A l’origine #2

dans MUSIQUE

Depuis que la musique existe, du fin fond des caves au plus profond des boîtes electro-popo-metalo-bluesy-underground, on n’a pas arrêté de faire du neuf avec du vieux. Et le rap n’échappe pas à la règle. Le Type va te parler West Coast, East Coast, Gangsta Rap et Gentil Rap.

Et on démarre West Coast Bro avec 2Pac et Joe Cocker. En 1996, Tupac Shakur, plus communément appelé 2Pac, sort l’album All Eyez On me. Il se fait tuer la même année, le 7 septembre, à Las Vegas. Alors qu’il était dans sa petite BMW, une Cadillac s’est approchée et ses propriétaires (on soupçonne des gars de la East Coast) ont tiré gracieusement sur Tupac qui ne s’en relèvera pas. Et sur le fameux album All Eyez On Me (et all gunz aussi, si j’ose m’exprimer ainsi), on trouve le morceau California Love. Vous savez ? Celui qui démarre avec une petite voix trafiquée « California loooooove » suivie de cuivres et sur lequel on s’imagine roulant en décapotable sous les palmiers californiens ! Bon. Eh bien c’est une « reprise » ou plutôt un sample, c’est-à-dire un extrait d’une composition réutilisé (souvent en boucle) dans une nouvelle composition. Et la chanson samplée n’est autre que Woman to Woman (1972) de Joe Cocker issue de l’album Something to say. Cocker est notamment connu pour son bon Unchain my heart repris par Ray Charles. Décidément, l’homme inspire. Joe étant un peu plus calme, est toujours en vie et fêtera ses soixante-dix ans en mai. Et on lui souhaite beaucoup de bonheur.

2Pac

On reste West Coast avec Snoop Doggy-Lion. Calvin Cordozar Broadus Jr surnommé Snoop Dogg à ses débuts enregistre en 1993 la chanson Who am I (Whats my name) sur l’album Doggystyle. En fait, le morceau connaîtra son vrai moment de gloire avec le featuring Snoop Doog ft. Lil Bow Wow ce mini-rappeur qu’on écoutait avant de partir à l’école en se disant qu’il avait l’air d’avoir le même âge que nous et que c’était fou de passer sur M6 Hits en CM2. Après vérification, il avait quand même treize ans et était donc logiquement en 4ème. Le son faisait « Bow wow wow yippie yo yippie yay ». En fait, la trouvaille venait du morceau de 1982 Atomic Dog d’un des pères fondateurs du Funk, George Clinton, issu de l’album Computer Games. Si vous avez cinq minutes devant vous, je vous conseille de regarder le clip, vraiment. L’occasion de préciser l’origine du funk. On trouve ses racines dans les Etats-Unis des années 70. Selon la légende, le mot « funk » viendrait du fait que les WASP (White Anglo-Saxon Protestants, ces gens formidables qui ont inspiré des mouvements pleins d’amour, tournés vers autrui comme le Ku Klux Clan) reprochaient aux noirs d’être « funky », c’est-à-dire de sentir la sueur. Les artistes noirs se sont appropriés le terme pour créer le funk popularisé par James Brown, un mélange de plusieurs styles de musique en majorité afro-américaine.

George_Clinton

Et maintenant, guess who’s back ? C’est Marshall. Mais oui Marshall Bruce Mathers. EMINEM. Le king. Mais lui aussi picore dans le vieux pour créer du neuf. C’est comme ça que sur l’album The Eminem Show sorti en 2002, il enregistre le titre Without me. Et pour créer ce morceau, il s’inspire de Malcom McLaren & the World’s Famous Supreme Team et de leur Buffalo Gals.  Le titre apparaît en 1983 sur l’album Duck Rock. Ces musiciens font partie de la scène hip-hop des années 80. Ce mouvement était en fait né dix ans plus tôt, dans le Bronx. C’est le DJ d’origine Jamaïcaine Kool Herc qui a utilisé pour la première fois deux vinyles pour mieux enchaîner les morceaux pendant les Block Party (ou Block Parties). Ces Block Party étaient des sortes de fêtes dans les ghettos où les gens bloquaient les rues pour pouvoir danser. Le site de la BBC raconte : « Even more importantly, Herc observed that the b-boys and b-girls were going wild for the instrumental breaks in the records, and he began searching for the tracks – and the breaks – to please the dancers. It was a simple observation– but the creation of the ‘breakbeat’ would be one of the key innovations in contemporary dance music.” (“Encore plus important, Herc observait que les breaker-boys et les breaker-girls devenaient fous pendant les pauses instrumentales des enregistrements, et il a commencé a recherché des morceaux – et les breaks – pour faire plaisir aux danseurs. C’était une simple observation- mais la création du « breakbeat » serait l’une des clés des innovations de la dance music contemporaine »).

Malcolm_McLaren2

Il est grand temps de parler de Gangsta Rap. Et quoi de mieux pour en parler que de choisir le titre Gangsta’s paradise ? Ce cher Coolio (Artis Ivey) enregistre le morceau en featuring avec L.V en 1995 sur l’album éponyme. Le titre sera utilisé dans le film Esprits Rebelles (1996) de John N. Smith. Là encore, c’est un sample de Pastime Paradise enregistré en 1976 par Stevie Wonder pour l’album Songs in the key of life.

Et maintenant qu’on a brièvement discuté de gangsta rap, passons au rap plus doux, celui de Nèg’marrons. Les garçons Djamatik, Jacky et Ben-J commencent à enregristrer leurs premiers titres en 1997 notamment avec Rue Case nègres. Trois ans plus tard, ils sortent Le Bilan, un mélange de reggae, rap et d’une pointe de dancehall. Et le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé mais pas le son sur lequel se base le groupe pour créer le morceau. C’est le sample de Truth & Rights du reggaeman jamaïcain Johnny Osbourne enregistré en 1979.

Johnny_Osbourne

Et tant qu’on est dans la lignée jamaïcano-dancehall, parlons de Beyonce et de son mondialement connu Who run the world sur lequel tu as bien du shaker ton booty (ou au moins un orteil) au moins une fois dans ta courte vie. Mais la superstar américaine n’a pas complètement imaginé ce titre en 2011 sur l’album 4. C’est Major Lazer en featuring avec Vybz Kartel qui a sorti le premier ce morceau deux ans plus tôt intitulé Pon de Floor. Si tu souhaites voir le clip, c’est possible mais Le Type tient à te prévenir, c’est impressionant d’élégance et d’effets spéciaux. Le Type est ravi de t’envoyer tout droit vers les méandres des vidéos youtubesques. Bon courage.

 

 

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