Le Bordelais du mois #08 – Seb Boxtrotter

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Il s’appelle Seb et le voyage est sa maison. Épicurien dans l’âme, charmeur de contrées lointaines, ce globetrotteur rêveur et passionné voyage pour retourner à l’essentiel : le voyageur et son parcours. Crayon en main, Seb décrit avec affection les personnes qui sillonnent sa route. Il s’enrichit des uns et des autres, prenant plaisir à se familiariser avec une ville, une culture, un pays. Il traque les kilomètres comme un coureur de jupons traque les femmes. Voyager, c’est s’ouvrir au monde. C’est apaiser cette soif de connaissances qui, malgré les bornes, ne s’étanche jamais. Un voyage se nourrit de rencontre et de joie, et comme l’avait brutalement compris Christopher McCandless (Into The Wild), “Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé”. Seb s’efforce de communiquer avec joie, ses découvertes et les atouts des villes qui foulent ses pas à travers des box qu’il vous fait ensuite parvenir. C’est d’une simplicité des plus élémentaire, il suffit parfois de dire “Bonjour” pour faire des rencontres ! C’est la Boxtrotter, et c’est le joli projet Bordelais du mois.

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goetze-logo-1455098580Bonjour Seb. Tout d’abord, la Boxtrotter, elle est née comment ?

Bonjour Le Type. J’ai commencé à travailler sur le projet de la box lors de mes années de master. J’ai notamment eu beaucoup de soutien de la part de mon école (l’ISEG). Elle a d’ailleurs été super pour ça. Elle a bien mis en avant le projet. Le concept a plu a un ami, qui m’a suivi pour notre projet de fin d’études. L’école nous a inscrits à plusieurs concours, dont un où on a fini finaliste. Et surtout, c’était beaucoup de contacts, d’intervenants que l’école a fait venir pour faire vivre le projet. Et même quand le projet était encore très vague, l’école a été très présente. Et grâce à toutes les interventions extérieures, j’ai pu finaliser mon idée, et me projeter sur une box.

Cette passion des voyages, d’où te vient-elle ?

À la fin du lycée, je suis parti pendant un an en Australie. Ça a été décisif. J’ai attrapé le virus de l’évasion là-bas. Dès que je suis rentré en France, je savais qu’il fallait que je reparte rapidement. Dans cette optique, j’ai fait un master qui m’a permis de partir à l’étranger pour des stages. Et ça m’a plutôt bien réussi !

Justement, tu avais un guide lors de ton voyage en Australie ?

Non, je n’en avais pas. Pour tout te dire, on m’en avait offert un, mais je l’ai oublié… Les deux premières semaines j’étais dans une famille à Sydney, puis pour le reste du voyage j’ai fait sans guide. L’alliance française m’a pas mal aidé au début et, malgré tout, il y avait pas mal de blogueurs australiens qui délivraient leurs bons plans sur le net. Je me suis pas mal inspiré de leurs expériences. Puis, j’ai rencontré des gens cools que j’ai suivi comme ça, de droite à gauche.

Ce qui est sûrement la genèse de ton city guide : rencontrer des personnes locales et mettre en avant leurs expériences…

Oui, exactement. J’ai jamais vraiment eu besoin de guide. Lors d’un voyage en Thaïlande, la personne avec qui je voyageais avait un guide, et je me suis aperçu que les guides étaient trop gros et prenaient au final beaucoup de place. Ils sont chargés d’informations qui n’aident pas toujours le voyageur.

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Lorsque l’on évoque la Boxtrotter autour de soi, on entend souvent parler d’un concept nouveau et original. Mais surtout, un guide humain. C’est la singularité de la Boxtrotter ?

Absolument. La box ne cible pas une clientèle précise. C’est une box qui peut faire voyager tout un chacun. On ne touche pas forcément tout le monde, mais les retours qu’on a eus jusqu’à présent sont positifs. Les consommateurs ont aimé la box et justement le choix des produits. Le guide touristique, fourni avec la box, est notre produit phare. Il se suffit à lui même et il est vraiment étudié pour apporter le maximum d’informations sur une ville. Dans sa rédaction, il est beaucoup plus personnel qu’un guide basique que tu peux trouver sur le marché. J’attache beaucoup d’importance à cette notion de proximité, on raconte des histoires comme si on les racontait à des proches. C’est très subjectif, on est vraiment dans un format très personnel. Il y a peu d’adresses pour responsabiliser le lecteur. Je fournis mes adresses coups de cœur et les lieux fétiches des locaux, mais le vrai sens du guide, c’est très vite inciter les gens à suivre leurs propres pas. Entreprendre la démarche de découverte par eux-mêmes et ainsi aller à la rencontre des autres. Le guide est là pour assurer la transition entre une découverte théorique et une découverte pratique. Je pars du principe que ce sont les rencontres qui font le voyage. Si tu n’as pas fait de belles rencontres, tu pourras être face au plus beau des paysages, tu te sentiras vide. Les belles rencontres embellissent un voyage. Et j’espère vraiment l’embellir au travers de la box.

Tu as également décidé de créer une application mobile, quelle sera son utilité ?

C’est vraiment dans une optique de faciliter le voyage. Tant sur le contact que sur la création d’itinéraire. L’objectif est qu’à la rentrée prochaine l’application soit finalisée. Aujourd’hui, elle fonctionne via le système des QR codes. Chaque lieu a le sien et, lorsque tu scannes, tu es redirigé vers une page web. Tu peux appeler les lieux et créer ton itinéraire avec une échelle de prix en fonction de l’endroit. On a beaucoup d’idées pour l’application mobile. Des créations de visites guidées audio notamment. On est conscient que de plus en plus de personne peuvent utiliser internet sur leur téléphone à l’étranger, mais ce n’est pas encore un fait établi. Il faut que l’application s’adapte à tous les profils. On envisage donc un système de mapping qui permettrait de se localiser sans utiliser internet. On aimerait vraiment que l’application puisse faire le lien entre les locaux et les voyageurs.

