Mars Red Sky @ iBoat, 5 mars 2015

dans MUSIQUE

Ce soir là j’ai eu juste le temps d’arriver à point, Mars Red Sky a entamé son show  cinq minutes après mes premiers pas à bord. C’était déjà le troisième groupe ce soir-là. Parenthèse utile : la soirée était organisée par Help Kampuchea, une association qui prend en charge les enfants en difficulté du Cambodge, en particulier à Phnom Penh, la capitale, où elle gère un centre d’accueil qu’elle souhaite agrandir cette année. D’où la levée de fond à l’aide d’événements de ce genre. Les trois autres formations participant à la soirée était Naya, 14 ans et une guitare, Le A et enfin Jil À La Belle Étoile pour clôturer la soirée. Je n’ai pu assister qu’au concert de Mars Red Sky, mais ai entendu beaucoup de bien des deux prestations précédentes : la jeune Naya bien sûr, impressionnant par son âge et sa maturité musicale, et Le A a eu droit aux louanges d’un de mes amis présent dès le début, lui. Bah, il distribuait les flyers à l’entrée de la salle, il avait plutôt intérêt à être là à l’heure !

Reprenons. J’arrive et descend donc directement voir la scène où s’activent déjà les trois bordelais. La salle résonne et semble en mouvement, le son est d’emblée très lourd et agrémenté d’effets visuels des plus psychédéliques. On a en effet droit aux classiques spirales tournoyantes aux couleurs foisonnantes, images volcaniques et autres effets stroboscopiques. Superposées et projetées sur l’écran derrière le groupe, toutes ces informations visuelles siéent à merveille aux bloc audio qui bourdonne dans les tympans, principalement très bas en fréquence mais survolé par un chant aussi aérien que clairsemé. Mars Red Sky alterne des envolées instrumentales riches et puissantes et des accalmies propices à la méditations sur son Moi profond. Hum… Rares sont ces occasions, quand même. Dans l’ensemble on prend une claque, ou plutôt deux claques simultanées. Une de chaque côté. L’air s’épaissit peu à peu et on se laisse porter par les vibrations cosmiques dégagées désormais par l’ensemble de l’espace nous entourant, nous pressant de toutes parts. On se sent léger mais aussi positivement mollasse, un peu comme après quelques bonnes bouffées de bonne herbe. Ça doit être l’effet recherché… Oui, c’est évident, cette litanie céleste est comme une drogue. Et même plusieurs, un puissant mélange de Pink Floyd, Kyuss et Black Sabbath, le tout dans la même pipe. Que des bonnes choses, saines et constructives, il est normal qu’ici je me sente bien. Un ami à moi (pas le distributeur de flyers, un autre) a un jour qualifié ce son de “stoner dodo”. Je crois qu’il a visé juste, je valide l’expression par l’expérience. Mais si “dodo” fait référence au sommeil, c’est un sommeil empli de rêves chauds et doux, comme un cocon sonore. Ou sonique. Parce qu’on voyage vite pendant ce genre de transe, vite et loin.

On redescend sur Terre à l’approche de la fin, quand l’imposant bassiste appelle les membres féminins du A à les rejoindre sur scène pour deux ou trois morceaux étirés et toujours de qualité. Même Naya est conviée pour le tout dernier voyage. Cependant elle ne chantera pas -ou alors seulement quand je tourne la tête et les oreilles, sans doute trop intimidée par tout ce tapage et ces hurleurs poilus.

J’ai quitté le navire comme un rat juste après ça, des affaires de la plus haute importance m’attendant ensuite. Désolé Jil.

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