Scarecrow

dans MUSIQUE

La première fois que Le Type a vu Scarecrow c’était aux Vibrations Urbaines 2011. Votre cher hôte venait tout juste de naître et faisait ses premières armes dans la jungle musicale de Bordeaux. Au cours des deux ans qui ont suivi, nous les avons trackés, écoutés, dans l’espoir de les revoir en concert, de ressentir vibrer l’âme du blues hip-hop et mieux encore…les rencontrer. Après plusieurs opportunités avortées, Le Type a enfin atteint son but à l’occasion d’un concert à l’Iboat. Scarecrow en terre bordelaise pour le festival Campulsation 2013. Accroche-toi c’est près de quarante minutes de bonheur pur avec une surprise audio à la fin !

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Le Type : Bonsoir les gars !

Scarecrow : Bonsoir !
Antibiotik : Un deux, un deux test micro t’entends ?? T’entends ?? On n’est pas américains, on n’est pas mexicains, on est toulousains frère.
Le Pap’s : Ça te dit pas toi tu recules et comme ça je peux étaler ma jambe. S’il-te-plaît ?
Le Type : Pour commencer est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Sim Paul : Ouaaaais genre vous ne nous connaissez pas !

Le Type : Pas vos noms, les lecteurs veulent savoir !
Slim Paul : Aaah les lecteurs du Type. Bon je commence. Je m’appelle Slim Paul et je suis guitariste chanteur blues dans le groupe Scarecrow.

Le Pap’s : Je suis Lorenzo Luciani alias Le Pap’s. Je suis batteur dans le groupe Scarecrow.

Jamo : Je suis Jamo alias Jamo, je suis bassiste/choriste/M.Loyal dans le groupe Scarecrow.
Antibiotik (prend une voix suave) : Je m’appelle Antibiotik, je suis Dj MC du groupe Scarecrow. Vous êtes la nuit, Arte.

Tout le monde rit

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Le Type : Comment vous vous êtes rencontrés ?
Jamo : Rue Bayard. En fait fut un temps on était tous prostitués et on en a eu marre de bosser tout seul alors on s’est mis en équipe. Là on a commencé à faire beaucoup de maille.

Slim Paul : Moi j’avais un gros réseau rue Bayard donc du coup je les ai appelés.
Jamo : Ça c’était avant de bosser avec le cartel russe. Le cartel russe ça a été un petit peu plus compliqué, il y en a un qui a perdu un doigt donc on a arrêté et on s’est mis à la musique. Bon plus sérieusement on s’est rencontré de manière tout à fait fortuite. C’est-à-dire que ce n’est pas comme beaucoup de groupe qui se sont rencontrés au lycée et qui se sont dit « Teh on est copains, viens on fait un groupe ». Slim Paul et Antibiotik se sont rencontrés sur une soirée sur les berges de la Garonne complètement éméchés avec quatre grammes.

Slim Paul : Non, mais non dis pas ça !

>Jamo : Si. Il faut le dire.

Slim Paul : Il n’y avait pas d’alcool ce soir là, je me rappelle très bien.

Jamo : Tu parles, tu te rappelles de rien du tout (rires). Et du coup ils se sont plus et lui il jouait de la guitare et du rage. Lui il a entendu ça il s’est dit «Hé je vais poser un petit peu». Il a posé, ils se sont bien entendus. Moi, Paul, je l’ai rencontré pareil sur une scène ouverte à Toulouse, je jouais de la batterie, il a pris sa guitare il a dit « Ouais vas-y on joue ». Et Lorenzo on était en cours de batterie ensemble et voilà. Ça c’est fait. On était tous disponibles au même moment et nos chemins se sont sont croisés au bon moment je pense. C’était un peu une histoire d’opportunités.

Le Pap’s : Je ne pense pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Je pense qu’avant tout la vie c’est des rencontres. Je pense que cette expression nous va très très bien.

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Jamo : Et vous vous ne vous êtes pas présentés.
Le Type : Je suis Le Type.

