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juillet 10, 2018

La Coloc, nouveau bail des collectifs à Bordeaux

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

A partir du 14 juillet et pour tout le reste de l’été, un nouveau rendez-vous prend ses quartiers au Café de l’Étoile à Bordeaux : La Coloc. Avec pour objectif de se faire rencontrer différents collectifs musicaux de la ville, cette résidence offrira un espace d’échange privilégié pour ces artistes. Une initiative bienvenue afin de souder et rapprocher certains acteurs de la vie culturelle locale. On a eu l’occasion d’échanger avec Rémi, à l’origine du projet (et également membre fondateur de Microkosm), sur sa vision de la scène bordelaise et de sa volonté de réunir tout ces gens.
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Le Type : Salut Rémi, peux-tu te présenter et nous raconter un peu ce que tu fais à Bordeaux ?

Rémi : Je suis Rémi, j’habite actuellement à Bordeaux, j’ai fondé l’association Microkosm avec des potes en 2014. En ce moment, je taffe au Café de l’Étoile à Bordeaux, mais aussi à Paris la semaine, dans une association qui finance l’aide alimentaire locale. Ça s’appelle Ernest, et je kiffe ! Il y a pas mal d’événements à gérer et je rencontre pleins de gens cool. En plus, il y a toujours Microkosm en parallèle bien sûr.

Tu peux nous parler un peu plus de Microkosm ?

Microkosm est une association fondée entre ami, peu de temps après le bac, au moment où on venait d’arriver sur Bordeaux. Tout de suite, on s’est mis d’accord pour monter un collectif pour mettre en avant des artistes, toutes disciplines confondues. Aujourd’hui, ça a bien évolué, il y a certainement beaucoup plus d’objectifs qui rentrent en jeu. Les notions comme le local ou l’éco-responsabilité sont aujourd’hui des notions que l’on veut clairement mettre en avant à travers nos événements. Microkosm c’est devenu pour nous aujourd’hui une aubaine pour développer la culture à Bordeaux, et ça c’est gratifiant. Ce que je veux dire c’est que grâce à cette association, on peut mettre en lumière des valeurs qui nous tiennent à cœur. Microkosm, en gros, c’est vraiment un projet de vie pour nous, on ne sait pas où ça va nous mener et on ne veut pas se fermer des portes. On avance et on fait ce qu’on aime.

Et du coup tu te lances dans un nouveau projet, détaché de Microkosm. Peux-tu nous expliquer ce dont il s’agit ?

J’ai envie de monter une résidence cet été à partir du samedi 14 juillet, un samedi sur 2 de 19h à 23h. Je veux créer une ambiance décontracte, à la cool avec des sélections de musique super sympa. Il y aura un happy hour de 18 à 20 heures, avec de la bonne bière pas très chère. Cette résidence aura lieu au Café de l’Étoile et s’appellera « La Coloc ». Aujourd’hui on constate que les collectifs acteurs de la vie culturelle à Bordeaux ont leur projet bien à eux et ne veulent pas forcément en démordre (même Microkosm je pense). Depuis que je suis rentré de mon voyage de 6 mois, il y a plein de nouveaux collectifs en ville qui font le taf, et dont je ne connais même pas le nom. Du coup, je me suis dit qu’organiser des dj set simple dans un endroit cool et neutre, ça pouvait être bonne ambiance.

Le but n’est pas compliqué : inviter 1 ou 2 artistes d’un collectif et pareil pour un autre collectif qui ne se connaissent pas. Je pense que ça favorisera des rencontres entre associations. Ça permettra aussi de croiser des genres musicaux, une dimension qui me semble très importante. D’un point de vue extérieur, on stigmatise énormément un collectif par ses line up et il est difficile d’en sortir après. Ces apéros à la cool, permettront à chacun aussi de se surprendre musicalement !

Cette volonté de créer ce nouveau rendez-vous part donc d’un constat sur la scène bordelaise ; quelle est ta vision de l’évolution de cette dernière sur les 2-3 dernières années ?

La vision que j’ai sur l’évolution de la scène bordelaise est positive. Je ne souhaite pas vraiment regarder ailleurs et comparer Bordeaux à d’autres villes françaises en disant « c’est mieux là bas ».

Pour autant, y-a-t-il certaines villes ou « scènes » qui t’inspirent en France, en Europe ou ailleurs ?

J’aime voir ce qui se passe un peu partout en France. C’est important je pense de voir ce que peuvent faire nos potes dans les autres villes et de connaître aussi les relations entre collectifs, acteurs culturels d’une ville et leur mairie respective. Je pense notamment à Rennes, Lyon ou encore Paris.

Justement, à Lyon, la scène est réputée soudée, avec des acteurs qui se parlent beaucoup. C’est un vivier d’artistes, de disquaires, de labels ou de collectifs assez dense. Qu’est-ce qui manque à Bordeaux pour être au même niveau qu’une ville comme Lyon ?

