Du nouveau, du bon, du vieux #14

dans MUSIQUE

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Du tout chaud cette semaine, puisque le projet vient de sortir. Monsieur Terje Olsen, communément appelé Todd Terje, nous balance un EP intitulé « Preben Remixed », dans lequel figurent deux remixes de « Leisure Suit Preben » et de Preben Goes To Acapulco », sur son excellent « It’s Album Time » – unanimement salué par la critique l’année dernière.

Est-il encore utile de présenter Todd Terje ? Producteur Norvégien bourré de talent, on se souvient tous de ses remixes de Lindstrøm, Chic ou encore de son fameux « Inspector Norse » qui nous avait tous emportés loin (très loin). L’artwork de la pochette de “Preben Remixes” est très réussi, une constante chez Todd Terje. Derrière les remixes, on découvre un producteur Français I:Cube (assez peu connu mais ayant pourtant sorti quelques projets chez Versatile Records) et un autre Norvégien, Prins Thomas (oui, oui, celui de Lindstrøm & Prins Thomas). Et le résultat est sans appel : deux morceaux hypnotiques.

L’un plus expérimental, habité d’une mélodie minimaliste qui enlace cette atmosphère toute mystérieuse. Puis aux deux tiers du morceau, le riff démarre et on ne peut plus s’empêcher d’esquisser des pas de danse. L’autre enfin, davantage club-friendly, progresse sur une structure plutôt… intéressante. Appréciez par vous même !

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Pour du bon, retour aux débuts d’Au Revoir Simone. Impossible de ne pas tomber sous le charme des trois potes de Brooklyn – Heather D’Angelo, Erika Foster et Annie Hart – tant leur électro-pop faussement naïve et assurément recherchée nous enchante.

Bon. C’est vrai que l’image “so Williamsburg” du groupe, entre robes vintages et synthés rétros peut agacer certains, mais apprenons à passer outre les apparences. Car chaque sortie est un bijou de production, avec pour gage de qualité : la signature du groupe sur l’excellent label britannique Moshi Moshi Records. Leur deuxième album, « The Bird Of Music » sorti en 2007 (déjà), est certainement un de leur meilleurs. Présentes dans l’ombre d’une majeure partie de la production, du songwriting aux compos (armées de leurs boîtes à rythmes Korg et autres synthés), le rendu en est sublime et tellement personnel.

Un album donc, qui navigue entre des eaux colorées, parfois sombres, mais toujours portées par ces voix aériennes du trio. Le charme est fragile et apaisant, versant dans nos oreilles une ambiance intimiste et une sorte de naïveté qui n’en est pas une chez ce groupe, dont le talent a conduit nos artistes a travailler sur le dernier album d’Etienne Daho. Un groupe qui, à défaut d’être mondialement connu, est reconnu. C’est là qu’est l’essentiel…

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Pour du vieux, un énorme classique : « The Miseducation Of Lauryn Hill » , premier album studio de Lauryn Hill bien sûr et qui est également un album des plus mythique de la culture hip hop. Sorti en 1998, il a fait suite à un premier bijou, paru deux ans plus tôt, avec The Fugees : « The Score ».

Quand on parle de Lauryn Hill, la première comparaison qui vient à l’esprit est Angela Davis. Et c’est vrai que ce premier album solo est celui d’une femme talentueuse, libre et engagée. Textes politiques ou émancipateurs, collaborations avec D’Angelo ou Mary J Blige, ou encore samples du Wu Tang Clan, tous les ingrédients sont présents pour faire  de cet album un chef d’œuvre. Elle nous gratifie de sa voix magnifique imprégnée de soul sur la plupart des tracks, mais n’hésite pas à rapper. Elle possède certainement l’une des voix les plus touchantes du hip hop pour ces dernières années ; vibrato serré, petit côté cassé et dans les aigus parfois.

Bref, la critique ne se trompa pas : dix nominations et cinq récompenses aux Grammy Awards en 1999, pour « The Miseducation Of Lauryn Hill ». Délicieux.

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