Des séries au top : Better Call Saul

dans ÉVÉNEMENTS

Quasiment à mi-chemin de la diffusion de la première saison de Better Call Saul (4 épisodes sur 10 déjà diffusés), Le Type s’est dit qu’un petit bilan de mi-parcours s’imposait pour l’une des séries les plus attendues de 2015.

Après le carton orchestré par la série déjà culte Breaking Bad, l’idée de se lancer sur un spin-off/préquel (au choix) narrant les errements et autres aventures du célèbre avocat Saul Goodman ne pouvait que rencontrer un écho favorable auprès des plus grands fans de la série originelle (c’est-à-dire une grande majorité du public au regard de l’engouement suscité par cette dernière). L’espérance était donc grande, d’autant que la plupart des ingrédients semblaient être réunis pour que la recette fasse son petit effet. D’abord, aux manettes de la nouvelle série, la même paire que celle qui avait orchestré la réussite de Breaking Bad, à savoir Vince Gilligan et Peter Gould qui avaient su, à coups de scénarios à rebondissements, tenir en haleine un bon nombre d’afficionados tout au long des cinq saisons qui virent l’ascension de WW. De même, l’idée de se centrer sur un personnage aussi insaisissable, ambivalent, drôle et fascinant que l’avocat véreux Saul Goodman ne pouvait que susciter la curiosité des connaisseurs. Le plaisir de retrouver les mimiques de Bob Odenkirk (Saul) sur le petit écran devait finir de faire de cette sortie AMC/Netflix l’une des plus attendues de ce début d’année 2015.

saul

Le pitch est simple mais alléchant ; partir d’un des personnages secondaires de Breaking Bad, Jimmy McGill, a.k.a Saul Goodman et raconter comment celui-ci en est arrivé là où il en est lorsqu’il croise la route de Walter White, le professeur chimiste devenu producteur de méthamphétamine. Difficile de cerner en effet ex ante le parcours de l’avocat. Corrompu mais empreint d’une véritable volonté de justice, celui-ci constitue un mystère tout au long de Breaking Bad (il traite avec des crapules mais semble véritablement sincère dans sa relation avec Walter). Dès lors se pencher sur son cas apparaît comme la possibilité d’entrevoir le pourquoi du comment le concernant, et d’éclaircir un des points clés de la série maîtresse, tout en ayant la promesse d’une nouvelle histoire de 10 épisodes (pour la première saison) forcément distrayante. Tel est finalement peut-être l’un des enjeux de Better Call Saul : la nouvelle série allait-elle devoir s’accrocher et souffrir d’un référencement automatique à Breaking Bad ou au contraire allait-elle réussir à exister en tant que telle, à s’émanciper et être reconnu pour sa qualité intrinsèque ?

De cette question découle finalement un autre enjeu, plus trivial, celui de l’audience qu’allait rencontrer la série : si seuls quelques fans de Breaking Bad avaient répondu au rendez-vous, on aurait pu légitimement se demander si Better Call Saul avait entièrement rempli son rôle. Au vu du record d’audience (qui certes ne constitue certainement pas un indicateur de la qualité d’une œuvre quelconque), il semble que l’objectif soit atteint, avec un record de 6,9 millions de téléspectateurs américains installés devant leur écran pour suivre les débuts des aventures de Saul. Le Type faisait forcément parti des curieux. Retrouver un Saul Goodman inconnu, à son début de carrière est particulièrement jubilatoire ; on le découvre non pas sans surprise simple avocat commis d’office, enchaînant les affaires à deux balles sans grand intérêt. Campant un personnage minable, presque misérable, on se prend à éprouver de la pitié pour ce looser qui en est à négocier avec les juges dans les chiottes d’un tribunal un raccourcissement de peine pour ses clients… Désarmé, en position de faiblesse, le Saul Goodman qu’on découvre tranche avec l’assurance et la détermination de l’avocat véreux de Breaking Bad. Au détour de quelques scènes on recroise d’autres personnages qui sont amenés à jouer un rôle dans l’histoire de Walter White, et c’est avec un certain plaisir qu’on se met à imaginer le parcours qui a bien pu les conduire là où ils en sont dans la série mère. Si les deux premiers épisodes traînent un peu malgré une scène jouissive du deuxième épisode où l’on entrevoit le génie de Saul, le rythme s’accélère au bout du troisième épisode et confirme son élan lors du quatrième. Une réussite donc, qui devrait se confirmer au cours d’une deuxième saison de 15 épisodes déjà commandée.

Diffusé en France sur Netflix.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de ÉVÉNEMENTS

0 0,00
Retourner là haut