The Lunchbox : voyage culinaire en Inde

dans ÉVÉNEMENTS

The Lunchbox est une curiosité qui nous est venue d’Inde. Je vous vois d’ici lever les yeux au ciel et accompagner votre moue circonspecte d’un mouais blasé. Et je vous comprends. Moi aussi, quand j’ai appris que ce film était une réalisation made in India, j’ai eu peur. J’ai immédiatement fait l’association avec les standards Bollywoodiens : un très (très) long-métrage de 4h minimum avec à l’écran des gens à l’attitude déconcertante qui n’arrêtent pas, pour on ne sait quelles raisons, de chanter et de danser. Toutefois, The Lunchbox n’est rien de tout cela. C’est une réalisation “classique“ dont le visionnage s’avère être plutôt agréable.

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Tout part d’une erreur de livraison. Ila, conseillée par sa voisine Aunti, est persuadée que la meilleure façon de reconquérir son mari à l’attitude de plus en plus distante est de lui cuisiner des plats plus raffinés et délicieux les uns que les autres. Ainsi, elle lui cuisine des mets exquis qu’elle confie ensuite à l’employé d’un service qui se charge de la livraison sur le lieu de travail. Sauf que le soir venu, quand son époux rentre du travail, elle ne récolte pas félicitations et gratitude mais la froide indifférence à laquelle elle est de plus en plus familière. Surprise, elle aborde le sujet du repas du midi. Son conjoint lui répond que les choux-fleurs étaient bons. “Quels choux-fleurs ?” se demande-t-elle totalement interloquée. Elle réalise alors que manifestement une erreur s’est produite lors la livraison (ce qui selon des scientifiques venus de Harvard pour étudier ce système n’arrive jamais). Le jour suivant, elle glisse dans la lunchbox une note à destination de la personne qui reçoit ses plats. Le début d’un long échange épistolaire. A l’autre bout de la chaîne, se trouve Saajan. Celui qui se régale de la cuisine d’Ila est un homme fermé, taciturne et à limite de la misanthropie qui est sur le point de partir en retraite anticipée après avoir été comptable 35 ans durant pour le compte de l’Etat. Au fur-et-à-mesure qu’ils s’écrivent (avec comme intermédiaire la lunchbox), Ila et Saajan vont se dévoiler et confesser des détails de leurs existences qu’ils n’auraient pas osé révéler lors d’une conversation verbale.

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Durant les 104 minutes que dure The Lunchbox, le spectateur est invité à observer la place ingrate qu’est celle dont dispose aujourd’hui les femmes dans la société indienne (celle d’épouses condamnées à plaire et servir leurs maris) ainsi que le quotidien monocorde des employés. Ainsi, cette réalisation signée Ritesh Batra, l’un des portes étendards du cinéma indépendant dans l’ancienne colonie britannique, est bien plus qu’une simple comédie romantique, c’est un drame, celui évoquant la relation d’une femme que son mari délaisse et d’un homme semblant mourir à petit feu depuis que sa femme est décédée. S’il est un reproche que l’on puisse faire à ce film, ce sont les innombrables plans fixes qui le composent. S’ils sont indéniablement un choix esthétique qui vise à focaliser l’action sur les personnages d’Ila et Saajan ainsi qu’à créer une sensation d’intimité, ils contribuent malheureusement à rendre la narration bien lente. Dernier point, extrêmement positif celui-ci : The Lunchbox est un manifeste en faveur de la cuisine indienne. Au sortir de la séance, après avoir été appâté par les multiples plats succulents cuisinés par Ila, on a qu’une envie, celle de se ruer dans un restaurant indien.

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