Microfilm

dans MUSIQUE

Pour tout vous dire, Le Type ne connaissait pas Microfilm avant d’apprendre la venue du groupe à l’I.Boat. La description du projet avait éveillé sa curiosité. Un mélange de rock accueillant effets sonores et violoncelle avec des voix puisées dans de vieux films en noir et blanc et technicolor. Dès les premières écoutes, Le Type a su qu’il fallait aller voir et écouter ça de plus près.

Dans la cale de l’I.Boat, tous les yeux étaient rivés vers la scène, attendant la bête. Les têtes étaient prêtes à se balancer en rythme. Alors le set a commencé avec Flying Guillotine. La batterie suivie de riffs bien posés n’ont pas eu de mal à faire se balancer les corps. Les images projetées nous donnaient à voir du kung-fu, un documentaire d’éducation sexuelle, des scènes unissant Gainsbourg et Birkin. On était bien, emmenés dans un univers bien singulier.

On était tellement bien qu’on n’a pas vu arriver la fin. Le Type se sentait fébrile parce qu’il n’avait toujours pas entendu le morceau qu’il s’était approprié avant de venir. Et puis le rappel vint, la magie fut. La dernière chanson arriva, Margaret on the rocks, Le Type était aux anges. Il pouvait presque refaire le dialogue « Pourquoi est-ce que tu me regardes de cette façon ? De quelle façon Maggie ? ». Pour accompagner ce bon moment, on a même eu droit à un jeu musical tout prêt de nous, à quelques centimètres. On était emportés, perdus entre regard, dialogues et mélodie.  On pouvait reprendre la direction du tram avec le sourire et réécouter l’interview avec un nouvel œil et une nouvelle oreille.

IMG_2992-1

Le Type : Est-ce que vous pouvez vous présenter tour à tour et nous présenter Microfilm ?

Matthieu : Microfilm est composé de six membres. Dans ces six membres, nous avons bien sûr le grand manitou Cyril, ingénieur du son, artificier du spectacle. Ensuite, moi je suis Mathieu à la batterie. Yohan est à la guitare et aux effets guitaristiques. De l’autre côté, nous avons Guillaume à la guitare et aux effets sonores pourchassé par Grégory, leader charismatique à la guitare basse. Et bien sûr, maintenant, nous avons un sixième membre qui est François-Pierre Fol violoncelliste-orchestretiste.

Guillaume : Le projet Microfilm c’est une base rock avec une guitare-basse-batterie. Et puis aussi des samples de films, des claviers et un violoncelle et surtout pas de voix ! Et des images.

Le Type : Et justement, pourquoi vous avez choisi de faire un mix entre musique et films ? Ca a toujours été comme ça ?

Grégory : Ca a toujours été comme ça dès le début en fait. Au début, on faisait des morceaux. C’est Guillaume qui avait eu l’idée de mettre un dialogue de film une fois, comme ça. Au début, on ne pensait pas image. Enfin, peut-être que tu y avais pensé dans ta tête. Mais dès le premier concert, je crois qu’on avait une télé sur scène qui nous accompagnait. Et tout de suite, on a décidé de ne pas chanter mais de s’exprimer différemment.

Le Type : Qu’est-ce que vous pensez que ça apporte en plus à votre musique ?

Grégory : Déjà on chante pas faux ! (rires) On n’a pas un accent pourri.

Guillaume : Ca nous permet de créer un truc un peu total sur scène, quand on écoute les disques, quand on regarde nos clips ou quand on écoute notre musique. Soit avec les samples ou soit avec l’image, on rentre dans quelque chose quoi ! On raconte pas une histoire par le chant ou avec une chanson mais on essaie de créer un univers avec différentes thématiques, de suivre des films qu’on a choisi.

IMG_2995-1

Le Type : D’ailleurs pour composer, est-ce que vous partez d’abord des films ou de la musique ?

Guillaume : Il y a eu tous les cas !

Grégory : On n’a pas de recette miracle ! Quand on prend un film, c’est pas quelque chose auquel on veut rendre hommage. On fait pas du ciné-concert. On se sert vraiment du film comme de la matière en fait. On le prend et on lui fait dire ce qu’on veut, on le découpe à des endroits. On n’est pas dans un souci de respect. Et d’ailleurs, souvent, on cherche plein de trucs jusqu’au jour où on trouve ce qui nous plaît et on le met sur ce morceau.

Guillaume : On regarde pas mal de films et même parfois, moi, je m’interdis de regarder le film et je vais plutôt le parcourir et écouter les voix, regarder un peu l’univers. Si tu regardes le film après tu as trop d’affect par rapport au film et tu vas être un peu coincé pour le découper.

Yohan : T’es plus dans la même lecture en fait ! Tu vas regarder un film comme un spectateur normal.

