En avril dernier, le médium photographique était mis en avant comme chaque année à Bordeaux, dans le cadre du « Mois de la photo ». Au-delà de cette période, de nombreuses galeries animent la scène artistique locale tout au long de l’année. Zoom sur cinq d’entre elles.
arrêt sur l’image galerie
Située depuis 2013 au cœur du quartier des Chartrons, la galerie arrêt sur l’image est un lieu incontournable de la scène photographique bordelaise. C’est dans les années 1990 que sa fondatrice Nathalie Lamire-Fabre pose les premiers jalons du projet. D’abord avec Itinéraires des photographes voyageurs – un festival en avril – puis, en 1993, avec la création de la galerie « arrêt sur l’image ».
Celle-ci accueille régulièrement des expositions d’artistes confirmé·es ou émergent·es. Récemment, dans le cadre du mois de la photo de Bordeaux, elle dévoilait (My little) Odyssey, de Stéphane Mahé troisième volet d’une quête introspective entamée avec ses séries à succès Somewhere et Mood. À travers une esthétique cinématographique, le photographe y explorait le rêve et la couleur, transformant le quotidien en paysages énigmatiques où l’humain semble basculer dans un ailleurs intemporel. Depuis le 21 mai, elle propose de montrer le travail de Jonathan Bertin, photographe de la couleur dont la pratique s’oriente autour de « l’ultra-banal ».

Crédit : Grégoire Grange et Emma Bordeau)
Espace Saint Rémi
L’église désacralisée Saint-Rémi accueille tout au long de l’année plusieurs expositions. Sous ses voûtes gothiques, le public est invité à découvrir une programmation riche, où la photographie – aux côtés d’autres médiums – se fait espace de réflexion et de résonance. Au cours du mois d’avril, le lieu accueillait aussi par exemple une partie du parcours Itinéraires des photographes voyageurs, avec la poésie en clair-obscur d’Eugénie Baccot sur les rives de la Gambie, l’exploration de la matière brute de Jean-Christophe Béchet, les paysages sacrés de Francine Cathelain ou encore l’engagement social d’Anne-Sophie Costenoble à Marseille.

Galerie MLS
Autre lieu historique de la scène artistique bordelais : la galerie MLS. Depuis 2007, c’est l’association Les Amis du 123 quai des Chartrons qui pilote le projet pour proposer des expositions, notamment photographiques. Elle fait dialoguer les travaux d’artistes allemand·es avec ceux de créatif·ves de la scène locale ou régionale.
Au-delà de la photographie, la galerie mêle dans ses murs musique, cinéma, poésie, théâtre, « afin de renouveler le regard sur une création plurielle à travers des évènements ponctuels. » Du 15 juin au 6 juillet 2026, on y retrouvera l’exposition Le temps retrouvé, qui met en avant l’œuvre d’Olaf Nehmzow et de Micha Reich originaires de la RDA et issus de la « Berliner Schule », école du regard, « sans mur et sans doxa. »

Glacières de la Banlieue
À Caudéran, la galerie Glacières de la Banlieue est niché dans un ancien hangar industriel. C’est en 1990 que son fondateur Jean de Giacinto entame les démarches pour le préserver et le transformer en un lieu d’expositions d’art contemporain, et notamment de photos.
Le projet est piloté par l’association Groupe des Cinq, qui entend aujourd’hui dynamiser le lieu à travers plusieurs événements, dont une série de rendez-vous estivaux pilotés par le collectif bordelais Le Vivier qui l’investira tout au long de l’été.

MAP Galerie
Véritable repaire bordelais de la photographie documentaire et humaniste, la MAP Galerie accueille régulièrement des expositions, notamment autour de la photo. Récemment, pour le mois de la photographie, c’était notamment La mémoire, chimie photographique qui interrogeait la plasticité du souvenir à travers trois regards documentaires : Najwa Benchebab capturant la force des cavalières de fantasia au Maroc, Chrystèle Chabrier livrant un récit intime et universel sur la perte de la mémoire, et Sergio Corona documentant les mutations des paysages fluviaux européens.
En juin, MAP est en partie fermée pour cause de l’organisation de l’exposition Palermo Mia à Montpellier. Retour le 17 juin avec une rencontre autour du livre Mériadeck, mot de passe pour le bout du monde, publié par Studio Kochab, avec Sébastien Sindeu. Puis le 23 juin on ira fêter les 4 ans du lieu avec une soirée rétrospective sur le travail de Sergio Corona.

