De Bordeaux à Paris : rencontre avec le collectif Distill

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Le Type est allé à la rencontre d’Hermann et Pablo, tous deux membres du collectif de musique électronique Distill. Après un lancement officiel en septembre dernier, le crew composé d’Helios, Papang, Pablo et Prince Chouchou (Hermann), a depuis enchaîné plusieurs soirées au sein de la ville. Avec une belle et riche identité musicale, le groupe vient s’ajouter à la liste florissante des collectifs made in Bordeaux. 

Visuels : Fonds Perdus
Crédits PhotosWilliam Millaud & Distill

Le Type : Hello Distill, comment allez-vous ?

Distill Salut Le Type ! Tout va bien de notre côté, on bosse sur ce qu’on peut depuis chez nous. C’est pas facile mais on fait avec, on espère que la crise s’arrêtera le plus vite possible pour un retour à la normale !

Tout d’abord, depuis quand s’est lancé le collectif ?

Distill : Le lancement de notre premier événement était en septembre dernier. Mais en réalité, nous avons commencé à monter l’équipe en février-mars 2019. Sur les réseaux (Facebook, SounCloud) en août, et premier événement le mois d’après donc.

Prince Chouchou & PABLO

Le collectif est implanté principalement à Bordeaux, mais il est aussi rattaché à Paris, dans quel but ?

Hermann : En réalité on ne vient pas tous de Bordeaux. Moi je viens de l’île de La Réunion, je suis venu ici pour les études à 17-18 ans. Je suis toujours resté là mais j’ai fait un passage d’un an et demi à Paris.

Pablo : Moi je suis né à Paris, je suis arrivé sur le Bassin d’Arcachon quand j’avais 11 ans, et je suis à Bordeaux depuis mes 18 ans. J’ai été le premier à lancer l’idée, et c’était évident que je le fasse avec les potes, ceux qui composent actuellement le groupe. Il n’y a pas vraiment de tête pensante, c’est vraiment tous les quatre qui gérons le collectif.

Hermann : En gros, nous sommes quatre co-fondateurs, il y a Pablo et moi pour Bordeaux, et Papang et Helios sont les deux Parisiens. C’est pour cela que dans nos événements c’est Bordeaux/Paris, car eux sont initiateurs du projet mais via Paris.

Il y a t-il des événements qui se font sur la capitale ?

H : Pour l’instant non. C’est avant tout Bordeaux mais nous avons quelques idées pour le futur. Nous n’avons que 8 mois d’existence et malgré tous les événements que nous avons fait, il ne faut pas brûler les étapes.

Logo by Fonds Perdus

Comment pourriez-vous qualifier l’identité artistique de Distill ?

: À la base, nous sommes partis avec un concept : proposer des soirées alliant notre selecta musicale à de la bière artisanale et de bons cocktails, d’où le nom Distill. Ce qui n’est pas évident à réaliser. Nous avons laissé ça de côté étant donné que, jusqu’à aujourd’hui, nous ne faisons que des événements en club. On voulait imposer ça dans des lieux, installer des tireuses etc, mais on a été très vite restreints. Si un jour on tient notre propre lieu, notre propre bar, on pourra envisager ça.

: Au final, on s’est démarqué par la musique, que cela soit techno, minimal ou autre, par nos bookings aussi, avec une certaine constance et qualité sonore que l’on essaie d’apporter. On a très vite été qualifié comme une alternative à certains grands collectifs, comme Les Viatiques par exemple, qui sont là depuis un bon moment. C’est d’ailleurs les premières soirées minimal où nous sommes allés Pablo et moi.

Comment gérez-vous vos choix d’artistes / bookings ?

P : Déjà, nous n’avons fait venir que des artistes qui n’étaient jamais venus jouer à Bordeaux, ou qui n’étaient pas venus depuis très longtemps. À la base on est très minimal, mais on aime explorer la techno, la house, un peu comme ce que fait le collectif BinarySound (Hossegor).

H : En fait, je pense que l’on essaie de prendre le meilleur de chaque genre. On peut très bien jouer dans un set quelque chose de techno, tech-house, minimal, breaké, garage, tant que la qualité ressort. Que cela puisse être mélodique, harmonieux et dansant !

P : Dans la liste des artistes que l’on a fait venir, il y a Junki Inouie (des labels Londoniens Toi Toi Musik, et Cartulis Music), le collectif minimal Parisien RMMT-Roommates, ou encore Unai Trotti de Londres présent pour notre dernière grosse soirée au Parallel. Sans compter la scène locale que l’on invite bien évidemment.

Vous avez organisé des soirées essentiellement au Parallel, est-ce un lieu que vous appréciez particulièrement?

P : Pour moi, c’est un des meilleurs clubs que j’ai pu faire, que ça soit pour l’ambiance qui est assez intimiste ou la qualité sonore, avec un système son qui est super bien réglé.

H : Non seulement on prend du plaisir à y jouer, mais les artistes que l’on fait venir aussi. La quasi-totalité de ceux que l’on a booké nous on dit que c’était une de leurs dates favorites en France.

)

Nous sommes à une époque charnière au niveau de la scène bordelaise, avec une émergence de nouvelles choses

Vous avez réalisés plusieurs sets en podcast sur Ola Radio, comment s’est passé cette rencontre ?

P : Super bien, c’est une super radio, ça fait beaucoup penser à Rinse FM, ou d’autres grosses radios et c’est très bon pour Bordeaux ! Ça permet de s’exprimer et quand on regarde leur programmation, c’est super varié, avec des émissions en dehors de la musique aussi.

H : Je pense que là nous sommes à une époque charnière au niveau de la scène bordelaise, avec une émergence de nouvelles choses. Ola Radio représente bien cela, ce besoin de rassembler, ça emmène un vent nouveau et ça permet d’exporter la scène locale ailleurs. Avant je voyais pas mal d’individualisme dans le milieu, je pense que pas mal de collectifs fonctionnaient comme ça, mais c’est beaucoup mieux de travailler main dans la main. Par exemple, pour nos premières soirées on a invité Fugitiv’, Bruit Rose, Les Viatiques ou bien HILL BILLY.

 

D’où votre slogan ?

P : Exactement, Friends, records & beers C’est notre philosophie, du moins c’est ce que l’on essaie de faire au maximum.

Pouvez-vous nous parler de votre identité visuelle ?

P : Alors déjà on est assez fier de notre identité et du logo. À la base nous avions essayé de le réaliser nous-même avec une amie et ça n’a pas marché.

H : On s’est beaucoup cassé la tête sur l’identité visuelle, et on en profite pour remercier Helios et Papang qui nous ont beaucoup poussés à faire les choses bien et avec patience. On était dans la précipitation et, finalement, on a pris notre temps. Du coup, à travers notre logo, on fait la promotion de Fonds Perdus, le studio de design graphique Bordelais basé aux Chartrons avec qui on travaille, et qui sont devenus des amis. Ils ont capté absolument tout ce que l’on voulait faire : l’énergie que l’on voulait insuffler dans nos soirées et, dans le logo, on retrouve une cohérence, un aspect minimaliste mais aussi coloré. Les trois anneaux reflètent les fondements présents dans le slogan. Si on regarde bien, nos visuels changent et vont s’adapter pour chaque nouvel événement et artiste, et ils répondent parfaitement à nos attentes.


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