous-marine qui l’abrite. Dans ces pièces on croise de superbes œuvres, produits de la rencontre entre la créativité de Miguel Chevalier et les logiciels et algorithmes qu’il a imaginés pour leur donner vie. Parmi elles, l’Origine du monde, Pixels Liquides ou encore Vague Binaire. On notera que les noms des œuvres sont les parfaits témoins de l’association océan-numérique dont Miguel Chevalier est à l’origine.

En les observant, on décèle les figures et mouvements aquatiques : ondes, turbulences, tumultes et lignes. Autant d’éléments qui suggèrent l’univers des flux et vortex océaniques. Mais aussi celui du numérique et sa vague, ses flux et ses ondes de données. Ces grands tracés colorés, issus du logiciel, ne cessent de se mouvoir pour chaque instant être renouvelés. Ce ne sont jamais deux fois les mêmes formes et l’on pourrait rester des heures à les observer danser sur les écrans, dessiner les courants et s’inventer à nouveau au gré des mouvements de nos corps. Parce que Miguel Chevalier a trouvé le moyen de nous impliquer, de nous faire quitter notre condition de spectateurs pour nous rendre acteurs. Nos silhouettes font et défont l’œuvre grâce à des capteurs et des algorithmes que nous oublions à mesure que l’œuvre se saisit de nos mouvements pour devenir autre. Et c’est finalement cette interaction, ce jeu de courbes et de corps qui rendent l’œuvre encore plus vivante. On ne regarde pas l’œuvre mais on joue avec elle, on la teste, on la vit.

Sens en éveil et interaction avec les créations : une visite numériquement réaliste

La visite va crescendo. Nous commençons par des pièces contenant les éléments lumineux que l’on retrouve ensuite dans de vastes pièces qui les mettent en scène. Puis nous franchissons la dernière porte et ce sont des dizaines de teintes et de figures qui nous submergent. Sur une musique signée Michel Redolfi, quatre « bassins » luminescent se détachent du sol sombre sur lequel nous marchons. Dans chacun d’eux, les organismes observés précédemment semblent flotter dans une eau invisible. Ils sont colorés, vifs et en perpétuel mouvement. Une fois de plus, Miguel Chevalier nous permet d’interagir avec ces créations puisque lorsque l’on marche sur les projections, les organismes fuient nos pas. C’est une danse d’aimants que nous entamons alors. Qu’ils soient l’expression du rapport homme/nature, ou d’un simple jeu d’évitement, les bassins pleins de nature et de vivants rappellent la nécessité de protéger l’environnement, propos cher à l’artiste.

Miguel CHEVALIER Digital Abysses 2018, Base sous-marine, Bordeaux (France) version courte from Claude Mossessian on Vimeo.

Dans ce jardin sous-marin, nos sens sont en éveil, sollicités par une exposition et une mise en scène véritablement hors-normes. Pour le plaisir de nos oreilles nous apprécions le silence des salles qui imite celui de l’océan et la musique de la dernière pièce, dont la délicatesse est le reflet de cette flore qui pousse et meure continuellement pour nous dans l’œuvre Fractal Seaweeds. Sous nos yeux, émulsion de couleurs et éruption de formes rythment la balade. Jusqu’à l’odeur des lieux nous plonge au plus profond des océans pour une visite des plus numériquement réalistes. Jamais un lieu n’aura aussi bien porté son nom.

Miguel Chevalier : pionnier d’un art du XXIème siècle au service d’un « paradis inversé »

En somme, c’est une prouesse artistique moderne que nous livre ici Miguel Chevalier, pionnier de cet art du XXIème siècle. L’artiste explique alimenter sa créativité et sa réflexion d’autres disciplines comme la littérature, la philosophie ou la musique et lorsqu’on lui demande d’où lui est venue cette idée de l’art par le numérique, il répond simplement : « Je ne voyais pas comment on pouvait régénérer des idées dans le champ de la peinture à la fin des années 1970. Il faut explorer d’autres possibilités que ces artistes n’ont pas pu développer car ils n’avaient pas ces outils ».