Jamo : Et pourquoi Le Type ?

Le Pap’s : Mais c’est une interview pour Le Type ?!

Antibiotik (en montrant Le Pap’s) : Il faut savoir que cette personne on lui dit quelque chose, il le réalise un quart d’heure après. Donc si vous posez une question, posez là à l’avance de préférence.

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Le Type : Sinon comment est né le blues hip hop et comment est-ce que vous vous le définiriez ?

Le Pap’s : En fait il y a Quincy Jones avec Steevie Wonder
Slim Paul : Bon on peut répondre un peu sérieusement aux questions. Ou alors on répond à côté à chaque question.

Jamo : Bon le blues hip hop est né de la rencontre entre Sim Paul et Antibiotik. Un Bluesman et un MC qui se rencontrent bah paf ça fait des Chocapics !
Le Pap’s : Paf ça a fait du blues hip hop.

Jamo : Voilà simplement deux personnalités assez fortes, deux courants musicaux que tout oppose de prime abord mais en fait pas du tout. Parce qu’on dit souvent que le hip hop c’est un peu le blues des années 80-90, parce que le fond est le même, la population qui l’a véhiculée est la même et même si l’époque change les revendications étaient les mêmes. Donc c’est comme ça qu’est né le blues hip hop et ensuite avec Lorenzo on s’est rajouté à cette popotte.

Le Pap’s : A cette tambouille !

<Jamo : Voilà à cette tambouille ! Et on a essayé d’explorer le concept. Je sais que les deux ont vécu en coloc pendant quatre-six mois qui ont été extrêmement prolifiques.

Slim Paul : Ouais c’était beaucoup plus court que ça… Mais beaucoup plus intense.

>Jamo : Mais ouais j’ai l’impression que ça a duré…
Antibiotik : Mais moi aussi ! En même temps on ne dormait pas beaucoup, on faisait beaucoup de musique… On buvait beaucoup aussi à l’époque.
Slim Paul : Noon…

Le Pap’s : De l’eau Badoit.

Antibiotik : On buvait beaucoup d’eau. L’alcool est dangereux pour la santé. (rires). Ouais et donc ça a été vraiment le moment où on a habité ensemble où on a discuté en profondeur de ce qu’était l’essence du blues et du hip hop et du coup on a trouvé énormément de corrélation entre les deux styles, que ce soit dans les séquences rythmiques du blues, du hip hop, le côté sampling qui se retrouve l’air de rien dans le blues, le côté très rengaine, redondant. Pareil au niveau du flow, du chant blues l’air de rien il y a beaucoup de similitudes que ce soit musicalement au niveau du chant, et même au niveau de la production même parce que le blues il y a certains albums de blues qui ont été faits dans des hôtels enregistrés dans un micro à l’arrache, l’air de rien. Le hip hop, les débuts du hip hop, les enregistrements, ça a été fait en studio avec un micro comme ils pouvaient et c’est parti on fait une mixtape. Dans les bas quartiers de New York ça se rependait.

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Le Type : Pouvez-vous nous parler de votre dernier album ?

Jamo : Non, question suivante.

Rires.

Le Pap’s : Oui !

Le Type : Vas-y.

Le Pap’s : Bonjour. Alors il faut savoir que je parle dans un iphone. Notre album on l’a enregistré en hiver 2012.

Jamo : 2011.

Le Pap’s : Hein 2011 ? Ah si la première partie a été faite en 2011. Bref. Et c’est un album qui a été financé par notre public grâce à une souscription sur l’Internet, sur un site hébergeur qui s’appelle Ulule, qui ne fonctionne pas comme My Major Company ou quoi que ce soit, parce que ça ne prend pas les droits d’auteur sur ton œuvre. C’est vraiment cool les gens te filent de la maille en te faisant confiance et grâce à cette maille tu fais ce que toi tu sais faire en essayant de faire quelque chose de bien. Le public n’a pas vraiment été déçu de ce qu’on a fait.

