The Breeze

dans MUSIQUE

The Breeze c’est une histoire de flirt avec la lumière dans un recoin sombre de l’esprit. C’est un souffle glacial avec une main tendue vers la chaleur. C’est une course sans fin vers la clarté. C’est cette ligne à l’équilibre fragile entre l’obscur et la lumière. Avec Riviera, ils nous accompagnent avec douceur et mélancolie dans des recoins inexplorés. Leur froide pop déverse des histoires dont les mots résonnent sans cesse. Plus mature, plus assumé, l’EP sorti le 14 avril fait bouger les têtes dans les salles de concert.
Pour mieux comprendre cet hybride qu’est Riviera (que sont les Breeze), Etienne, Francis et Matei ont répondu à nos questions.

450Riviera

Le Type : Pour commencer est-ce que vous pouvez un peu me parler de votre projet ?

Etienne : Ça a commencé il y a quatre ans, en 2010. On était en seconde à ce moment là, et on a commencé avec Gaétan à faire des morceaux, à les jouer avec notre meilleur ami. On a commencé un groupe à trois et on a été rejoint par un batteur donc on a continué avec une formation à quatre. On a débuté les concerts début 2011. Petit à petit ça a commencé à prendre de plus en plus d’importance. On a enregistré un premier EP, on a commencé à être suivi par quelques personnes intéressantes notamment notre agence de com (agence Milk and Mint). Ensuite on a commencé à faire des concerts à Paris en 2012, on a gagné des tremplins, on est entré à la pépinière du Krakatoa. Notre premier batteur était anglais, il n’avait pas la nationalité française donc il est rentré en Angleterre faire ses études. On a été rejoint par un deuxième batteur, Victor, qui est resté un an avec nous. Donc on a enregistré un autre EP dans une formation à quatre avec batterie, basse, deux guitares et les deux chants avec Gaétan. Et puis là dessus on avait plusieurs dates qui étaient loin de Bordeaux l’année dernière. Notre bassiste qui avait redoublé avait encore son bac à passer, nous on l’avait passé l’année d’avant. Alors on a fait un remplacement avec François et finalement c’est resté définitif parce qu’on s’entendait mieux. Notre EP a été plutôt bien accueilli, on a eu des chroniques dans Les Inrocks, dans Longueur d’Ondes donc en France, au Canada, en Belgique, dans pas mal de blogs aussi. Et en fait trois mois après notre batteur est parti faire ses études et là on s’est posé la question de faire le virage électro qu’on envisageait depuis un moment, de lâcher la batterie et d’utiliser que des machines. Et c’est ce qu’on a fait, finalement on a fait ça qu’avec des machines et des guitares sur un groupe qui au final est une formation assez hybride. Avec Matei qui nous a rejoint à la place de Victor sur les machines, François basse, synthé basse, Gaétan guitare, violon et coeur et moi guitare et chant.

Le Type : Vous avez toujours eu ce nom ? Il vient d’où ?

Etienne : Oui on a toujours eu ce nom. Ça vient d’un morceau de Sonic Youth, ‘Cross the Breeze de l’album Daydream Nation, en fait on l’a toujours gardé parce que ça nous plaisait et que ça nous parlait. Au début c’était un peu choisi au pif et puis maintenant ça représente un peu l’idée de souffle qu’on veut passer dans nos chansons.

Le Type : Votre EP Riviera est sorti le 14 avril, vous pouvez m’en parler un peu ?

Francis : Déjà c’est un EP beaucoup plus froid, beaucoup plus électronique comme on disait tout à l’heure, avec les machines. Un vrai travail sur les sons en fait, et sur la structure des morceaux pour ne pas faire des choses communes. On cherchait vraiment notre identité au niveau du son. On a énormément travaillé en studio.

Matei : Je pense que comme la formation a changé, que le temps a passé c’est vraiment une nouvelle facette des Breeze. Comme si le projet redémarrait, renaissait. C’est vraiment…

Francis : Une nouvelle couleur.

Matei : Oui une nouvelle naissance.

Etienne : Je pense que cet EP est beaucoup plus mature, beaucoup plus travaillé et beaucoup plus froid, c’est sûr mais il y a des passages lumineux quand même dedans. C’est peut-être pas la chose la plus facile d’accès, mais je pense que quand tu rentres dedans, que quand tu te laisses entrainer par le son, c’est relativement prenant.

Le Type : Et si vous deviez expliquer cet EP à un enfant de six ans, vous lui diriez quoi ?

