« Bien rentrée » : un court-métrage sur le harcèlement de rue

dans ART ET CRÉATION

Étudiante à Science Po Bordeaux, Manon Montrouge a décidé de tourner son court-métrage sur un thème qui lui tient à cœur : le harcèlement de rue. Le projet Bien rentrée, accompagné par l’association Crashtest Productions a été présenté pour la 11e édition au Nikon Film Festival le 24 février. Sur le thème du jeu, le court-métrage retrace la rencontre d’une femme et d’un groupe d’hommes jouant au jeu du « pour combien… » sur un quai de métro parisien. L’objectif, collé au sujet, permet de ressentir les effets de cette rencontre tardive. 

Bien pensé

4 ans après l’Affaire Harvey Weinstein et en plein boom du #Metooinceste, l’insécurité vécue par les femmes est toujours d’actualité. Dans ce contexte, Bien rentrée, le court métrage de Manon Montrouge met le doigt sur les trajets tardifs de fin de soirée dans le métro parisien ou le tramway bordelais. Un sentiment de méfiance connu de toutes, que la jeune réalisatrice a souhaité retranscrire à l’écran. L’objectif suit Alma, la personnage principale et offre un aperçu de « […] ce qui traverse l’esprit des femmes, passantes dans l’espace public et pourtant incessamment exposées aux interpellations, conversations forcées, bruitages et autres formes de harcèlement ». 

Avant d’envoyer le fameux message Bien rentrée, la méfiance, l’indifférence, la honte et la fuite sont des passages quasi obligés pour chaque femme qui rentre de soirée. Et si, par chance, elle ne passe par aucun de ces stades, c’est un conditionnement psychologique indélébile qui pèse sur chacune d’entre elles. 100% des utilisatrices des transports en commun en France ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou d’agression sexuelle, un chiffre qui explique pourquoi « ce phénomène laisse une crainte constante dans les déplacements futurs de chaque victime ». Une réalisation principalement portée sur le harcèlement de rue, mais qui traite aussi des sujets étroitement liés comme l’indifférence des témoins ou le jeu de séduction des harceleurs, le tout en 2 minutes et 20 secondes chrono. 

© Arthur du Peuty, Hugo Mons et Jeanne Degois

Bien entouré

Étudiante à Science Po Bordeaux, Manon Montrouge a toujours été passionnée par la réalisation et la dramaturgie. Cinéphile depuis son plus jeune âge, la jeune femme se penche avec le temps sur le processus de création et produit des courts-métrages avec des camarades d’école tout aussi mordu qu’elle de réalisation. En plus de lui tenir à cœur compte tenu du message qu’elle porte, c’est une réalisation charnière pour la réalisatrice qui fait ses premiers pas dans le monde du cinéma. Pour rester la plus fidèle à son idée initiale, elle décide pour la première fois de s’entourer de professionnel.les.

Ici, c’est dans les mains de l’association Crashtest Productions que la jeune femme a décidé de confier son projet. Une structure qui appuie les nouveaux talents dans des productions originales, assumées, parfois osées mais surtout « toujours ambitieuses ». Autrement dit, le lieu d’incubation idéal qui revalorise les projets artistiques comme le sien. Bien rentrée est ainsi le fruit du travail de jeunes talents comme Hugo Mons et Arthur Du Peuty, les chefs opérateurs ou Gabriel Guilloux, l’ingénieur son, aka « perche-man ». De l’autre côté de la caméra c’est Jade Vergnes, qui interprète le rôle d’Alma et guide l’objectif le temps d’un trajet nocturne ou elle croise le chemin d’un groupe d’homme adepte du « Pour combien...». Une activité habituellement amusante à faire en soirée qui sert de fil rouge pour coller au thème de la 11e édition du Nikon Film Festival 2021 porté sur « le jeu ». 

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