Jamo : Et ils ont eu des cadeaux !

Le Pap’s : Et ils ont eu des cadeaux. C’est vrai qu’il y a eu plusieurs paliers pour cette souscription où il y avait à partir d’une telle somme, tel goodies et plus la somme montait plus le goodies était important.
Slim Paul : Et je voudrais revenir sur l’album en lui même. L’EP précédent c’était This is Blues Hip Hop, c’est le premier Ep avec (accent italien) Lorenzo Lucciani à la batteria. Mais voilà c’est un album qui a été fait en parti en home studio chez Antibiotik avec des guitares et du scratch, la batterie qui a été enregistrée dans un autre studio, les morceaux qui ont été composés tantôt à deux, tantôt à quatre. La différence avec l’album qui a suivi, Devil & Crossroads c’est qu’il y a déjà un peu plus de travail à quatre et ça c’est un grand pas pour nous, une très très belle marche déjà franchie.

Antibiotik : Ce qui est très intéressant quand on compose, c’est que tout part de la guitare. Ça fait quelques années déjà que je fais du hip hop en production musicale etc, et ce qui est intéressant c’est que je retrouve l’essence du hip hop avec Scarecrow. C’est-à-dire qu’on part de la guitare, on va séquencer la guitare, on va en faire des boucles, on va un peu la retourner, « tiens niveau sonore qu’est-ce que ça donne » etc, et petit à petit faire des ajouts « tiens un peu de basse, ah tiens ça ça groove bien ». Nous en fait avec Paul on va vraiment donner la piste, un petit peu l’objectif à atteindre et après avec Jamo et Lorenzo on va vraiment essayer d’aller toucher un peu plus en profondeur, aller retourner des petites choses, trouver des détails, trouver les breaks qui vont bien passer.

Jamo : La couleur quoi.
Antibiotik : Ouais voilà, mettre d’autres couleurs. C’est de la peinture qu’on fait. Vraiment, on part du croquis avec Paul et comme aurait dit une ancienne prof d’arts plastiques que j’ai eu l’occasion d’avoir, tout est déjà dans le croquis en général, après il suffit juste de trouver les bons traits et ça c’est Jamo et Lorenzo qui vont trouver au niveau rythmique, au niveau composition, les bons traits à mettre. Tout est déjà dans le brouillon mais on a vraiment besoin de ça pour ouvrir encore un petit peu plus et pour aller encore plus loin.

Jamo : Et ce qui est bien en plus c’est qu’on ne se limite pas à ça, c’est qu’il y a des morceaux qui sont partis d’une des guitares, ça a été boeufé. Du coup le fait de boeufer ce morceaux là, il y a des choses qui sont sorties donc ils ont retravaillé le truc en studio et du coup on est revenu derrière, on a repeaufiné. A chaque fois le schéma reste le même peu importe, c’est retravaillé en home studio, il pose le croquis et derrière à quatre on voit ce que ça donne. On travaille pour le studio et on travaille pour la scène, ce sont deux travaux différents pour nous. Et puis après ça sort en galette.
Antibiotik : Et puis en général on se dit que c’est bon quand on commence à bouger la tête et qu’on se dit « yeaaaah ».

Le Pap’s : Enfin avant cette phase là il y a quand même une grosse phase de remise en question. Le petit détail qui change tout c’est la remise en question et le dialogue à quatre. Parce qu’on parle énormément dans le groupe.

Antibiotik : On est des meufs.

Le Pap’s : Voilà. Et ça fait que le travail fini convient à tout le monde et à partir de là le fait de l’assumer que ce soit sur scène ou sur galette est d’autant plus facile. Et c’est là où on réalise généralement que on n’a pas besoin forcément d’aller plus loin. C’est une des étapes de composition qui est aujourd’hui la plus forte du groupe et qui n’est pas à négliger et que je conseille aux jeunes groupes ou même aux groupes confirmés qui n’ont peut-être pas exploré cette facette du métier. La communication.