Matei : Je ne sais même pas ce que j’écoutais à six ans…

Etienne : Moi je pense que je lui dirais « Ta gueule et écoute ». Ou un truc du genre.

Francis : Prépare toi à faire des cauchemars.

Breeze

Le Type : Votre univers est quand même assez visuel, avec récemment votre clip pour la chanson Visages, est-ce que c’est aussi une source d’inspiration, le cinéma, la photographie… ?

Etienne : Déjà la vidéo de Visages c’est plus une vidéo promo qu’un véritable clip. Je pense que dans un clip il doit y avoir une vraie histoire derrière, c’est au delà d’un support visuel. Là c’était justement plus un support visuel, une animation, quelque chose qui plait à l’oeil mais il n’y a pas vraiment d’histoire ou un travail de fond sur la recherche des images.

Matei : Je pense que “clip” maintenant ça ne veut pas dire grand chose parce qu’avec Internet il y a tellement de supports possibles. Nous on a fait le choix de faire un support vidéo mais plus pour que les gens puissent écouter et voir quelque chose qui, visuellement, est cohérent avec la musique.

Etienne : Et du coup est-ce qu’on est influencé par des réalisateurs ? Ouais mais en fait disons que dans notre processus de création c’est un peu comme une bulle, tu accumules plein de choses qui te heurtent et après tu crées quelque chose qui assimile un peu tout mais il n’y a pas un truc au delà de tout. Mais après on a des références communes. Je pense que c’est nécessaire de toute façon pour avoir une esthétique cohérente à quatre personnes.

Matei : Après l’image a toujours fait parti du projet, par exemple en concert où on essaye d’avoir toujours des lumières. Ça en fait partie intégrante, il n’y a plus que la musique maintenant, il y a aussi l’image.

Etienne : Je sais qu’avec Gaétan on partage un peu les mêmes trucs au niveau des influences parce que généralement quand on est à fond sur un truc on se l’envoie. Gaspar Noé pas mal sur cet EP. Il y a un petit côté japonisant aussi, avec des films comme Akira et après plein plein plein plein plein plein d’autres trucs. Je ne pourrai pas tout citer mais dans les deux trucs qui m’ont le plus marqué là dedans c’est vraiment Gaspar Noé, Enter the Void et Akira parce qu’il y a tout le temps une espèce de ville avec des néons, des couleurs partout et en même temps c’est un univers qui est très sombre et tu as tout le temps un personnage qui a les deux pieds dans la merde alors qu’autour de lui c’est hyper lumineux. Mais en fait tu n’atteins jamais la lumière, comme si tu voulais remonter vers la surface mais que tu ne l’atteignais jamais. C’est un peu le concept de Riviera.

Le Type : Vous avez déjà fait plusieurs dates avec ces nouveaux morceaux, ça se passe comment ?

Etienne : Très mal.

Francis : Moi perso j’ai dit que j’arrêtais au bout de la troisième, ils m’ont forcé à continuer.

Matei : On teste une nouvelle formation en live, avec beaucoup plus d’électronique et on rode ça en résidence à l’Antirouille et au Krakatoa, les structures qui nous suivent. C’est plus difficile en fait. Entre les répétitions et ce qu’il se passe en concert c’est différent donc on a vraiment besoin de les tester, voir comment ça sonne. Pour l’instant ça se passe plutôt bien, il y a encore des choses à roder mais c’est vraiment une autre esthétique.

Etienne : Ouais c’est une autre manière d’aborder les live. En fait c’est beaucoup plus froid, il y a peut-être moins d’humains derrière, mais on part du principe qu’à partir du moment où le son est vraiment bien ce n’est pas si grave qu’il n’y ait pas tant d’humains que ça derrière. C’est pas le but, on n’est pas là pour faire des performances, c’est pas ça le délire. On est vraiment là pour faire profiter aux gens, les faire entrer dans notre univers et de pouvoir mettre créativement parlant tout ce qu’on veut et pour ça les machines c’est complètement illimité.

1975085_733540543357476_961357164_n

Le Type : Vous avez aussi une release party prévue le 24 avril à Paris…

Etienne : Ce sera notre quatrième date à Paris en deux ans. En fait il y a deux ans on avait joué pour une soirée au Gibus où on avait été invité et on avait joué à l’International, à l’OPA Bastille et là on joue au Café Charbon pour Converse.

Le Type : Si vous deviez donner le nom The Breeze à un objet, qu’est-ce que vous choisiriez ?

