Le Type de la semaine #1 – Valentin Stip “Sigh”

dans MUSIQUE

Âgé de seulement 21 ans et présenté partout comme le petit protégé de Nicolas Jaar, Valentin Stip sort le 17 février son premier album Sigh, véritable invitation au royaume des songes de l’ambient-techno.

A l’heure où Nicolas Jaar et son pote guitariste Dave Harrington parcourent le monde pour promouvoir leur duo Darkside avec leur album Psychic (ils seront d’ailleurs au Rocher de Palmer de Bordeaux le 20 mars), une autre signature du label Other People fait son chemin, tranquillement. A 21 ans, Valentin Stip impressionne en effet par la maîtrise inhérente à son premier album à paraître le 17 février prochain, “Sigh”. Pianiste depuis l’âge de 7 ans, guitariste, bidouilleur de machine et sûrement multi-instrumentiste, ce jeune prodige n’est pourtant pas inconnu au bataillon. Il a déjà sorti deux EP sur l’ancien label du maître Jaar (feu Clown & Sunset), qui témoignaient déjà d’un sens accru de la musique expérimentale et de l’ambient, parfois entremêlée d’un soupçon de techno minimale.

Français, il a pour autant passé une grande partie de sa jeunesse à Montréal où, comme il l’écrit sur son compte Soundcloud, son piano lui manquait terriblement… Faute de son instrument fétiche, il s’initie à la musique électronique en triturant son ordinateur. A 19 ans il sort son premier EP, Anytime Will Do dans lequel se fait ressentir cette disposition à capter des ambiances, à inventer des espaces sonores oniriques. S’en suit une tournée avec Nicolas Jaar, qui a sans aucun doute retrouvé chez le jeune français une partie de son propre univers musical. Un deuxième EP (Angst), puis c’est le début en 2013 de l’aventure Other People, le nouveau label de l’américano-chilien qui invite « Val » à le suivre.

L’influence de Nicolas Jaar est présente tout au long de Sigh, qui pour autant ne se contente pas d’être une énième copie du magistral Space Is Only Noise. Valentin Stip réussi, tout en s’inspirant du maître, à s’émanciper de celui-ci en inventant son propre univers sonore, doté de ses propres codes. Dès le premier morceau Tableau II, le jeune français propose ainsi une véritable invitation, une sorte de porte d’entrée dans un monde musical parallèle. Et c’est le cas si on se laisse aller à l’écoute ; presque une heure d’envoutement, de plages mélodiques planantes qui plongent l’auditeur dans une forme de pause spirituelle. Minimaliste, à la fois aérien dans l’atmosphère mais parfois aquatique par ses sonorités, l’album se révèle d’une richesse extrême, par un jeu de piano apaisant et maîtrisé et une guitare utilisée avec parcimonie, toujours avec justesse. Quant aux beats, propres à l’attache électronique-techno de Valentin Stip, ils se font rares sur Sigh, mais reste utilisés aux bons moments, rappelant l’affiliation du français à l’univers progressif d’un Nicolas Jaar.

Une parfaite maîtrise des silences, des structures de morceaux complexes et complètes caractérisent Sigh, qui se révèle être un album résolument introspectif. Certains morceaux à l’instar de “****” pourraient même illustrer un documentaire d’Arte sur la création de l’univers tant la musique du parisien semble évoquer un autre espace-temps. Regards sur l’enfance (I et II) rappelle la délicatesse d’un Nils Frahm au piano, tandis que Sigh, le dernier morceau éponyme de l’album brille par la grâce céleste qu’il dégage. Sans doute le plus beau morceau de l’album, il clôture le voyage offert par Valentin Stip par une touche magistrale dans laquelle le minimalisme grave d’un Arvö Part s’échappe.

Résolument pas un album pour se mettre en jambe avant d’aborder une piste de danse, Sigh s’avère plutôt être un précieux partenaire pour, l’espace de 51 minutes, se laisser aller au songe, à se poser un instant pour souffler et réapprécier le temps et l’espace. Finalement Valentin Stip s’inscrit dans la droite lignée de son mentor en illustrant sur Sigh que Space Is Only Noise

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