A l’évidence, se munir de l’outil numérique pour capter l’art et la beauté de la nature est un pari gagné, contrepied d’une époque où le numérique prend la place d’une nature en souffrance. « On est un peu dans un paradis inversé. Le paradis on l’imagine en haut et on imagine toujours l’enfer en bas. Et en fait dans ce monde du bas on peut y trouver aussi un monde merveilleux à explorer encore ». Et le résultat est tout simplement merveilleux : nous nous laissons conter l’histoire silencieuse de l’océan, portés par les couleurs vives et les formes surprenantes de ces créations, celle que nous osions à peine imaginer et que l’artiste nous permet enfin de voir.
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Infos :

Eclectype #40 – La playlist bordelaise – mars 2018

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Rendez-vous mensuel pour découvrir de nouveaux artistes issus de la scène bordelaise tout en redécouvrant des pépites locales bien de chez nous, enfouies parfois dans les bas-fonds des internets. Sans trier, on sélectionne de manière éclectique dans cette playlist des univers parfois très différents, du rock psyché à la house en passant par le hip hop ou la musique de chambre, toujours dans une démarche de promotion de la création émergente à Bordeaux.

}Mort

Daisy Mortem – La vie c’est mort

Nouvel EP au titre en forme d’oxymore pour le duo Daisy Mortem, entre électronique bien débile et rock à l’énergie à revendre. Cocktail explosif en 5 morceaux qu’on recommande chaudement.

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Laroze – It’s Been A Pleasure

Après son dernier EP Past 20 Years déjà très convaincant, Laroze se paye le luxe de signer l’excellent « It’s Been A Pleasure » sur le très bon label parisien DKO Records, aux côtés notamment de Mézigue ou de Sandro : respect.

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VO – Motel

Connexion bordelo-réunionnaise avec VO aka Jouvence et ESKRO. Les deux rappeurs n’en sont pas à leur premier coup, mais c’est toujours avec réjouissance qu’on retrouve cette collaboration qui « fout le bordel » pas que « dans le motel ».

Wizard – Tarzan


Avec des influences revendiquées aussi cool que Battles, King Crimson ou La Dispute, le trio bordelais Wizard plaçait la barre haute. Le résultat ne déçoit pas avec une bonne dose de vitamine délivrée à coup de riffs bien placés qu’on a notamment pu découvrir au Void en début de mois pour la release party de leur premier album éponyme.

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Ksanti – Narrow Void

Avec Narrow Void, Benjamin aka Ksanti part en gros trip psychédélique, à la confluence de plusieurs genres. Un style appréciable qui fait office de véritable voyage sonore lors duquel le jeune musicien bricoleur déconstruit un peu tout histoire de mieux recoller les morceaux à sa façon.

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Evans – 18h17 w/ Ace Mamba

On a découvert Evans et son collectif 666 CLUB en checkant la belle affiche du festival de la jeune création organisé par le Krakatoa le samedi 24 mars. Le jeune crew à la prose nonchalante pose des textes fluides sur des intrus propres. Efficace et à découvrir en live donc à la fin du mois.

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Olffmann – Lost in the city

Entraînante et captivante, la track « Lost in the city » du producteur bordelais Olffmann ne devrait pas peiner à trouver sa place sur les clés USB des DJ locaux (mais pas que) en recherche de petites bombes à balancer en peak de soirées.

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Brutuss64 – New Girl

Derrière Brutus64 se cache un auteur de bande dessiné : Winshluss (Pinocchio ou In God We Trust) mais aussi un réalisateur de talent puisqu’on lui doit notamment Persepolis avec Marjane Satrapi et Poulet aux prunes. Sa musique aux tendances folk étant aussi délicieuses que ses créations cinématographiques et graphiques, on vous laisse imaginer ce que ça donne.

 

Rothnik – Floral Espace

Entre beatmaking et ambient expérimentale, Rothnij signe avec Floral Espace un EP intriguant aux sonorités flottantes et aquatiques qui n’est pas sans rappeler la pâte classe de Ninja Tune à certain moment.

Yeswegreen : vivre autrement, ça s’apprend

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Bon nombre d’entre nous ont pour ambition de vivre autrement. Yeswegreen est là pour nous accompagner dans la redéfinition de nos modes de vie. Faire connaître les lieux, acteurs et tendances de la Green culture pour former les acteurs du changement, c’est le défi que relève son équipe !
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Pour cela, elle a développé une application – « Local city Green » – grâce à laquelle vous trouverez les commerces « Green » près de chez vous. Par ailleurs, elle organise entre autres des ateliers destinés à tous, des plus « novices » aux plus avertis, au sein des différentes villes où elle est implantée (Bordeaux, Paris ,Reims et Lyon ). Sur Bordeaux, ces derniers sont réalisés par Amandine, du site espritzerodechet.fr. Le Type a eu le plaisir de se rendre à l’un d’eux pour s’initier au zéro déchet.

