Chocolat & OBN IIIs @ iBoat, 20 mai 2015

dans MUSIQUE

On m’a proposé d’aller voir Chocolat, j’y suis aller sans grande conviction. J’avais à peine jeter une oreille dans le Bandcamp, ça sonnait bien mais un peu trop policé pour le sale Type que je suis. Je m’attendais à voir une bande de sagouins sapés fripes de luxe et casquettes pastels, aux idées courtes et aux dents longues, claviers en cascade arc-en-ciel et guitare super-fluette. FAUX !

Je me sens lancé sur Chocolat, je vais continuer. On parlera d’OBN IIIs ensuite si vous le voulez bien, mais gardons en tête que le concert s’est déroulé dans l’autre sens.

Après la tornade d’Austin, Texas (leur label est basé à Chicago mais ce sont de vrais texans), arrivent donc nos compères québécois. De suite l’ambiance s’installe, chaleureuse et complice. Ils sont avenants et n’hésitent pas à discuter avec le public. La langue ici n’est pas une barrière, contrairement à OBN IIIs qui a eu du mal à communiquer. L’accent bien connu et souvent moqué apporte même une touche d’exotisme bienvenue. En plus ils n’ont pas de casquettes pastels ! Plutôt des cheveux long et filasses très engageants. La musique se lance et mon scepticisme s’envole rapidement. Ces gars-là font du lourd avec du doux, à coup de rythmiques souvent répétitives sans être redondantes. Le bassiste met tout le monde à l’aise et on sent que ses camarades s’appuient facilement sur ses lignes rondes. Il a l’air d’un sacré joyeux luron ! Plus tard il lâchera sa basse pour se jeter dans le public et tâter le plafond de l’entrepont. Mais la tête pensante est apparemment le chanteur-guitariste (pour changer), aux épaules frêles mais solides, portant son groupe avec aisance et décontraction. Alternant anglais et français, son chant aérien mais vif se pose comme une évidence sur ce rock tantôt léger et planant tantôt dur et électrisant, toujours entraînant. Les fades douceurs tant redoutées au clavier se sont révélées nappes frénétiques et le tout est parfaitement agencé. Ça sent les aromates psychédéliques. Ça sent parfois l’Amérique. Ah oui, ils sont excellents sur des boogies à la Status Quo (“Tss Tss”) ou des pilonnages distordus sans fin façon Black Angels (“Apocalypse”). Et même ailleurs, finalement, même quand le mur de son se mue en jolie toile mélodique, c’était bon. Magnifique “Mèche”, presque frissonnant en live alors qu’il m’avait laissé froid face à mes – petites – enceintes. C’était chaud et doux et fin et très cool, Chocolat. Pas de rappel, pas d’anecdote ultra-croustillante mais un moment tellement agréable que si l’album avait été à dix euros, à l’entrée, je serait parti avec. Malheureusement c’était douze et je n’avais que mon billet rouge. Triste histoire.

Avant ça, quand même, il y avait OBN IIIs. Qui vaut le coup qu’on en parle ! En fait, j’étais venu surtout pour eux parce que ça tâche et que j’aime quand ça tâche. Bon, Chocolat leur a volé la vedette que je leur avait nonchalamment attribuée, vous l’aurez compris, mais j’ai quand même bien trippé avec le gang de punk garage. Directes et brutes, leur compositions tiennent autant des Stooges les plus violents que du hard-rock de la fin des années 70. J’ai pensé à Airbourne qui serait resté coincé dans un hangar en tôle en plein soleil pendant quelques jours, et bien sûr à la récente scène garage californienne, même si ici on ne retrouve pas le côté surf music d’un Ty Seagall ou Thee Oh Sees par exemple. Batterie binaire et pressée, grosse distorsion et hurlements urgents. Enfin, c’est toujours difficile de trouver des points d’ancrages pour ce genre de groupes, ça ressemble à beaucoup de chose mais quand il s’agit de mettre des noms, c’est plus difficile. Pour résumer, c’est du punk assez lourd. D’après moi. Le blond chanteur à guitare est un vrai boute-en-train, il mène sa barque d’une main de fer et est même assez impertinents de temps en temps. Il n’hésite pas à se foutre de la gueule du public qui ne comprend pas ses invectives et multiplie les attitudes défiantes typiques du fameux “rock’n’roll way of life”. Ça plait ou ça plait pas, en tout cas l’énergie est là et le show est à la hauteur de mes espérances. Deux beaux bordels ce soir, je reviendrais !

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