Antibiotik : Et le consensus perpétuel entre les membres. Il y a un côté humain dans le groupe qui est énormément important. C’est la base. Je pense que ce groupe aujourd’hui marche plutôt bien parce que justement humainement on s’entend super bien. Même si on a tous des caractères de merde.

Le Pap’s : Non moi je ne t’aime pas.
Rires

Antibiotik : Mais par contre il y a tout le temps de l’écoute, il y a un énorme respect parce qu’on sait tous ce qu’on a fait avant, on connait tous nos qualités et nos défauts et ça marche comme ça parce que tout le monde met la main à la pâte. Et même si c’est rien, même si c’est un break, juste ça c’est du consensus collectif et donc du coup tout le monde est prêt à accepter le morceau tel qu’il est. Ça c’est la base.

Le Pap’s : Question suivante.

Jamo : On veut une autre question, on veut une autre question, on veut une autre question.

Le Pap’s : Vas-y la prochaine question on répond par oui ou par non.

Antibiotik : L’interview ni oui ni non.

Le Type : Une journée dans la peau d’un Scarecrow ça ressemble à quoi ?

Tous : Oui !

Rires

Jamo : Bon alors attend une journée dans la peau d’un Scarecrow en tournée ça ressemble à quoi. Je te fais le topo. Bon okay qu’on a une date disons par exemple à Bordeaux. On a une date à Bordeaux, donc le rendez-vous est fixé chez Lorenzo parce que c’est plus simple chez lui parce qu’il y a tout le matos. Donc Jamo dit « Okay je viens récupérer le camion, je le récupère à 14h. Les gars rendez-vous à 14h15 comme ça 14h30 on est parti. » Bon alors les gars arrivent au rendez-vous à 14h30, Jamo arrive pour chercher le camion à 14h30. Donc Jamo arrive au rendez-vous à 15h, 15h15. Bien. Une fois que Jamo est arrivé, les autres sont en train de chiller en mode « ouais on boit le café c’est tranquille ». Jamo s’active à essayer de faire un petit Tetris à l’arrière du camion pendant qu’il y en a deux qui se touchent la nouille « Ouais t’as vu le dernier match du Barça ? Ouais grave ». Une fois qu’on a chargé tout le camion, on monte comme une belle colonie de vacances à l’intérieur. On met de la musique, essentiellement du hip hop. Donc on bouge la tête dans le camion, il y en a qui rattrapent leur nuit, on discute, on parle du concert de la veille. On arrive sur place, on rencontre les gens. On décharge le matos, on installe le matos sur scène, on commence à faire les balances. On finit les balances, on va manger, on parle de la set list du soir parce qu’on a une heure de temps donc il faut la réduire. On discute. Consensus. Comme toujours dans le groupe. On tombe d’accord. Une fois que ça c’est fait, on se retrouve dans la loge. Là on boit un petit gorgeon de rhum pour s’échauffer la voix.

Le Pap’s : Pas moi !

Jamo : On discute entre nous, on rigole, on essaye les costumes. Là il commence à y avoir une petite partie sensuelle entre nous, on est assez proche les uns des autres. On se fait des papouilles, des caresses. Enfin je ne rentrerai pas dans les détails parce que ça c’est vraiment intime. Ensuite c’est le moment de monter sur scène, on se check comme toujours. On tape dans les mains parce que ça permet de faire du bruit, sentir qu’on est des copains. On monte sur scène. Pas encore grand monde mais c’est pas grave on assume. On voit les gens qui arrivent, petit à petit ça se remplit, le concert se développe, les nouveautés passent plutôt bien, on arrive à se checker du regard. Ça commence à marcher, les gens répondent, la salle se remplit, le concert se développe, les gens commencent à vraiment apprécier (en tout cas on a un bon retour). Le concert fini, c’est super cool, on a kiffé, les gens sont contents. On plie le matos très vite parce qu’il y a un autre groupe derrière, on met le matos de côté. On se retrouve dans les loges, on se pince les couilles comme on dit entre nous, en mode putain c’était cool mec. On va voir les gens pour avoir un petit peu les retours, pour dire bonjour, être polis et pas faire comme beaucoup de musiciens font « Ah non moi je fais de la scène et les gens je calcule pas, c’est pas trop mon taff ». Pas du tout c’est un métier humain à a base, il faut être au contact des gens. Une fois qu’on a fait ça et bien on se retrouve avec des gens qui veulent nous interviewer comme Le Type et qui nous pose des questions. Bon malheureusement il a l’air gentil, tu ne le vois pas public, mais il a l’air sympathique mais bon il a devant lui une espèce de cahier de brouillon qu’on avait en primaire, avec un buvard. Et il nous pose des questions depuis tout à l’heure en chronométrant les réponses, c’est pour ça que je meuble depuis tout à l’heure parce qu’il faut qu’on dure un certain temps. (Ils tentent de battre le record de la plus longue interview du Type). Ça fait maintenant…