Des ateliers animés par Amandine d’espritzerodechet

La vague du zéro déchet déferle et séduit de plus en plus. Amandine fait partie des convaincus, jusqu’à quitter son job dans les ressources humaines il y a deux ans, année de naissance de sa fille, pour créer son blog « espritzerodéchet.fr » et s’engager pleinement dans la promotion de ce mode de vie et l’accompagnement de ceux qui souhaiteraient s’y initier et qui sait… l’adopter eux aussi ! Son objectif ? Les aider dans leur démarche. Elle part du principe que si chacun fait un peu, les choses pourront changer. C’est ainsi qu’en aidant ceux qui veulent faire un geste, à leur rythme, elle espère pouvoir contribuer au changement. Cette adepte du zéro déchet anime deux types d’ateliers : cosmétiques et produits ménagers. Le but est que chacun puisse y trouver son compte et avancer à son rythme.

Des recettes zéro déchet et des astuces

Attablées autour des ingrédients dont nous aurons besoin pour réaliser nos produits ménagers DIY, nous commençons par nous présenter, nous et ce qui nous a motivé à nous rendre à l’Anticafé en ce samedi matin. Nous sommes toutes vraisemblablement présentes pour les mêmes raisons : écologie, économie, santé… On nous rappelle alors que le zéro déchet a aussi une dimension sociale (circuit court, mutualisation du matériel…). Une fois les présentations faites, nous pouvons désormais commencer à « cuisiner » nos produits ménagers sous les conseils avisés d’Amandine. Au programme : pastilles WC, lessive, liquide vaisselle et poudre lave vaisselle, avec pour seuls produits du bicarbonate, de l’acide citrique, des huiles essentielles, des paillettes de savon, des cristaux de soude, du savon noir et de l’eau.

Tandis que nous nous transformons en « chimistes », futurs maîtres du zéro déchet, en suivant scrupuleusement les recettes indiquées au tableau, Amandine nous donne des trucs et astuces pour que nous nous rendions compte des avantages que présente ce mode de vie et à quel point il est facile de l’adopter. Par exemple, un des avantages est de pouvoir personnaliser nos produits : à chacun sa recette en fonction de ses préférences (odeur, texture, huiles essentielles – suivants les vertus recherchées). On nous précise bien qu’il n’y a pas UNE bonne recette, chacun à la sienne.

Également, contrairement à ce que l’on pourrait croire, cela nous permet de gagner du temps (environ 5 minutes par produit, et si tu calcules le temps que tu mets à aller l’acheter en supermarché, en fin de compte, tu gagnes pas mal de temps… et d’argent (2,3 euros par produit).

produits zéro déchet

De nouvelles habitudes à adopter

Une fois l’atelier terminé, je repars avec les produits que j’ai la fierté d’avoir réalisés moi même, mais aussi l’ambition de me mettre au zéro déchet ! Non seulement j’ai quelques recettes en main, les trucs et astuces, mais j’ai aussi des conseils quant aux nouvelles habitudes à adopter au quotidien. Des gestes simples qui changent tout, de la mutualisation du matériel aux idées de cadeaux à faire soi même, en passant par les magasins qui, sur Bordeaux, favorisent la réduction des déchets ou le fait d’amener ses propres récipients chez le pâtissier ou le boucher.

Un projet de boutique

Pour ceux que ça intéresse et ceux déjà convertis, Le Type vous conseille de vous rendre sur le site d’espritzerodéchet.fr où vous pourrez retrouver le matériel nécessaire pour une vie sans déchets ! Vous serez en outre heureux d’apprendre qu’Amandine a pour projet d’ouvrir sa propre boutique sur Bordeaux d’ici quelques temps qui proposera tous les produits que vous trouverez sur son site. Elle a également pour ambition d’y animer ses ateliers et voudrait en faire un lieu d’échange et de partage sur le zéro déchet, notamment pour pouvoir répondre aux demandes formulées par les internautes qui fréquentent son site.