C’est une bonne question… Ce qui manque à Bordeaux, je pense, c’est avant tout le fait de ne pas forcément se connaître entre collectifs et peut être le fait de s’apercevoir comme « rivaux » alors qu’on devrait tous se voir de manière complémentaire.

Et c’est dans cette perspective que tu souhaites proposer ce nouveau rendez-vous artistique à Bordeaux ? Quels sont les esthétiques qui y seront défendues ?

Je souhaite favoriser l’échange, ouais ! Partage, bonne humeur, bonne musique, bières et soleil. Aussi simple que ça ! Et je trouve que le Café de l’Étoile s’y prête parfaitement. Je ne fixe pas de limite sur les genres joués, même s’il faut quand même prendre en compte le lieu… Par contre, je n’imagine pas de dancefloor : on est vraiment plus axé sur l’écoute de la selecta du dj. On ne se limitera donc pas à la musique électronique. Après, je ne suis pas là pour être le chef d’orchestre. Je laisse carte blanche aux personnes invitées et je veux qu’il réfléchissent ensemble pour leur dj set de 4 heures. En faisant comme ça, ça favorise déjà l’échange en amont, ce qui est carrément mieux je pense.

Pour finir peut être ; quels sont les collectifs que tu as déjà identifié à Bordeaux et que tu as envie de valoriser lors de ce rendez-vous estival ?

De programmé, il y a À l’eau, SUPER Daronne, Basement Tales, Electrocorp, Eclipse, Microkosm et Birouette. J’attends encore des réponses, je ne me fais aucun soucis pour accueillir le nombre de collectif qu’il me faut pour recouvrir la première saison. Je suis ouvert aussi : si des collectifs sont chauds, j’ai encore de la place. Pour info, je peux inviter 12 collectifs cet été. Le 14 juillet c’est la première avec Microkosm (avec S36 et Menthesis) & Super Daronne (avec Taktyle et Junior).

Merci Rémi, bel été et bonne résidence au Café de l’Étoile cet été !
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Free Music – J’ai attrapé un coup d’amour, un coup d’soleil, un coup de je t’aime

dans ART ET CRÉATION/MUSIQUE

S’il ne fallait qu’un mot pour définir le Free Music, ce serait : bonheur. Chaque année, le Free tient sa promesse : une légère simplicité. Un cadre idyllique, des gens souriants et heureux ainsi qu’une organisation chaleureuse. Le temps chaud de juin où l’été vient à peine de débuter enrobe ce festival d’une aura particulière. C’est un fait, chaque festival est à lui seul un moment hors du temps. Mais le Free… le Free est bien plus que cela. Retour en photos et en mots sur ces deux jours d’amour, de joie et de partage.

Deux jours. Il n’en faut pas plus pour tomber amoureux. Les premiers instants près du lac scellent votre destin. Vous êtes heureux. J’avoue, vous avez un peu couru pour poser votre tente – et créer un cercle de protection pour les autres qui arrivent (beaucoup) plus tard- là sous les arbres. Mi-ombre, mi-soleil. Vous n’avez plus qu’une sardine, mais, placé stratégiquement, ça tient (Decath, si tu veux une collaboration, je suis prête pour les tutos Youtube). Camp ok. Pass photo-presse autour du cou. Y’a plus qu’à.

Vendredi 22 juin

Le festival s’éveille avec la beauté de Purpleston, un léger trip hop emmené par une femme dont la beauté est telle qu’elle vous rend beaux – oui oui, même en t-shirt et bob Ricard. C’est beau, c’est doux, à l’image du Free. Tout comme Hoshi, du haut de ses 20 ans, guitare à bout portant, elle s’empare de la scène avec brio.

« Je sais parler d’amour, je connais la sémantique » : une phrase qui résonne comme un mantra. Lomepal débarque et nous attire fort comme des aimants. On s’en rappelle encore. Le public est au rendez-vous, prêt à en découdre, sourire aux lèvres et hanche sur le téco, l’homme pâle nous donne chaud. Vendredi soir, 21h30, et déjà ivre de musique. Et le Free ne compte pas nous laisser nous en sortir. Dans le tourbillon de Lomepal arrive un autre homme. Différent dans sa musique et dans son apparence. Un homme grand, imposant, à la voix nuancée. Entremêlé de son doux et grave, le reggae d’Alborosie prend aux tripes. Un peu comme il prend ses dread par la main. C’est une belle allégorie. Il y a une force chez cet homme qui est incroyable. La manière qu’il a de se mouvoir sur scène, sa complicité avec ses musiciens et choristes… C’est un ensemble harmonieux. Du reggae comme on l’aime.

Dans un festival, il est rare d’aimer l’intégralité de la programmation. En tant que « journaliste » on se doit d’être objectif. Mais ; petit 1, je ne suis pas journaliste, petit 2 – il n’y a pas de petit 2. À 22h45, Niska fait donc son entrée en grande pompe. Il a fait du repérage de femmes sur les réseaux, du coup il sait déjà lesquelles sont chaudes et qui ne l’est pas. C’est un gars prévoyant. Puis avec le Skoooul pouloulou, le mâle adulte séduit les partenaires potentielles grâce à des parades uniques et particulièrement complexes qui mêlent chants, danses et étalage de son superbe plumage coloré.

