A la rencontre de Straybird

dans MUSIQUE

Le Type est parti à la rencontre de Straybird, jeune artiste expérimentale originaire de la région parisienne. Depuis quelques temps elle nous enchante par ses créations pointues, dans un style où se mêlent éléments du quotidien et voix cosmiques chez cette musicienne confirmée affranchie des normes actuelles. Bordelaise depuis peu, on en a profité pour la découvrir un peu plus et parler de son EP à venir “In Transit” le temps d’une interview.

Tu peux te présenter en quelques mots à ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Laëtitia, j’ai 21 ans et je fais de la musique sous le nom de Straybird. J’ai commencé par le conservatoire avec la guitare classique quand j’avais six ans puis j’ai arrêté complètement et j’ai repris avec la batterie et les percussions que j’ai jouées dans un orchestre. Puis comme je voulais faire prof de musique il fallait que je fasse un instrument polyphonique donc soit je reprenais la guitare soit je faisais autre chose comme le piano. Et vu que je suis un peu touche-à-tout j’ai opté pour le piano. Mais j’ai aussi tâté pleins d’autres instruments toute seule dans ma chambre comme la basse, le ukulélé, le xylophone … Puis à la fac d’Evry j’ai rencontré Fakear qui m’a dit que je pouvais mettre tous mes petits instruments dans une boîte, que ça serait plus simple pour des lives, et c’est comme ça que je suis passé de l’acoustique à l’électronique et que tout a commencé !

Pourquoi ce blaze Straybird ?

J’ai eu du mal à exprimer et concrétiser mes idées d’esthétique musicale lorsque je faisais partie d’un groupe. J’ai donc décidé de me la jouer solo. En ce sens, Straybird me représente en tant que petit oiseau errant, un petit vagabond dans l’immensité qu’est le monde de la musique.

Tu penses qu’avoir un bagage technique important comme toi c’est essentiel dans la musique ?

Pas forcément ! La créativité c’est hyper important, quelqu’un qui est créatif en peinture par exemple il pourra facilement s’exprimer en musique. Puis maintenant on a plein de logiciels de composition, simples d’utilisation, donc quelqu’un qui est un minimum créatif peut facilement faire de la musique. Mais c’est sûr que je trouve ça hyper important d’avoir touché à plusieurs instruments et aussi écouté plusieurs types de musique. Je me suis vraiment nourrie de pleins de styles du classique au hardcore. Tout ça m’a permis de créer mon truc, mon univers. Je pense que l’art c’est savoir réunir tout ce qu’on a pu déjà faire ou rencontrer pour faire quelque chose de novateur.

Il n’y a pas aussi un côté pervers à la multiplicité des logiciels de création ? N’importe qui peut maintenant prétendre faire de la musique ?

Oui c’est sûr mais ça ne sera pas forcément de la qualité dans le sens où ces logiciels demandent une certaine « maîtrise technique ». Tout ce qui est gestion du son, équilibre entre les instruments… Avoir été dans un orchestre m’a beaucoup aidé pour ça.

Justement avec quel matériel tu travailles ?

Au début j’étais à l’arrache sur GarageBand et ensuite j’ai découvert le fabuleux monde de Reason ! Le seul problème c’est que ça ne gère pas l’audio, du coup je chante par dessus et je dois faire l’enregistrement avec d’autres logiciels. J’utilise aussi un synthé Arturia MiniLab, parfois des toms de batterie et un pad Akai LPD 8 que je vais bientôt changer en Arturia beatstep où il y aura beaucoup plus de fonctionnalités. Et sinon j’utilise pas mal d’instruments que j’enregistre moi-même comme les xylophones, vibraphones, …

Le style Straybird c’est quoi ? Ou tu ne veux pas être enfermée dans une case ?

Pourquoi pas mais il faudrait la créer ! A la fois je mets indescriptible, électro, ambient … Ambient, c’était clairement l’orientation de mon premier EP (« Experiment With Elements », ndlr) mais le prochain sera un peu plus dansant, un peu plus rythmé, avec des gros kicks, des gros claps. Du coup mon style évolue, il est en pleine transition c’est pour ça d’ailleurs que mon EP s’appellera « In Transit ».

A propos de « Experiment with elements », très conceptuel, comment t’étais venue l’idée des éléments de la nature ?

Je faisais pas mal de musiques de jeux vidéo à une époque donc j’avais des milliards de bruitages. Du coup le côté bruitage j’aimais bien puis j’étais dans la cambrousse chez moi en région parisienne donc je me suis dit pourquoi pas utiliser des bruits d’eau, d’arbres…

La musique tu comptes t’y consacrer de manière exclusive ou tu vas continuer à jongler avec les cours ?

Là j’aimerais vraiment m’y mettre à fond. Faut voir ce que le public me renvoie, ce que le label dans lequel je vais rentrer me donne comme concerts… Mais bon faut pouvoir en vivre aussi donc s’il n’y a pas de rentrée d’argent faudra bien que je travaille. Même j’aime partager aussi donc partager ma passion de la musique avec des enfants dans l’éducation ça serait énorme aussi. Du coup je continue les études encore ; je vais passer le CAPES.

J’ai vu sur ta page que tu avais envoyé une démo de ton futur EP en Allemagne. C’était quoi le délire ?