  • Le projet de yeswegreen vous botte ? Rendez-vous sur leur site
  • Vous voulez en savoir plus sur le zéro déchet ? Retrouvez amandine sur le site espritzerodechet.fr

444 Nuits x Pilote – La rencontre entre énergies mystiques

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Retour en images sur le double concert de Doums et Népal au Rocher de Palmer. Un gros show façon soixante-quinzième session bien soignée, pour une salle et une ville qui en redemande. À quand la prochaine ?

« Rien d’spécial, ce son il a rien d’spécial
L’instru elle a rien d’spécial
J’sais même pas j’fais quoi, demain ça fait rien d’spécial
Et ça sert à rien d’faire style, gros, y’a rien d’spécial
Tu pensais qu’le chemin était tout tracé
Mais tu t’rappelles que t’as rien d’spécial »

Rien d’spécial dont le beat résonne encore dans mon cœur. Cette foule qui connaît et aime le son. Cette jeunesse qui s’dévoue pour un rap de qualité, un « rap conscient ». Le 444 Nuits x Pilote Tour c’est une double scène, deux noms, une 75e session calibrée. Occupant l’espace tour à tour, les deux personnalités s’harmonisent et se déchainent offrant de quoi suer à son public. Frémissant, l’œil collé à l’objectif, on est allé chercher de quoi se souvenir de ce moment.

CaMéo : cinéma aventureux pour jeune public girondin

dans DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS

Le 9 février dernier, a eu lieu au cinéma de Saint-Médard-en-Jalles l’avant-première du film Bravo Virtuose du réalisateur d’origine arménienne Levon Minasian. La projection était suivie d’une rencontre avec le réalisateur, le producteur du film Robert Guédiguian et le compositeur Michel Pétrossian. Cette discussion a eu lieu dans le cadre de CaMéo, un dispositif de l’ACPG, réseau des salles indépendantes de Gironde qui vise à soutenir les salles de proximité girondines menacées par l’installation de multiplexes aux logiques avant tout mercantiles. A travers cette action, il s’agit également de proposer des activités cinéphiles aux salles du réseau (activités jeune public, tournées de cinéastes etc…). On vous en dit plus sur cette initiative.
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CaMéo : pour une nouvelle génération de cinéphiles girondins

Le débat qui a eu lieu avec le public au au cinéma de Saint-Médard en Jalles à la suite de la projection de Bravo Virtuose était donc animé par des lycéens faisant partie du dispositif CaMéo, un label coordonné par les Cinémas de Proximité de la Gironde (ACPG). Destinées aux jeunes de 12 à 20 ans,  plusieurs actions sont menées dans ce cadre : de la programmation de films d’actualité à de la médiation culturelle en passant par des séances accompagnées de conférences, débats, concerts ou même des interventions dans des lieux de la vie locale.

Toutes ces animations sont proposées afin de faire découvrir à ce jeune public, des films qu’ils n’iraient pas voir spontanément et de les sensibiliser à un cinéma plus diversifié (« plus aventureux » pour reprendre les mots de Robert Guédiguian, producteur du film Bravo Virtuose !). Ce dispositif est un espace de découvertes pour ces jeunes mais c’est également une histoire de transmission car aux travers de comités de jeunes spectateurs/programmateurs, ce sont eux qui se chargent d’organiser des projections de leurs films « coups de cœur » afin de les faire partager au plus grand nombre comme ce fut le cas au cinéma de Saint-Médard-en-Jalles pour Bravo Virtuose.

La rencontre avec le réalisateur arménien Levon Minasian

Le film Bravo Virtuose traite avec humour de cette jeunesse arménienne qui se bat pour créer une société plus juste, représentée ici par Alik, jeune musicien prêt à tous les risques pour son orchestre. Son parcours sera chaotique… Levon Minasian ayant accepté de répondre aux questions du public présent dans la salle, il a insisté sur le fait  que ce film est le fruit d’une production arménienne, française et belge. Jusqu’à présent, les co-productions entre le cinéma arménien et l’Europe étaient plutôt rares, mais aujourd’hui c’est devenu indispensable car l’État arménien ne soutient plus autant qu’avant l’industrie cinématographique.

