Interview : Plane Aggy

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Plane Aggy, c’est ce genre de mec, discret et bourré de talent. Son flow plane entre hip-hop et jazz, d’Édimbourg à Bordeaux, il compose sur la (sa) vie. Les textes ont une importance capitale dans l’univers du rap et Plane Aggy ne déroge pas à la règle. Écrivant sur une dure réalité mêlant addiction en tout genre, il extériorise ses émotions avec brio et émoi. On se laisse bercer par les beats envoûtants et ses textes qui amènent à réfléchir. Rencontre avec un jeune rappeur qui capture au vol les codes du rap.

}

 }

Ça fait combien de temps que tu vis sur Bordeaux ?

Je suis arrivé il y a 2 ans.

On est bien à Bordeaux. La ville t’inspire ?

Oui, sincèrement, je me sens bien ici. Après rien ne battra l’Écosse (rires).

Ton rap, il parle de quoi ?

J’écris sur moi, mon passé, mes addictions, l’ego trip de base d’un rappeur (rires). Chaque projet que j’entreprends doit avoir un fil conducteur. Il faut que l’ensemble ait une cohérence musicale. J’ai besoin de raconter une histoire à travers mes compos. Que le beat colle aux paroles. Si le son est bon, il va m’inspirer pour écrire et je vais pouvoir m’exprimer. J’ai beaucoup de mal à apprécier les morceaux que je produis. Je cherche toujours à m’améliorer. Je jette beaucoup de compos qui ne me conviennent pas..

Tu ne regrettes jamais quand tu jettes un son ?

Non, jamais. Une fois que c’est jeté, je ne reviens pas en arrière.

Est-ce que tu arrives à être satisfait de ton travail ?

C’est très dur ! J’ai un regard assez sévère sur ce que je produis. La plupart du temps, je prends beaucoup de recul avant d’apprécier un son. Au début, j’avais uniquement du texte, aucun flow, aucun rythme, les rimes ne tombaient pas au bon moment, rien n’était bon à garder. Maintenant, j’arrive de plus en plus à apprécier ce que j’entends. Mais ce n’est pas encore gagné (rires).

Ça fait 3 ans que tu rap sérieusement. Le rap a toujours fait partie de ta vie ?

Non. Quand j’étais ado, j’écoutais Marilyn Manson, Korn, Slipknot… Après tu vois, il y a un parallèle entre le rap et le (hard) rock. L’écriture y est aussi très personnelle, c’est relativement triste et sombre. C’est une musique réelle et je me retrouvais dans leurs écrits. Puis, j’ai découvert The Eminem Show

}

https://www.youtube.com/watch?v=pwGQLzbtVko

}

Cet album m’a marqué. Je le connais par cœur. Jusqu’aux transitions. Eminem est l’artiste qui m’a le plus influencé.

C’est grâce à lui que Plane Aggy est né ?

Non, c’est grâce à un anglais. Je me disais que le rap c’était pour les américains. Puis, je suis tombé sur Devlin. Et ça a été le déclic. Je me suis rendu compte que les Anglais pouvaient aussi bien rapper que les Américains. Alors pourquoi pas les Écossais ? Du coup j’ai écrit un texte… (rires). Et à partir de Devlin, je me suis mis à écouter plus d’artistes anglais.

En Écosse, tu rencontres ton petit succès ?

Non pas du tout. Ils n’ont pas du tout le même rapport. Si tu dis que tu fais du rap à des gens que tu croises, ils ne vont pas comprendre pourquoi. Pour eux, le rap c’est typiquement une musique de blacks (rires). Ce n’est pas vraiment une musique qu’ils aiment. Ils écoutent beaucoup de house, d’électro et ce qui passe à la radio.

Tes premiers pas sur scène c’était en Écosse ?

Oui, j’avais 18 ans. J’étais très stressé. C’était juste un petit set de 30 min, il n’y avait pas grand monde. J’avais adoré être sur scène, mais le public écossais n’était pas vraiment réceptif. J’ai compris que je devais sortir d’Écosse pour être apprécié.

Plane Aggy, ça vient d’où ?

Aggy c’était le surnom que ma grand-mère et ma mère me donnait quand j’était petit. Et Plane, tout simplement car à partir d’un avion, tu peux changer de destination. La musique produit le même effet. Tu peux t’évader.

Tu as un album en préparation.  Peux-tu nous en dire plus ?

Il va parler d’une période de transition. “Something in between“. Artistiquement et personnellement, je passe d’une période de ma vie à une autre. Les chansons seront un peu un exorcisme. Je tire un trait sur mon passé et j’avance. Les instrus seront très différentes. Il y a un suivi avec mes anciens sons. Dans Jessie Pickman (sur Timecapsule) je parlais de ma relation avec l’alcool, et dans “Something in between“, il y aura Jessie Pickman II, qui évoquera l’évolution de cette relation. Cet album est beaucoup plus mature, je vais le pousser à fond. L’album a été fait pour le live, pour changer un peu d’ambiance, inclure un plus de trap. En live, la trap ça marche vraiment bien.

& sa diffusion ?

De manière indépendante. Il sera disponible sur iTunes, Deezer, Spotify… via la plateforme Zimbalam. Cette plate-forme te permet d’être diffusé un peu partout, et surtout, tu touches vraiment les profits. C’est un super projet. Puis aujourd’hui, la diffusion sur le net c’est un bon moyen de se faire repérer par un label !

Tu penses quoi du rap aujourd’hui ?

Ça dépend qui. J’aime bien que des mecs comme Vald (que je n’écoute pas cela dit) ou Mac Miller puissent s’en sortir en indépendant. Car, internet, ça tue beaucoup de rappeur. Du coup, c’est toujours encourageant de voir que certains arrivent à s’en sortir. Après j’écoute très peu de rap français. J’aime bien Nekfeu. Il est quand même très bon, il faut l’avouer. Je n’aime pas du tout le rap old school français.

Qu’est qui te plaît chez les rappeurs ?

J’aime beaucoup les personnages. En ce moment, The Weeknd à une grosse influence sur moi. Danny Brown a un personnage de fou. Rien que ses concerts, ne sont pas des simples concerts, ce sont des shows ! C’est comme Mac Miller, l’énergie qu’il dégage sur scène c’est dingue. Future, Drake, Kanye West (qui je pense deviendra un classique dans quelques années)…

Est-ce que Plane Aggy à un personnage ?

Je ne pense pas, pour l’instant je n’ai rien de défini. Peut-être plus tard, au fil des albums…

Le showcase de Nekfeu, c’était comment ?

J’ai envoyé une démo à la voilerie et ça à plu au organisateur de la soirée. Après, je n’ai pas rencontré Nekfeu et son entourage, mais le public était vraiment chaud. Et j’ai eu beaucoup de retour après le concert sur les réseaux sociaux, ça fait plaisir.

Tu te vois faire autre chose que du rap ?

Non. Ce n’est pas une option pour moi. Je n’envisage que le rap dans ma vie. C’est ça ou rien. Je progresse doucement d’année en année, donc petit à petit j’atteins un bon niveau. Un niveau qui va me permettre d’être apprécié par le plus grand nombre.

}

FacebookInstagram / Plane Aggy

Les essentiels rap de Plane Aggy :

}

 

1 Comment

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de DIVAGATIONS LOCALES

0 0,00
Retourner là haut