Une sorte de Tinder du voyage ?

Oui, tout à fait. Les utilisateurs pourront créer leur profil et l’application les mettra en relation entre eux. Le but étant vraiment de mettre en relation les personnes partageant les mêmes goûts, les mêmes façons de voyager pour qu’elles puissent tirer du positif de leurs expériences communes. Mais pas seulement, tu peux également rencontrer les personnes en amont pour pouvoir préparer ton voyage, bénéficier de conseils avisés et vécus pour optimiser au mieux ton escapade. J’ai envie d’aller plus loin que les simples forums ou les avis que tu peux laisser sur tel ou tel commerce. La rencontre est pour moi un élément primordial. Et pour vraiment rester dans mon optique de guide humain, offrir l’opportunité de rencontrer des locaux et découvrir avec la ville.

À l’avenir, tu envisages d’envoyer des missionnaires aux quatre coins du globe pour étayer l’offre ?

C’est en projet oui. J’aimerais bien me constituer une petite équipe de rédacteurs. Des personnes en qui j’aurai confiance et qui seront capables de fournir un lourd travail lors de leurs escapades. Car, créer un guide et une box demande beaucoup de temps et de patience. Et surtout, une grande implication personnelle. Je me suis aperçu au fil des ventes et des retours consommateurs, que mon engagement était apprécié. Le travail d’écriture est très important pour moi, il faut pouvoir transmettre des émotions au plus grand nombre, tout en restant simple. Je vais prendre mon temps et, petit à petit, la Boxtrotter aura de nouveaux rédacteurs.

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Comment tu décides des produits qui apparaîtront dans la box ? As-tu, au préalable, une idée précise du thème ou tu fonctionnes au coup de coeur ?

Je ne pars jamais avec des idées précises. Bon, excepté pour l’Angleterre. Je voulais créer une box autour du – fameux – tea time. Mais, pas le tea time comme on l’entend habituellement. Du coup, j’ai réuni les objets essentiels pour organiser un tea time entre amis. J’ai sélectionné une tasse assez originale de chez Identity Paper, qui est fournie avec une craie. Sur la tasse, il y a écrit les mots “thé”, “café”, “chocolat” etc., et avec la petite craie, tu sélectionnes la boisson que tu désires pour qu’elle puisse être préparée avec soin ! C’est un concept très sympa. Tu peux également trouver des petits biscuits, le fameux thé Earl Grey, et un porte-clé qui te permet de ranger tes écouteurs (vraiment très pratiques en voyage comme dans le quotidien). Les biscuits et le thé proviennent de la même enseigne, Crabtree & Evelyn. C’est une entreprise familiale, dont le fondateur avait la passion des voyages et un goût pour l’authenticité. Il y a moins de produit que dans les autres boxs, mais ce sont des produits de qualité, qui mettent en avant des producteur locaux. C’est très important pour moi de les mettre en avant. Ils prennent des risques et ils osent. Ce sont des profils qui me plaisent, des personnes que je rencontre au fil des jours, avec qui j’échange, j’entretiens un vrai rapport humain avec eux. J’ai besoin de ressentir des émotions et de les retranscrire dans le choix des objets. Et si, grâce à mes choix, les sens des consommateurs voyagent, je suis heureux.

Le guide, la box, c’est au final une volonté de venir combler un manque dans l’offre de guide touristique ?

Oui. Beaucoup de guides aujourd’hui ne sont pas assez dans l’échange. Ils sont trop objectifs dans leur description. C’est comme si, au final, ils restaient en retrait du voyage et, ainsi, le voyageur ne peut qu’être spectateur de son voyage. Mon but avec la Boxtrotter, c’est de rendre le voyageur acteur de son périple. Lui montrer que lui aussi, il peut aller à la rencontre des locaux, se rendre dans tel ou tel endroit et se familiariser avec la culture et ainsi en apprendre beaucoup plus. J’ai vraiment une approche subjective du guide. Je mets en avant les lieux, les rencontres qui me touchent. Je ne vis que pour les rencontres, les belles rencontres qui peuvent enrichir ta personnalité et t’ouvrir les yeux. C’est l’un des buts du guide, de la box. S’enrichir des merveilles du monde et apprendre à se dépasser soi-même.50-category_default

Tu écris, en outre, sur le blog de la Boxtrotter : une autre manière de communiquer sur tes expériences ?

Effectivement. Puis, notre génération va plus facilement se tourner vers les blogs. Le blog, c’est un endroit sympa où les gens pourront partager leurs expériences. Pour le moment, je suis le seul rédacteur mais rapidement, je ferai intervenir d’autres personnes. Elles écriront des petits récits de voyage, des expériences qu’elles auront envie de partager. Chacun peut s’investir comme il l’entend, écrire sur les lieux qu’ils souhaitent.

Et l’avenir, tu le vois comment ?

Ça fait quelque mois que je réfléchis à un deuxième projet, qui ne serait pas forcément sous format box. Je garderai le guide, mais je rajouterai une petite carte de la ville et un objet significatif et utilitaire, du style, des boules Quiès, un adaptateur, des tickets de métro. Des objets auxquels on ne pense pas forcément et qui peuvent rendre le voyage plus confortable.

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Merci beaucoup Seb pour ce joli moment, plein de rires, de partages et de voyages.

Et comme la musique représente une part importante de chaque voyage, Seb nous livre la playlist qui l’a accompagné lors de ses escapades.

Enjoy :)

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La Boxtrotter

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