Le réalisateur est revenu sur son film et sur son intention, d’une part de tourner en Arménie dans des décors naturels, et d’autre part de faire une comédie là où on attend plutôt un film social. Pourtant, si le ton du film paraît léger, le sujet ne l’est pas car il aborde la place de l’art dans un monde ultra-libéral où l’argent décide de tout. Robert Guédiguian, réalisateur de nombreux succès en France, et producteur de ce film, a tourné il y a une dizaine d’années Voyage en Arménie et a constaté, à l’occasion de ce film, que la production en Arménie s’est développée. Évoquant le cinéma au sens large du terme, il regrette une certaine standardisation. Il prône et incite le public à la découverte, à la curiosité en allant vers un cinéma dont il ne sait rien tel que le cinéma arménien. La musique tient un rôle majeur dans le film. Le compositeur Michel Pétrossian a écrit la musique en répondant à quelques exigences du réalisateur : elle devait être chantée, saccadée et obéir aux contraintes du scénario.


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Solifest : nouvelle expérience festivalière bordelaise

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Ils sont étudiants, passionnés de musique électronique et bien décidés de fédérer une partie de la scène associative bordelaise pour la première édition du Solifest. En vue de l’organisation de leur évènement les 9 et 10 juin prochain, nous avons interrogé un des membres du projet, Nicolas. Celui-ci explique la volonté de son équipe de proposer un rendez-vous lors duquel se croiseront artistes, producteurs locaux, entrepreneurs sociaux dans une démarche de solidarité avec un fort intérêt pour le terrain local. Rendez-vous également le 10 mars pour une préfiguration de l’évènement, au BB25 !
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Le Type : Peux-tu présenter dans les grandes lignes le Solifest et l’équipe qui se cache derrière ?

Nicolas : Nous sommes une équipe de 11 étudiants bordelais, tous acteurs, à échelles différentes, du monde associatif nous entourant. Nous nous sommes regroupés autour de 2 passions communes : le désir de mettre en avant un monde meilleur autour d’une synergie associative et les musiques électroniques (house et techno). Par le biais de cet événement, nous avons souhaité créer, le temps d’un week-end, un village associatif où une soixantaine d’association, producteurs locaux, entrepreneurs sociaux, interviendront dans le but de mettre en avant leurs activités tournées autour de la solidarité, la localité, le vivre ensemble, l’intégration et l’écologie.

S’agit-il d’un festival à proprement parlé ?

Bien sûr, nous pouvons parler d’un festival à part entière ! Sa particularité étant qu’il est gratuit et qu’il met en avant seulement des acteurs locaux dans un esprit de solidarité, de respect de l’environnement, d’intégration. Nous avons eu envie d’apporter une nouvelle approche au festival, en faisant intervenir des partis prenantes (associations, collectifs, producteurs, etc) que le public n’a pas forcément l’habitude de voir dans des événement du même genre.

Qu’est-ce qui vous a poussé à proposer cet évènement ?

C’est ce désir de promouvoir les initiatives locales et de créer une synergie, que cela soit entre les participants, mais aussi avec le public autour d’une programmation très riche qui nous a poussé à mettre en place ce festival. On peut parler d’un mix entre un forum des associations et d’un festival pour caractériser le format de cet événement, dans un cadre très chaleureux et dynamique.

L’offre culturelle existante à Bordeaux (avec déjà un certain nombre de festivals de musique électronique) ne vous convenait pas assez ?

En effet, comme vous pouvez le souligner : Bordeaux est une ville où la culture électronique est très présente. Toutefois, on a remarqué en 2 ans que très peu de collaborations existent entre les collectifs bordelais et plus particulièrement entre leurs artistes (ce qui est dommage quand on voit la pépinière présente à Bordeaux). Par conséquent, en restant dans une volonté de solidarité, nous avons souhaité permettre une synergie entre les associations mais aussi entre les crew bordelais en leur proposant l’exclusivité pour le dimanche 10 juin. Ainsi, nous auront la chance de faire intervenir 6 d’entre eux pour un dimanche des plus chill en compagnie de nos artistes locaux.

Tu peux nous en dire plus sur les collectifs et les artistes locaux qui accompagneront cette première édition du Solifest ?

