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novembre 13, 2015

Back to School avec Manu Faktur

dans DIVAGATIONS LOCALES

Depuis le 9 octobre, une école primaire de la ville de Talence voit ses murs pris d’assaut par l’artiste Manu Faktur. Ce soir à 17h, l’école ouvre ses portes pour un afterwork artistique. Manu Faktur et KAM Records seront de la partie. Insolite et innovant : le Type a donc eu envie d’en savoir plus. 

Bonjour Manu, est-ce que tu peux présenter ton travail en quelques mots ?

Manu Faktur : Je suis sculpteur-peintre majoritairement. Je me définis comme psychoplasticien. J’essaie de rendre visible l’invisible, de matérialiser les idées ou les émotions. C’est aussi un jeu de mot : psychopathe, psychoplaste, etc…
Je considère que l’esprit est suffisamment puissant pour transformer la réalité. La réalité étant assez sombre, ça se ressent dans mon travail, je travaille sur les côtés obscures de l’être humain : la violence, la haine, la peur. Mais pour transmettre le message inverse, il est urgent de vivre.

Comment est né le projet Back To School ?

J’ai été contacté par AQPRIM, un cabinet de promotion immobilière, qui est désormais propriétaire de l’école, pour réaliser ce projet. J’avais déjà bossé avec un autre cabinet, j’ai habité un entrepôt aux Bassins à flots, et ils m’avaient laissé l’éclater avec toute une équipe de graffeurs. Vu que ça leur avait plu, ils m’ont recontacté.

Est-ce que des limites on été fixées ?

Non, pas vraiment. Mais on se devait d’être vigilants. Nous savions que l’école serait visitée par des enfants de tout âge, il fallait juste ne pas abuser, si tu vois ce que je veux dire, pas de provoc’ gratuite, etc…Sinon on faisait ce qu’on voulait, que ce soit en rapport avec l’école ou pas.

Comment ce projet nourrit-il ton travail ?

C’est un projet intéressant et complexe, il a fallu tout organiser, c’était un challenge. On a tout nettoyé, préparé les façades, etc… On a tout fait en neuf jours. La dernière semaine on y a passé une bonne partie de la nuit. Il fallait que l’on soit prêts pour le 10 octobre.

Tu as choisi de t’entourer du collectif 3GC, une affection particulière ?

Oui, ils m’avaient déjà aidé sur le projet des Bassins à flots. Ils sont très actifs dans le milieu du graff et comme j’avais besoin d’aide, ça s’est fait naturellement. Puis ça leur permet d’avoir un peu de visibilité ailleurs que sur les terrains. D’autre part, j’ai aussi été aidé par une grosse partie du collectif Transfert, qui a brillé cet été avec l’expo trsfrt 5 a Castéja, et qui ont été invités à venir peindre avec nous.

Pendant les (presque) 3 mois de Back To School, les artistes pourront envahir les lieux à loisirs ?

Non, pas vraiment à loisirs, on va peut-être refaire quelques murs à l’intérieur, on essaie de faire tout l’extérieur petit à petit. On va aussi essayer de faire intervenir d’autres disciplines, pour devenir un pôle culturel éphémère, avant la démolition.

Laisses-tu la place aux amateurs ?

Oui, on a une zone débutant. On a fait graffer des gamins, mais c’est un peu compliqué au niveau sécurité.

Par exemple : les anciens élèves peuvent-ils venir laisser libre cours à leurs imaginations ?

Sur des tableaux noirs oui, mais comme je le disais il faut respecter des normes de sécurité, donc on va donc faire visiter l’école aux anciens élèves, et ensuite faire des ateliers découverte, avec des bombes à l’eau, moins dangereuses pour les enfants.

Vendredi 13 novembre, tu organises avec KAM Records un afterwork, peux tu nous en dire plus ? C’est toi qui a sélectionné les artistes de la line up ?

Je bosse avec eux depuis peu, c’est parti d’une rencontre. J’aime bien ce qu’ils font, leur état d’esprit. Du coup pour le premier « after-school » je leur ai proposé de venir, pour le line-up, j’ai juste proposé Alex Garcia, un pote, le reste des artistes font partie de l’écurie KAM.

Jack (co-fondateur de KAM Records) : La rencontre avec Manu s’est faite lors d’un de nos événements: Les Beaux Jours. Suite à ça, on est resté en contact et on a tout de suite eu plusieurs projets en vus. Du coup, la Back To School était une opportunité pour KAM Records de se montrer dans cet univers là. C’est très intéressant et important d’être présent ici, puisque Manu fait maintenant partie des artistes que l’on représente chez KAM Records, c’est donc une super opportunité pour nous tous de se retrouver et de bosser ensemble.

Envisages-tu d’autres événements de ce genre ?

Oui, je pense et espère continuer à collaborer avec AQPRIM. Ils me confieront des lieux avant leur démolition, pour organiser le même type d’événement, ça suit son cours…

Le mot de la fin ?

Il y a une certaine beauté à accorder à un lieu (sans parler de la dimension éducative) une liberté d’expression humaine, surtout par un art qui est souvent mal connu, un art de la rue, qui part ce projet rend le lieu immortel.

L’artiste / Manu Faktur
L’évenement : Back To School + KAM Records

Balthazar @ Krakatoa, 30 janvier

dans MUSIQUE

Souvent comparé à des groupes comme Editors ou Deus, Balthazar sera sur la scène du Krakatoa samedi 30 janvier. Le concert était initialement prévu le 14 novembre mais il avait été annulé en raison des attentats de Paris.

Lancinant et efficace sont les premiers mots qui viennent à l’esprit du dernier album des belges de Balthazar. En effet, construit sur la route comme une bombe pop rock et produit par Ben Hillier (Depeche Mode, Blur…), Thin Walls est un disque rempli de refrains imparables et de mélodies gentiment salies. Bien servie par la voix AlexTurnesque de Maarten Devoldere, des chansons comme « Nightclub » ou « True Love » laissent planer une atmosphère de gueule de bois royale et mélancolique.

Petite pause acoustique :

Mais rassurez-vous, les chansons de Balthazar ne tournent pas qu’autour de fins de règnes sublimes et nonchalantes. La preuve avec « Then What », titre phare de l’album, qui s’écoute comme une chevauché grandiose, aux senteurs d’alcool et de tabac froid.

Sur la scène du Krakatoa le samedi 30 janvier, Balthazar a de quoi transformer la soirée en une grande transe collective, entre désillusion magique et réveil voluptueux. Parole de Type, prêt à savourer chaque miette d’une rêverie qu’il sera très sûrement bien dur de clôturer.  #muchdeep

Copyright photo : © Anton Coene

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