Tous : 5, 4, 3, 2, 1 20 minuuuuutes !

Ils applaudissent.

Jamo : Premier tiers ! Et puis ensuite pour la suite de la soirée Scarecrow, ça commence maintenant. Et là par contre quand on a fini le travail, parce qu’on considère que c’est un métier, donc on le fait en tant que métier, on n’est pas bourré sur scène, on n’est pas défoncé sur scène, on respecte ce métier, mais une fois que le travail est fait, que le matos est rangé…
Slim Paul (voix suave) : Apéro.

Le Pap’s (chante) : Apéro, apéro, apérooo.

Jamo : Et après on va rentrer à l’hôtel, mais avant de rentrer à l’hôtel on va faire apéro. Mais pas trop. Est-ce que cela répond à la question ?

Le Type : A la perfection merci.
Ils applaudissent

Antibiotik : Ouais Jamooo.

Slim Paul : En fait tu l’as fait sans respirer ?

Jamo : Trois respirations. Je ne parle plus.

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Le Type : Si vous aviez la possibilité de faire un festival, quel en serait le line-up ?

Slim Paul : Cette réponse est pour moi. Alors en fait j’ai tripé un soir et j’ai voulu mettre sur papier mon festival idéal. Donc du coup j’ai pas pensé tout de suite aux aspérités techniques et financières.

Le Pap’s : Aux aspérités techniques et financières ?

<Slim Paul : Aspérités techniques et financières !

Le Pap’s : Ça marche, ça marche.

Slim Paul : Tu comprends ce que je veux dire ? Pas besoin d’utiliser les vrais mots. C’est comme quand je dis « opprimeur ». Tu comprends très bien que c’est « oppresseur » que je voulais dire.

Le Pap’s : « Opprimeur » C’est là que tu achètes les fruits et légumes ?

Rires

Slim Paul : Bref, mon line up festival type. Ce serait un festival Scarecrow & Friends. Donc il y aurait Street Chamaan de Nantes, il y aurait Miss Whith & the drunken piano de Grenoble, il y aurait L’effet Kartell de Dijon, j’ai mis Billy Hornett c’est un groupe du Tarn de rock’n roll qui défonce en live. J’ai mis aussi Azad Lab de Toulouse qui défonce, il sont 9 sur scène ça envoie bien. J’ai mis…

Jamo : Tu as mis Jurrasic 5 en première partie.

Slim Paul : Non j’ai pas mis Jurrasic 5, ils sont pas sympas, c’est pas des gens cools.

Jamo : Je pense qu’on peut rajouter Mountain Men.

Slim Paul : Oh non mais attend c’est mon festival. Ooooooh ! Je suis président, toi t’es…

Jamo : Bénévole.

Slim Paul : Toi t’es bénévole ! Tu seras au bar frère, tu feras les cocktails. D’ailleurs sur ce festival il y aura contest de cocktails ! Entre Jamo de Scarecrow et Antibiotik de Scarecrow.

