Interview du producteur Nude (Seasons EP)

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

À 24 ans, Nude sort déjà son 5ème EP chez Moose Records (Andrea, Dream Koala, Katuchat). Intitulé Seasons, ce 5 titres nous emmène en voyage sur un son électro très aérien, qui flirte avec des envolées pop, future rnb et même abstract hiphop. Le Type est allé à la rencontre de ce jeune producteur, installé depuis peu à Bordeaux, qui autour de quelques pintes est revenu sur ses débuts, son année très productive et sa passion pour la musique électronique.

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Tu as commencé la musique très jeune, avec le conservatoire, 10 ans de batterie et percussions. Comment es-tu passé de cette éducation musicale classique à la production électronique ?

Nude : En fait, ça m’a toujours attiré. Quand j’étais gamin mon père écoutait beaucoup Massive Attack, Air, ce genre de groupes. Et je me souviens, à la bibliothèque, sur 10 CDs que j’empruntais, il y en avait toujours au moins 5 d’électro. J’ai commencé à écouté Amon Tobin, Aphex Twin, puis les artistes du label ED Banger… Plus j’en écoutais, plus j’avais envie de faire cette musique, sans vraiment comprendre comment ça marchait. Au début, j’avais pas cette image de production en studio, je m’imaginais que c’était produit sur des tables de mixages (rire).

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Et tu as débuté comment ?

Nude : C’est venu après. Je faisais beaucoup de skate et j’ai rencontré un pote, Alexis qui m’a initié au logiciel Ableton Live, il m’a montré comment utiliser une boîte à rythme, etc. Petit à petit, je m’y suis mis comme ça !

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Avec du recul, est-ce que tes années de conservatoire t’ont aidé pour produire ?

Nude : Pas assez, je trouve… ça m’a beaucoup servi pour tout ce qui est rythmique, limite c’est ce que je crée en premier. Mais là où ça m’aide pas vraiment, c’est pour tout ce qui est accord et mélodie. Si j’avais fait du piano, ça m’aurait servi beaucoup plus. Concrètement au début, j’assemblais parfois trois pistes pour composer un même accord. Bienvenue dans la musique électronique ! (rire)

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On est vraiment dans l’expérimentation… (rire)

Nude : Complètement, et le pire dans tout ça, c’est que les morceaux que je préfère dans ce que j’ai composé, c’est des bugs. Des erreurs, des effets que j’ai triturés dans tous les sens jusqu’à ce que j’obtienne un son qui me plaise. Sur le dernier EP, il y a la moitié des morceaux que je n’arriverais surement pas à reproduire. Et c’est ça que je trouve génial !

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Avant d’être Nude, tu as commencé la production sous le pseudo Weshokids en 2012. Tu as sorti des morceaux chez Château Bruyant avec un son très Trap, assez différent de ce que tu produis maintenant.

Nude : J’avais de l’énergie à revendre. J’allais beaucoup en teuf, j’écoutais de la trance, de la hardtek. Je voulais faire de la turbine, envoyer du son qui tabasse. Mais pour faire ses armes, c’est pas ce qu’il y a de plus facile. Par exemple, la gestion de la basse est hyper importante pour ce genre de son. Ce qui fait que je m’en suis éloigné, je me suis rendu compte que ça ne me correspondait plus.

Et donc en mars 2015, tu renais sous le nom Nude et tu sors ton premier EP chez Moose Records ; No Air. Ça marque un tournant musicale dans ta production.

Nude : Oui, en fait c’est parti de la rencontre avec le producteur Andrea (cofondateur de Moose Records), toujours via des connexions au skate (Katuchat qui est également chez Moose Records). Il me connaissait en tant que Weshokids mais m’a poussé à me dépasser et quand je lui ai fait écouter le morceau « No Air », il m’a dit : « C’est bon, t’as le premier morceau ton premier EP. Il faut que tu continues dans cette direction. » Et c’est comme ça que j’ai commencé à produire chez Moose Records.

Au fil des EP on sent que le son très brut du début est devenu plus sensible et subtile.

Nude : J’ai cherché à faire un son plus féminin, à apporter plus de volupté dans mes morceaux.

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Début septembre, tu as sorti ton cinquième projet, Seasons. Comment l’as-tu composé ?

Nude : D’habitude je travaille beaucoup en studio, mais celui-là je l’ai composé quasiment entièrement dans le train. Entre Tours, Paris et Bordeaux. Du coup, la façon dont je l’ai produit est vraiment différente des autres EP. J’étais à la fois au calme et en même temps toujours interrompu.

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C’est la raison pour laquelle, les morceaux sont si variés ?

Nude : Exactement, je commençais un morceau mais dès que j’étais interrompu j’avais envie de partir dans une autre direction. Alors que sur l’EP Faces par exemple, j’ai vraiment créé un projet homogène.

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Ce qui est étonnant, c’est que Seasons est plutôt dansant au début avec un son presque pop, pour finir par un morceau très mélancolique.

Nude : Ça résume un peu cette période un peu troublée où je l’ai composé, où je suis passé par différentes humeurs et émotions. Et c’est pour ça que je l’ai appelé Seasons.

© Geoffrey Jousselin
© Geoffrey Jousselin

Tu as collaboré avec deux chanteurs sur cet EP. Le chant c’est un élément important de ta musique ?

Nude : Je suis triste quand il n’y en a pas. Mon rêve, ce serait de pouvoir avoir les chanteurs sur mes lives, comme Bonobo le fait. Il a trois chanteuses et elles sont là sur scène à chaque fois.  

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Avec quels artistes aimerais-tu collaborer ?

Nude : En production, le top ce serait Kaytranada. Pour le chant, il y a Alina Baraz qui a une voix incroyable, j’adorerais collaborer avec elle. D’ailleurs, son manager m’avait contacté mais ça ne s’est pas fait malheureusement.

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Quelle est la suite ?

Nude : J’ai déjà enregistré le prochain EP (rire) ! J’ai passé 3 jours à Hossegor pour me couper de tout parasitage et me concentrer sur la musique. Je suis vraiment content du résultat. Je ne sais pas encore quand il va sortir.
Il y a aussi un clip en préparation. J’ai été contacté par des étudiants étrangers qui sont en école de cinéma. Ils vont venir à Bordeaux pour clipper le morceau « Rooftop » !

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