Odezenne, le bilan, l’Olympia, des textes et du gros son

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Ils étaient des petits bouts de rien qu’on espérait voir devenir un grand quelque chose. Et même si ça ne se faisait pas, quand Odezenne a foulé la scène des Vibrations Urbaines 2011 ou 2010, je ne sais plus, la claque a été suffisante pour me marquer longtemps, sans jamais me lasser ou lasser mes potes. Je ne vous cache pas que parler d’Odezenne, parler de leur évolution, c’est un grand moment d’émotion pour moi parce que Le Type est né quelques temps après ce fameux concert – sortez les mouchoirs. Je criais à gorge déployée devant ce truc sans prétention qui me faisait comprendre clairement pourquoi Le Type devait exister. Odezenne a été notre première trouvaille et l’une de nos premières critiques de concert. C’était aussi la première fois qu’on était listé quelque part, la première fois qu’on pouvait dire « J’ai été listé ce soir avec un +1 ». Bref. Le temps a passé Le Type a grandit et Odezenne est devenu plus gros, bien plus gros que lui. C’est arrivé vite. Sans même qu’on ait le temps de le réaliser, Odezenne n’était plus un groupe bordelais, il était l’OVNI, la claque, le Jack dans le coca de toutes les routes de France. « Odezenne à la demande » comme véritable consécration de l’engagement du public et de la portée du projet. J’irais pas jusqu’à dire que c’est le groupe du moment, parce que ça reste un truc indé, auto-produit et encore assez obscur pour beaucoup mais leur notoriété gagne du terrain, leur univers s’affirme et s’accomplit. « Force & Honneur » comme motto de ralliement et des soirées entières à convertir des oreilles vierges de Saxophonne, Phonographe, Graffe de fou, Foule gens, des lendemains de cuite posés, des moments à jamais gravés dans ma tête avec mes potes. Ils vont là où personne ne les attend. Ils ne cherchent pas à ce qu’on les invite, ils prennent d’assaut ce qui leur revient de droit et ce que leur public mérite : une teuf comme tu n’en as jamais connue dans l’une des salles les plus mythiques de France. 10 mars c’est l’Olympia ma gueule. 2015 une nouvelle ère. Un nouvel album. Une nouvelle défonce. En attendant, faisons le bilan avec Alix. Parlons de ce qui s’est passé, pendant cette année de silence scénique, du point de vue des responsables de ce futur bordel.

La dernière fois qu’on s’est vu pour un interview, c’était pour l’OVNI Orgie au Rocher de Palmer en 2012. Tu peux me dire ce qui est arrivé à Odezenne depuis ?

C’était un tournant pour nous, c’était le premier concert à Bordeaux où nous avions atteint les 1000 entrées – 1100 entrées exactement. C’était une date particulière, organisée dans le bus pendant notre tournée. Cette date nous a permis de réaliser qu’on avait un public après avoir connu plusieurs dates dans des petites salles ou alors à faire des premières parties.

