Thomas Skrobek par Nico Pulcrano
Crédit photo : Nico Pulcrano

Rencontre avec Thomas Skrobek

dans MUSIQUE

Avant l’apéroboat du 26 janvier où il aura carte blanche, le Type est allé poser quelques questions à Thomas Skrobek. Originaire du Havre, il propose une musique chaleureuse, surprenante et polymorphe. En effet, même s’il joue encore en solo, c’est surtout en trio ou accompagné d’une chorale qu’on l’a récemment entendu. Des chansons éclectiques qui peuvent autant nous donner des envies de trampoline que de road-trip solitaire sur une route enneigée. Non, il n’y a pas d’entre-deux.

(On a aussi parlé de coursiers à vélo et du syndrome du danger du snowboarder mais, histoire d’aller à l’essentiel, vous y échapperez.)

Pour commencer, une question assez banale : peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis originaire du Havre, mes deux parents étaient facteurs. Après, mon père a fait un festival de blues et une salle de concerts donc j’ai pas mal baigné là-dedans quand j’étais jeune. J’ai toujours fait de la musique, fait mes chansons, j’avais un groupe au lycée tout ça… Et maintenant, je suis Thomas Sbrobek qui habite à Bordeaux, qui fait des vidéos et de la musique.

Pour toi, ton activité de vidéaste est aussi importante que celle de musicien ?

Vaste question. Ça dépend des jours, des mois, des opportunités… Concrètement, si je voulais plus d’argent, je devrais faire plus de vidéos et moins de musique. Mais j’en suis pas là encore.

Vidéo réalisée par Ricochet Sonore

Quelles sont tes principales influences ?

Plein de trucs! Mais ce moment, j’écoute pas mal Bertrand Belin, Frànçois and The Atlas Mountains… J’ai beaucoup écouté Java quand j’étais jeune, Bashung aussi…

En ce moment, tu es accompagné d’une chorale : les Sauvages Colorés. Pourquoi avoir fait ce choix d’accompagnement ?

Parce que c’est vachement bien d’avoir plein de voix. Même quand je joue en trio, on chante tous les trois. Ça s’est fait de façon opportune au moment des sélections pour les Inrocks Lab. C’était 20 minutes pour l’installation plus le concert. C’était impossible de faire quelque chose de bien musicalement en aussi peu de temps. On était 13 et je pense qu’on a fait un truc bien mais que les gens l’ont mal entendu.

Et donc depuis tu as décidé de continuer sur cette lancée avec la chorale ?

Oui mais je vais continuer à jouer tout seul et en trio aussi. Ça va s’intervertir en fait car c’est des plaisirs et des univers différents.

Vidéo réalisée par Ricochet Sonore

Tu alternes entre des chansons joyeuses, comme ta dernière “Des bulles”, et des chansons beaucoup plus tristes. C’est délibéré de ta part ou tu fais ça au feeling ?

Je sais pas mais j’essaye de mettre autant de tendresse dans l’une que dans l’autre. Après, c’est en fonction des humeurs, comme tout le monde.

T’as pas une préférence entre les chansons tristes et les chansons joyeuses ?

A la base, je ne faisais que des chansons tristes et en anglais. Petit à petit, je me suis mis à faire des chansons un peu plus drôles. C’était au moment où je chantais avec une anglaise, quand j’ai vécu en Allemagne. Et maintenant, j’essaye de faire plus positif, même si c’est pas toujours facile.

Avoir vécu en Allemagne t’a apporté quelque chose en particulier d’un point de vue musical ?

Ça m’a apporté le français. Je faisais des concerts avec cette fille anglaise et j’avais des réactions sur mes textes en anglais, sur les histoires que je pouvais raconter. Ça change parce qu’en France, généralement, tout le monde s’en fiche des paroles. Et je me suis dit que c’était cool de voir les regards changer au moment de certaines paroles. Du coup, c’est à partir de là que j’ai commencé à écrire en français. J’ai envie que les gens me comprennent en fait. Déjà que mes chansons ne sont pas toujours faciles à comprendre alors si en plus je chante en anglais…

Oui et tu aimes mettre des sous-entendus aussi, comme dans “Petite Chatte”.

Là, on est plus sur une comptine pour enfants. Je me suis fixé une contrainte : faire quelque chose qu’un enfant de 7 ans trouvera mignon alors que toi et moi on pourra comprendre autre chose. Et c’est prouvé, je l’ai chanté dans des classes et les gamins ont vachement aimé.

Et tu fonctionnes beaucoup à la contrainte pour faire des chansons ?

Ça peut être plein de contraintes différentes mais souvent oui. Des fois, ça vient tout seul et sinon je trouve une contrainte qui peut être esthétique par exemple. Après, comme je suis assez mégalo, mes chansons partent souvent de moi, de ce que je pense, ce que je vois…

Peux-tu nous en dire un peu plus sur l’apéroboat du 26 janvier ?

Il y aura plein de trucs : la chorale mais aussi Benjamin et Vincent, qui sont deux super musiciens et qui feront des reprises de Michael Jackson. Il y aura en première partie un humoriste : François Guédon. Il peut parler de littérature et de Booba, de la campagne et de Caen… C’est un garçon qui a traversé pas mal de phases différentes : entre ses origines charentaises, son arrivée en école de commerce à Bordeaux, ses opinions politiques… Ça fait un savant mélange avec beaucoup de personnages différents. Il y aura aussi un concert intimiste en trio le 13 février aux Chantiers Tramasset, un ancien chantier naval. C’est un très joli lieu et ça va être filmé par David Bross qui fait des vidéos pour le Rocher de Palmer.

Quels sont tes projets pour la suite ?

On a une personne qui nous cherche des dates pour le printemps. On bosse aussi à la Rock School Barbey où on peut utiliser les studios gratuitement. Barbey et le Krakatoa sont des lieux qui nous aident beaucoup de manière générale. On a monté une association qui s’appelle Adieu Panurge avec laquelle j’espère faire un premier événement vers le 1er avril.

Et c’est quoi le but de cette asso ?

En gros, c’est une asso à but culturel… Il faut venir le 26 à l’I.Boat pour comprendre l’état d’esprit global de l’asso !

Et un EP ?

Ouais, on a enregistré un premier truc avec les Sauvages qui va sortir fin janvier. On va aussi sortir des petits contenus, des vidéos…

Si tu devais faire une mini-playlist de ce que tu écoutes en ce moment, il y aurait quoi dedans ?

En ce moment, j’écoute beaucoup les différentes webradios de FIP. J’écoute aussi Rodrigo Amarante, un brésilien qui a beaucoup joué avec Devendra Banhart que j’écoute aussi pas mal en ce moment également.

Un dernier mot : si tu devais expliquer simplement à quelqu’un ta musique ?

Si je devais expliquer ma musique, je dirais, qu’actuellement, je cherche à écrire des chansons pour décrire le moment juste après la nostalgie. Le moment où on arrive à en rire, le petit rebond quoi.

Thomas Skrobek est sur les internets :

Crédit photo : Nico Pulcrano

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