Matei : Moi j’aimerais bien un ordinateur parce que mine de rien, on commence maintenant à composer là dessus, tu peux faire des visuels, tu peux monter un clip, tu peux enregistrer tout un EP en studio, tu peux gérer ta communication sur Internet. Maintenant tu as un macbook chez toi tu peux gérer un groupe de A à Z. Voilà. On va créer notre marque d’ordinateur maintenant. Concurrencer mac.

Etienne : J’aurais plus pensé à une marque de synthé. Des synthé bien froids… Ou une espèce de pédale qui crée du vent !

Le Type : Nous avons une rubrique qui s’appelle Du nouveau, du bon, du vieux. Pouvez-vous me donner une nouvelle, une bonne et une vieille chanson que vous nous recommandez ?

Matei : Dans le nouveau je vais dire Boy Racers du dernier album de Metronomy, qui est un morceau instrumental vraiment que j’adore. Ça c’est mon nouveau.

Francis : Moi je dirais Réveil Inconnu de François & the Atlas Mountain.

Etienne : Peut-être le remix de St. Vincent par Darkside.

Matei : En bon… Qu’est-ce qu’il y a en bon… Forcément moi ça va être Radiohead, l’album Amnesiac avec Packt like Sardines in a Crushed Tin Box, le nom de morceau horrible… Mais c’est ma référence d’album et ma référence de morceau qui me suivent depuis quelques années et que je pourrai écouter toute ma vie je crois.

Francis : Un bon morceau… Ouais moi je dirais Crystal Castles.

Matei : Oh la merde !

Francis : Suffocation de Crystal Castles, vraiment je la trouve… Vraiment bonne !

Etienne : Moi c’était Magic Spells de Crystal Castles mais…

Matei : Non interdit d’en mettre deux ! C’est mort !

Etienne : Non mais il m’a gavé niqué, mais c’est ma chanson préférée sur terre. Mais du coup, je dirais que c’est Sing de Slowdive.

Matei : Et du vieux ?

Etienne : Faut que ce soit en dessous des années 80 !

Francis : Ouais !

Matei : Qu’est-ce que j’écoute en vieux en ce moment…

Francis : Moi je dirais Emerson Lake and Palmer ! Rock progressif des années 70, absolument monstrueux.

Etienne : Ouais moi je n’aime pas du tout.

Francis : Ouais mais je t’emmerde.

Etienne : Moi je dirais Candy Says des Velvet Underground.

Matei : … Putain qu’est-ce que j’écoute en vieux.

Etienne : Mais t’aime bien les Beatles non Matei ?

Matei : Enculé va ! Bon allez… Je vais te lâcher un petit Pink Floyd, c’est ce qui m’a fait découvrir la musique quand j’étais gamin. Et donc je dirais l’album Wish you were here avec Have a Cigar. Have a Cigar ! Dernier mot.

10009437_10152574889801501_1701037977_n

Le Type : Si vous deviez créer votre festival, avec budget illimité, quel serait votre line-up ?

Matei : Moi je te prends la prog de Primavera et j’arrête.

Etienne : Moi je te prends la prog de Glastonbury.

Matei : Ouais Glastonbury… Avec Aracade Fire en tête d’affiche, et les petits noms genre Four Tet, Jamie XX… Tu te fais plaisir quoi !

Etienne : Oui mais il y a des petits quand même.

Matei : Pour l’instant les petits c’est Four Tet, Jamie XX etc. En France t’as plein de petits festivals qui sont cools mais quand tu vois que tu as Primavera dans le sud et Glastonbury dans le nord… C’est un peu ringard la France niveau gros festivals.

Etienne : D’ailleurs en parlant de nord, tu as maté le dernier épisode de Game of Thrones ?

(Comme Le Type est sympa, il ne fera pas de spoil)

Le Type : Qu’est-ce qui vous attend pour la suite ?

Matei : On va voir comment est reçu l’EP, là on a contacté quelques médias, on l’a fait écouter à des proches et on a plutôt des bons retours, c’est satisfaisant. On va voir. Ce qu’on est en train de construire c’est une famille autour de nous. La boite de com, ce serait bien d’avoir un tourneur un de ces jours aussi…

Etienne : Et un manager aussi.

Matei : Ouais un manager. Là on est en avril, on va essayer de voir les retombées vers septembre.

The Breeze’s Playlist from Letype on 8tracks Radio.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de MUSIQUE

0 0,00
Retourner là haut