[INTERVIEW] Husbands

dans MUSIQUE

Avant leur concert le 9 octobre au Krakatoa, le Type est allé rendre visite aux garçons d’Husbands. Ambiance 70’s et provençale avec en bonus un photoshoot à tête de biche.

Cela fait un moment que le Type suit le petit bonhomme de chemin d’Husbands. Depuis le début en fait. En plus d’avoir beaucoup aimé leur premier album, il a également traîné ses baskets au concert de Kid Francescoli lors de son passage à l’I.boat en mars dernier. Il se trouve que le monsieur derrière le tube “Blow Up” compose le groupe avec Simon, de Nasser, et Mathieu aka Oh! Tiger Mountain.

Actuellement en tournée et en résidence au Krakatoa, l’occasion était trop belle pour ne pas rendre visite au super groupe marseillais et lui poser quelques questions.

HUSBANDS_3
Mathieu Hocine (Kid Francescoli) & Mathieu Poulain (Oh! Tiger Mountain)

Vous êtes en résidence au Krakatoa pour retravailler vos morceaux, les remanier ?

Simon Henner : Principalement pour faire évoluer le show et travailler le son et les lumières parce qu’il n’y a que dans des salles comme ça qu’on peut vraiment faire ça. On avait déjà retravaillé les morceaux un peu avant en studio.

Mathieu Hocine : On est quand même restés fidèles au disque pour certains morceaux, mais en les accélérant un peu par exemple.

Mathieu Poulain : Il y aussi certains morceaux qu’on avait pas trop envie de changer parce que les gens les apprécient comme ça et perso ça me gonfle quand le groupe que je vais voir en concert fait une version reggae du morceau que j’adore.

Mathieu Hocine : Nous on a quand même gardé pour tous les morceaux, même ceux qu’on a choisis de réinterpréter, la même trame qu’on trouve sur le disque.

Vous avez déjà collaboré par le passé avec vos projets respectifs… Pourquoi s’unir maintenant? Y’a-t-il eu un déclic ou l’EP puis l’album sont-ils venus naturellement?

Mathieu Hocine : C’est un déclic qui s’est fait naturellement (rires). En fait, on était tous à travailler au studio tous les jours sur les albums de chacun en même temps. Au bout d’un moment quand on a fini de faire ces albums, on est restés au studio et Simon nous a fait écouter des boucles sur lesquelles il avait déjà commencé à travailler. On s’est dit pourquoi pas essayer de faire des trucs dessus… On a fait un morceau, puis deux, puis trois et voilà.

J’ai l’impression que, dans chacun de vos projets, vous amenez du personnel,  du collaboratif, des potes… C’est indispensable pour vous faire de créer avec des proches ?

Mathieu Hocine : Ouais, moi par exemple j’arrive pas à faire une chanson tout seul de A à Z. Ça peut être un featuring mais ça peut aussi être des conseils et c’est déjà un début de collaboration.

Simon Henner : Et puis pour l’amusement aussi parce que c’est un peu chiant d’être tout seul dans son studio à écouter des heures la même chose… C’est plus rigolo d’être plusieurs quoi.

Du coup, pour la création des morceaux, est-ce que vous avez des tâches très définies ou est-ce que tout le monde apporte sa pierre à l’édifice sans se fixer vraiment de rôles ?

HUSBANDS_1-2
Simon Henner

.

Simon Henner : Dans Husbands, on s’est surtout dit qu’on ferait des choses qu’on ne fait pas d’habitude. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a bien rigolé. Tiger a fait des beats, ce qu’il a  pas forcément l’habitude de faire, moi j’ai chanté alors que je le fais beaucoup moins normalement, Kid a fait des guitares alors qu’il en fait pas beaucoup.

Mathieu Hocine : On a essayé justement de pas avoir de rôles définis parce qu’on en avait déjà suffisamment dans nos projets respectifs. On avait plutôt envie de faire ce qu’il nous passait par la tête.

.

.

Et comment s’est passé la sortie de l’album, qui est arrivé un bon moment après l’EP ?

Mathieu Poulain : On a eu l’occasion de sortir un album quand, après l’EP, notre label Sounds like Yeah nous a proposé de continuer pour aller jusqu’à l’album. On a un peu accéléré le processus pour finir le disque puisqu’on s’est dit “faisons un album !”. Et comme on a fait un album, on fait des concerts et c’est trop bien ! (rires)

Mathieu Poulain
Mathieu Poulain

Et ça met pas un peu la pression d’être la première signature du label de Laurent Garnier ?

