A l’origine #4

dans MUSIQUE

A l’origine #4 se lance dans un gros mélange de cultures. C’est l’histoire d’un Américain qui reprend une chanson argentine. Celle d’une Française qui reprend une valse péruvienne. L’histoire d’un Français qui reprend une chanson américaine. C’est l’histoire d’Américains qui se reprennent entre eux. Ces histoires musicales n’ont pas de chute, elles ne sont même pas drôles. Mais elles valent quand même la peine d’être écoutées. Et plutôt deux fois qu’une.

 Yupanqui

L’Américain qui reprend une musique argentine n’est autre que Devendra Banhart. Le ténébreux brun barbu (c’est important de le préciser) sort le 13 septembre 2005 l’album Cripple Crow sur lequel figure le morceau qui a participé à faire sa renommée I feel just like a child. Mais celui qui nous intéresse se trouve dans les bonus tracks, La Pastorcita Perdida. L’original est d’Atahualpa Yupanqui et s’intitule Punay. Hector Roberto Chavero Aramburu de son vrai nom, né à Buenos Aires en 1908, est connu pour son goût du voyage à travers les grands espaces de son pays. Il reprendra particulièrement des airs traditionnels d’Amérique du sud et se fera, à travers ses chansons et poèmes, porte-parole des peuples argentins, le menant à plusieurs reprises en prison. Exilé en France en 1950, il sera surnommé le « Brassens indien » et connaîtra une carrière internationale. Et c’est d’ailleurs la chanteuse Française ayant repris une valse péruvienne qui le présentera au public parisien.

piaf

Et cette Française, c’est Edith Piaf. Si Le Type vous dit qu’il revoit la ville en fête et en délire, suffoquant sous le soleil et sous la joie. Et qu’il entend dans la musique les cris, les rires qui éclatent et rebondissent autour de lui, vous lui dites ? Vous lui dites ? LA FOULE ! Et la version originale vient en fait d’une valse péruvienne puis argentine et s’appelle Que nadie sepa mi suffrir. En 1936, l’Espagnol Angel Cabral compose la musique et Enrique Dizeo écrit les paroles. La chanson connaît un certain succès sous le titre Amor de mis amores. En France, vingt ans plus tard, Edith Piaf interprète La Foule sur les paroles de Michel Rivgauche. Mais ce n’est pas la seule française à s’être inspirée d’autres cultures. Hugues Auffray chantait l’hymne de tous les grands jockeys Stewball. Joan Baez avant lui chantait la même balade, un air traditionnel irlandais. Elle contait déjà l’histoire d’un cheval condamné à une vie de sauts d’obstacles. Un peu comme nous remarquez.

nancy-sinatra

Dans les années 60-70, Joan Baez a peut-être croisé Cher et Nancy Sinatra. Quel rapport me direz-vous ? La corde qui les lie est le titre Bang Bang. La version de Nancy Sinatra est connue et reconnue après un passage sonore remarqué dans le film Kill Bill du mélomane Quentin Tarantino (qui nous a rarement déçus dans le choix de ses B.O). Mais la version originale était en fait interprétée par la chanteuse Cher en 1966. Mais après l’écoute de la première version, Le Type garde son faible pour celle de Nancy, plus lente, plus douce. Comme si le fond et la forme étaient encore plus liés et donnaient à la chanson tout son sens.

Otis_Reddin

Bref, on a du respect pour l’artiste et la version. Du respect, on en a aussi pour Otis Redding et Aretha Franklin. Déjà quand Le Type était petit, il se déhanchait sur l’album d’Aretha en chantant Respect à tue-tête. R-E-S-P-E-C-T find out what it means to me. Et puis en grandissant, il se rend compte qu’il existe une version originale, celle d’Otis Redding, créée deux ans plus tôt, en 1965. La voix masculine et un brin éraillée d’Otis donne une nouvelle tournure au titre, l’orchestration aussi évidemment. Les deux ont leur charme. La seconde version a encore une fois été utilisée dans le film Blues Brothers 2000. « Les voix de la musique sont impénétrables, mon frère ».

A l’origine #4 from Letype on 8tracks Radio.

 

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