Motorama + Atom @ iBoat, 7 février 2015

dans MUSIQUE

Samedi dernier, Le Type a mis sa plus belle marinière et s’est glissé à bord de l’iBoat. Ce soir-là Motorama était à l’honneur, avec Atom en ouverture. Ceux-là, Le Type les connait un peu, il a vu dix minutes de set à l’occasion du Tremplin Inter-quartier de Bordeaux, à Caudéran. Une expérience plutôt fade, mais qui ne reflétait peut-être pas tout le talent de cette jeune formation cold-wave. On sera fixé dans un quart d’heure, le temps d’attraper une bière et d’en savourer la fraîcheur fugace. Parce qu’il fait chaud sous le pont, et devant la scène est déjà massée une trentaine de personnes. Les quatre bordelais s’installent tranquillement.

C’est parti ! On appelle ça de la cold-wave, maintenant Le Type sait pourquoi. Et la première impression est confirmée. C’est pesant. Froid. Tellement froid que c’est figé. Le synthétiseur, qui se charge de la ligne de basse (pas de basse à cordes, rares sont les groupes de rock à s’en tirer à bon compte), tisse des nappes glacées sur une batterie qui se traîne. Tempo lent sur la plupart des morceaux. Presque soporifique, malgré quelques jolies mélodies et certains passages bien accrocheurs. Mais on s’ennuie. Et quelques téméraires quittent la salle. Le préposé à la guitare et au chant tourmenté plonge le public en hypnose catatonique sous sa voix d’outre-tombe. Fréquence sombre. Très, trop sombre. Ça en devient exagéré et exaspérant. « C’est un style ! » me direz-vous, mais Le Type a du mal à avaler la pilule noire. N’est pas Curtis qui veut ! Le petit guitariste à mèche, à notre gauche, se débrouille plutôt bien mais tout se noie dans ce triste maelström. Pour être honnête, ce n’est pas mauvais, ce sont de bons musiciens. La mise en place est impeccable et les vannes du batteur tiennent la route. Et leur coiffeur est un artiste. Non, si Atom pêche c’est par ses compositions lourdes et pataudes qui plombent l’atmosphère ici. Car s’il y a un public pour ce genre de rock ankylosé, ce dont Le Type ne se permet pas de douter, il n’est pas à l’iBoat ce soir. En général, ces matelots d’un soir ont été peu réceptifs et ont laissé le quatuor quitter la scène sous un silence pesant. On remonte calmement.

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Ravitaillement au bar, renouvellement d’air, de nouvelles recrues montent à bord, puis tout le monde redescend quand on sent que ça s’active en bas. Les russes sont loin de chez eux, et l’investigation de la scène est laborieuse. Le public s’impatiente, on trépigne. Après Atom, Le Type est sur la défensive. Poverty lui a plu mais il voudrait une confirmation en direct. Ah… Ah ! La voilà ! Ils sont prêts, ils sont là ! Pas tous en revanche, la grande absente de la soirée est la frange de la bassiste. Mais passons, même sans ça Motorama nous a servi un excellent concert ! Le blond chanteur a pris la basse pour la majorité du concert, échangeant de temps en temps avec le guitariste. D’ailleurs quand il prenait la six-cordes, Le Type a remarqué qu’il jouait très léger, tout en poignet, près du manche. Un style de jeu parfaitement adapté à la situation, et qui ajoute à l’atmosphère aussi aérienne que tendue. Car c’est là la grande force de Motorama live : c’est de la pop poids plume habilement mêlée à du punk plus musclé. Bon, le punk est en sourdine. Mais on le sent qui est là, tapi dans l’ombre et qui n’attend que le prochain refrain pour bondir. Le set en lui-même a été, à l’image de l’album, compact. Pressé mais jamais oppressant. On a envie de sautiller, de sauter, de décoller, d’hurler entre les morceaux. Le Type ne se prive pas. Tout en restant attentif à ce qu’il se passe sous ses yeux. Et c’est aux alentours d’une demi-heure de set qu’il se rend compte qu’il y a beaucoup de cheveux gris ce soir à l’iBoat. Ils ne sont pas encore majoritaire, non, mais on voit même quelques tonsures ! C’est bon signe, voilà un groupe qui a su raviver la flamme new wave du début des années 80. C’est ce que pense Le Type en tout cas. Les titres s’enchaînent donc pendant près d’une heure et demie, et on reconnait de temps en temps un des petits derniers, tout frais moulu de Poverty : « Dispersed Energy », « Red Drop » et enfin « Old », fantastique en chair et en os. Batterie implacable durant la totalité le concert, à l’image du disque. Elle porte le tout et arrive quand même à courir. Belle prestation. On secoue la tête en rythme. On a envie que ça continue. Mais c’est fini… Un excellent concert, oui. Bravo ! On le leur crie, qu’ils le sachent. Ils ne sont pas tout jeunes mais ils ont – espérons – une belle carrière devant eux et un peu de reconnaissance ne fait jamais de mal. Même hurlée par un braillard au milieu d’une foule. Enfin, c’est ce qu’on se dit.

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Le Type repart satisfait, demain il écoutera ce Poverty avec plus de recul. Il écoutera peut-être même les albums précédents. Carrément, Le Type ira revoir Motorama à la prochaine occasion et vous en dira des nouvelles !

Dans la galerie 
Conférence de Sean Bouchard
Exposition Douglas Guillot et Sarah Arnould
Crédit photos : Caroline Bièche

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