Jamo : Mais alors du coup ça c’était le festival de Slim Paul. En gros si je résume, si on fait un festival de rêve pour nous sur scène il y aurait IAM, il y aurait Jurrasic 5, il y aurait Rage against the Machine, il y aurait Nas avec son père. Il viendrait faire UN morceau, mais il nous mettrait une claque dans la gueule. Et on aurait LA vedette française par excellence, je veux bien entendu parler de……..Dave !

Applaudissements

Le Pap’s : Ça c’est une vedette.

Jamo : IAM en featuring avec Dave.

Slim Paul : Je veux compléter ma réponse de festival parce que j’ai oublié un groupe ! En fait c’est l’occasion de parler des groupes de copains comme Blackberry’n Mr Boo-Hoo.

Jamo : Et toi public vu que Le Type aura retranscrit tous ces noms d’artistes qui sont sur la scène émergente, il faut que tu ailles tous les écouter. Parce que c’est des putains de groupes et en plus humainement ils sont comme ça. Je lève mon pouce en l’air.

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Le Type : Et si vous deviez garder une seule chanson de vos albums ce serait laquelle ?

Slim Paul : J’ai cru que tu allais dire « Et si vous deviez garder un seul membre du groupe ? »

Jamo : Une seule chanson ? Autant le consensus est maître dans le groupe, autant là ça va être difficile.

Le Pap’s : Aucune où il chante parce que c’est chiant. Donc une instrumentale quoi.

Jamo : Le plus simple c’est de venir nous voir en concert et de garder celle que vous voulez pour vous. C’est un peu bâtard comme question, parce que c’est comme si tu demandais à des parents de choisir un seul de leurs enfants. Non mais si imagine, ils sont tous menacés de mort imminente violente, tu ne peux en choisir qu’un seul.

Le Pap’s : Il n’en restera qu’un…

Jamo : Alors forcément tu as tes préférences parce qu’il y en a un il est roux donc tu l’aimes pas trop, l’autre il est un peu noir… Et l’autre il est chinois je ne t’en parle même pas.

Plus sérieusement c’est difficile parce qu’on les aime toutes de manières différentes. Elles nous procurent des sensations différentes.

Slim Paul : Question Suivante. Next.

Le Type : Quels sont les groupes de Toulouse que vous nous recommandez d’écouter.

Antibiotik : Aucun. C’est tous des connards.

Jamo : Non les groupes toulousains qu’on recommande dans tous les cas il y a Azad Lab, Billy Hornett. On peut parler de Rufus Bellefleur, parce que Rufus Bellefleur c’est un petit peu nos cousins musicaux et ça défonce. Moi je recommanderais quand même Manu Galure parce que oui Manu Galure il fait de la chanson française. Et Pauvre Martin, chanson française de Toulouse. Après les toulousains on ne les connaît pas tous mais il y a vraiment un bon vivier depuis 4-5 ans. Et à chaque fois qu’on bouge en France sur un festoche on rencontre un groupe toulousain. Par exemple on ne les a pas cité, et ça c’est une erreur et on vous fait un gros bisou c’es MP1point2.

Le Type : Quel a été votre dernière claque artistique ?

Antibiotik : Mountain Men !

Jamo : C’était énorme. Il faut aller les voir. Vous allez ressortir en mode «  Ok d’accord. »

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Le Type : Si vous deviez donner le nom Scarecrow a un objet ce serait quoi ?

Le Pap’s : Un sextoy.

Slim Paul : Un pénis à roulette. Une table de ping pong. Un bébé.

Rires.

Les autres : Non.

Jamo : Un objet ?

Antibiotik : Un épouvantail.

Jamo : Ça c’est trop bien imaginé frère.

Le Pap’s : Moi plutôt un pot de lubrifiant mais périmé de 5 ans.

Jamo : Non non les gars on s’égare. Moi je dirais…

Antibiotik : Une théière.

Jamo : Un objet qui n’a pas beaucoup d’utilité mais en tout cas quand tu l’as ça te fait plaisir de l’avoir et t’as envie de le revoir et de le partager avec tes potes.