Petit Biscuit et L’entourloop sèment un vent de fraîcheur et de rythme endiablés. Tout y est pour finir la soirée en beauté. Quand surgit face au vent, le coup de cœur de tous les temps : HILIGHT TRIBE. 10 ans d’existence et il me suffit d’un soir pour tomber sous le charme. Proposant une natural trance ou « techno acoustique » mêlant des instruments venus des quatre coins du monde, les musiciens d’HT offrent un spectacle sensoriel. Le son vient de la terre, il réveille en vous votre statut de citoyen du monde. Je me surprends à être triste lorsque le concert se finit, refusant d’entendre autre chose que l’énergie survoltée qu’ils dégagent. Épuisée par les émotions, je m’endors à même le sol – back to the roots.

Samedi 23 juin

C’est un grand jour pour mes copains. Tournoi de pétanque. Ils sont chauds comme le jaune du t-shirt Ricard. Prêt à en découdre avec les équipes adverses. Et porter fièrement leurs couleurs jaune et jaune. Ledit tournoi a lieu de 14h00 à 18h00. 4 heures de boules. C’est plutôt cool. Entre-temps, il y a aussi bronzage sur la plage, baignade dans le lac, combat de sumo, ventreglisse… le tout accompagné des mix du collectif À l’eau (comme le Ricard). Des efforts insoutenables furent déployés pour s’approcher au plus près du cochonnet. N’ayant à peine le temps de finir leur Ricard, le soleil brûlant leur peau (après je leur mettais de la crème toutes les deux minutes hein), la poussière griffant leurs yeux, ils ne purent réussir l’exploit. Après 4 heures de boules, ils finirent bredouilles. 18h00 – un peu d’ombre fera du bien à tout le monde. De l’ombre, et 55 minutes avant le début d’MNNQNS. Du rock. Ça sonne fort, ça riff. C’est beau à photographier, je me régale.

Suite au concours de pétanque, mes acolytes portent tous un t-shirt jaune Ricard. On peut donc se séparer sans crainte, le jaune est visible même de la lune – oui car, il ne faut absolument pas compter sur le réseau. C’est très pratique car j’arrive à les retrouver tout devant Jahneration – groupe que je découvre sur le tas. Et quelle découverte. Appareil photo dans une main, l’autre en l’air, je sautille comme quand j’avais 16 ans – avec beaucoup de ferveur – GROS BIG UP à ce ce groupe qui remercie en live leur photographe (une fille ET OUUUUUAIS – Leah Cold).

Puis c’est au tour de Moha La Squale d’enflammer de Free. Il bouge partout. C’est une vraie pile électrique. J’ai à peine le temps de viser sa face dans mon objectif qu’il est déjà à l’autre bout de la scène. Et là, en furie une photographe passe en courant devant moi. EH. Le crash barrière c’est comme à la piscine. On ne court pas. Puis tu sais, arriver au bout de la scène, il finira bien par repasser devant toi. Ce qu’il – oh surprise – fait. Il a plein plein d’énergie Moha, il est heureux et agréable à voir. Il rap avec ses tripes, ça se voit.

Milky Chance, j’ai pas vu grand chose. Outre le fait que je fasse 1m60 dans une foule de gens grands. Et puis parce qu’il faut bien faire une pause de temps en temps et reprendre du Ricard (notez bien que je ne précise pas le nombre). Mais j’ai quand même eu le temps de prendre une photo d’un membre jouant de l’harmonica. Démontrant ainsi que le rock’n’roll, c’est dans l’attitude et non dans les instruments.

Quand Bruxelles arrive, j’ai déjà du respect partout sur mon nom. Enfin surtout parce qu’un de mes potes chante depuis le vendredi matin « met du respect sur mon nom » donc au bout d’un moment, le respect est là. Pour le coup, tout le Free met du respect sur son nom. Oui, ça devient une sorte de dicton. Caballero et Jean Jass s’en assurent. Ils sont imposants et rythment nos corps. Ça fait du bien. Le reste de la soirée est quelque peu flou. Je passerai rapidement sur Robin Schulz, Panda Dub et Vitalic. Enfin d’ailleurs, je vais même pas y passer. La soirée se termine sans embûche. Au calme sous les pins, près du lac.

Merci à Ricard. Car comme on le dit souvent (enfin, une seule fois, pendant ce week-end), ricard c’est plus qu’une boisson, c’est une famille.

Merci le Free Music. Merci pour ton accueil, ta simplicité, ta joie de vivre. Merci pour tes sourires et ton envie de partager encore et toujours ta vision de la musique.

Merci pour ta diversité. Ne change rien.

À l’année prochaine !

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