Le délire c’est que je me suis présentée pour un festival qui s’appelle le Red Bull Music Academy, il va se dérouler à Paris (du 25 octobre au 27 novembre 2015 à la Gaîté lyrique, ndlr), donc j’attends la réponse en Juin normalement !

T’avais déjà fait des festivals ou pas ?

J’avais un petit stand à la fête de l’Huma bon j’étais pas sur la grosse scène mais c’était pas mal déjà !

Parlons un peu de ton actu. Un de tes tout derniers sons c’est un remix de « Be ritch » de The Ritch Kids. Comment t’en es arrivée à collaborer avec eux ?

C’est une histoire assez improbable ! On s’est rencontré sur un concert de Florrie à la Maroquinerie, ils faisaient la première partie et moi (grande fan que je suis) j’étais au premier rang et j’ai pu voir débarquer un nounours tout fou sur scène. À la fin du concert j’ai voulu faire dédicacer mes CD mais la foule était trop importante (en même temps quand tu cumules le fait d’être mannequin, chanteuse et superbe musicienne, ça attire les masses). Bref, sur les stands j’ai pu discuter avec les Ritch Kids en attendant mon tour pour Florrie. On a débattu de longues heures avec la chanteuse pour savoir laquelle de nous deux avait l’écriture de prénom la plus compliquée (moi Laëtitia et elle Laytitia) honnêtement je gagne avec mon « ë dans l’a » ! On a fini par échanger nos mails et ils m’ont invité à figurer dans un de leurs clips. On est encore en contact et leur faire un remix m’a semblé être une évidence ! J’aime les groupes assez fous comme les Ritch Kids, Skip & Die, ou Die Antwoord !

Et ton nouvel EP il est prévu pour quand ?

Il n’y a pas de date officielle encore mais j’aimerais bien pour mi Mai. La photo de la pochette et le logo sont prêts mais la typo n’est pas encore choisie et il manque l’enregistrement de ma voix sur certains morceaux.

Qui s’est occupé de tout l’artwork de la pochette ?

J’ai bossé avec un ami photographe qui s’appelle Sebastien Panzarella qui travaille beaucoup avec des boîtiers argentiques puis les retouches du logo ont été faites par une amie qui est graphiste. Et pour la typo ça sera certainement quelqu’un qui est proche du label dans lequel je viens d’entrer.

Tu viens donc de rentrer dans un label ?

Plus ou moins, c’est davantage un collectif qui s’appelle « The Way Of Sound » qui vient tout juste de s’installer à Bordeaux en Octobre. C’est un collectif tout jeune, il y a pas mal de DJ, on est tous potes et artistiquement je suis totalement libre aussi donc c’est cool. Je sais pas me vendre dire « ouais ce que je fais c’est de la balle prends moi sur scène » du coup avoir un label ça m’aide énormément au niveau com’ et recherche de scènes. Après le but pour moi ça serait de rentrer dans Boxon Records.

On a déjà eu l’occasion d’entendre deux extraits de ton prochain EP, « Le voyageur » et « Run ». Il y aura d’autres singles ?

Non ça en fait déjà deux sur sept titres c’est pas mal ! En fait j’ai beaucoup composé et j’avais de quoi faire un album mais j’ai coupé la poire en deux. Le premier, le sept titres « In Transit », va sortir en Mai donc puis l’autre partie dans un délire « planète », « espace » beaucoup plus tard mais il est déjà prêt !

Sur les singles on sent vraiment l’influence Fakear. T’assumes ?

Oui c’est un peu la personne qui m’a tout appris. Quand je vois son ascension ça me fait vraiment plaisir pour lui. « Le voyageur » c’est un peu un hommage, je l’ai pondu après avoir écouté les albums de Fakear en boucle.

C’est où l’endroit rêvé pour mixer ?

J’aimerai trop mixer en Australie ! J’y suis allée et ça me manque énormément. Tout est démesuré là-bas. Les gens sont plus cools, même dans un petit bar miteux les gens vont venir vers toi t’offrir des verres avec le sourire ! Et le nombre de petites plages sauvages qui restent désertes … J’aimerais bien y faire une petite vidéo toute seule à jouer pour des crabes (rires) !

Si tu devais choisir un album ?

Là comme ça je sais pas ! En ce moment j’écoute énormément le dernier album de Björk et celui de Superpoze qui est sortie le 6 Avril c’est une tuerie !

Tu veux partager quelque chose pour finir ?

Au début quand je montais sur scène j’étais totalement enfermée dans ma bulle. Quand je me suis retrouvée au Comedy Club devant cent personnes c’était un choc. Mais depuis j’ai essayé de changer mon attitude sur scène je m’ouvre un peu plus et je partage davantage. A l’Heretic ça s’est mieux passé par exemple. Le projet Straybird c’est vraiment un moyen pour moi de m’exprimer. Quand j’étais dans mon groupe de rock garage je n’arrivais pas à expliquer ce que je voulais faire concrètement. Du coup partir en solo m’a libérée. Dès qu’il y a un truc intense émotionnellement je dois composer. C’est une sorte de thérapie la musique. Sans la musique je ne serais pas ce que je suis.

Merci à toi !

Pour suivre l’actualité de Straybird:
https://soundcloud.com/straybirdmusic
https://www.facebook.com/StrayBirdMusic?fref=ts
http://straybirdmusic.tumblr.com/

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de MUSIQUE

0 0,00
Retourner là haut