“Destination semestre à l’étranger“ : l’affectation inattendue

Destination semestre à l’étranger : L’Affectation inattendue

dans ART ET CRÉATION

Ce mail, je l’attendais depuis longtemps. A vrai dire, à en croire l’annonce préliminaire de l’administration scolaire, il aurait du me parvenir un mois plus tôt. Finalement, le courriel tant espéré était là, dans ma boîte mail, à portée de clic. Enfin ! “Destination semestre à l’étranger“. J’étais sur le point de savoir. Dans le corps de texte, j’allais lire la nomination de la contrée où, le temps de quelques mois, j’allais partir m’installer.

Mon top choice était la Slovénie. Pourquoi ? Que vous vous dites : ça craint la Slovénie, c’est carrément la loose ! Ce à quoi je vous rétorque, en toute logique : Pas cher + Pays à fort potentiel touristique (si si) + Possibilité de visiter une grande partie de l’Europe + Pas cher (c’est important d’appuyer sur ce point, les prix défient vraiment toutes concurrence !). De plus, Ljubjana, m’avait-on raconté, est une ville agréable, à forte densité étudiante et à taille humaine. J’avais hâte d’y être. J’y croyais. Vraiment. J’étais persuadé que le manque de glamour supposé de la Slovénie allait suffire à éliminer la concurrence. Optimiste, j’avais commencé à consulter des sites racontant la Slovénie. Des adresses Internet dévoilant des détails non négligeables comme ce qu’on y mange ou le prix de la pinte (2 € pour info). Ça allait être bien. Le panard.

funniest-animal-gifs-sloth-chilling

Malheureusement, le destin en a voulu autrement. Par “destin“, comprenez “mon classement“. Car oui, si je ne décolle pas pour les Balkans, c’est entièrement de ma faute. Ou plus  précisément de celle de mes performances scolaires : trop faibles. Insuffisantes pour prétendre avec confiance et sérénité à quelques destinations que ce soit. Mon piteux ranking, en plein dans la graisse du ventre mou, ne m’offrait qu’une certitude, une seule : j’étais condamné à ne récolter que les restes, à devoir fouiller les détritus en quête d’un ticket “classe soute“. Cela ne faisait aucun doute, j’allais migrer vers un lieu dédaigné de tous. Bien évidemment, ça n’a pas manqué.

La ville où s’écrit mon futur proche n’est pas si mal que ça. C’est une ville dynamique où beaucoup résideraient avec joie. A mes yeux, son seul tort, et pas des moindres, est de ne pas avoir été inscrite sur ma liste d’affectations potentielles. C’est simple, je ne me rappelle pas avoir coché l’université où je vais aller étudier. Il y a forcément erreur. L’école : “Vous partirez forcément dans une des destinations où vous souhaitez aller“. Oui, mes vœux ne comprenaient que des facs situées en Europe. Avec le recul, en y repensant bien, il existe une chance, infime. Une hypothèse que je me refuse à considérer et qui prévaudrait que je l’y ai mise en me disant “c’est bon, c’est comme les States, ce sera partie dans le top 30“. Jeune naïf.

Une surprise comme celle que m’a réservé la lecture de ce mail, je ne me rappelle pas en avoir vécue. Le genre de découverte qui vous fait l’effet d’un uppercut (enfin c’est ce qu’on dit, personne ne m’a jamais asséné un tel coup de poing). Cette nouvelle, elle me paraît tellement surréaliste. Je suis stupéfait. Quelques minutes après le choc, je n’en crois toujours pas mes yeux et je m’entends répéter, béat et presque dans un rire : “Sao Paulo…Sao…Sahopolo…Sao Paulo…“. Oui, d’août à fin décembre, je vais au Brésil à Sao Paulo.

tumblr_md2ezbSt5T1rjnz0wo1_500

Je vous entends d’ici : “le mec, il va à Sao Paulo et il est pas content ! N’importe quoi !“. Calmez-vous, je vous prie, ce n’est pas la peine de vous énerver. Je conçois qu’il y a pire comme inattendu. Ce n’est pas comme si lors d’un banal dîné de famille trop arrosé, j’avais appris que celui que je prenais pour mon frère était en fait mon géniteur. Ou pire, que les bouteilles de Coca Cola d’1,5 L ne contiennent en vérité que 1,3 L. Pas un instant je n’avais imaginé, ni même envisagé me rendre un jour au pays de la Carioca. Toutefois, partir à l’étranger, et ce quel que soit l’endroit, est fantastique. Sauf que, tout de même. Sao Paulo est à l’opposé de mon aspiration slovène. Sao Paulo est l’une des villes les plus peuplées au monde, le danger se cache à chaque coin de rue, la vie y est plus cher qu’à Paris et le Brésil fait juste 50 fois la taille de toute la zone européenne que je comptais partir explorer. Pourtant, et c’est grâce à cet argument que la défense remporte le procès : tous les cours sans exception seront dispensés en portugais. Une langue que je connais autant que je suis expert en biologie des nénuphars…

Comment dit-on “Je suis dans la merde“ en portugais ?

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de ART ET CRÉATION

0 0,00
Retourner là haut