[INTERVIEW] Thousand @ Vie Sauvage Collection Été 2015

dans MUSIQUE

Bourg-sur-Gironde, entre deux gouttes. La nuit de festival ne venait que de commencer pour les sauvages quand Stéphane Milochevitch, aka Thousand, leur conta ses histoires pop. Une prestation à l’image de son disque tubesque “The Flying Pyramid” : entre nonchalance de cowboy par la voix et rigueur absolue par la précision des arrangements. 

Le Type a profité de l’escale girondine de ce drôle de garçon, aussi bien à l’aise en homme orchestre qu’en dessinateur, pour lui poser quelques questions et lui demander de concocter une mini playlist introspective et éclectique.

Pour commencer, peux-tu nous dire comment tu as construit ton album “The Flying Pyramid” ?

C’est un album qui s’est construit de façon très éclatée. Certains morceaux remontent à très loin, d’autres ont été crées au dernier moment. En général, j’ai une vision globale du morceau plutôt rapide. Ce qui me prend le plus de temps, c’est tout le travail autour des arrangements. Pour moi, ce sont vraiment eux qui donnent le style d’un morceau. Je suis super pointilleux avec ça. Ce boulot m’a pris deux ans pour ce disque.

En plus d’être musicien, tu es également dessinateur. Ton processus de création est-il le même pour le dessin et la musique ?

En dessin, j’ai une démarche plus libérée qui tient de l’impro. Mes dessins s’apparentent à des collages d’images qui n’ont rien à voir entre elles mais qui finissent par former un ensemble cohérent. Je ne m’impose pas de diktat ou de formalité… En ça, on peut peut-être rapprocher mes dessins de ma musique : je peux tester à l’infini des styles et des instruments très différents avant d’être satisfait d’un morceau. Je ne me refuse rien !

D’où tu tires ton inspiration? De ta vie personnelle ou de choses plus abstraites?

C’est assez particulier… En fait, je pars d’éléments de ma vie perso mais pour arriver à un morceau, j’ai besoin d’un stimuli extérieur. Ça peut être une phrase prononcée par un pote, une réplique dans une série un peu naze… C’est ensuite la nuit que je suis le plus productif, quand je suis dans une sorte de demi-sommeil. C’est à ce moment que le texte découle. Puis viennent les histoires, les rythmes, la mélodie, le phrasé…

Avec une partie de ton enfance passée au Texas, tu penses que ça impacte ta façon d’écrire et de composer ?

Cela m’a beaucoup influencé au niveau musical parce que j’étais très libre et j’ai pu assisté à des concerts qui ont été déterminants pour moi. Je me suis retrouvé dans des festivals de métal un peu extrêmes qui étaient des parfaits clichés sex, drugs and rock and roll. Je me suis retrouvé assez vite à assister à des trucs d’adultes… C’était assez frontal mais ça m’a forgé, pas seulement pour ma musique mais aussi dans mon style de vie.

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Stéphane Milochevitch était accompagné sur scène de Sylvain Joasson (batterie) et d’Olivier Marguerit (basse).

Est-ce qu’il y a des artistes dont tu te sens particulièrement proche et qui t’inspirent ?

J’oserai pas me hisser au rang d’artistes que j’adore mais je suis assez fan de la manière d’écrire de Bill Callahan. Je trouve aussi l’écriture et l’attitude de David Berman des Silver Jews assez fascinante… Il y a aussi la musique d’Olivier Marguerit, qui m’accompagne à la basse sur scène, qui me parle beaucoup. Sinon je pourrai dire François and the Atlas Mountain ou Requin Chagrin, un tout jeune groupe que j’ai vu récemment en concert. Tu sens qu’ils ne sont pas encore super rodés mais leur l’honnêteté m’a vraiment touché.

Quels sont tes projets pour la suite? Toujours aussi éclectiques?

Là je suis en train de finaliser quelques dessins, dont un énorme. Je travaille aussi sur de nouveaux morceaux… En fait on peut carrément dire un album je pense (sourire). Et puis je suis en train de finir le clip de “To Dance in a Circle of Fire”… C’est là que je me rends compte que j’ai un gros problème pour déléguer les choses niveau musique (rires). Heureusement que c’était un pote qui s’occupait du mixage parce que j’étais insupportable à vouloir tout gérer.

Pour finir, tu penses quoi des initiatives comme Vie Sauvage? Un festival pluri-disciplinaire, un peu comme toi au final. 

Déjà, je suis super touché d’avoir été choisi. On sent que c’est ultra soigné que cela soit dans la programmation ou l’accueil. L’ambiance est différente des autres festivals où tu sens vraiment les grosses machines derrière.

Thousand – Playlist Introspective :

Une chanson tourne en boucle de ton côté en ce moment ?

“Rose” de Requin Chagrin. Une nouveauté très chouette !

Une chanson qui a changé ta vie ?

“Don’t cry” des Guns n’ Roses (version Use Your Illusion I). Plus qu’une chanson, un art de vivre. Si tu ne peux pas t’empêcher de chanter chaque solo par coeur, tu sais ce que je veux dire.

Une chanson qui te rend heureux à tous les coups ?

 “Young Turks” de Rod Stewart, une ode à la vie devant soi.

Une qui te rend triste automatiquement ?

“In Dreams” de Roy Orbison, mélancolique et teintée de terreur quand Dennis Hopper la chante dans Blue Velvet.

Une chanson inconnue mais qui mériterait d’être connue du plus grand nombre ?

“Chemirocha”, un chant Kenyan magnifique inspiré par la country de Jimmie Rodgers.

Photos :  Gil Quaresma

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