Crédit photo : Même pas peur
Crédit photo : Même pas peur

Après il y a eu les « Odezenne à la demande », cette tournée quasi auto-produite qui nous a permis de réaliser que nous avions un public partout en France, des gens qui payaient des tickets pour nous voir nous et seulement nous en solo ou en co-plateau.  Après ça on s’est dit qu’il fallait se remettre au taffe même si on aime faire de la musique pour nous, on s’est rendu compte qu’on devait tout ça à notre public aussi. On voulait faire du neuf. On traîne OVNI depuis trop longtemps, avec les tournées, on n’avait plus le temps de composer. Alors on s’est isolé pendant 1 mois dans une baraque sur le bassin. Mais ça n’a rien donné c’était une catastrophe on tournait en rond, c’était Shining dans la baraque ! J’ai même cru que le groupe allait s’arrêter, plus rien ne venait. Ni Jacco ni moi n’arrivions à écrire et Matthia n’était pas inspiré non plus. Bordeaux c’est un village on avait trop de repères, on en était trop imprégné, on s’est dit qu’il fallait qu’on se casse si on voulait sortir quelque chose. Du coup, on est parti à Berlin pendant 7 mois dans une ville dont on ne parlait pas la langue, dont on ne connaissait rien, ni les rues ni les gens, ça a sûrement aidé à explorer de nouvelles choses. Même si au début c’était pas trop ça : moi j’écrivais une nouvelle, Matthia il composait dans son coin et Jacco… on ne savait pas trop ce qu’il faisait… (rires) Et puis Jacco a commencé à écrire « Bûche » j’ai repris son texte puis Matthia aussi. C’était une connerie, un délire entre pote – comme ce qu’Odezenne a toujours été – et finalement c’est ce qui nous a suffit à remettre le pied à l’étrier. On est parti d’une connerie et une douzaine de morceaux prêts à être enregistrés étaient sortis. Comme « Bûche » était terminée vers le 21 décembre on s’est dit que ça ferait un beau cadeau de Noël. On a appelé des potes de Paris pour nous faire un clip qui n’avait pas de sens et on s’est lancé dans l’enregistrement d’un album qu’on voulait sortir en septembre dernier. Finalement on s’est dit qu’on allait attendre pour peaufiner le truc. On est très exigeant avec nous-mêmes tu sais. On ne voulait pas bâcler l’album on était vraiment content de ce qu’on faisait. Comme on avait déjà des morceaux comme « Rien » ou « Je veux te baiser » , on a fait venir 2 potes pour tout enregistrer et on a sorti l’EP “Rien” pour que les gens comprennent comment on en est arrivé là. On a enregistré et mixé l’EP à Berlin pour sortir un disque et gagner un an pour peaufiner l’album et le sortir en Janvier. Et la suite ben c’est notre retour en France et l’Olympia.

 

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C’est quoi ce délire de l’Olympia, c’est dingue comme unique date de votre retour, non ?

Le jour où on s’est dit ça on était dans un bar, défoncé au whisky, on s’est dit putain on sort l’album en Janvier et on fait l’Olympia en mars ! Et on s’est mis à trinquer sur L’Olympia en mars pour déconner. Le lendemain j’appelle le tourneur et je le convaincs de co-produire avec nous la date à l’Olympia. On est rentré en France, on a sorti l’EP un peu rapidement, tourné le clip de « Rien » en une semaine. Je t’avoue que l’Olympia c’est peut-être un peu pour se la péter. On a eu plusieurs propositions pour signer sur des gros labels mais pour l’instant on n’en a acceptée aucune. Odezenne c’est un délire entre potes qui a toujours été indépendant donc c’est pas la priorité pour l’instant. On préfère se recentrer sur cette date et l’album. C’est pour nous une date rendez-vous où on va présenter l’album en avant-première. Ce qui devrait pas trop se faire en réalité (rires). Après « Odezenne à la demande » c’est une manière pour nous de remercier le public en faisant de l’Olympia leur date, leur Olympia. On se sent vachement porté par ce public et on veut se montrer reconnaissant avec une grosse teuf qu’on va partager avec lui.

 Jouer à l’Olympia avec tout ce que la salle représente, c’est pas trop en décalage entre une salle assez guindée et le gros bordel en prévision ?

Le truc c’est d’aller là où on ne nous attend pas. C’est pour ça qu’on a fait Les Vivres de l’Art dans un espèce de squatt d’artistes, Palmer pour quelque chose de plus locale ou encore Le pont Ba-Ba. Ca n’a pas de sens mais en même temps est-ce que les gens ont vraiment toujours saisi le sens d’Odezenne ? C’est un endroit assez mythique où on ne nous a pas invités mais qu’on prend quand même d’assaut. C’est une manière de prendre le contrôle de son destin.

On peut parler de la première partie et de votre aftershow ? Comment vous avez choisi les groupes qui vont vous accompagner ?

