Husbands : pop & chic

dans MUSIQUE

Né de la complicité de trois figures de la scène marseillaise, Husbands vient de sortir son premier album, sous le signe d’une pop voluptueuse et raffinée.

Parce qu’ils partagent le même studio et qu’ils ont toujours collaboré ensemble sur leurs productions, Simon Henner (Nasser), Mathieu Poulain (Oh ! Tiger Mountain) et Mathieu Hocine (Kid Francescoli) ont naturellement unis leur force pour créer leur propre espace musical, loin de leurs projets respectifs. Une façon de formaliser un univers que les trois musiciens partagent, à base de délicatesse toute masculine, de nonchalance de crooners (même pas calculée) et d’une science du beat imparable.

Cette sensibilité particulière, on la retrouve dans le choix même du nom du trio, inspiré d’un film de John Cassavetes : Husbands (1970). On y voit trois hommes, flamboyants mais remplis de mélancolie, qui improvisent une fugue. Du film de Cassavetes, les trois marseillais ont laissé le spleen de côté mais ont gardé les effluves de whisky ainsi qu’un lâcher-prise et une alchimie qui font mouche.

Entre les beats percutants de Nasser, la voix éraillée d’Oh ! Tiger Mountain et les murmures de velours de Kid Francescoli, difficile aujourd’hui de les imaginer les uns sans les autres. Au fil de l’album, on sent ce plaisir à chanter ensemble avec des harmonies vocales omniprésentes où les trois voix s’entremêlent à la perfection. Une jubilation qui se transmet sans soucis à l’auditeur, peu habitué à une pop aussi décomplexée et made in France.

Les 11 chansons de l’album redonnent à la pop ses lettres de noblesse et la font revenir à ce qu’elle aurait dû toujours être : fraîche et entêtante. On retrouve les influences de Depeche Mode dans « If I can feel it », de Metronomy dans « Skip to the left » et « Dreams » (dont le clip avait affolé la toile il y a deux ans) ou encore des Beatles dans « Michel » (une mini fanfare pour conclure l’album). Outre ces apports pop culture, les « maris » n’hésitent pas à se faire plaisir en flirtant avec le reggae dans « Who knows » ou en orchestrant des envolées entraînantes et élégantes comme dans « Run along son ».

Un épicurisme partagé par le label SLY (Sounds Like Yeah), créé par Laurent Garnier, qui a flairé le bon filon provençal en signant le groupe après l’écoute de seulement de deux titres. S’il fallait encore une preuve pour vous convaincre qu’Husbands allait définitivement faire shaker vos pieds cet été.

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