Aux côtés d’une « I.A » en featuring, Sarah Sey est la seule artiste à figurer parmi les 14 titres du dernier album BĒYĀH de Damso. Aujourd’hui, elle partage la scène avec le rappeur belge pour sa tournée de promotion du projet. En amont de son passage à Bordeaux pour une étape du « BĒYĀH TOUR » portée par Sauce Prod. les 2 et 3 mai, elle revient dans un entretien pour Le Type sur ses influences cinématographiques, ses débuts, sa rencontre avec Damso et ses ambitions artistiques.
Comment vis-tu le rythme imposé par cette tournée de BĒYĀH TOUR?
C’est ma première grosse tournée avec autant de dates. Avant, je jouais devant un maximum 100 personnes. Là, c’est un vrai changement.
Il y a des jours où c’est compliqué émotionnellement. Mais, globalement je le vis bien. Et le public reçoit super bien les premières parties, donc je m’amuse vraiment. J’ai hâte d’être à Bordeaux sur scène !
À quel moment as-tu considéré que la musique pouvait devenir un élément structurant dans ta vie ?
D’abord, il y a eu le moment où je me suis rendu compte que je pouvais écrire. J’étais ado, je faisais quelques chansons. Mais le vrai tournant, c’est à la fin de mes études. J’ai très mal vécu cette période. C’est à ce moment que j’ai compris que, ce que je voulais vraiment faire, c’était de la musique. C’était comme un coming out musical. Je me suis dit : « Je vais tout faire pour en faire mon métier. Sinon, je vais me sentir trop mal ».
Je me suis donné une année – que j’ai appelée « L’année zéro » pour découvrir ce que je voulais faire.
Sarah Sey
Qu’est-ce que tu étudiais à ce moment-là ?
De l’économie politique. Rien à voir !
Quelle était ta vision artistique à tes débuts ?
Je me suis donné une année – que j’ai appelée « L’année zéro » pour découvrir ce que je voulais faire.
L’idée, c’était de ne pas me comparer aux autres. De prendre le temps de chercher, d’essayer, de rater, de recommencer.
C’est cette année-là qui m’a permis de comprendre ce que je voulais faire. J’avais déjà en tête l’envie de créer un univers et d’incarner des personnages.
Le milieu de la musique en France est très fermé.
Sarah Sey

As-tu rencontré des freins particuliers en démarrant ?
Oui, surtout le fait de ne connaître personne dans la musique. Ça me paraissait inaccessible. Je me demandais vraiment comment j’allais faire pour arriver sur des scènes importantes. Du coup, je me suis dit que j’allais faire le meilleur projet possible, avec un univers particulier. Ça fait peur au début, quand on part de zéro. Le milieu de la musique en France est très fermé.
C’est à Londres que tu as commencé ?
Oui, j’y faisais mes études. Là-bas, c’est beaucoup plus ouvert, notamment pour les collaborations. Si quelqu’un aime ce que tu fais, tu peux travailler avec lui, même sans notoriété. En France, c’est plus fermé.
Comment tu définirais ton univers, qui est très riche ? As-tu des inspirations spécifiques ?
J’aime créer des mondes et incarner des personnages. Je suis obsédée par Charlie et la chocolaterie de Tim Burton. Je le re-regarde souvent, ça m’inspire énormément. J’aime aussi Alice in Wonderland. Ce sont des références importantes dans mon univers.
À la base, je voulais être actrice. J’essaie donc de mélanger cinéma, acting et musique.
Damso a annoncé qu’on allait faire un featuring sur Instagram. Je n’étais même pas au courant ! Je suis passé d’un moment de doute total à l’opportunité de faire un featuring avec mon rappeur préféré.
Sarah Sey
Comment s’est réalisée la connexion avec Damso dont tu assures les premières parties pour le BĒYĀH TOUR ?
Il a partagé ma première chanson, « Ton ego », en story Instagram. On ne se connaissait pas du tout.
Et ce qui est fou, c’est que la veille, j’avais demandé un signe pour savoir si je devais continuer la musique… Et le lendemain, il partage mon son.
Ensuite, au culot, je lui ai envoyé mon projet. Je n’ai pas eu de réponse… je me suis dit qu’il n’avait peut-être pas aimé. Puis, un mois plus tard, il annonce qu’on va faire un featuring sur Instagram. Je n’étais même pas au courant ! Je suis passé d’un moment de doute total à l’opportunité de faire un featuring avec mon rappeur préféré.
J’écris parce que j’en ai besoin. C’est très instinctif.
Sarah Sey
Y-a-t-il des causes qui te tiennent à cœur et que tu entends aborder dans ta musique ?
Je ne réfléchis pas forcément comme ça même si pour moi les artistes ont une responsabilité de manière générale. J’écris parce que j’en ai besoin. C’est très instinctif. Si ça résonne chez les gens, tant mieux. Mais je ne me dis pas forcément que je vais faire passer un message. Je ne me mets pas de limite, je ne vais jamais ne pas écrire sur un sujet parce que ça va être tabou, si j’ai besoin d’en parler je vais en parler. J’écris souvent quand je suis énervée ou très triste.
Un album prévu ? D’autres projets pour la suite ?
Oui, il sort cette année. Je n’ai pas encore de date précise. Avant ça, il y aura un single qui s’appelle « Problème », que les gens attendent beaucoup. Et dans un futur proche j’aimerais pouvoir remplir ma première salle à mon nom. L’Olympia, c’est un objectif qui me fait rêver. J’aimerais aussi faire la bande-son d’un film !