Bien sûr : il faut savoir que sur Bordeaux il y a une véritable multitude d’artistes house, minimal et techno. C’est impressionnant ! Mais il n’existe aucune collaborations, ce qui est vraiment dommage. C’est pour cela que nous avons choisi de leur dédier la deuxième journée du festival. Parmi les labels présents, on peut pour l’instant parler des copains de Wattsart, qui est un collectif bordelais créé en 2016, créateur et organisateur d’événement dans le but de valoriser les musiques électroniques. Ou encore le collectif SUPER Daronne qui est très présent depuis un an pour faire vibrer Bordeaux, notamment l’été avec les open air bordelais. Nous sommes en contact avec quelques autres collectifs mais nous nous laissons le temps de voir ce qui serait le plus pertinent. Ce qui est certains, c’est que nos artistes locaux sont prêt à vous faire vibrer en ce week-end de début juin !
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Le festival a-t-il vocation à être pérenne ? Avez-vous les soutiens à la hauteur de votre ambition (soutien public notamment) ?

En mettant en place ce type de festival solidaire, il y a tout un esprit derrière qui veut être transmis et qui ne peut s’arrêter à une unique édition. En terme d’accompagnement, nous sommes soutenu par la Région ainsi que par la mairie grâce à un personnel qui se montre très présent pour nous permettre d’avancer dans notre démarche et nous permettre de mettre en place cet événement.

Nous n’avons pas parlé du lieu du festival : où aura lieu le Solifest ? Bordeaux est une ville en pleine mutation sur le plan urbain : comment voyez vous la ville évoluer à ce niveau-là ? Quels sont les quartiers où il vous semble pertinent d’expérimenter des choses sur le plan culturel ?

Concernant le lieu, nous le conservons encore secret… Sachez que ce sera très proche du centre ville, et accessible à tous. Bordeaux est effectivement une ville qui évolue beaucoup, notamment d’un arc allant de la gare jusqu’à Darwin en passant par l’hyper centre ! C’est de cet espace qu’il faut profiter pour expérimenter de nouvelles choses culturellement parlant !

Un dernier mot ?

Cela fait des mois que nous travaillons pour faire de cet événement un regroupement qui ait du sens, alors n’hésitez plus : rejoignez l’aventure et suivez la page ! De très belles annonces arrivent prochainement.

A la rencontre de Chrys Vadrouille

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Vous vous souvenez des statues de bronze qu’on pouvait croiser dans Bordeaux, rue Sainte-Catherine, à Darwin ou encore à la Victoire ? Une jeune youtubeuse s’était amusée à nous expliquer ce dont il s’agissait exactement Ses vidéos ayant attiré l’attention du Type, on est donc allé à sa rencontre pour en savoir un peu plus sur elle, ses différents projets, sa vie à Bordeaux… Voici le résultat de notre entrevue avec Chrys Vadrouille.
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Le Type : Salut Chrys ! Tout D’abord, je voulais te remercier pour ta disponibilité. Pour commencer, peux-tu te présenter ? Qui es-tu, d’où viens-tu et que fais-tu dans la vie ?

Chrys Vadrouille :  Et bien merci à vous également. Je m’appelle Marie, et sur Youtube je suis Chrys Vadrouille et je fais des vidéos de vulgarisation touristique. C’est tout récent, j’ai commencé en juillet dernier ; d’ailleurs la première vidéo que j’ai faite c’est sur Darwin. Je me suis intéressée à ça parce que je suis en étude dans le tourisme. Pour devenir Guide conférencière, j’ai toujours regardé des vidéos sur Youtube ; je voulais essayer mais je ne trouvais pas mon truc, et je me suis dit : autant allier mes études et ce que je veux faire de ma vie, en faisant des vidéos pour intéresser les gens !

Au début, je voulais me lancer à Orléans, c’est de là que je viens. Mais il y avait trop de gens que je connaissais, donc je n’ai pas tellement osé (rires). C’est en arrivant à Bordeaux, dans le cadre de mes études, que je me suis dit : « c’est l’occasion, je connais personne ; je me lance, si ça marche pas, ça marche pas, et si ça marche, tant mieux !

Et ça fait combien de temps que tu es Bordelaise alors ?

Je suis arrivé à Bordeaux en juillet, ça fait un peu plus de six mois que je suis Bordelaise. Donc en vrai, ça ne fait pas si longtemps que ça que je vis ici (rires)

Faire des vidéos, c’est quelque chose que tu avais réellement envie de faire depuis longtemps ? Ou c’est seulement en voyant des vidéos et en arrivant à Bordeaux que tu as eu le déclic ?