Salut c’est Cool c’est un projet qu’on avait découvert à Dour quand on avait été invité à jouer au festival. J’aime bien leur esprit et comment ils le retranscrivent en son et en image. On les a croisés plusieurs fois, j’ai même eu l’occasion de les programmer. On les a invités à jouer avec nous aux Vivres de l’art et on a eu l’occasion de partager des scènes et de se croiser ailleurs. Ce qu’ils font sur scène c’est un beau bordel qu’on va adorer partager avec le public. On sera sûrement dans la salle à kiffer avec vous.

Robbing Millions, je les ai découverts il y a 4 mois. Je suis en ce moment en contact avec Marine qui réalise leurs clips pour bosser avec elle sur un de nos clips justement. Plus je les ai écoutés et plus je les ai kiffés. Du coup, on les a contactés pour notre première partie. Ils ont halluciné d’ailleurs. Ils étaient là « Mais l’Olympia où ? A Paris ? ». On aurait bien voulu avoir ce genre de coup de projecteur alors quand on découvre des groupes qui le méritent je trouve ça légitime de le leur offrir.

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Plus vous évoluez et plus vous devenez un groupe dont on ne dissocie plus l’image du son au point même que ces derniers temps on a plus d’images que de son, comme si vous disparaissiez pour ne réapparaître sur scène que ponctuellement. C’est un concours de circonstance ou c’est une véritable volonté d’entretenir le mystère pour faire monter l’enthousiasme autour d’Odezenne ?

C’est plutôt un trait de caractère en fait. On ne veut pas faire chier. On ne veut pas être trop oppressant et s’afficher partout de peur de déranger. C’est pas notre truc d’être sur-présent et de faire en sorte qu’on nous voit partout et qu’on parle de nous tout le temps. Je pense aussi que c’est l’indépendance qui nous impose ça parce que du coup on a moins de contraintes et on peut prendre le temps d’avoir du recul, de composer à l’écart. On a un public national depuis pas si longtemps au final, depuis 2013 alors que notre projet est plus vieux que ça. On est discret mais exigeant. On a conscience qu’on ne fait pas de la musique que pour soi mais ça reste quelque chose auquel on tient de proposer des trucs dont on est pleinement satisfait. On tient à garder nos valeurs du début. Et pendant ces temps d’absence on fait en sorte de garder un lien avec ce public comme on peut et comme on sait faire avec tout ce que tu vois sur nos réseaux. Après l’Olympia, on compte bien faire une tournée partout en France en 2016 et là on va à nouveau vous saouler !

Et du coup cet album qu’on va découvrir en avant-première à l’Olympia il ressemble à quoi ? Entre « Je veux te baiser », « Bûche » et « Rien », on n’a pas vraiment d’indice, c’est 3 univers assez différents.

C’est un virage amorcé depuis notre départ à Berlin. En effet, tous ces sons n’ont rien à voir et ne seront d’ailleurs pas sur l’album. Et puis comme on a évolué entre « Sans Chantilly » et « OVNI », on évolue aussi sur ce prochain projet. Ce sont des morceaux hyper solidaires les uns des autres. On s’est imprégné de nouvelles choses qui ont donné des textes à notre plume avec du gros son. Des textes et du gros son ! Voilà ce que ça sera.

On peut terminer sur la vidéo qui sort aujourd’hui ? C’est quoi ce clip interactif ? D’où est venue l’idée ?

Il s’agit d’un projet de clip interactif réalisé par Odezenne avec l’aide de B-production en captation vidéo, le public et leurs téléphones. Le tout est monté par Systaime, un artiste numérique bien chaud. Nous avons utilisé une technologie développée par Interlude, une jeune start up basée à New York qui nous a aidé sur la technique. L’idée c’est donner une véritable expérience de comment le public vit un concert d’Odezenne avec plusieurs points de vue. T’es au milieu d’un gros bordel et tu ne comprends pas grand-chose. C’est assez marrant.

Odezenne
10 mars à l’Olympia
Prend tes putains de pré-ventes avant qu’il soit trop tard
T’auras plus que tes yeux pour pleurer
Nous, non on a déjà nos places.

F&H

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