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Fruitvale Station, 24 heures dans la peau d’Oscar Grant

dans ÉVÉNEMENTS

Présenté au festival Sundance 2013, Fruitvale Station retrace l’histoire vraie des dernières 24 heures d’Oscar Grant, jeune afro-américain de 22 ans victime en 2009 d’une bévue policière dans une Amérique toujours empreinte d’inégalités raciales.

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On se souvient en 2012 de la tragique affaire Trayvon Martin. Agé de 17 ans, ce jeune afro-américain avait trouvé la mort sous les tirs de George Zimmerman alors coordinateur de la surveillance de voisinage du quartier où se déroula le drame. Ce dernier, pensant que Trayvon était armé et dangereux, avait pris les devants… tuant un innocent. L’auteur des coups de feu avait été déclaré non-coupable, suscitant une vague d’indignation dans le pays. Cette affaire avait révélé les tensions qui perduraient dans une Amérique où une justice à deux-vitesses semble s’opérer entre les différentes communautés du pays. En 2011 Michelle Alexander, professeure de droit aux Etats-Unis l’illustrait bien en indiquant qu’ « il y a plus d’afro-américains en prison ou en libération conditionnelle qu’il n’y avait d’esclaves en 1850 avant que débute la Guerre de sécession ».

Cette Amérique à deux-vitesses, c’est celle que le jeune réalisateur Ryan Coogler (27 ans) a choisi de dépeindre à travers son premier (très bon) long-métrage, Fruitvale Station. S’emparant d’un fait réel qui se déroule en 2009 et qui rappelle l’affaire précédemment évoquée, le film retrace les 24 dernières heures d’Oscar Grant (rôle campé par l’excellent Michael B. Jordan). Pour fêter la nouvelle année, Oscar et ses potes décident de se rendre à San Francisco. En rentrant en métro, la police les interpelle à la station Fruitvale ; l’arrestation vire au drame, provoquant la mort du jeune père, pourtant tout juste remis de nombreux problèmes (deal d’herbe, prison…). Presque caricatural, illustrant encore une fois les dérives policières (après Rodney King, Sean Bell, Amadou Diallo…), la force de cette histoire n’a pour autant pas échapper à un certain Forest Whitaker, producteur de Fruitvale Station.

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Le pitch est simple, le tournage n’a duré que 20 jours, avec pour rendu une réalisation sans fioriture permettant une narration extrêmement efficace. La journée qui précède la mort d’Oscar nous dépeint le quotidien d’un jeune afro-américain qui cherche à sortir la tête de l’eau, hésitant entre une vie rangée et une carrière risquée – mais prometteuse – de dealer. Le rap s’écoute fort dans la voiture (on y entend notamment Cellski, un rappeur de SF), l’amour qui lie la famille d’Oscar se fait ressentir, et c’est presque un ami qu’on a l’impression de perdre à l’issu de l’heure vingt-cinq de film.

Le film a été présenté au Festival de Sundance 2013, où il a décroché le Grand prix du jury américain pour une fiction (succédant au film Les Bêtes du sud sauvage en 2012). Plus trop visionnable dans les salles actuellement (le film est sorti dans l’ignorance médiatique la plus totale en fin d’année 2013), Fruitvale Station reste un véritable plaidoyer au service d’une noble cause que d’aucuns auraient pu penser achevée depuis l’arrivée d’un certain B.O à la présidence des Etats-Unis.

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