J’avais cette idée depuis un moment oui. Ça faisait longtemps que je savais que je voulais faire quelque chose, mais comme je t’ai dit, je n’osais pas à Orléans, parce que je connaissais trop de gens, et pour d’autres raisons. Mais j’avais déjà l’idée de faire des trucs de vulgarisation touristique sur Orléans. Et en arrivant à Bordeaux, je me suis dit pourquoi pas, surtout qu’il y a beaucoup plus de choses qu’à Orléans et donc beaucoup plus de sujets. Et la ville me passionnait, j’avais fait mes stages de BTS ici à l’Office de Tourisme, ce qui me permettait de découvrir l’histoire de la ville, ça m’a beaucoup intéressé et je me suis dit : « vas-y je le fais sur Bordeaux ».

Et donc, tu arrives à Bordeaux, tu te lances dans ce type de vidéo. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu bosses, comment se fait le choix de tes sujets ? Est-ce que tu es toute seule, etc… ?

Alors, les sujets, généralement, c’est parce que je me pose moi-même les questions. Par exemple, j’en ai fait une qui a pas mal marché sur les hommes de bronze, les statues qu’on trouvait un peu partout dans Bordeaux l’été dernier. Celle-là, je l’ai faite parce que moi aussi je me posais la question et je me suis dit : « mais est-ce que quelqu’un sait vraiment à quoi ça sert, qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que ça veut dire ? » Du coup ça part de là, et depuis que je fais ma formation, j’en ai fait une sur le Pont de Pierre. Celle-là c’est parce que j’ai fait un cours là-dessus sur l’histoire de Bordeaux et je me suis dit : « c’est génial en fait, est-ce que les gens qui marchent dessus tous les jours savent réellement ce que c’est ? ».

Voilà, ça part de mon questionnement personnel en fait. Ensuite j’ai embarqué mon copain là-dedans, c’est mon caméraman, il porte le téléphone car pour l’instant je travaille avec mon téléphone. Ce sont les moyens du bord pour commencer (rires)… C’est lui qui me filme, et après je fais le montage toute seule, j’écris mes textes toute seule. Lui il ne fait que me filmer en fait, et il m’accompagne tout le temps parce que je trouvais bizarre de venir toute seule ici. Lla première vidéo que j’ai faite sur Darwin, je l’ai faite toute seule, j’ai calé mon téléphone dans des graviers pour pouvoir me filmer, c’était vraiment à la « one again » (rires). J’ai escaladé des trucs pour que personne ne me voit, j’étais pas honteuse de le faire mais je n’osais pas… Mais maintenant, le fait qu’il soit là avec moi ça m’aide aussi, par exemple à parler plus fort, à m’assumer plus… Enfin voilà, il est avec moi et ça m’aide vachement.
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Tu t’es lancée dans ce projet des « Explique-moi », il y en aura d’autres à venir ? J’ai vu aussi que tu faisais des Vlogs, tu comptes développer un peu plus tes vidéos ? En gros, quels sont tes projets avec Youtube ?

Alors, les « Explique- moi », y en a un qui est en préparation. Mais maintenant que je suis rentré dans ma formation, j’essaie de beaucoup plus me renseigner, je veux vraiment plus les détailler, donc ça prend beaucoup plus de temps. Mais bien sûr, je vais continuer à en faire. Ensuite, j’aimerais bien aussi faire des vlogs de voyage. A la base, mes premières vidéos c’est trois petits vlog de voyage à la Go Pro, et c’est vraiment pour ça aussi que j’ai commencé. Et j’aimerais bien aussi me diversifier. Par exemple, j’ai l’idée de faire des vidéos sur mes 5 endroits du moment à Bordeaux, le faire tous les 3-4 mois et montrer des endroits pas forcément touristiques, mais plutôt des restos, des bars, des parcs etc…

J’ai également l’idée, si je me développe un peu plus, de prendre des personnes assez connues sur Bordeaux dans le monde de l’Internet, par exemple Pat La Réa, Jigmé ou Les Pavés Bordelais, qui est une bloggeuse assez connue. J’aimerai faire leur introspection sur Bordeaux. En gros : Bordeaux c’est quoi pour eux, leur endroit préféré sur Bordeaux, etc… Donc des projets avec plus d’histoires derrière, plus de réalisations. C’est ça qui me fait kiffer au fur et à mesure que je le fais !

En dehors des vidéos, comment se passe ta vie bordelaise ? Comment s’est passée ton intégration à Bordeaux ?