Simon Henner : Bah je pense qu’ils avaient aussi la pression…

Mathieu Poulain : Ouais surtout eux !

Mathieu Hocine : On leur a mis sur une sacrée pression quand même… (rires)

Simon Henner : Non mais ils étaient contents de sortir notre premier album mais c’était aussi leur première sortie d’album. Mais ça allait parce que tout le monde était dans la première fois et c’est justement ça qui était cool.

J’ai cru comprendre que vous tirez votre nom du film Husbands de John Cassavetes… Pourquoi ce film? Vous vous identifiez aux personnages?

Mathieu Hocine : En fait, on avait une liste de noms tous plus débiles les uns que les autres au départ. Et puis on a fait une liste de références, de domaines dans lesquels piocher pour être à peu près dans le bon goût. Et vu qu’on aime tous le cinéma et qu’on a pas mal d’influences des Etats-Unis et des années 70, on est arrivés à Cassavetes parce que quand même… C’est vraiment la classe quoi. On a regardé la liste de tous ses films et on a pratiquement tous pointé le doigt sur le même titre parce que c’est un super nom de groupe et on peut se retrouver dans l’histoire des trois potes en virée.

Dans l’écriture des chansons, le cinéma aussi vous inspire-il ou l’inspiration vient-elle d’ailleurs ?

Simon Henner : Ouais dans Husbands on utilise beaucoup un mellotron qui a fait  la BO d’un nombre incalculable de vieux films dont des Hitchcock. Donc je dirai qu’il y a beaucoup de sonorités cinématographiques dans nos chansons.

Mathieu Hocine : Il y aussi ces comédiens des années 70 qui ont trop la classe, comme Steve McQueen, qui nous inspirent pas mal.

Et l’écriture des paroles vient comment ?

Mathieu Poulain : Franchement les paroles on sait pas trop d’où ça vient.

Mathieu Hocine : En fait on secoue Mathieu et on voit ce qu’il en sort ! (rires)

Simon Henner : Parfois ça part de charabia de mots…

Mathieu Poulain : Ouais et en partant de bribes et des sons. Quand ils travaillaient sur les sons, moi je m’asseyais dans un coin et je faisais comme Eminem dans 8 Mile quoi (rires). Mais en général, j’aime bien écrire sur la vie moderne. On a peut-être une forme de nostalgie dans certains sons mais on met des thèmes plutôt actuels dans nos chansons.

Vous pensez qu’Husbands vous apporte quelque chose en plus pour la suite dans vos projets respectifs ?

Mathieu Poulain : Ouais carrément. On joue beaucoup plus pour ce projet et ça nous fait vachement progresser.

Mathieu Hocine : Et ça met en confiance. Beaucoup.

Vous êtes tous les trois bien ancrés sur la scène de votre ville Marseille. Vous portez quel regard sur la scène locale qu’on peut parfois réduire à certains clichés (rap, reggae et métal) ?

Simon Henner : C’est sur la pente ascendante quand même…

Mathieu Hocine : Ouais je trouve qu’il a plein de styles différents maintenant. C’est beaucoup mieux qu’il y a 10 ans quand tu te sentais un peu seul avec ta guitare acoustique.

Mathieu Poulain : Finalement, ceux qui se sentaient seuls au début émergent bien maintenant, comme Aline par exemple. C’est surtout grâce à la démocratisation de la musique, qui fait que n’importe qui peut maintenant en produire, je pense.

Et c’est quoi vos projets pour la suite? Ensemble ou retour à vos groupes/projets plus personnels?

Simon Henner : On aimerait bien réussir à câler un calendrier qui soit cool pour tout le monde. Que chacun puisse sortir un album respectivement avec ses groupes, faire une tournée puis sortir un album d’Husbands. L’idéal serait comme d’avoir une espèce de cycle mais c’est pas évident.

Pour finir, mini playlist. Est-ce qu’il y a un titre ou un album que vous écoutez beaucoup en ce moment ?

Mathieu Hocine : “Hotline Bling” de Drake et “L$D” d’A$ap Rocky pour moi.

Mathieu Poulain : Moi j’écoute tous les jours “Cherry Red” des Groundhogs.

Simon Henner : J’ai réécouté la semaine dernière le dernier album de Club Cheval qui a des bons titres.

HUSBANDS_5
Simon Henner & Mathieu Poulain

Page Facebook événement du concert du vendredi 9/10 au Krakatoa

Page Facebook Husbands

Photos : Alice Belair

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de MUSIQUE

0 0,00
Retourner là haut