Guillaume : Souvent, on coupe les prénoms des personnes.

Grégory : On enlève les repères. Moi je fais pareil en fait, j’extrais l’audio du film et chez moi je les écoute mais sans les regarder avec un petit calepin pour noter des choses qui me paraissent bien.

Guillaume : Microfilm, ça existe depuis dix ans et à l’époque je me faisais des cassettes où on enregistrait des bouts de voix, je les passais à Grég. Il n’y avait que les bandes-sons des films sans les images.

Le Type : Et est-ce que du coup vous vous considérez plus comme un groupe de scène étant donné que sur scène vous avez la possibilité d’avoir un écran derrière vous qui diffuse en même temps les images ?

Guillaume : Nous c’est vrai que c’est un des trucs qu’on préfère. On adore la scène !

Grégory : Le premier truc qu’on a fait c’était de la scène donc disons qu’on ne pensait quasiment pas à enregistrer de disques. On enregistrait des disques pour aller faire des concerts. Après, c’est vrai que maintenant, avec notre dernière session studio, on a eu un peu plus l’amour du studio, de pouvoir peaufiner. On a eu plus de temps donc on en a profité.

IMG_2970-1

Le Type : Et pour le choix des films, comment vous faites ?

Guillaume : Comme disait Grég, chacun propose plein de trucs. Dans le groupe, on est amis depuis très longtemps donc on n’hésite pas à se dire les choses. Quand ça plaît pas à tout le monde, on le fait pas.

Grégory : S’il y a un sample audio, l’image qui est utilisée vient de ce film là. C’est pas un patchwork de plein de trucs.

Le Type : Et pourquoi vous avez choisi cette période cinématographique 1950-1975 ?

Yohan : Parce qu’on est tous sensibles à cette période particulièrement.

Matthieu : Et c’est vraiment hyper à la mode en plus ! (rires)

Guillaume : Non et puis au début c’était restreint. Par exemple, on faisait que des images en noir et blanc parce qu’on voulait essayer de créer un peu notre patte. Maintenant, on diversifie. Il y a des choses qui sont un peu plus récentes. Avant, c’était que des fictions. Maintenant on a même utilisé un documentaire. Mais au début, oui, c’était plus restreint, on essayait de trouver un truc quoi ! Noir et blanc avec que des films des années 50-60, c’était pas mal autour soit de la science, soit des relations hommes-femmes. Et après, au cours des quatre albums, on pouvait pas toujours faire le même disque ! (rires)

IMG_3003-1

Le Type : On a une rubrique qui s’appelle « Du Nouveau, du Bon, du Vieux ». Est-ce que vous pouvez nous donner une nouvelle, une bonne et une vieille chanson que vous recommandez à nos lecteurs ?

Guillaume : A mon avis, il va y en avoir une différente pour chaque personne ! Vieux, on pourrait dire Nights in white satin des Moody Blues par rapport à l’autre album. Et puis nouveau, je pense que tu peux demander à tout le monde ! (rires)

Yohan : Moi je pense au prochain blockbuster qui s’appelle « The Day of future past », c’est ça ? Ah non rien à voir, on n’est pas du tout en train de répondre à la question pardon !

Grégory : Un morceau actuel qui nous plaît ? J’écoute que des vieux trucs moi !

Guillaume : Moi c’est Jagwar Ma, The Throw !

Le Type : Et une bonne chanson ?

Matthieu : Une bonne chanson ? Le dernier Daft Punk !

Cyril : Non ! On est pas tous d’accord là-dessus ! Moi c’est Luke Abbott, Modern driveaway, c’est ce que j’écoute en ce moment en boucle. Et François-Pierre ?

François-Pierre : J’écoute pas de musique moi, uniquement mes notes ! J’aime pas me polluer ! (rires)

Le Type : Et pour la suite de Microfilm, comment ça va évoluer ?

Grégory : Là, ça fait déjà dix ans qu’on existe donc les illusions, ça va ! Alors on continue notre chemin, comme ça.

Yohan : On arrive à la fin de la période de notre dernier disque, on a pas mal joué sur ce disque là. Et là c’est vrai qu’on va être dans la période où il va falloir penser à ce qu’on va faire. On a quelques projets quand même, un peu annexes. On a un ami à nous qui fait un court-métrage et qui aimerait qu’on fasse la musique pour ce court-métrage. Et puis, il y a peut-être un projet aussi avec un petit orchestre pour un festival de cinéma à Poitiers et qui nous a demandé de jouer. On a proposé de faire une formule un peu adaptée avec des cordes. Donc peut-être qu’on va retravailler des morceaux de notre répertoire avec des cordes.

Grégory : Et on tourne un film aussi au mois d’avril de l’année prochaine, si tout se passe bien !

 

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de MUSIQUE

0 0,00
Retourner là haut