Antibiotik : Un vinyle.

Slim Paul : Pas mal. Ce serait un vinyle.

Jamo : Ce seront un vinyle.

Slim Paul : Un vinyle cramé.

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Le Type : On a une rubrique qui s’appelle Du Nouveau, Du Bon et Du Vieux, donc pouvez-vous nous donner une nouvelle, une bonne et une vieille chanson ?

Slim Paul : Une bonne chanson je dirais If you want me to stay de Sly and The Family Stone. Une vieille chanson on va taper dans le Rambling on my mind de Robert Johnson. Et une nouvelle je ne trouve pas.

Le Pap’s : Vieille chanson, Hear my train a comin’ version acoustique de Hendrix. Chanson nouvelle, ce sera… n’écoute pas la radio. Et la chanson intemporelle ce sera Killing in the name de Rage Against the Machine.

Antibiotik : Alors moi une nouvelle chanson ce sera En Apnée de Rocé. En vieille je dirais Cut my Wings de Seasick Steve qui est un putain de morceau que ce soit en live, en studio c’est juste merveilleux.

Jamo : Alors nouvelle chanson… Ça ne va pas être une chanson ça va être un album que j’ai vraiment kiffé, ce sera le dernier album de Jack White qui m’a mis une bonne claque. Un morceau ancien, je vais taper dans les classiques, ce sera Otis Redding bien entendu et le morceau s’appelle Security. Et le morceau intemporel là je vais taper dans un truc un peu plus pointu, ce sera un morceau africain qui vient du Burkina Faso, l’artiste Chiwoniso, le morceau s’appelle Irobukairo et ça vous pouvez l’écouter sur Bandcamp et c’est juste une pépite.

Antibiotik : Et moi pour le morceau intemporel que j’ai oublié je vais dire Demain c’est loin, d’IAM. Parce que c’est un putain de morceau.

Jamo : Je pense que dans le rap français il y a eu un avant et un après IAM.

Le Type : Si vous deviez décrire Scarecrow aujourd’hui et nous dire ce qu’il deviendra que diriez vous ?

Le Pap’s : C’est de la bombe t’entend ?

Slim Paul : Ce que ça deviendra on en sait rien. Pour l’instant on vit les choses au jour le jour parce qu’il y a beaucoup de choses à vivre chaque jour et il y a encore beaucoup de travail. On est contents de ce qu’on vit, de la tournée qu’on a, de la chance qu’on a de faire des albums studio, de rencontrer autant de gens sur la route. Mais ce que ça va devenir on s’en fiche, l’important c’est de vivre le moment présent.

Antibiotik : Aujourd’hui, je pense qu’on peut dire que c’est de l’artisanat, et j’espère que ça continuera à être de l’artisanat.

Jamo : Je pense que Scarecrow, et c’est avec humilité que je le dis, c’est le groupe de blues hip hop français. C’est un groupe de live avant tout. C’est-à-dire que oui on prend du temps de faire des albums en studio et c’est un album qu’on kiffe mais le but du jeu c’est de défendre ça sur scène parce que c’est quand même la partie la plus kiffante et celle où on peut vraiment partager nos émotions avec le public et faire connaître notre musique et notre état d’esprit. Donc c’est un groupe de live.

Antibiotik : C’est fini ?

Slim Paul : Attend on peut faire un petit salut là. On vous kiffe Le Type. Depuis qu’on vous a rencontré à Pessac on vous kiffe.

Et pour finir le mot de la fin pour tous les vrais qui ont lu l’interview jusqu’à la fin – et si ce n’est pas le cas et que tu as lâchement scrollé jusqu’en bas tu es cordialement invité à remonter la page et à tout lire depuis le début non mais !

A jeudi pour le début des Campulsations et le concert des Scarecrow sur l’Esplanade de Bordeaux IV ! 

Crédits photo : Photos officielles / Raphaël Roque / Fabien Garou

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