Le Jeune Ballet d’Aquitaine : former les danseurs de demain

Zoom sur le Jeune Ballet d’Aquitaine, centre de formation pour une nouvelle génération de danseurs et de danseuses. Réunissant une vingtaine d’entre elles et eux âgé·es de 18 à 20 ans par an, l’association s’envisage comme un « espace de compagnonnage ». Localisé au Marché de Lerme à Bordeaux, le projet s’ouvre aussi sur son quartier pour instaurer un rapport direct avec les habitant·es.

Crédit photos : Enki Djipal – Soirée caritative Dans’Humani (novembre 2025, à la M270 à Floirac, chorégraphie : Marion Renoux avec la promotion JBA 2025-2026)

Les mines sont concentrées et les corps échauffés à l’espace Quérandau de Saint-Jean-d’Illac, où les élèves du Jeune Ballet d’Aquitaine (JBA) préparent leur prochain spectacle. Ces répétitions se déroulent sous l’œil attentif de Christelle Lara, directrice artistique du JBA et de Yaël Ben Ezer, chorégraphe invitée. Ici, élèves et professionnel·les partagent un même engagement vis-à-vis de leur pratique : exigence et passion dans un cadre structurant et bienveillant.

Enki Djipal – Soirée caritative Dans’Humani (novembre 2025, à la M270 à Floirac, chorégraphie : Marion Renoux avec la promotion JBA 2025-2026)

Former des danseurs et danseuses professionnel·les accompli·es

Fondé en 1984 par Claude Paoli et René Dunogué, puis relancé en 2009 par d’ancien·nes élèves, le Jeune Ballet d’Aquitaine est un centre de formation pour des danseurs et danseuses âgé·es de 18 à 20 ans. Issu·es pour la plupart des conservatoires de danse, les candidat·es doivent disposer d’une solide base technique en classique, jazz ou contemporain pour rejoindre la cohorte d’une vingtaine de danseurs et danseuses retenu·es chaque année.

Pendant deux ans, leur est dispensée une formation dense et pluridisciplinaire qui s’organise autour de cours techniques et théoriques le matin et de répétitions l’après-midi. À ce rythme quotidien, s’ajoutent des temps de création encadrés par un·e intervenant·e invité·e, venu.e de France ou d’ailleurs, et des représentations publiques mensuelles.

Enki Djipal – Soirée caritative Dans’Humani (novembre 2025, à la M270 à Floirac, chorégraphie : Marion Renoux avec la promotion JBA 2025-2026)

« Espace de compagnonnage »

Au-delà de la maîtrise technique, l’ambition du JBA est de donner à ses élèves les clés pour devenir des professionnel·les maîtrisant tous les aspects de leur art. Comprendre l’économie d’un projet artistique, développer une présence scénique, apprendre à tisser un lien avec le public ou se créer un réseau sont autant d’apprentissages délivrés pendant la formation. Benoît Baxerres, directeur administratif du JBA, l’analyse comme étant un « espace de compagnonnage », où les jeunes danseurs et danseuses sont confronté·es à la réalité du métier tout en bénéficiant d’un accompagnement étroit que permet l’effectif réduit d’élèves.

Malgré tout ce que peut apporter un parcours au JBA, la concurrence est rude pour intégrer une compagnie : toutes et tous ne trouveront pas immédiatement une place au sortir de la formation. La maturité artistique demande du temps ; investissement personnel, détermination et capacité à saisir les opportunités offertes sont indispensables pour s’ancrer dans le monde de la danse professionnelle.

Enki Djipal – Soirée caritative Dans’Humani (novembre 2025, à la M270 à Floirac, chorégraphie : Marion Renoux avec la promotion JBA 2025-2026)

À la rencontre du public

Le Jeune Ballet d’Aquitaine se produit une à deux fois par mois sur scène par saison. Récemment, les danseurs et danseuses ont participé au spectacle caritatif Dans’Humani, organisé par la ville de Floirac au profit d’associations humanitaires. Mais le projet qui mobilise actuellement la troupe est le programme EcLeKtik #26, composé de trois courtes pièces de danse contemporaine, signées par Evelien Jansen, Yaël Ben Ezer et Christelle Lara, au processus créatif et à l’identité artistique bien distincts.

La première représentation aura lieu au Centre culturel des Carmes à Langon le 3 avril. Elle suivie de cinq autres dates dans la métropole bordelaise et en Dordogne : le 7 mai à l’espace Quérandeau (Saint-Jean-d’Illac), le 19 mai au théâtre de l’Ermitage Compostelle (Le Bouscat), le 22 mai à l’espace Aliénor d’Aquitaine (Mussidan), le 4 juin au Plateau (Eysines) et les 25 et 26 juin au théâtre du Pont Tournant (Bordeaux).

Installé au Marché de Lerme, lieu ouvert sur son quartier, le JBA a souhaité instaurer un rapport direct avec les habitant·es. Il propose ainsi au public d’assister gratuitement aux répétitions, sur inscription. Le mouvement des danseurs et des danseuses y est mis à nu, sans l’artifice de la mise en scène, montrant ainsi la danse telle qu’elle se construit.

Ces moments permettent de « rendre palpable la profession de danseur » comme le résume Benoît Baxerres, notamment auprès des enfants des écoles du quartier, régulièrement conviés à ces répétitions avec leurs professeurs. Une occasion rare de découvrir l’envers du décor, de rencontrer ceux et celles qui font la danse. Et, pourquoi pas, de susciter des vocations ?