Bordophonia : un nouveau média pour la culture bordelaise

dans DIVAGATIONS LOCALES/MÉDIAS

Un média à Bordeaux, pour Bordeaux et pour conquérir le reste du monde… Bordophonia c’est une idée qui a germé dans la tête de Guillaume Fédou. Elle voit le jour aujourd’hui à travers ce nouveau média local autour de la culture bordelaise et de ses acteurs.

Crédit photo : Cécile Perrinet Lhermitte

Il s’est occupé de la programmation du festival Climax, l’éco-mobilisation au quartier de Darwin, a été rédacteur en chef chez Playboy France… Guillaume Fédou a de multiples casquettes, beaucoup voyagé, expérimenté et n’a pas froid aux yeux. Aujourd’hui c’est un nouveau projet qu’il met en place dans la ville qu’il apprécie tant : Bordeaux. Un projet sans limites ni barrière, juste du fun et un désir profond de faire rayonner la métropole, grâce à son nouveau média, Bordophonia.

Un constat simple : le vide médiatique à Bordeaux

«  Bordophonia est un mix entre “francophonie bordelaise” et Quadrophenia, le film culte des Who (dont ils ont signé la musique) car la ville a une énorme influence italienne (les Vespa) et anglaise (le rock), que l’on revisite en podcasts, vidéos, photos… » Ce désir de créer un média à Bordeaux est parti d’un constat simple : le vide médiatique à Bordeaux : « Trop de décisions viennent de Paris, Radio France impose sa grille musicale à France Bleu, Nova Paris nous a ravi la belle Sauvagine… Maintenant Nova Bordeaux a su retrouver une identité avec Aino et Nico et leur prog très éclectique, il y a Campus, la Clé des Ondes, et bien sûr les webradios Ola Radio ou Protocole et FIP qui veut en terminer avec ses Fipettes locales, mais au global la ville n’est tout bonnement plus en situation d’émettre, ni même de valoriser tout ce qui peut s’y passer. On compte beaucoup plus sur les médias nationaux que sur nos propres forces… Ayant passé 25 ans à Paris et à l’étranger (après avoir grandi ici) je ne trouvais pas ça normal ! Bordeaux mérite mieux ! Pour moi il s’est toujours passé des trucs géniaux ici, et il n’y a aucune raison que cela reste confidentiel. »

Il a donc eu l’idée de mettre en place Bordophonia afin de faire rayonner à nouveau la ville de Bordeaux, et cela au-delà de la Garonne et de la rocade. Bordeaux a su se faire une place parmi les villes les plus cool du monde (d’après les placements Lonely Planet et LA Times en 2015 et 2016), étant une ville colorée, pleine de vie, avec du vin, de l’art et des fêtes. De nombreux artistes ont fait connaître Bordeaux au travers du monde : « On est passé de Giresse, Tigana et Trésor sous l’ère Chaban / Claube Bez à Bengale, Pendentif et Odezenne sous l’ère Juppé post-Noir-Désir. »

Si Bordeaux s’est développé un style bien à elle, une image très développée sur les réseaux sociaux, ce mouvement a stagné ces dernières années ; pour Guillaume Fédou il est donc primordial de retrouver le Bordeaux flamboyant d’antan ! : « C’est triste et ça pourrait faire retomber rapidos Bordeaux dans l’anonymat provincial qui allait si bien à certains, mais pas à moi ! Donc il faut reprendre le flambeau ! Faire connaître la ville à ceux qui ne la connaissent pas, tout en faisant se reconnaître ceux qui y vivent (ou y ont vécu). Donc j’ai eu l’idée de ce média qui serait aussi un totem, permettant de faire des soirées, des mugs, des tee-shirts, des capotes et des déodorants, comme Playboy dont je me suis occupé il y a deux ans ! »

Guillaume Fédou nous parle d’une voix commune à Bordeaux, du « son de Bordeaux » incluant une connexion artistique qui peut aisément être rendue plus visible localement et ailleurs. « À mon sens la scène bordelaise a toujours été une scène ouverte, reliée à ce qui se faisait ailleurs. La scène rock qui a explosé au début des années 80 avec Strychnine, Parfum de Femme et Camera Silens a explosé dans toute l’Europe à la fin des années 70, et en France il y avait des scènes rock partout, à Rennes, avec Marquis de Sade, les Nus, à Lyon, à Rouen, au Havre avec Little Bob et bien sûr à Paris avec OTH, Metal Urbain et toute la clique de keupons poétiques qui a suivi ! Donc ici c’était la même chose, avec une “touche bordelaise” cependant… » Une ville qui a une pâte bien à elle et sa propre vibration artistique et sociale : « Ce que la ville a de particulier c’est qu’elle a une fierté gasconne que les autres n’ont pas. L’accent de Paul Félix de Gamine, la poésie incandescente de Cantat au début de Noir Désir, je repense à Joey II, le Fleuve, A l’arrière des taxis, J’en ai des frissons. »

On parle de musiques qui ont fait la ville, ou est-ce plutôt l’inverse ?

On parle de musiques qui ont fait la ville, ou est-ce plutôt l’inverse ? Guillaume Fédou en parle avec émotion et passion, Bordophonia comme moyen de redonner de cet éclat à la ville. Toutes sortes de musiques, de tous horizons mais le « son de Bordeaux » ce n’est pas que musical, c’est aussi l’image, l’art au plus large, sans oublier la littérature, « On n’en parle pas beaucoup mais la littérature a une place à part dans la ville de Montaigne et de la Boëtie (qui nous vient de Sarlat mais c’est pareil), il y a une vraie tradition du livre ici, des écrivains… Tu n’as qu’à voir le jour 1 du déconfinement, tu as plus de queue chez Mollat que chez Zara ! C’est bon signe ! »

Une initiative qui voit le jour avec plusieurs partenaires dont Franck Tallon avec qui il avait déjà réussi la Carte Rose, « carte blanche érotique confiée par par la mairie pour la biennale Agora ». Il travaille aussi avec Antoine Chaput de We Want Art pour les vidéos, Charlotte Saric (Zut, Noa Pop, Rue 89) et d’autres personnes prêtent à les rejoindre pour ce projet. Pour le moment l’équipe installe l’idée et d’après Guillaume « ça va se développer et passer sur site propre, puis une appli avec une carte interactive un peu sur le modèle de mes amis de Radiooooo ! On appellera ça Bordoooo. » Pour l’instant les projets restent à se profiler mais ça promet déjà de grandes choses ! « Il n’y a pas de limites à Bordophonia, qui pourra se décliner en magazine papier, en appli etc… World is ours ! »
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