Chambres, ghosts & digitales : l’intime rencontre le virtuel au Frac MÉCA

Le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA inaugure sa programmation 2026 avec Chambres, ghosts & digitales, une exposition collective qui propose un dialogue sensible entre souvenirs personnels, espaces intimes et présences numériques. À travers des œuvres mêlant vidéo, installation, textile et archives, l’exposition questionne la manière dont le digital façonne aujourd’hui nos identités et nos imaginaires.

L’exposition Chambres, ghosts & digitales ouvre l’année 2026 au Frac MÉCA sur une proposition artistique à la fois immersive et réflexive. Avec comme commissaire Elfi Turpin, cette proposition collective rassemble des artistes de générations et d’horizons multiples autour d’un thème commun : la chambre comme espace mental, intime et symbolique, désormais traversé par les technologies numériques.

Refuge personnel, archive mémorielle et écran contemporain

Dès l’entrée, les visiteur·euses sont invité·es à pénétrer dans une succession d’environnements qui évoquent tour à tour le refuge personnel, l’archive mémorielle ou encore l’écran contemporain. La chambre n’est plus seulement un lieu physique ; elle devient métaphore de l’esprit, de la mémoire et des identités multiples que chacun·e projette dans le monde digital. Les « fantômes » évoqués dans le titre renvoient aux traces invisibles que nous laissons en ligne, aux images persistantes et aux données qui continuent d’exister au-delà de notre présence.

Chambres, ghosts & digitales, Lou Fauroux

L’exposition rassemble des œuvres très différentes mais qui dialoguent facilement entre elles. On y découvre par exemple les empreintes en latex d’Heidi Bucher, qui gardent la mémoire des lieux comme une peau conservée dans le temps, mais aussi les environnements immersifs de Dominique Gonzalez-Foerster qui transforment l’espace en décor presque cinématographique. Les images de Donna Gottschalk apportent une dimension plus intime et documentaire, tandis que les installations lumineuses et épurées de Laura Lamiel créent des zones de silence et de concentration. À côté, les propositions de Lori ou de Lou Fauroux font davantage écho à la culture numérique et aux images actuelles. Les textiles de Madame Zo ou les œuvres mêlant technologie et image de Nam June Paik ajoutent encore d’autres matières et d’autres rythmes. 

L’ensemble compose un parcours varié, fait de vidéos, de tissus, de lumière, de photographie et d’installations, où chaque salle propose une ambiance différente. Les tissus, surfaces réfléchissantes, structures architecturales et archives personnelles deviennent des outils pour explorer le rapport au temps et à l’espace. Le visiteur déambule ainsi de « chambre » en « chambre », entre imaginaire et réalité.

Habiter un lieu, un corps ou un écran

Ce qui relie ces artistes au fil de Chambres, ghosts & digitales, c’est une attention commune portée à la mémoire, à l’espace personnel et aux images que nous produisons ou conservons. Même si les formes changent, sculpture, vidéo, textile ou photographie, les œuvres parlent souvent d’identité, de traces laissées derrière soi et de la manière dont le numérique modifie notre rapport au monde. 

Chambres, ghosts & digitales, Lori

Certaines pièces sont très introspectives, d’autres plus politiques ou documentaires, mais toutes questionnent la façon dont on habite un lieu, un corps ou un écran. L’exposition fonctionne ainsi comme un ensemble cohérent : elle montre que l’intime, l’archive et la technologie ne sont pas séparés, mais se croisent en permanence dans nos vies quotidiennes. Chambres, ghosts & digitales offre ainsi un parcours à la fois intime et actuel, où souvenirs, images et outils numériques se répondent sans cesse. Une exposition qui invite simplement à prendre du recul sur notre manière de voir, de garder et de partager nos traces.