J’ai eu de la chance parce que mon copain avait déjà passé un an sur Bordeaux en école y a deux ans. Du coup, il connaissait déjà du monde. En plus, j’ai des amis Orléanais qui sont descendus avec lui justement pour cette école, donc j’avais une base, je connaissais déjà du monde. Et clairement, ce qui a aidé pour mon intégration, c’est l’école, c’est ma licence, le fait de rencontrer des gens qui ont les mêmes centres d’intérêt que moi, l’histoire, le patrimoine, etc…

D’ailleurs le fait que tu fasses des vidéos, que tu sois un peu connue maintenant grâce à  ça, ça a eu une influence sur ta vie ici ou pas du tout ?

Je ne dirais pas que je suis connu, même si j’ai eu la chance d’avoir une de mes vidéos qui a fait un demi-million de vues, celle sur les hommes de bronze. Pour la petite histoire, la seule fois où je me suis fait reconnaître, c’était à Orléans dans mon BTS pour ma remise des diplômes, y a une fille qui est venu me voir et qui m’a dit « oh c’est toi Chrys Vadrouille tu fais des vidéos sur Bordeaux ! » Et c’est la seule fois qu’on m’a reconnu pour l’instant, donc non pas réellement.

Tu as mentionné Jigmé, Pat’ La Réa… Tu as eu l’occasion de les rencontrer ou de rencontrer d’autres bloggeurs/bloggeuses de Bordeaux ?

Pat’ la Réa je l’ai rencontré une fois en coup de vent dans le train justement. J’ai eu l’occasion de lui parler de ce que je voulais faire, mais je ne le connais pas plus que ça. Sinon, je parle beaucoup par Instagram avec Bordeaux Explorer, Gavé Fier de Bordeaux, ce genre de pages. Mais en réel, j’en ai rencontré qu’un seul, c’est l’administrateur de la page Facebook qui m’a fait connaître qui s’appelle « Quoi Faire à Bordeaux », c’est sur leur page que ma vidéo a fait plus d’un demi-million de vues. Du coup, il m’a demandé s’il pouvait me rencontrer afin de me connaître, d’en savoir un peu plus sur ce que je voulais faire et s’il pouvait m’aider dans mes projets etc… C’est le seul que j’ai rencontré vraiment.

Tu es là depuis six mois sur Bordeaux, je suppose que tu as dû voir pas mal de choses… Est-ce que en six mois y a un ou plusieurs endroits qui ont retenu ton attention, qui t’ont fasciné ?

Alors… (elle réfléchit). Il y a plusieurs endroits qui m’ont tapé dans l’œil, mais pour des raisons différentes. Par exemple, il y a le parc de L’ermitage à Lormont. Ce n’est pas du tout urbain, mais vu que je suis une fille de la campagne, ça m’a vraiment étonnée de retrouver un grand parc, une réserve naturelle à vingt minutes de Bordeaux, ou même pas dix minutes en Batcub, je trouve vraiment cet endroit magnifique. Et après, dans Bordeaux, je dirais tout le centre classique, toute la partie classique de Bordeaux.

Tu parlais d’Introspection Bordelaise ; justement on va finir en faisant un petit peu la tienne, on aimerait savoir pour toi à Bordeaux, quel est l’endroit idéal pour boire un verre ? L’endroit idéal pour chiller, se promener ? Et l’endroit idéal pour un concert, un festival ou un spectacle ?

Pour boire un verre euh… (elle réfléchit), le House of Parliament, et sinon il y a un bar Irlandais près des quais, le Dickens ; et tout l’été on allait prendre des bières là-bas, et on allait s’asseoir dans l’herbe sur les quais. Pour se promener, j’adore le quartier Saint-Pierre, vers la Grosse Cloche il y a plein de petites boutiques un peu bohèmes qui sont super sympas. Et puis, pour chiller, j’aime beaucoup Darwin. Pour l’instant j’ai pas encore eu l’occasion de faire de festivals, faut que je m’y mette aussi. Mais j’aimerais beaucoup aller au Climax, et sinon l’été à la Flèche Saint-Michel  il y a toutes les semaines une scène avec plein de musiques différentes. La dernière fois que j’y suis allé c’était du vieux rock, c’est mon style de musique préféré. J’ai passé tout l’été là-bas, et donc pour la musique c’est là que j’irais tous les étés.

Une fois de plus merci à toi Chrys, et on te souhaite une bonne continuation pour la suite de tes projets !

 

 

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