Du nouveau, du bon, du vieux #16

dans MUSIQUE

NbV16-1

Dernière sortie en date pour l’excellent label Cracki Records : « Australia Part.I » du groupe mancunien, au nom cocasse, Ménage à trois. Cracki Records c’est ce jeune label éclectique, made in France, défricheur de talents, qui nous avait fait découvrir Isaac Delusion et plus récemment des artistes comme L’Impératrice ou Schultz And Forever. Du coup, lorsqu’on a appris qu’il sortait l’EP de Ménage à trois, on s’est réjoui à l’idée de découvrir une nouvelle pépite. Le fait est que Cracki a encore eu une bonne oreille. Derrière Ménage à trois  se cachent Joe Louis Harland Manning, Jonathan Flanders et Craig Langton. Trois gars issus des classes populaires de Manchester, comme ils le revendiquent eux-mêmes. Le CV parfait pour prétendre à un article VICE traitant des jeunes des bas fonds britanniques aux pupilles éclatées et vestes Harrington gueulant leurs subversions lors de concerts dans des docks abandonnés. Mais que de clichés en une phrase ! Finalement ils nous livrent un style qu’ils qualifient d’australiana. C’est en fait de l’indie pop hyper ensoleillé qui s’apprécie aussi bien en mode road trip que autour d’un feu de camp nocturne à Coral Bay. Intelligemment réalisé, les titres font déjà tous référence à l’océan, les mélodies et voix aériennes et légères (dans « Ocean Boy », « Conditional Love » et « Message In A Bottle ») font écho à l’immensité et le calme des profondeurs sous-marines… Le premier EP, d’une série de trois au concept intéressant, annonce le retour des beaux jours.

NbV16-2

Pour du bon on revient en 2002 avec l’album « In Between » de Jazzanova. Jazzanova est un collectif de DJ’s originaire de Berlin et fondé par Alexander Barck dès 1995. Avant la sortie de cet album, qui est leur premier, ils s’étaient fait remarquer en sortant de nombreux remixes regroupés dans un double CD paru sous le nom de « The remixes 1997-2000 ». Le groupe est régulièrement associé au style nu-jazz qui est issu de la rencontre entre musique électronique et jazz. Néanmoins, sur cet album, beaucoup de collaborations sont présentes avec de nombreux morceaux chantés voire rappés. Ainsi ils n’hésitent pas à aller dans des univers comme le hip hop ou même la soul. Vous apprécierez très certainement la voix suave de la talentueuse Clara Hill, berlinoise également, sur le très lounge « No Use ». Ou encore le flow désinvolte de Capital A ou celui, très mélodique, à moitié chanté à moitié parlé d’Ursula Rucker. A noter aussi le très bon « Soon » en featuring avec Vikter Duplaix dans un style à mi-chemin entre (les puristes me tomberont dessus) N*E*R*D* de l’époque « In Search Of » et Jamiroquai sur certains albums. En ce qui concerne les morceaux exclusivement de Jazzanova, « L.OV.E. and You & I », sur des samples de Catalyst de Bobby Hutcherson des Supremes et j’en passe, est sublime. Il s’impose presque comme une définition du nu-jazz tant la profusion des influences, les changements de rythmes, les passages d’improvisations ou les voix samplées qui enrichissent le morceau, viennent définir ce qu’est le melting pot musical. Bref, « In Between » est un album majeur qui ne s’impose aucune limite. Un must.

NbV16-3

Pour du vieux, on va parler d’un maxi qui a vingt ans cette année et qui a été réédité il y a deux ans. Il s’agit du somptueux « Trax On Da Rocks Vol.1 » de Thomas Bangalter (moitié de Daft Punk). Parler de ce maxi me fait d’autant plus plaisir que Thomas vient récemment (le 3 janvier) de fêter ses quarante ans. Un âge symbolique. Et à l’heure des bilans, il se rendra compte qu’il a passé la moitié de sa vie (et oui vingt ans de carrière déjà !) à nous faire danser et à s’imposer comme un des plus grands représentants, aussi bien en solo qu’avec Guy-Man, d’un vrai mouvement culturel que les médias appellent communément French touch. C’est donc une occasion de rendre hommage à son talent. «Trax On Da Rocks Vol.1» est sorti sur le propre label de Thomas : Roulé – qui avait aussi, rappelez-vous, édité le célébrissime « Music sounds better with you » (1998). Dans ce maxi cinq titres, Thomas nous livre un véritable projet club-friendly. De la pure house à la française avec samples hyper funky et filtrages en veux-tu en voilà. Néanmoins, notons qu’il n’a pas eu peur de sortir de ce registre en allant dans des univers plus techno comme avec « Roulé Boulé » où il excelle également. Cet album, ce label, ce nom, ce sont des symboles de toute une génération. L’assurance d’une musique qui, bien qu’entrant dans les clubs, ne négligeait pas la qualité. On ne s’en lassera jamais.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de MUSIQUE

0 0,00
Retourner là haut